‹ Histoire complète des ruptures et des dećhirures de l'utérus, du vagin et de périnéeChapitre 10 sur 50 · DÉCHIRURES ACCIDENTELLES, OU PAR L'ACTION DE CORPS VULNÉRANS · texte numérisé non relu

DÉCHIRURES ACCIDENTELLES, OU PAR L'ACTION DE CORPS VULNÉRANS

Ün premier résultat de la grossesse relatif au sujet que nous traitons, est de placer la matrice audessus de la défense osseuse du bassin, à portée des causes vulnérantes extérieures. Cet organe peut en outre être atteint par ces agens à travers le vagin et le rectum. |

$ 1°". Pigüres. Les déchirures étroites, faites par un instrument plus ou moins acéré, ne sont pas les moins dangereuses des blessures de la matrice. Elles ont pour conséquence ordinaire l'écoulement des eaux, la blessure du fœtus, et l'avortement. Ou bien elles développent des accidens secondaires non moins redoutables pour la mère, comme le prouve

le fait suivant :

Une femme enceinte est acculée contre un mur par un cabriolet. Un clou long, gros et carré, attaché à la planche de derrière, la pique à un demipouce du muscle droit de l'abdomen du côté gauche, à trois grands pouces de l’ombilic. Douleurs

supportables; des eaux mélées de sang s échappent en Jet par la piqüre. Quinze heures apres l'accident, l'écoulement cesse; il survient des convulsions, des hoquets, des vomissemens; enfin, mort au bout de soixante heures. A l’autopsie on trouva que le clou avait pénétré jusqu’à l'enfant, qu’il l'avait atteint au milieu de la fosse sous-épineuse droite; la cavité utérine renfermait encore beaucoup d’eau, mais il n'y avait ni épanchement ni caillot de sang. L'ouverture de la matrice présentait un bourrelet inflammatoire tres-épais et ayant trois pouces de diamètre en tous sens. (Planchon, Traité complet de l'opération césarienne APT)

$ 2. Plaies pénétrantes. On trouve, dans les archives obstétricales, des observations aussi étonnantes que curieuses, de déchirures de l'utérus pendant la grossesse, produites par des Corps vulnérans. Le plus ordinairement elles ont été faites par les cornes d’un bœuf ou d’un taureau ; tantôt le fœtus a été subitement expulsé à travers la plaie utérine et abdominale, comme dans ce fait dont un tableau placé au fond d’un temple de Smerdam retrace l’histoire, et dans lequel l'enfant, échappé à travers la crevasse gastro-utérine, tomba avec la mére, qui avait été lancée en l’air. L'enfant vécut un mois, la mére mourut au bout de 36 heures s (Sue sa historique sur l'art des accouchemens, t.I, P- 209.) Tel encore cet autre fait observé par Lechaptois, et rapporté par M. Deneux (Essai sur les ruptures de

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