OIT
(3?) de la rivière de Non , par ?8* 4°' àt
lat. (i)
Cette diversité d'opinion doit paraître d'autant plus surprenante, que le navigateur Hannon a \ la plupart du temps , indiqué les distances d'après des journées.
M. Gosselin suppose gratuitement que le terme au-delà des colonnes , où Hannon était chargé d'établir des colonies , comprend encore le détroit même ; il place donc Thymiaterium à Te n droit où est maintenant Ceuta , et il voit dans le cap Spart el qui forme la pointe S. O. du détroit, le promontoire de Soloé que Hannon avait reconnu seulement après deux jours de navigation. Ensuite , M. Gosselin établit un calcul suivant lequel une journée de navigation ne formerait que cinq lieues marines ( de ao au degré ) , en citant à l'appui l'exemple de Cook qui , te long des côtes de la Nouvelle Hollande f n'avait pas fait plus de dix- sept lieues en vingt-quatre heures : mais Cook explorait v la sçnde à lan*ain* une côte semée de
( i ) Recherche! s wia géographie des anciens, 1 1 63r et suiv. - - .«? . . • ,, ii •/
(SB) récifs de corail dont il voulait dresser des
cartes exactes ; tandis que Ha n non n'avait point de telèvemeris pénibles à foire : il ne cherchait que des» emplacement propres & rétablissement des odletfs qu'il avait à bord , ei il était favorisé par les tenta et les courons qui , dans ct& parages , viennent régulièrement du nord ou nord-otiest.
D ailleurs M. Gosselin se met en oppositipa manifeste avec les àtitc«r$ anciens eux-* toémes , qui portent- te journée de îiahrw gation h ia et 16 ou 1 7 ailles géogr. (l) ; Scylax l'évalue à 5ço , et Hérodote à 700 stades. M. Héeren péage qu'il serait inutile de vouloir déterminer 10US les points du voyage d'Haribon , puisque lu relation qui nous en reste n'énonce pâsf toujours les journées, ftffùe l^nne pô^WeàU surplus?; de cettepartie de la étfte À\kkiqvtè y aucune despriptio* dsge&dttaiUéepOtrffious servir" de guide. Ensuite, il faut distinguer 1 deux navigations dan* ce ro^Èig^ Pendant i& première s Rann on escortafoib gr an d t&n* vAi vkla>seôoode \ libre* dfc*<Mit* éfirtravey il naviguait nécessairement avec plus de
(t) Hecitri» p. 738*
rapidité r. ia .première s'a n'été à 111e U« €ërae,ila seconde va juaqn'à la baie appelle Carne du Midi.
Daes la première partie , nous trouvons , i*. la ville de Thymiaterium , à deux journées da dtf barçiicfittettt où do cap Spai> tel. En admettant même seulement dix lieues marines par journée , cette Tille doit avoir été bâtie près de Larfcc hé , on entre Larache* et Mamora ; *•. le promontoire de Soloé : la relation n'indiqué pas la distance dé Thymiaterium à Soloé; mats on roit que c'était' le premier cap très-avancé vers Y omet (1) ; il toè parait donc point doutçuaqtiecéstftlé&^Blanc; ëtué près d'Àrimor, par effl4ron'35* de kt. ; 3!. les autres eotanies AéW , *Gytté\ Caricem «• Teichosv Àrambé et Melitté ; étaient à uine journée et demie plus loin , par conséquent aux? envions de Sàfy, par 5a*. «U ht. La grande rivière Lixus serait alors, celle qo4 pdfto aujourd'hui le 1 tiotti de Tettftf f et Me de C^n/ se trouverait près «te Mogador on pf es de Santa^Craz: Cependant, comme il a fallu àHanaon , quoi»
( i } Hérodote f u 9 3a.
que favorisé parlé courant, pour y arriver autant de temps qu'il lui en avait fallu pour gagner le détroit ; il paraît plus exaqt de 1* chercher avec JvVoss/(i)v Cellarius (a) t Rennel et au Jres , derrière le cap Bajador.
Le reste de cette navigation eôt absolument obscur , à moips que nous ne voyons, dan? le Chrètes quelque canal ou marigot
dernière le banc d'Arguin.
. La seconde pallie de la navigation* rentre dans la, classe des amples voyage* de découverte. Hannon<cinglà d'abord vers \e sud , reconnut ui>ç grande: rivière rem-* plie de crocodiles çt d'hippopotames , qui ne. peut être que le Sénégal, et .retourna è> Cerné y sans s'expliquer sur le motif de cette déterrjrinatiQfi , çt sans. indiquer le 4 temps qu'il y empfoyau Ayant remis à Jaf voile dans 1^ mêprip direction ^ il atteignit au bout de quatorze jours une grande baie; et cinq jours après une autre , la Corne du Couchant .Rien qe donne à deviner l'étendue de la terre de TUyW^m^^ î mm sept jours de navigatjqn -ultérieure leçon-
immmmfêîmJm
(i) Ad Pomp. Mel., p. 009, (2) Geogr. Ant. 11. , 940.
daisiretit dans la baie Corne-du-Sud où se termina le voyage. Dans tout ce trajet le courant est en corefavorableaux navigateurs qui viennent du nord, et nous ne craignons certainement pas d'être accusé* d'exagération en évaluant ici la journée à 13 on i5 lieues marines, et la distance parcourue à 35o lieues pour le moins.
D'après cela , si nous cherchons lUe de Cerné à la côte du Maroc , tout concourt à nous faire reconnaître dans la Corne-du- Sud l'embouchure de la Gambie et dans la Corne-dn-Couchant , le Sénégal. Si Cerné est File d'Àrguin , M. Renne! a raison , et les Carthaginois peuvent avoir été redeva* Wes à Hannon du commercé lucratif qu'ils entretenaient , suivant Hérodote (i) , avec la Sénégambie on la Guinée.
Quoi qu'il en soit, les découvertes dUan»
non avaient fait tant de bruit que les Marseillais , jaloux de s'en approprier les avantages-, envoyèrent sur ses traces Euthyniènés, en même-temps quePytheas allait chercher la route dHiroilcôn. Mais la relation d'Euthymènes est perdue ,' et Ton sait seu-
^^ — ■— ^— — — — — — — i — — — ^ mmm — t^— ~m^
(l) IV, 196.
Jemçfyt (î) qu'il -parvint à Fetobouchûre d'i}n> grand flç? ve semblable au Nil , et qui parait être le Sénégal ou la Gambie; . Les Grecs et les Rondin a paraissent n'avoir, jamais beaucoup ; étendu leur nanrigatioji le long de cette eôte extérieure de l'Afrique. Cependant il existe un autre do* çumexit assez important : nous voulons g*jle* du Périple de Scy la x (2). Cet ouvrage qon&ifiie, non dans la» narrttion d'un voyagé particulier , mais danfr une description du monde al or sconrm» description puisée probablement à diverses sources. Son tableau dç la côte occidentale d' Afrique sie trouve 4 àpeu-près d'acfcord avec le récit d'Hannon r excepté qu'il assigne 1 lie de Cerné connue une limite que raccnTOulatioo des 1 herbes, et des plantes marines wwd impo^siWe à franchir (3). Srçivafnt lui, ce frit la principale éçhielJe dv? comjnçrce de se* contrées* 4près y avoir drçssé des tentes et déchargé lçs .vaisseaux , 01* transportait les joar* chandises sqr }^^ont^>e»fc dans: de petites
1 »■ > ■ ■■ ■ 1 ii 1 >i ■ ■ ■ p « ■ m^—*—mm i ■ ■ ■■ • ■ m ■ »
(1) $eneca r Nat. Qu^est. iy , a.— Mareian,flér£cl'. %
p. 63 , dans Geogr. Min. éd. Hudson , 1.
. (2) <Geogf. Girxc. minores, vol. 1 , éd, Hudson.
(3) Ramboldt, Tableaux de la Nature, 1 , $8 et suir.
embarcation*. Lé paya était 'hqbité par an peuple pasteur , noir , à cheveux longé , d'une statute superbe ; habile ai minier l'arc et très-adonné à la parure. Il chéisiiaatt ses fois- en naîsôt* 4*fo hauteur de la taille; i'taefre' 1 , principal ohj* du cèmttftrte, étalï à abondant dan* cette coq* Irée, que les naturel» .« l'employaient » à une Infnrife'd'tiJfegc*, dans letrs rténagcs dans léuts patur** et dans^équipemettt de leurs courtiers. Ils pondaient beaucoup de <éhé*aux et dfc bestiattt , vivaient de chair et de laitage, recueillaient et importaient une grande quantité de vin ; les autres objets d'importation consistaient en objets d'ornement , en bocaux artistement faits , en vases de terre , en parfu ms et toiles d'Egypte , qu'ils échangeaient contre du morfil et des peaux tant d'animaux sauvages que domestiques. (1) D'après d'autres renseignemens , il s'y fesait en outre une pèche très-productive (2). Le thon ( scomber thynnus ) qu on y prenait et salait , paraissait si précieux à
(1) Scylax,p. 5£.
(2) Arist. de Mirab. , cap. 148-
Carthage que F exportation en était défendue.
. Plus tard , cette même contrée fixa l'attention des Romains , et Polybe l'historien y fut envoyé par Scipion. On ne saurait trop regretter qu'il ne nous soit rien •parvenu du travail d'un observateur si instruit et si judicieux. Pline a conservé seulement un mince itinéraire d'après lequel Gosselin aerable conclure avec raison qup le voyageut ïomain ne poussa pas son excursion aussi loin que les Carthaginois*
; CHAPITRE IIL
. . Découvertes dans Vintérieur.
ïxpéditmu de Cambre et d'Atacandre. — Entrer > prise de* . JSasamptu; .-.• S^dhiop* de Sept» Haccu* et Jul. Matemus- — . De SueL Pauliiuuel Corn. Balbus. — Relation de Juba.
lit se noot reste pkîs qu'à rendre compte des efforts tentés /pourpénértitcr dans l'intérieur tderAfHque. Ge> vaste continent inspira toujours aoa ftpcieiw un r étonfre-> ment , une çurio$ité ra&éa ji'ufce espècede terpreur. ( Ce >fpt pour emX la régipft du my*-? tète,* cks £abW& , ; des ^upe^stitierns* L'bir deux et singulier aspect de l'homme et; de la nature ; de* contrées inufténse&denre* unes le partage desb£tQs féroces { par-delà,d'incommensurables déserts de sable ; 1* destin funeste de ceux qrçj avaient Qsé .-s'y aventurer ; tout se réupiss^it pour élevqy d'effrayantes barrières autour des limites étroites dans lesquelles vivaient les nations civilisées de cecoBtiûebt* L'Homme f avec
dçs mïls et u^ç^cqulgur inçpppùs,danj§> reste du globe , des animaux d'une forme étrange et d : hhk grirt<ièiir eitro<irdinaire , des usages buarref, une façon de vivretoute particulière , tout ce qu'on parvenait à décomrrîr r eni»uivrrt6t v>a^HttaU^eitaofrèà Té~ tôtiïletnent ; iHttïagination edn&èl^it- Ces
< que
d'en produire. Jamais d'ailleurs , aucune partie de l'Afrique ne fut examinée avec, assç&ide soin:- aéeq>dlebcfiot^fd«^illi»{què rinnàgin8itio«i< îneùfpiweiîvâfc ipaé iit*e libre* carrière p attisai ce rcua^fliëiklt^k $M\£v <tefiflt4t, ^Uti^^4^^V j te^tfiM»iM& dès fàbjes. Toiit^fôw^^^l^^^ wposWé¥rt efi^r^hri(^t>4rfi ftotd* W*J j^%bi9^^»-t
Mtd qt*TO &t*fen£tts^ b â& ^oWàîtpe^ tomes 4çfiïjfoifàqu^^t *Aas*i à MslétitëVa»
ldtt 'Wi\k *rtty^rte^tSqlft ^fcÔuVttlît
«fes jastes'^gibtts;'^ - 'V^i^u^ruiïonn ?.
? *ë»' tir^^H^iâiHirt' : ^aîi6>a ,; te n rioiil
WBtiuqutàè ^r : ^ 4du ? i^ ( habita; J dë
la zône-t orri de (i). Après Homère, ce nomdevient particulièrement celui des peuple^ établis aunde6su* de l'Egypte, et dans la> suite presque le synonyme de Nègre % quoi-i qu'il n'entraînât pas toujours l'idée 4hine noirceur complette; Ptojémee-et EJine même distinguent une -raçç pf,r la .44o#niination d'Ethiopiens ,J}|a#cs, Xç , noaoa dq royaume d'Ethiopie fi^t plus particulière-* mW't appliqué au pay$f au-delà dp ,YE; gypte , : ç est-à-dire ., . la $ubie et p^rJjie de rAhjfmnfe..Çe royfliiaif ,dp«vt BterQ*! était la capitale , fut pfiinpip^lCTftenjt cvppv j#ç ses guesrçs a yçc ll^gyflt $ q^MsTOYffim d'Ethiopie soumirent ( par te, suite à>»lfiW domiirçtioj*.. ., DiQdfti^, ^e^se^te , „!# Ethjopiens coij^e,. le, plus pnùw. dp tousse» peuples r et JfiuijVpays 4zx#me v )f berceau de la ; qyilis^tiçn ; il ajoute j.qpf l'Egypte leur ^t^rçdçyab^ 7 4ç ^^pn^ tapt vapjé^ ^ai^^uiv^Rt; Hçrotïpte hî pjR* ancienne et plus puissante autorité , ce furent, au contraire \ des colonies égyptieniies quf port è r e nt les p re mi è r e s s e menc es
de la civilisation, fia Etfyppie, .y.aç cpn-
■ . - i | i i l ) il l i w ' î <i i ' i M lil i «
(t) Straboa , cd. AtaieUv* y p. 4fc
jecture plus vraisemblable , c'est que beaucoup ; d'objets du culte religieux des ancifeas ont été tirés de cette contrée , dont Véloignement mystérieux, inspirait naturellement des sentimens favorables aux progrès de la superstition.
' Sous le gouvernement noble et éclairé des Ptoléihées', on tenta , sans doute , de grands efforts pour étendre les découverte^ dans l'intérieur de l'Afrique. L'histoire hé nous en a pas transmis les détails; il résulte cependant de l'inscription trouvée èurlë célèbre monument d'Adulé (1) que Çtolemée E vergé te I avait pousse ses conquêtes jusqu'au fchd'Jdë'PEthiopië , et les îragmeris qui se sottt conserves des ou*- Vragés'dës géographes 'alexandrins , mais particulièrement i des ; œuvres d'Agathar- ^Hidës (2)', offrent imeliëllë notice de ces régions écartées y dont ; le 'voyageur Bruce nolis ^ de nos jours retracé le tableau.
Dédx expéditions postérieures, de Gain-
'.' ■ *' I *» l«l ■ ^^— -m** l' t * — «^— — r— mm*m^—mmm*^~* ■*— *
' ( (t) CosmasV tôpôgr. Chriat. , chez Mort tfaucon.
-eollr «ovaPatrom.,4 -
00 Geogr. mip. f ç4<. jfctaro. ; , t : , .; ■ : . • v
(49) bysc ; l'une vers le midi ; l'autre yen
l'ouest de l'Egypte (i) , ont une triste célébrité. Conquérir, piller en fut le but principal : mais la curiosité entra probablement aussi pour quelque chose dans ces entreprises hasardeuses* Cambyse partagea son armée en deux corps ; il conduisit l'un , en personne , contre le* Ethiopiens méridionaux, et envoya l'autre eontre les Ammoniens ( babitans . de l'oase moderne de. Srwah). Ce prince partit de Thèbes et marcha quelque temps plein de confiance dans le succès , mais les provisions de Tannée furent bientôt totalement épuisées. On y suppléa d'abord ea tuant tout le bétail réservé pour l'expédition , ensuite en se nourissant des rares productions du sol. Cependant l'orgueil obstiné de Cambyse repoussait l'humiliante idée de renoncer à son projet. Enfin; dénués de tout au milieu d'un désert de sables stériles, les soldats se virent réduits k l'épouvantable nécessité de se dévorer les uns les autres. Cambyse , saisi d'une juste horreur , abandonna , quoique tyran,
(i)Hérod. t m , a6.
ftAbfé ptfrtié de sa( troupe;., D'aptes Iqual- ^safotteUns ( i );Wpa ( raltraît s'étrèdjraiiééy
da^^tte expédition jusqu'à Merpéu\.i ^iUwi:ît»p6iiétral3le .;nïj«iqre coUvcer >Ie! desçin de : l'autre cai*p£ d'arinée * ewpyfl}» ctiirtrê: le$ Ammottiëns. ; Il : .«gt: a«mstent * dit* Hérodote • 'qu'ils atteignirent la grande Oise i'feUWah } habitée par des. Sâroieias d4> lartribo Aîclinbîï 1 péïU-étne Asch^ Akftîn < 2 )j : c'èsF/âé TKèb'és ; ^ft «a jet de
lênï veht'd'EstV^' *~\^,j *|> ?ir.i]éd->
(2} Michaelis, aduotationes ad Abulfedarru-Pj, 28.
Jtyumdre, conduit- à' ^MëhafJhis^r^fe
« cours de ses» corKf^étes t ; réfcbîu t lie^iWr
le temple de JupiteivJVanfaonorÀP àfpfc
insensé de se faire reconnaît toi to Mme
descendant de ce IMei^eej^trffcatodcwjle
,tine certaine curiosité ^, pénétre ni?^*fij*tères cachas dans lf profox\^eur ^ Gfp foyp ribles solitudes. Il se regardât comme; L pp favori du festin, devant .lequel^ dey^ie^t tomber les barnères.qui ;> jusque ç& J^VFt* avaient résisté à tous les efforts humains»
Mâlgr.çla saison favorable ç.pyfa jppiéP éprouva d'borrilxles «scwhffrapce^, ^tjçftf)* ûnè pluie qui topta %^f!^^;.^ eût peut être péri élans cette, expéditûan.
TEjtifin , au cœur même d un immense désert, ils découvrirent avec etanqemenr
conquérant 4 ' 1 ~ u " ~
interprète;
sa destinée. Intimidé v sarîs doute à l'aspect
de rkivittciblr- phalange, l'Migéë éfTBS-
taïlle , le minjstçe £u r ®içpt,,KMPçrçut
Alexandre pour fils de JjpiterggeU^féi&ra
queJe^ hgnoewridivJDs dwéiarrt 1 ^! (être
qeqgy»; ,f|&tenfti0iï qui U plos de |flaisir .wiiijls dq PbUtppe q*à plusieore <àt oes (C^npagtoona d'aitees.
". -. Miehaeli&(i>attribwe! kd&astite quVvfclît éprduvé term^c d« Cambyse , à la maï- *«i!fatt€è dfctfEgtfptàens qui la conduisirent •p*+ Té fàùs lorig* cbemïn , en prenant TPhëbes et non pas Siout .pour point de départ: Mais observons que la différence «ri*é$ jtàslrès-fcrtnsidérable ; que l'armée âtiràit encore et^ obligée de traverser le Èèsètl tiÙ elle à/jpéri , et que d'ailleurs , ThèbteW Capitale de 1^ Haute-Egypte \ était àfnfciettnèment le centre du commerce âfridaià, et Te rendez-Vous général des eavavartes, comme le Grand- Caire Test "âbjoirrdftiui : toutesTes routes en pariaient alôr*. Jîérpdote (a) nous trace avec le, plus grâtid détail le chemin que suivaient, les caravanes depuis THè'&ês , à travers les déiët\è de l^Àinquë septentrionale , jusqu'au ^ezzan ei au-delà \ 3)*! '
J^iÇ^Atiéataa Abu!f. f 5 p.2i8et 33.
-:-ïfl) Hriei** > .idées w f pa»— *4&ItetKitf , gébgr.
(55) Les mêmes libyens qui , en Egypte * avaient fait connaître à Hérodote cette routej'in formèrent aussi du voyage de quelques Nasamoniens dans l'intérieur .de TA* frique (i). Ce peuple occupait une province de l'Afrique septentrionale, située à l'ouest de Cyrène, et qui fait actuellement partie de l'État de Tripoli Cinq jeunes gens * fils des principaux citoyens , entraînés par le désir de courir des aventures périt leoses, entreprirent de s'enfoncer dans l'Afrique en s'écartant de la route accopfumée. Ils parcoururent d'abord sajis difficulté les parties cultivées de la Libye; ils traversèrent aussi, sains et saufs v mais non sans danger , la région habitée par les animaux féroces f et parvinrent jusqu'au grand désert de sable. Bien pour* vus d'eau et de provisions , ils osèrent s'y aventurer, marchèrent plusieurs jours dit tirant vers l'ouest, et arrivèrent enfin dans une plaine où croissaient quelques arbres.
Pendant qu'ilsen cueillaient et mangeaient
ofHérod. , p.6j5* Journal of HorncmaiTs Travels, p. Sy et i33.
les fruits , 4=une espèce nouvelle pour eux et d'un goût excellent, ils furent tout-àcoup surpris par une troupe Xhoxnmee nôîis. et d'une petite stature,' dont ils n'entendaient pas la langue , et qui les conduisirent , à travers de ». vastes marécages , . jùsrqu'à une ville au milieu de: laquelle* coulait, de l'ouest à l'est /un, fléii v£/ fréquenté far des xroco dites. Tout ce que; la relation dit du caractère. des habitons, itesX qu'ils étaient, devins on sorciers, portrait. qui s'accorde assez bien avec les coutumes superstitieuses généralement répandues pqrrtii Jes Nègres. Une critiqueoîsèuscsîest aUfrçbéeà cette relatioapour en contester ^authenticité. .Cependant Hérodote, ^jui, jp^r^oo esprit admirable (i) , àan rassemhfôtttpnt de connaissances sur unepôrtian Mystérieuse d\i globe ? indique avec sine ér j&é JLa. source où #1 tes, puisa. L'événement A été i raconté .tfpnmitfup fait assez otdi-r nawfe;. cwi eu «fftrt ,quç pourrait-il y a^oir dïétonnaflA *pe des; Nasamons : , qui par ^é.tat circulaient dan^ le désert ^et par l'intermédiaire desquels les Carthaginois fe-
(i) Heeren , idées u , 2o4-
C 55 ) «aient principalement,, le: commerce av/ec l'intérieur, de F Afrique, • eussent pénélré jusqu'au bord d'-pi} des grands fleuyes qjû arrosent les régions centrales. C'étaient d'ailleurs des jeunes gens dpsgpreprières familles , qui «an* do^te avaient avec eux des valets .et t .4f? (Rameaux en noj^jbre suffisant po^r forcer pne petite çarayaq^.
Tons les détails qu'ils rapportent sur le terrain bas et marécageux et sur le fleuyp qui coole à Test y s'accordent avec ce gue nous a récefUfnept appris Mungo Eark sur Je Joliba et Sur les. villes, bâties. le long de sesriyes.Nopssavpqs aussi; par Horncjçoao et autres, que les^uple&de Jaméme contrée tripolîtaine voyagent encore au jourr v d'bui à Bornou , Çassina, Tarâbuctpjj, etc. M. le major Rennell croit même pouvoir établir que la ville en question jçst Je Topibuctou moderne, et quç le fleuve nlest autre que le Niger. ,
Quoi qu'il en ^oit, on ne peut, raisoft; nablement douter, d!un, lait, qui n!a. certainement rien de merveilleux , quand on se rappelle qu'outre l'itinéraire donné par Hérodote, une longue traînée, de ruines que l'on peut suivre depuis Tes ;rivçs de
(56) FOcéart indien jusqu'aux cAtes de la Méditerranée par la Mauritanie , déposé des relations commerciales très-anciennes entre l'Asie et l'Afrique \ dont Meroé paraît avoir étéfe centre (i). ' .»
- Nous savons peu des progrès que les Romains ont iaits en Afrique. Il est évident toutefois qu'ils doivent y avoir pénétre fort avant , ne fftt-ce qu'à la chasse des bêtes féroces dont ils avaient besoin pour les jeux dont la manié augmenta, sous les empereurs surtout , en proportion de l'accroissement du despotisme et de la dépravation des mœurs. Comment auraient-ils eu autrement ces troupeaux de lions , d'éléphans, degiraffes (a) qu'on y sacrifiait pour le plaisir du peuplé et de ses tyrans avilis.
Ptolémée (5) fait mention , d'après Marin de Tyr ( dofct les ouvrages sont perdus) de deux expéditions romaines, Tune entreprise par Septirmus Flaccus qui , parti pour Garama' et iharchant droit au sud ,
(i ) Hceren , idées t u t 459.
(2) Scrip. His>t. Aug. , n , p. 58 , éX. Bip.
(5}Ltv.*i,chap. 8.
(5 7 ) parvint , après trois mois , tu Ethiopie i
l'autre par Julius Maternas qui , sur la nouvelle d'une attaque faite par les Ethiopiens contre Garama ♦ employa quatre mois à se rendre de Leptis-Magna en Agisym^a^ pays habité par ce peuple , et situé au-delà de Féquateur*
Ces deux généraux traversèrent donc le désert. Ptolémée ne donne du reste aucun détail de leur marche , ni du pays où elle s'est terminée ; il énonce même , sur la possibilité tle tels voyages 9 quelques, doutes accueillis par des critiques modernes , qui fondent leur jugement sur la considération qu'aucun historien contemporain n'en a parlé, et que la dis* tance serait trop grande pour être franchie en trois ou quatre mois* Mais d'abord le calcul de Marin , en supposant même les chiffres exacts, est susceptible de modifications qui réduisent considérablement cette distance (i) ; puis^les-Ramains ont fait nécessairement bien des excursions du même genre sans en conserver le souvenir , soit pour réduire quelque horde
(i) Malte-Bran , Hist de la géogr. , p. 3oo.
(50) sauvage , soit pour faire des esclaves , soit même pour prendre dés -bêtés féroces * à Vexémple des Carthaginois, qui chargeaient de ces, sortes de missions leurs premiers généraux (1); 'r.i
: C'est ainsi que .Pline seul (2) fait, mention , très-superficiellement ; des expédia tibns militaipes de :Co/7tâf*«5-vBa/6w^ -et de SuetoniusiPaulinusAjà première et iiit même suivie du*' triomphe , et pourtant , à l'exception d'une foule de simples noms, tout ce. que j?ous pouvons apprendre du récif de Pline r c'est que les ;Romains ont subjugué la Phazanie ^Tezzaïv) r et' 1© pays^des (Cramantes , situé à trente journées de la' côte , sur les confins de VEfaio pie. Sue tomus Pautinus : se «lit en marche du Lixus , at-> teignit. en dix. jours le mont Atlas, s ? ar-> reta à quelques milles. au-delà sur le bord d'une rivière , et crut avoir découvert le Nigei?.. : . /
11 ii
(1) À£îén I.
(*) \i r et 5.
mm*mm*—m
(5ft)
' «til'- .
. CHAPLTRE IV. ; ,
Exanien historique des divers systèmes géogra- , phiques adoptés su % r V Afrique.
Erreurs des anciens géographes. —Système d'Hérodote, — d'Eratosthènes et de Stràboo ,— de Ptolémëe. — Remarques sur Ophir et Taprobane/ • *
A géographie estpput-être,,de toutes 1^$ scie 9 cep ,, , celle jqui , fait le mieux voir ,pag quelle route longue ,et pénible l'esprit ht*-*
maiû sort des ténèj>res de l'incertitude, et
* » »/• , . ...<■ /• »• ..ii
parvient à des, connaissance» étendues et positives. Mais TAiHque , champ ouvert de fQvfi temps aux cppjççturës et aux discussions, est particulièrement, prppre, 3 marquer, les .premiers p,as de la science... { , Dans juo genre étendu dont tous .les objets sqnt perceptible par les sens ,.on,p.ept cjçQirç , .au; premier, aperçu , que rhpmrue sera naturellement enclin à la négljgeqçç.t et qu'après avoir, examiné, ce qui se.trQUYQ à sa portée ; il attendra tranquillement tout
au temps. Une telle marche , toutefois ; convient mal à l'active impatience de l'esprit humain ; animé d'un amour invincible de la perfection , il éprouve un tourment réel , lorsqu'il se voit forcé d'abandonner ou seulement d'interrompre sea méditations ou ses recherches , et délaisser un travail imparfait. Ce sentiment si noble en lui-même , si capable de pousser l'esprit humain dans la carrière des sciences t fut , dans les premiers âges de ses progrès, une source continuelle d'erreurs. Pour le satisfaire , les géographes , avec les moyens les plus imparfaits, s'efforcèrçpt de rem* plir et de peupler la totalité du globe dont un sens intime semblait leur révéler la grandeur et la forme. Un examen plus approfondi prouvera cependant qu'ils ne marchèrent pas toujours sans règle et Sans guides; ils suivirent en général, dans leurs tracés géographiques, une direction qu'ils prolongèrent lors même qu'ils arri-* vaient à des espaces inconnus ; dans ter* tains cas cependant , des courbures , des inflexion^ sontnécessaires pour compléter la figure d'un continent, d'une mer ou quelque grand trait géographique. Telle
(6t) (lit, dan* le système de ?tolémée , la ligne au moyen de laquelle le continent africain s'arrondit pour aller rejoindre î'extrér mile du continent de l'Asie. Left géogra?
phes anciens commirent aussi de graves erreurs dans l'estiiqatipn des distances , et presque toujours par exagération. Les observations astronomiques étaient rares et imparfaites, et le plus souvent on nemetr tait en ceu vrç que des matériaux fournis par des voyageurs, employés aux opérations* Les difficultés et les dangers du voyage, les sinuosités delà route ,1a dist position, commune à tous les hommes* d'amplifier leurs propre» entreprises , tout se réunissait pour donner, à ces voyageur!
une haute îdép des espaces qulte avaient parcourus. : Quelquefois, cependant la renommée publie le nom ou l'existeftced'iiii objet inconnu , sans ^révéler isà distance réelle m sa popitioo précise ; alors l ? ima* gination rétrécit l'espace , rapproche Tob* jet éloigné ; c'est ainsi que les Grecs placèrent non loin des rivages de Sicile , les Colonnes. d'Hercule illustrées par tes ex* ploits de qe héros ; ainsi , dans le système d'Etatosthènes ,, l'Asie perdit un tiers de
itf :4i&#èHettf • èï'tfé sa" TàVgèur j et ïfitt tfhc •ti'»teéijtWiicfe '*îatlirefIë V 'l'Ofeëaftn ' sdpif etttpW»al et'l'Oi^àrt ôi*ntaiTiirerit ; 'âtrp{)'Dsëè
f > Ise' ;p*eirite r • système : gëbgrapfôqti e V" 4»érite : oè -nom 1 est ; cëlM $Hmddtè. Ce pè*é f 'de ! i ? histkrïre>dbnkië, : datié' sVft" outarages tahe àt*rj>lë ët'kdèHente dësdtfptïtfn desi' dkéf sefe; Wg4tJfcs ! àh" glôbé àlb& 'cbtttiiiees ;l e« sèV'rèîmfôtls-;' 'dont"' rèiafetîtiiftè ^(«.^boMrç'gardÇëc^iwme'probfènàtii.
que* 0*)$ iatqiiis l utt > ca J r : à^t&tè i d'aût'lfeiiîft?{| teihesbre Vf»* les dfecô : ù l vèÇté's ; se éôrit ëteh^ ^kies.fiCdinifttte'tkj'us ies^ftSièriV'qûï' Ventèrent, ^«xpiôi-gp r»«sëtt? s tfè' , f iiés^ayî
posait* gtaii iieWt- dWVégïô tfs%i Warersë; h» diytt&flé'-âe>&i'8offfltôé i' tdtft-' iîèlrStfMsâlt powr! éh faite'^offe^efrlë plàs'ihWJressànt aoniye05t>d*B giéogriphès. Hérodote jJarSft •ariraïr'«bnflq ! !Sôn ^«rë pluslôni j'proba* blèpent ; ^ qi*e InV l'obi» tracé les Yb'ya'geirrs 1 euk-QpïleiïB -taddètnés. frEM^bâfrfioë ', 'sîtaéeàJfextçemitié tn&i'dtoiiàtè Àe'ttEgypte) jusqu'à Meroé'j capitale ; déFÈffiidpïeV'on comptait -cinqbâttfteydetii jàiiiïtèèé'^ët pa-
4êeUle disjaworide -cette ivitoqu pk^'icltes AutaibolèâïottBiilés^ën toutioehb qtfetrfe jôittaëesiiLô t ferme àjen^^st ^iflicile*à? tiiei\ <ep£ndrfntaltaçnrian ijuifait venir t>tt\à fleuve deii'ouçstv semble 'indrtf»rx?laii^«prerit. fe;vfatMNil f ou B*hr-eKM*te(i<tles roï>deraesj >; iw.i •*.*)!:.:*. oj i>K>f.<< >i{ r En; :s 7 aMartç»nt vérsUIo«es* de jlfli* f^pte^ BKrteiotec(*)' dcqiuôt^eii potiooi 3§^#îtftt^es stries peuple© qui habité ierç* kl <<#***] <tà WxMéditerxan^e^jusqu'iaii déf tcojb. 4kéut. r au*$i ibboai^saajKp tdela routé tpiiuCÀn/bïtf ahf à! -FezaMr,.' «ait travers >«elii jlé&êii ^ .par J - AmmiDto - (iSifcvah;)/ icAi ^ çgiâ (Avïgiiaî)^ route* gué leimajo* /Jlenj^èUnp pprfetiwient xecottnaej-dafiojle lpayeiiki fi9r$i$fialps£ rfe ^à Ç Vufaé dGJjaShO'.denpoaîf
ïfntéipqWj S% ><li!C»P«L ««fcrtaawi 'fégi<H»p ipièrg>fertileilcttUiYéiuJajS£.çonde J agrfistje
(i) Lib. iv. #j2tl , % ; : J iI Jy i: - J.-tL '»:
#h*bHfe! par les bétes firoces, la iroi- *ième dftMrte et sablonneuse. Héfodole ne couttat les .régions du centre que par la courte «arratiah de rexcursiehi des Nasajnones que nous avons .rapportée.
; Au, moyen de ces données positives* Hérodote complète son système pur de* fiii{Jposttioans arbitraires. Le Mil Venant de l'ouest; U partît trèst-fraturel dte peh$er ifué là rivière observée par les Nasawones y> réunit ses' eaux «et forme la principale branche du plus grand fleuve de l'Afrique* Aucune observation modertieii'a r dans le fidjt, prouvé la fau$seté de cette opinion « quoique les savants aorgumens du< major Rennett Talent dépouillée de toutes ses apr parentes de probabilité (i) ; ii parait , ad contraire i d'après le témoignage de voyageurs très-modernes (a) , que la même opinion , basée sur les mêmes données , prévaut dans-tout le nord de l'Afrique.
Il est évident qu'Hérodote citoyaitrAfii»
que' environnée* de tous les côtés par la met, excepté ^eut de l'isthme île Suée et
(i) Système géographique d'Hérodote* (a) Jackson et Horneman.
(<Ï5) du Nil : mais en donnant l'Arabie (i) pour la région du monde qui s'éteud le plus loi n^ vers le sud, il laisse voir, avec une égale évidence , qu'il se faisait une idée fausse des véritables proportions ; du continent Africain v dans cette direction. .
Le second système généralement adopt^ par l'antiquité était celui â'Eitdçsthènes 4 bibliothécaire d'Alexandrie sous le .règne de Ptolémée Vhiladelpbe. Strabon développa ce système et n'y fît que de légères modifications; Mêla, Pline et tous les au-* teurs classiques latins le prirent également pour base de lepr travail.
Eratosthènes, comme son prédécesseur, pense que les côtes méridionales du cpntinent Africain sont baignées par l'Océan 3 mais comme lui t aussi, il suppose que. ce continent se termine au nord de Téquateur , et qu'au sortir du détroit , la côte tourne tout-à-coup vers l'est-sud-est , et> suit cettç direction jusqu'à ce qu'elle rejoigne là côte orientale , à peu près dans l'alignement du golfe Arabique. Il comparaît le continent Africain à un trapèse ou
(1) Lib. ir.
(68) quadrilatère irrégulier, dont la Méditerranée fortnait un côté, le Nil un autre f la rive méridionale le grand côté , et la rive occidentale le petit côté (i). Les anciens géographes se trompaient tellement sur Téiendue de l'Afrique, que Pline même la regarde comme le moindre des trois continens connus (a).
Une autre hypothèse éminemment caractéristique de cette école , v l'existence d'une zone torride inhabitable, fut sans doute ' suggérée par l'aspect des parties connues de l'Afrique. Ceux qui observèrent qu'au nord même du tropique , des sables arides réfléchissaient déjà une chaleur presque insupportable, en conclurent naturellement que l'homme ne pourrait exister dans un climat exposé aux rayons d'un soleil plus ardent. Ils auraient donc probablement tixe. les frontières du désert t comme la limite que l'homme ne pouvait dépasser sans périr, si lé long cqurs du Nil et la renommée du royaume d'Ethiopie ne leur avaient fait sentir la nécessité de
(i) Strabo. Lib. xvii.
(a; Plia. Lib. vi.
rcculcT'cette barrière latale. Ce lot donc
sur le cours du Nil qu'on mesura Fétendue de l'Afrique habitable, vers le midi; et la linrite fut poussée jusqu'au point de la navigation la plus reculée de ce fleuve , c'està-dire à trois mille stades environ , ( près de quatre cents milles) au-delà de Meroé (i). Mais cette distance ne correspond point aux cinquante-deux jours de navigation indiqués par Hérodote ; d'où il faut conclure que, de son temps, oh avait remonté le Mil plus haut que du temps d'Eratosthènes. Cependant ce dernier pa-> ratt connaître parfaitement toutes les particularités du cours supérieur de ce fleuve, la jonction avec ses eaux , par la rive drientaie, de deux grandes rivières appelées Astabaras et Àstaspus , dont la dernière , sortant des lacs situés dans la partie méridionale de l'Afrique, s'élevait à une grande hauteur pendant les ploies d'été , et fournissait alors presque seule les eaux du Nil. Il regarde comme impossible de découvrir les sources de ce grand fleuve ,'
(i) Lib. u, p. 65. (Ed. Ca*aub.)
( 68 ) qu'on croyait situées dans des régions que l'excès de la chaleur rendait inaccessibles.
Néanmoins l'opinion qui faisait venir le DU de l'occident prévalut encore , et Strabon rapporte une version qui place sa source aux extrémités de la Mauritanie.
Mêla, et Pline adoptèrent cette idée en grande partie : nous rendrons , tout-àl'heure, compte de leurs conjectures.
Le système de Ptolémée, qui obtint une réputation égale à* celui d'Eratosthènes , ne se soutint pas, cependant, jusqu'au deuxième siècle de l'ère chrétienne. Son école augmenta beaucoup la somme des connaissances géographiques , mais n apporta pas assez de soins et de circonspection dans quelques-unes de ses conjectures et de ses observations. Aprèsavoir constaté que la limite océanique de l'Asie, fixée par Eratosthènes , n'était point exacte , elle tira de ce fait la- conclusion téméraire que l'Asie n'était pas bornée par un Océan et se prolongeait , de toutes parts, continent inconnu et illimité. L'expédition d'un marchand d'Alexandrie leur lit connaître une partie considérable de la côte orientale d'Afrique, et comme cette partie se diri-
(69) geaît vers l'Orient , on supposa hypothé-
tiquement qu'elle continuait de suivre la même direction , et se réunissait t l'ex* t ré mité de l'Asie. Par cette supposition ; la mer indienne ou Erythrée se trouvait renfermée dans un vaste bassin; et des terres inconnues (terra incognito) formèrent en Asie , comme en Afrique , les limites du monde connu. Cette école rejeta toutefois 1 opinion qui établissait une zone inhabitable. Ptolémée indique des liebx habités sous l'équateur et même près du tropique méridional ;en admettant que plusieurs de ces lieux, tous même, aient été reculés trop loin vers le sud , oh -n'en voit pas moins clairement que Ptolémée croyait fermement qu'on pouvait habiter la région immédiatement placée sous la ligne.
Ptolémée parait être le premier qui se soit formée une idée correcte du cours du Nil. 11 le fait venir de l'ouest et place sa source dans les montagnes, de la Lune.
Ainsi qu'Eratostbènes , il amène de l'est, dans les eaux du Nil , les rivières Astaspus et Astabaras ( les modernes Bahr-el*Azrek et Tacazze), et se trompe seulement en
(7<>) disant que leur jonction: formé, une isle à
Jtferoé* A ro,uje$t duJS il, il décrit les vastes pJainqtde ta Libye jiM^riatire,;; arrosées par. les grands fleuves- Ghir et «Niger. On a généralement ;pensé que cette .descriptiqp s'appljqupit » à la Nigritiç nV>dernc „ quelejNiger était 1$ /grand fleuve 6i connu en Er^rqpe spus pett edw^minat ion, quoiqp'tW <jie la lui dpni>e : daris aucune partie de ^Afrique , et' qfcç fa Gbfc étaîlt la< tfiyière de Bornou. ML :: GosselïrtjC*) Qep&tfdaot ; et quelques géographe? français ont pré* tend v réqemfltpn.t *jut Ptoléinée ne co&ant jamais la JSïgritieyet que ,. par les fleuves de te Libye intérieure, il faut entendre ceux qui arrosent le- pays situé au sud de l'Atlas, et connu&ous le nom deBled-el- J>reede. Quelque, paradoxale iqifl». puisse paraître cette opinion, au premier coupd'oeil, il ne faut pas la rejeter sans un sérieux examen. Le Ghir , en particulier , offre tant, dç points de re£$en>t>lance avec les fleuves réunis Adjidi et Blanco y qu'il parait difficile d'en constater lïdentité ;
(i) Géographie des anciens , vol. iv.
(7») i°. le Ghir, prend sa source dans le côté
opposé de la mêjne chaîne de montagnes qui sert de berceau ?uBagrada, le moderne Mejerdah ; ce fait ^'applique .également à l'Adjidî : mais ks fleuves de l'Afrique inté* rieure se trouvent p une énorme distance.
a . Si \e* rivières tie la Libye intérieure, ne sont pas les mêmes que Içs rivières du Bled-el-Jçreede , il faudrait donc supposer que Ptplémée ne connut jamais ces dernières, supposition tout-à-fait improbable.
3°, Les, deux branches septentrionales du (Ghir présentent une. forte ressemblance avec l'Adjidi et ; le Blapco qui réunissent leurs eaux. Nous ajouterons jquele mot Ghir appartient à l'idiome de ces contrées, et s'enaploie pour désigner une rivière de Sigilmes$a ; qu'enfin le nom de Libye convient mieux aux contrées méridionales de l'Atlas qu'aux régions centrales, constamment désignées. sous le nom d'Ethia-
P ie -
Malgré l'apparente impossibilité de réfuter de pareils argumens , d'autres circonstances de la description de Ptolémée nous portent à voirla Nigritie dans la contrée qu'il a décrite. Nuba Palus est un nom
<|ui appartient autre partie de l'Afrique; toiife différente de ceHe qu'arrose l' Adjîflîf^le mùnt Mali drus ; J indiqué comme le terme occidental • du tours du Niger ,• présente due forte analogie avec le pays dé Mandihg; Pariàgra rappelle également ■VVarigara , et Caphâs , Kaffaba. La description du Niger et du Ghirpar Ptolémée et Agathemerus (r), qui ïes' représentent comme fityiçra wtcttxèi, des fleuves immenses , et les placent : au mêtrie rang que.leNil, rie con \ierit ritilletaeiit à aucune dts rivières qui descendent cfe 4 la chaîne de l'Atlas; on peut' en dire autant de la direction * da Niger f : Ptolénléè dit qu*il coule d'Orient en Occident, et toutes les rivières de Sigilmessa coulent diï nord au sud. Enfin > si Ton ne 'supposé pas une communication ouverte à cette époque avec le centre du continent' Africain ; comment l'empire romain sfe seraït-il procuré
l'immense quantité d'or qu'il consommait
et dont il ne paraît jamais avoir éprouvé la disette? Le Périple (2) prouve que les
(1) Geog. Graec. m in or. 11, 4'9* (a) Ib. 1, 4— IO ~ 5*»
( 73 ) Romains ne tiraient l'or de la iner Rouge
ni à aucun des ports dé l'Afrique, *itués dans l'Océan. D'un autrécôïé ', l'Inde ëtaii si loin de faire de ce métal un objet d'exportarion , que, même à préserit , la monnaie forme un* articfe'ciVhsidéirable d'importât ton européenne dans certtè contrée; H semble; d après iela ; tjtfe lesYégions de Wangara et de Mandfng VWif pu ; seules , fournir une quantité suffisante de ce précieux mêlai à V empire romain.
Comment parvenir i'doficflîet* cléux opinions si différentes? Si 'des marchands égyptiens, du temps de ï^olemée, pénétrèrent réellement jusqu'aux* bords du Niger, ils se dirigèrent certainement à l'ouest du Nil par la route de Darfôur et de Beghermé ; ils parvinrent donc au but de leur voyage , sans rencontrer aucune partie dû grand désert dont Ptolémée ignora évidemment la véritable étendue.
Ses descriptions ne fournissent aucune observation astronomique, aucune donnée positive, qui puissent servir à déterminer avec certitude les contrées traversées par ces marchands. En pareil cas, les anciens géographes, faute de renseîgnemens exacts,
,(.74) recouraient souvent aux conjectures, et, dans pl^d^nercirconst^oce j i& ont prér sente comme ;) liruitrophes;, d^Jieui séparés par ^e grandes distances. Nous pensons qpe Ptojéipée , en, sujLv^nt ici .cette méthode r a japproqh^ $11 nprd les régions centrales ^l'Afrique,; que,, dans Je fthi*;, ila réun^^es foi^if^e^de TAdji^i à celles du Mjçselad, et flul]L $ fyit les rivières de Sigilmçss^ tributaires du . Niger, ep Jtçs x'at* tachant, par hypothèse, à ce fleuve dont aucune rporiiqq, cependant n'appartient à la région septentrionale,. Tout considéré, Ptoléméç f , suivant. grande apparence., ne connut rien de l'Afrique centre au-delà du Niger» qu'il enferma, dans son. système, avec la chaîne méridionale de l'Atlas ; par suite de ce système, les rivières qui sortent de cette chaîne, se trouvèrent trans-
portées presque dans Je voisinage immédiat
du N^ r -
Ce nous semble être ici le lieu de revendiquer pour l'Afrique, et le pays à'Qphir dont il a été fait mention au commencement du premier chapitre, et l'île de Taprobant. Si les Grecs et les Romains , dans les parties septentrionales de la Méditer-
(?5) ranée , n'ont pas eu connaissance des mer* qui baignent le continent africain, <qu sud, et de la possibilité dfn ftjjnç le tour , dojitr on inférer, de leur ignorance, quç. la navigation des ppupJ«s^o)ïpinerç?P^qwi bordaient la mer roijige et l'Océan Atlantique n'était qu i«pdgiqaire »jet qu'il*» opt simplet ment rév4 ce que jlea, Portugais ont démontré par de nouveaux fai/s vers la fin du quinzième siècle. AQitle ans avmit notre ère , des. vaisseaux phépiciens , frétés par Salomon , faisaient le ; voyage d'Ophir 9 . et revenaient la troisième, flOqée., Mpnquant de boussole, il est plus naturel de croire qu'ils suivait les ç A tej, que de supposer qu'ils se soient aventurés dans la haute mer. On cite à la vérité, Josephç (i) , pour établir que les vaisseaux phéniciens, fréquentèrent l'Ipdostan , mais un voyage où le grand trajet , depuis le débouquement du golfe arabique jusqu'à la côte du Malabar , est seulement d'un mois , ne pouvait employer trois ans. On prétend que l'es anciens , ignorant la nature des mous*
sons périodiques-, île savaient pas en profiter pour accélérer leur voyage ; maïs il est difficile' d'admettre qu'ils aient fré- % quentélesmers de l'Inde, sans être frappés de la régularité de ces Vents ; il y a plus , la force de la mousson seule a pu les pousser au large, porter êbitos Mnde, et lèiir faciliter le retours Quels que soient le fcens et l'origine inconnue du motTharsis*, qu'il signifie l'Espagne ou la Grande ftiêry les flottes connues sous ce nom (i) revenaient chargées de productions évidemment africaines, mais principalement d'or. Aucune denrée propre h Ffcnde, n'est citée. I/Ophir était le Pérou des Hébreux, et le livre de Job, le- plus ancien peiit- A être qui existe, le nomme avec l'Ethiopie.
Èri* attendait donc que l'on prouve le contraire t nous droirons qu'il est plus naturel de chercher Ophir sur la route dont les - anciens parlent le plus , et que les Phéniciens pouvaient suivre à l'aidé du courant sans quitter la côte. Il faudrait le chercher jusqu'en Guinée , s'il n'y avait pas
Il I m m, « n i ■ — »«■»———■—■—— ■———■—— — —
(i) I Rois, loetaa.
(a) Job, aa f a4 et 28, 16.
(77) Sofala sur la côte orientale, vis-à-vis de
Madagascar. Sans rappeler ce que nous avons dit de la tentative ordonnée par Xerxès, des navigateurs phéniciens engagé* par Necho, et d'Eudoxus qu'une tradition fait même aller en Espagne autour .de, l'Afrique ..comme par le chemin le plus court (i), nous ferons remarquer seulement qu'Alexandre , après avoir conquis l'Inde , se proposait immédiatement d'envoyer , dans ces mêmes parages , une flotte entitatt, qui, mettant à la voile du golfe Përsique , devait rentrer par les Colonnes d'Hercule (a).
Des critiques ont aussi placé Taprobane dans l'Asie ,• en faisant la plus grande violence aux termes et au sens précis des passages où les anciens eh ont parlé. Elle était dans la mer orientale (3) , vers le midi de l'Inde, à la distance de vingt journées , suivant Eratostbènes ; mais dans des embarcations * de 4 papyre , : on y parvenait ,
(1) Plin. Hist. nat., 1. 11 , c. 68.
(a) Plut. Vie d'Alex., c 68; JUnt f Géogr. phy$. ,
II, p. i4i—i49-
(3)Strabon xy, 4î^.
suivant Onèsicrïte, amiral H' Alekawdre , en sept journées (i)« Strabon ajoute , podr plus de précision , qu'elle est située vis-àvis <Je l'Ethiopie , à cinq cents stades- plus à l'ouest que l'extrémité de l'Inde ; qu'il y a , entre elle et l'Inde, un trésor and nombre d'Iles, et que c'est la plus méridionale de toutes (2).
* Comment' a-t-il été possible de reconnaître Ce^lan dansées données qui foutes indiquent Madagascar (5fl Geyïan est à Test du Decan, et Tapttobanë se tfjftivait dans l'ouest « à cinq cents stades de distance.
A-l-on jamais pu employer sept jours et même vingt, pour découvrir Geylan en partant du cap Comorin? Y iewcontfte* t-on une multitude d'îles? Mais , outre l'archipel des Maldives, il y a j sur la rotite de Madagascar, le groupe des Seychellés et des Amirautés. Etablir avec M. Gbéselin (4) > pour agrandir convenablement Ceylan , que les anciens avaient confonde!
(1) SoliniPolyhistor, c. ixvi.
(i) L. c. et u 9 {9, * ! » 81.
(3) Kant, Géogr. phys. ni, 385 etsuiv.
(4) Géogr. des Grecs, p. 35 et i54.
(79) avec cette tle toute la côte de Pfnde de-
pais le golfe de Cambaye, ce ne serait qu'augmenter' la difficulté , ce serait M rendre infinie» Quel serait alors ce cap méridional de l'Inde , duquel l'Inde-Taprobane fût éloignée de cinq cents stades?
Pçot-on admettre que les anciens, qui connaissent si bien l'intérieur de l'Inde , aient pris le golfe de Cambaye poor un canal, et n'aient pas remarqué le détroit de Manar?
La supposition d'ailleurs est des plus gratuites : tous les géographes grecs et romai ns s'accordent à placer le cap Kory ou Col'taque sur le continent. Ils décrivent la Péninsule de Decan avec les plus grands détails, et ils en distinguent d'une manière très-positive l'Ile Taprobane, située dans le sud-ouest.
Les données varient beaucoup sur son étendue. Strabon (i) ne la croyait pas plus petite que la Grande-Bretagne enl'estimant, d'après Eratosthènes, à huit millestadesde long et à cinq mille de large. Onesicrite (a) lui en donnait sept mille de long sur cinq
(i) Lib. H, p. 89 cd Casaab.
(a) Solia, L c.
( 8o ) millede largeur. Denis Përiegete (i) la peint comme très-vaste et entourée de monstres redoutables. P. Mêla (2), s'appuyant du témoignage d'Hipparque, est incertain s'il doit voir en elle une île très-grande , ou l'extrépaité d'un nouveau-monde. Pline (3) et Solin affirment que ce fut l'opinion dominante jusqu'au temps d'Alexandre, Suivant Ptolémée (4), elle occupe quinze degrés de latitude. Agathemer (5) la décrit comme la plus vaste de toutes les îles , en n'assignant à la Grande-Bretagne que le second rang. Il est impossible que les anciens aient parlé dans ce sens de Ceylan.
Aucun auteur ne cite lacanelle parmi les productions de Taprobane ; Strabon , dans plusieurs passages, lui refuse même expressément cette denrée; mais le riz, le miel , le gingembre , les pierres précieuses, lesmétauxqu elle récèle, suivant Ptolémée,
(1) Vers 5ga et suiv.
(a) III r 7.