‹ Histoire complète de la vie de VoltaireChapitre 56 sur 122 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

PROJET D'l NI- COLONIE DE PHILOSOPHES '.

L'exécution du chevalier de la Barre, donna quelque temps à notre philosophe une si grande horreur pour sa patrie, (|u'il était sur le point de prendre le parti de se retirer auprès de Clèves, dans une maison (jue lui odrait le roi de Prusse. Ce prince l'en sollicita beaucoup, lui promit sa protection et toutes sortes de secours. M. de Voltaire proposa à plusieurs gens de lettres pauvres de le suivre, mais aucun ne le voulut. Son intention était d'y former une espèce de société de philosophes pensant comme lui, c'est-à-dire de pures déistes. Le temps ayant adouci son indignation, et le Parlement de Paris n'ayant pas exécuté ses menaces contre lui, il renonça à son projet de quitter Ferney. — Wagnière^. Additions au Commentaire historique, t. 1 des Mémoires sur Voltaire et ses outrages, par LoNGCHAMP et Wagnièke. (Paris, Aimé André, 182G.)

1 Le bruit se confirme de plus en plus des plaintes portées au roi par le parlement contre M. de Voltaire, et sa licence à critiquer ses arrêts, ainsi qu'à écrire sur des matières dangereuses et propres à répandre l'athéisme partout. On prétend que pour en empt-chcr les suites fâcheuses, ses amis l'ont enifagé à solliciter une retraite auprès du roi de Prusse. (Mémoires secrets dits de Bachaumonl, t. Ill, p. 74, du 11 aoiit 1766.) (II. d'A.)

2 Littérateur français, né en Suisse (1739-1787). Voltaire le prit à son service en 1754, et, remarquant son désir de s'instruire, il lui donna luimême des leçons de latin. En 1756, il succédait à Collini comme secrétaire de l'illustre philosophe, qui le conserva auprès de lui jusqu'à sa mort, et dont il sut justifier l'attachement par un inaltérable attachement. (R. d'A )

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