X. de iiArej. No«s oppofOBi la réflirtanee dn érM
». le Vrétideiit BmoUt-d'Asy. Pajoute que TAssemblée, obligée de pourvoir à sa sûreté, a nommé le général Ondinot commandant de toutes les fbrces qui peuvent être appelées à la défendre»
». de iiarej. Commandant, iioaa f^sena uai^vel à votre pa* triotisme comme Français.
X. le géaéMl OodineSyàroaicler. foQs êtBsIe eommandant da e* bataillon?
L'oiiioier. Je suls commandant par Intérim. Le ^^"^^^^^^^Tit eat malade.
x« général Onfiaoï. Cb bien! Commandant du 0* bataiIkMi« TOUS venez d'entendre ce que M. le Préaident de IMstitmlilôo TOUS a dit?
L'offioîer. Oui, mon général-
». le génér*! Oodiaot. Qull tt^ avalt pov le moBMat Maire pouvohr en France que r Assemblée. En vertn de oe pouvoir, qoi m'a délégué le commandement de Parmée et de la garde natlenaie» Je viens vous déclarer que nous qe pouvons obéir que contraints, forcés, à Tordre qui nous interdirait de rester réunis. En conséquence, ^ et en verta des droits qneje Htastfatts, Je Tene ordonBed*évacuer et de faire évacuer la maille.
Vous avez entendu, commandant dn d» bataillon; Toitt avez entendu que je vous ai donné Tordre de faire évacuer la mairie Allés- TOUS obéir?
Xi'offioier. Non, et voici pourquoi : Tai refn de mes dieHi dea ordres, et je les exécute.
De toutes parts. A Mazas ! A Mazas!
L'offioter. Au nom du pouvoir exécatl^ nona TOia teimena dé TOUS dissoudre à Tinstant même.
Koix diverses. Non! non l il n'y a pas de poBToIr exéentlL f aileanous sorthr de force, employez la foioel
(Sur rortre <« oomMBdinlt plwlBQfB cbi«empiiiètieiilda»to aalle. Un troisième conomissaire de police et plusieurs agents y pénètrent également. Les commissaires et les agents saisissent les Btiembres du bareaa, M. le général Oudinot, M. Tamlsier, et pla- •Itors autres Représentants, et les conduisent presque sur le palier. MaisTesealier est to^iours occupé par la troupe. Les commissaires et les officiers montent et descendent pour aller chercher et apporter des ordres. Après un quart d'heure envh'on, les soldats ouvrent let rangs; les Représenlants, toujours conduits par les agents et ta eonminaires, deseendent dans la cour. Le général Wonti se présente; le général Oudinot lui parle un instant, et, se retournant yen les membres de TAssemblée, dit que le général Foresi lui a répondu : « Mous sommes militaires, nous ne connaissons que
X. U général tia«rUtoB. Il doit connaître les lois et la ConsUtatioa; bo«s inroM M militaires comme lui.
i« général Ondlnot. Le général Forest prétend quH ne doit obéir qtf>aa pouToir «léeutlL
I Ut meptéssutanto. Qn\>n nous emmène, qu*on nous emmène àllgsaal
(Plusieurs gardes nationaux qui sont dans la cour crient, chaque lois que la porte s^ourre pour laisser passer les offlcters qui vont et ftanent 3 Vive la République! vire la GonstttuQon ! )
Oofliques mteutes se passent; enfin la porte s'ouTre, et les agems ordonnent aux membres du bureau et de TAssemblée de se mettre en marche MM. les présidents Benoist et Vitet déclarent qu'ils no soitiront que par la force. Les agents les prennent par le bras et les iODt sortir dans la rue. HM. les Secrétaires, le général Oudinol, M. Tamisler et les antres Représentants sont conduits de la môme manière, et on se met en marche à travers deux haies de soldats* Le présidât Tltet est tenu au collet par un agent, le général Forest est €B tète des troupes et dirige la colonne. L'Assemblée est conduite jQsqu'à la caserne du quai d*0rss7, en suiyant les rues de Grenelle, Saint-Gufllaome, rue Neuye-de4*IIniyer<é, de runitersité, dd Beanne, les quais Voltaires et d'Orsay.
Tous les Représentants entrent dans la oasemet et ou reforme h porte sur eux. U est trois heures yingt minutes.
Sur la proposition d'un membre, on procède dans la cour même 4 rappel nominal. MM. Grlmault, secrétaire, et Antony Thouret, font rappel Dominai, qui eonatate la présence de StO membres. )
Nous ayons dit que plusieurs Représentants, MM. Changarnier, Cavaignac, La Morîcière, Le Flô, Bedeau, Charras, Lagrange, Greppo, Nadaud, Thiers, Baze, Baune, ValentîD, Ctiolat, Miot, Roger du Mord, avaient été arrêtés le 2 décembre au matin, ainsi que certains démagogues, chefs de sodétés secrètes. Ces arrestations précédèrent d'un quartnlTieure environ Foccupation des points stratégiques par les troupes, et furent opérées sans résistance sérieuse. Provisoirement incarcérés à la prison Mazas, les Représentants arrêtés furent dirigés le jour même vers le chemin du Nord, d'où un convoi spécial les transféra au donjon de Ham. Deux d'entre eux ne tardèrent pas à recouvrer leur liberté ; ce furent MM. Thiers et Roger du Nord. M. Thiers ayant demandé, pour cause de maladie, à rentrer dans son domicile, les portes de la prison lui furent ouvertes le 6 décembre. Le même jour il était rendu à sa femme, à sa famille, et revoyait son magnifique hôtel de la place Saint-Georges, qu'il quittait peu de temps apràs pour un voyage en Allemagne.
Dans un des chapitres suivants, nous retrouverons MM. Thiers et Roger du Nord, ainsi que les autres Représentants qui, moins heureux que leurs collègues, étaient resfésà Ham: nous verrons les mesures générales dont ils furent l'objet.
Racontons maintenant en quelques mots ce qu'il advint aux Représentants réunis le 2 au matin dans ia grande salle de la mairie du 10« arrondissement. Nous avons vu que, sous les inspirations de M. Berryer, cette réunion, formée de montagnards, d'orléanistes et de légitimistes, rendit une demi-douzaine de décrets, dont Jes plus importants furent : V celui qui déclarait Louis-Napoléon déchu de la Présidence de la République, et, en conséquence, faisait passer toutes les attributions du pouvoir exécutif entre les mains de l'Assemblée dissoute : 2"* celui qui investissait le général Oudinot du commandement supérieur de l'armée de Paris et de la garde nationale. Nous avons vu enfin qu'après un inutile appel adressé
i rémeute, après avoir tenté en vain de détourner chefs et soldats du devoir militaire, ces fiers vengeurs de la légalité et de la Constitution avaient traversé la moitié de Paris entre deux haies de chasseurs de Vincennes, et que cette pauvre parodie des grandes scènes de la Convention était allée, au milieu deTintlifférence publique, se dénouerdansla caserne du quai d'Orsay.
Là, toutes celles des personnes arrêtées qui consentirent a ^cliner leurs noms et qualités furent mises en liberté. Plusieurs crurent devoir se retirer à cette condition, mais d'autres refusèrent de se faire connaître, ne répondant que par ce mot aux questions qui leur étaient adressées : Représentant du Peuple. — Mais si vous persistez à ne pas vous nommer, vous ne rentrerez pas chez vous, leur disait-on. — Nqus voulons rester prisonmers, répondaient fièrement ces messieurs, qui savaientbienque leur captivité ne durerait que quelques jours, mais qui ne voulaient pas laisser échapper l'occasion de montrer bravement un héroïsme de parade contre un danger absent.
Des malintentionnés ont felt courir le bruit que ces Repré- ^ntants avaient été victimes de mauvais traitements après leur mise en arrestation. Rien de plus faux; ils furent, au contraire, comblés d'attentions et de prévenances par tous les officiers du régiment logé à la caserne dû quai d'Orsay. Plusieurs d'entreeux, connus du colonel, M. Feray, gendre dumaréchal Bugeaud, furent invités par lui à dîner. Us refusèrent, et des soldats furent chargés de faire venir le dîner de tous des restaurants du voisinage.
Placés dans le salon du colonel Feray, ils y reçurent de* parents, des amis, et furent enfin transportés, non pas, comme on l'a dit, dans des voitures cellulaires, mais dans des onmibus ou citadines, soixante-deux à Mazas, cinquante-deux au Mont-Valérien, et cent quatre à Vincennes, les uns à dix heures du soir, les autres à deux heures du matin. Partout des logements avaient été préparés pour les recevoir, et, dans ces lia
bitatioDs temporaires comme à la caserne d'Orsay, en leur prodigua les égards, on les traita avec autant de convenaBce que de distinction. Ceux qui furent dirigés sur Ytecennes oc* cupèrent les beaux appartements du prince de Montpensier.
Ces messieurs ayant persisté à eaeh^ leurs noms, et r^ùsant toujours la liberté qu'on leur ofA-ait, le Ministre de Tin* térieur se décida à les faire reconnaître par un offidier de paix ordinairement de service à TAssemblée» après quoi lia furent invités à rentrer à leur domidie.
Si nous avons donné tous ces détails sur cette catégorie de détenus du 2 décembre, qu'on pourrait appeler les déUnus kolontoirei, c'est pour répondre aux faux bruits qui furent répandus à cet égard.
Retournons maintenant en arrière, et commençons par esquisser la physionomie que présentait Paris le ^ déeembre.
A 8 beures du matin, tout le monde avait lu les déerels et proclamations affichés sur les murs. Ces documents n'avaimit surpris personne. Qui dono ne sentait pas que l'état de criae existant ne pouvait pas durer et devait aboutir inévitahieflient soit à la chute du Président de la R^ublique, soit h oeUe âe l'Assemblée? Bien aveugle celui qui ne le voyait pas. Aussi la grande ville garda^t-elle son aspect ordinaire. Pendant toute la journée, les magasins restèrent ouverts, les affaires se firent, les tribunaux siégèrent. Une légère agitation se masi/eEla seulement dans la partie du boulevard c<»aprise entre la rue du Helder et les portes Saint-Denis et Saint-Martin : jusçues au soir, des groupes inoffensifs, où s'engageaient des discussions plus ou moins animées, se formèrent sur plusieurs points de cet espace. Un fait digne de remarque, c'est qœ partout les proclamations avaient été re^ectées. Un individu qui avait entrepris de les arracher rue des Saints-Pères, fut arrêté pv les passants et déposé au poste le plus voisia.
Toutefois, si le coup d'Elat ne souleva aucuRélanncmeDt ^ si) n'interron^it pas le cours dest£9A« "icUonsi noQs ne préttodoos
pas dire qu'A rencontra partout d'égales sympathies. Si les classes ouvrières s'apjjdaudissaient du rétablissement du Tote universel, il n'en flit pas de même parmi la bourgeoisie. Les plus intelligents dans cette portion de la population témoignerait leur joie; les indécis, ceux qui flottaient entre TAssemblée etlechef deTEtat, frappés du coup vigoureux que venait de porter le Président» prirent parti en sa feveur. Audace$ foriuna jwai^ c'est là une vérité étemelle. Subjugués, éblouis, ils prirent parti en fkveur de l'homme résolu qui possédait déjà la force, et qui venait de mettre encore la hardiesse de son eôlé. Si l'Assemblée eût été assez énergique et assez homogène pour devancer le Président et faire ce qu'il a tkit, ces hommes4à auraient été pour l'Assemblée. Restaient en suite les esprits prévenus, les partisans du système parlementaire et de la loi du suffrage restreint, tous ceux enfin qui regrettaient Louis-Philippe et les privilèges dont ils jouissaient sous son règne ; évidemment ceux-ci ne pouvaient être satisfaits d'un coup d'Etat qui commençait par la réhabilitation du voie universel.
Tels semaniièstaient les éléments divers qui composaient la bourgeoisie.
Quand on fait quelque chose comme le 2 décembre, on est un fou on un grand homme, on est hué et fusillé dans un lioseié, ou acclamé avec enthousiasme. On va dans un fiacre à Cbarenton, ou bien on monte dans un char de triomphe au CapUole : pas de milieu. Il ne suffisait pas pour réussir de prendre merveilleusement ses mesures, d'avoir l'armée pour soi, de s'assurer de la personne de chaque adversaire ; U fallait joindre à la suprême habileté de la conception, et à l'audace de l'esprit, la bravoure du corps et l'intrépidité de l'âme. Louis-Napoléon sendt resté le 2 à TÉlysée, on aurait dit, on aurait cru qu'il avait peur. Il fallait donc qu'il sût payer de sa personne, qu'il bravât les dangers possibles, qu'i[ osftt semontrer dans Paris et exposer sa vie aux balles des mé-
contents ; il fallait enfin qu'il prouvât qu'il avait foi dans la justice de sa cause et qu'il ne craignait rien.
Louis-Napoléon comprit cette nécessité; et à dix heures et demie, au moment môme où deux cents Représentants se réunissaient à la mairie du !©• arrondissement et prononçaient sa déchéance, il sortait à cheval de l'Elysée, accompagné de ses aides-de-camp et ofiQciers d'ordonnance, de son oncle le Prince Jérôme Bonaparte, et des généraux Magnan, Vast- Vimeux, Flahaut, le Pays de Bourjolly, etc., etc. Il aJIa/tpar la rue du faubourg Saint-Honoré sur la place de la Concorde, où il passait plusieurs régiments en revue aux cris de Vive iVopoléonl Traversant le jardm des Tuileries, il allait visiter l'état-major de l'armée de Paris, puis franchissait le pont National et passait en revue les troupes stationnant sur les quais, depuis la rue du Bac jusqu'au pont de la Concorde. De là, il se rendit aux Invalides. Partout sur son passage, il était salué par des acclamations unanimes.
Pendant que le Prince jouait ainsi sa tête, la Haute-Cour de justice, composée de MM. Hardouin, président, Pataille, Delaplace, Cauchy, Quesnault et Moreau de la Seine, juges, s'étail d'office réunie. A peine était-elle en séance, que deux commissaires de police, agissant en vertu d'un décret du Président de la République, et appuyés par un bataillon de garde municipale, vinrent lui enjoindre de se dissoudre. Menacés d'être mis en état d'arrestation s'ils n'obéissaient pas, les membres de la Cour se retirèrent immédiatement, et avec tant de prédpitalion, qu'ils laissèrent sur le bureau tous leurs papiers, et notamment l'arrôt suivant, qu'ils n'avaient pas eu le temps de signer.