‹ Histoire complète des ruptures et des dećhirures de l'utérus, du vagin et de périnéeChapitre 11 sur 50 · DÉCHIRURES ACCIDENTELLES · texte numérisé non relu

DÉCHIRURES ACCIDENTELLES

la matrice, p. 35), d’une femme qui eut le basventre et la matrice déchirés transversalement par les cornes d’un taureau; l'enfant sortit à travers cette large ouverture avec une grande quantité de sang. Ce ne fut qu'une heure après que l’on fit la section du cordon ombilical par lequel l'enfant tenait encore à sa mère. Il vécut huit heures; la mere était parfaitement guérie au bout de six semaines.

D’autres fois la plaie n’est pas assez grande pour laisser passer le produit de la conception, et on a dû agrandir l’ouverture pour pouvoir l'extraire, ainsi qu'il est arrivé dans les cas publiés par Schmucker (Mélang. de Chirurg., ancien journal de méd., t. LXVI, p. 354.) La femme guérit aussi complètement en moins de quarante Jours. |

On peut déjà inférer de ces faits que les solutions de continuité de la matrice, alors même qu’elles présentent des conditions les plus défavorables, comme quand elles sont produites par déchirement, offrent par elles-mêmes aucun caractere de gravité. Plus elles sont étendues, plus le dégorgement sanguin qui en résulte est abondant, moins l'inflammation traumatique sera intense. Dans tous les cas, ces plaies, d'abord étendues, se trouvent bientôt réduites à de très-petites dimensions, par suite du retrait de l'organe.

Les indications sont les mêmes qu'après lopération césarienne , lorsque l’enfant a été chassé par la plaie. Si celle-ci est trop étroite pour le laisser

sortir, il convient de lPagrandir suffisamment, comme l’a fait Schmucker. Mais si elle était exigué, qu’elle résulte par exemple d’une perforation par un Corps pointu, comme dans le fait de Planchon, la conduite du praticien doit varier et être dirigée par la nature des accidens qui se présentent. On doit d’abord combattre les accidens nerveux que développe ce genre de blessure; prévenir, par des applications froides , l’hémorrhagie, l’engorgement sanguin local, et l’inflammation consécutive. On devra ensuite déployer contre celle-ci un traitement antiphlogistique proportionné à son intensité. Peutêtre ainsi empéchera-t-on non-seulement les suites ordinairement si ficheuses pour la mère, mais même la préservera-t-on d’un accouchement précoce, Mais si les accidens paraissaient devoir être redoutables, peut-être conviendrait-il de provoquer la délivrance avec les voies naturelles. Enfin, la gastro-hystérotomie présenterait encore des chances de salut dans quelques cas.

DEUXIÈME DIVISION

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