‹ Histoire complète des voyages et découvertes en Afrique, depuis les siècles les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 3 sur 14 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Voyages à la Cale occidentale.

Tentative de Sataspn. — Navigation à'IhnaM.

— Rspports A'Euthimène , — «le 5-y/ar, — de tUjle.

Conduits parEudoxus à la côte occidentale , nous allons passer brièvement* en revne les voyages maritimes dans cette direction , dont les auteurs anciens ont conservé quelques détails. Environ iHoans après l'expédition exécutée sous Necho , Sataspes, noble persan, avait été con--.

damné par Xerxès au supplice de la croix.

A la sollicitation don des amis du coupable , le monarque commua la peine en un voyage autour de l'Afrique (i) /tant il est vrai que l'opinion de la possibilité de ce voyage était alors généralement accréditée dans i'Orient. Sataspes équipa donc un navire dans l'un des port* de l'Egypte, mit à la voile , franchit le détroit de Gibrak

(t) Hérodoïc , >v ,43.

tar, entra dans l'Océan , passa le cap Syleos, ou Soloeis f et ^gouvernant au midi, côtoyai pendant^ plusieurs mois les cAtes occidentales de l'Afrique. L'aspect lugubre de ces rivages déserts et stériles , la prespeclive menaçante d'un Océan sans bornes, devaient nécessairement intimider un navlgateur novice, élevé dans le luxe et la mollesse de la cour de Perse. Sataspes , saisi en effet d'une terreur invincible, se hâta de revenir sur ses pas, et de repasser le détroit ; il n'hésita pas même à se présenter devant Xercès , dans l'espoir quç le récit de ses aventures et de ses souffrances engagerait le monarque à lui pardonner tout à-la-fois son premier crime et sa désobéissance. Il affirma qu'après avoir reconnu une immense étendue de côtes , en dépit de dangers et de difficultés de toute espèce , et sans pouvoir se mettre en relation avec les indigènes qui par-tout s'enfuyaient dans les montagnes , il avait enfin rencontré des obtacles insurmontables. UYie pareille excuse ne pouvait être admise par Xercès , ce monarque impérieux qui prétendait soumettre les élémens même à ses volontés. 11 ne vit que la /désobéissance de

( *9 ) Sataspes , et donna Tordre d'exécuter sa

première sentence. Sataspes parvint toutefois à se sou traire au supplice en fuyant à Samos. La connaissance que nous avons aujourd'hui de ceqçarages et de leursi i côurans , doit nous faire paraître l'excuse de Sataspes très*raisonnable ; elle indique niéme qp'il avait au moins passé la ligne 9 puisque alors seulement il a pu sentir la force du courant méridional qui lui' fesait obstacle (i). Combien de temps et de tentatives nVt-il pas fallu aux Portugais, qui venaient aussi de* Touëst-* pout* atteindre seulement le cap de Bonne : Espérance J

Environ un siècle après , du temps dé Phi!ippe-4e-Grand f père d'Aïéxâridrèr, les Carthaginois équipèrent, pour TObéah Atlantique , deux grands arméniens sous les ordres des généraux Himilcon et Hannon.

Le premier se- dirigea vefé.le nord: L'expédition commandée par Hannon avait le double but d'établir des colonies et de faire découvertes sur le* côtes d'Afrique. L'on possède encore une traduction grecque de la relation de son voyage, que Hannon ,

( r) Kant , géogr. phys., u , * 4 a » édit. de Hambourg.

( 3o ) wîvas^^'u^ageXO » déposa dap$ le temple de-Kronof à Cftrthage. A ,«. - '.; .

, L'expédition. *, composée, . de Soixante vaisseaux fi portât : trçpte jrçjlte individu des àwz £exes, .^Ltqu$ lg$ tooypifrfr d.'tHa'blis$enifeçf>, La n?rratip# ] camïn<)nii# :.m j>*Wfëfi' djp àétfoit apgjelé; Colon ne^d'Jfer-: cu.le ; ? Apr& <Jeu$ ÎQvrjoeq* de p^;ig§ti0p> ,

Y^ft BW*?/ ten»»HA;À« !M*j»îat«riura i ffisuife il? se dirigeant; *i l'ppçst £i^r 'fo-.prftT n^oni pireLi^yf 9 de Sojçé quittait tpjit cou*' vert darbr#?. Ils yiçppstpiîairent \\q tetnple à Neptune (citait > : sfJa^$cylMj uq,<gfôn4 (iutel , ora^ de reliefs' qui jçepréseateient des f^ures d'hamrws ? <Je lionset de ( d?ufr f}hiqs) : puis ils gouvernèrent un denij r j^ur y/ers l'est , jusqu'à ce qu'ils p^yin^cnt $ #$£ lagune ou baie garnie de rpseaux , où paiâ 7 saient beaucoup d'ejépbaas et d'autres ani*ïpaux sauvage a ; ils pqs^Fent eette baie l'espace d'une journée « et fonderiez t suer çessivement sur la mer. cinq villps qui pfh curent les noms de CapcunarTek^Ps * Gytté , Acra , Melilté et Arambé» «AyPQfc

~(i)PoIyb.,l. ' . - • '

remis à la voile , ils gagnèrent l'embout chure de la grande rivière Lipup qui vient de la Libye. Ses bords étaient occupé* ptf un peuple nomade, les fixités qui fesftient paître leurs troupeaux. Hftnpon retfrba quelque temps, et conclut aveceux un traité d amitié. Au-dessus de ces>. nomade*.? def meuraient des Ethiopiens farouches ♦ datte un pays rnontueux et plein del>é4ft$ féroce** où le Lixus prepd $a souref . Ces. monta*?

gnes recelaient des hontes. , d'une roniVr guration étrange,, des troglodytes qui wn> passaient en agilité Içs, chevaux f stutant l'assertion dos fixités. H?nrum prit 4(4 inf terprè tes chez ces derniers, et longea )t dér sert pendant deux jours, Ajpptpfistiiierinf glé de nouveau vers Ves\ pendant up jourt il découvrit, au fond d'up gpJfe;,t)ne petite lié à laquelle il. donna le nom de Cerné * et qui devint le siège d'une .nouvelle .co- Jonie. « Nous calculâmes , dit la relations qu'elle devait être à la même distancé, du .détroit que Car}hage ; .far .notre voyage jusqu'aux Colonnes a /duré autant que depuis là jusqu'à Cerné., Après y avoir remonté une grande rivière.nopuuée Chrèttes, nous arrivâmes ,à »n fcc qui renier-

«tait trois Mes plus grandes que Cernée «En

continuant de - là notre navigation une Journée , lions atteignîmes la fin du lac. ^ Au-dessus 4e ce lac s'élevaient dé hautes montagnes occupées par des hommes féroces vêtus de peaux d'animaux , qui n*>ns laçaient des pierres; et nous empêchaient .

«le descendre à terre. Nous reprîmes notre routent arrivantes à une autre rivière trèsgrande rqûi fourmillait de crocodiles et d'hippopotames. Là nous virâmes dé bord et nous en retournâmes à Cerné.

* * De Cerné nous mîmes une seconde fois à la voile pourlè sud ,; l'espace de douze journées v et Serrant toujours la côte , entier rement habitée par dés Ethiopiens qui fuyaient notre rencontre. Ils parlaient un langage inintelligible , même aux Lixites qui étaient avec nous. Le douzièmejour nous atterrîmes à de hautes montagnes couvertes de différens bois adoriférans. Ayant navigué deux jours plus loin , nous pénétrâmes dans un très- grand golfe , bordé d'un pays plat où nous vîmes partout , à.

une certaine distance, briller la nuit des feux plus où moins considérables. Nous y prîmes de l'eau et continuâmes de longer

la côté pendant léititjf jours de pldsf , jUs- ? qu'à ce qtiîë noU AiWté ttbiitâtnes à l'émrée d ? uné grande fc&ie riommée, par nos inter-* prêtés, : la Corne du Couchant. Il y avait une grande îlè f fc et dàfis* cette île itn lac , et dans le lac ùne-petite île. Nous y débarqnâ- Hies; Un profond silence régnait pendant }é jour, la côte paraissait inhabitée eï rien, «é Coffrait ai*r regards' que de vastes et sombres forêts : mais à la nuit', dès leur éclataient de Xdvtê côtés sûr le rivage qùî retentissait de trHs tumultueux y dû bruit -des cymbales ; des trompettes , et d'instrumens de toute espèce. Nous fûmes saisis de peur , et nos devins nous ordonnèrent de quitter l'île. Nous levâmes à l'instant lei * ancres et nous voguâmes le long d'un payé excessivement chaud, nommé Thynffà* mata; il était coupé de torrens de flammes qui coulaient dans;lar mer, et la terre était inaccessible à cause de la chaleur.' Nous nous en éloignâmes encore au plus vite ,

«t durant quatre jours que nous tînmes le large nous vîmesla* terre remplie de feu* toutes les nuits. Au milieu de ces leux : , nous en aperçûmes un très élevé qui semblait atteindre jusqu'aux étoiles. Le jour , i. 3

nous remarquâmes h ci}f jçnjîfoit une hfctfte monfagnc qu!wp9^gwie Char de? Diçu** Aprèfr avoir ainsi p3s$é^e$iorrens de fau, continus* pendant 1,1^ <jaur$„ nous awnyâoçies ^ une baie appelçç Co^ne du Midj, Au t fond «de cette baiq tfM*H «ne îie j qpi t

c 5?f"m! a ; Précédante,, ^fiferraaH 9n lac où, se trouvait une fnjtreî,Le peuplée de ^u-

v^gç^ paient ^a.pUif^t.^s iiemfl^»^ très^v^es par, tou^ lç ; ççrpa, et q^ftOft interprète* appelaient Çor^les. $QUâ,tiQ pûmes ^aisir aucun ^pu^e;' ,i|$. fuyaient tousr^^s l^iqpntagpesRt se 4éfw4^ieort à coups de pierres : mais nouf prîmes trois femmes .qiw, npordaitiut et .^gratigqaieftt Jepr& conducteurs, et inç voulaient seilaisseir dompter, N^i^, le^rtuâmes donc, et les a^ntcffépxmitté&s , ? iu>us % en rapportâmes le*, pciaïïx,,à ^rthoge ; jcaf ,i*aûs. pé. pûmes ravjgi^qr ; plus loi» ,• ^puisque nos provisions étaient épqiseçs ». ,

Tflles §ont Iqs principales circonstances dqc^lt^ fameuse expédition qui, plus ^quj^utune autre r a fouitoi., dons les temps mpdieroes , une ample.rnatièire .aux méditai 9 ôs des savant. H n'y a plus à douter ^HJourd'hoi de l'authenticité wâu récit :

(35 ) grandi aombre*de circonstance*, mterteil-».

leuse* en apparence; se sont trouvées d'accord a^ec les observations de voyageurs.

récent* Les fepx.et les concerts nocturnes cornËipo/ident aux habitudes constantes des peuplades nègres ; repos pendant le jour, musique et danse pendant la nuit.

Uës flammes qui semblaient - couler' par torreos sur le sol pouvaient être occasionnées par l'usage f encore suivi généralement , de. mettre le féu aux mauvaises herbes «t aux brousatlles ; les gorilles sont évidemment cette remarquable espèce de singes désignés sous les noms de ,cbimpâmée ou pou go. Toutefois une grande diversité d'opinions s'est établie, tant sur la nature du document , que 5ur l'étendue de côtes reconnues jet sur les points principaux auxquels répondent les différentes parties de la narration. Le p^piple était , sans doute, rédigé primitivement en carthaginois , et nous n'en avons que h} traduction grecque, faite pept-étre par quelque curieux pour son propre, usage- Qat sait par quelle succession de circojistfcûces fortuites cette relation du commandant de l'expédition même s'est conservée à travers

ies siècles. Ainsi félicitons-nous de ta posséder, sans trop nous plaindre des irrégularités de forme ,i des négligences et dèsinexactitudes qu'on y remarque (i). Apre»

Bocbart (a) , Camponaanes (5) Y ;Dodwell (4) , et BougainvUle (5) , qui tou* étendent les découvertes de Hannon, jusqu'à la Guinée, deux géographes distingués ont récemment soumis à leur critique son; périple, te major Rennell reconnaît l'île de Cerné dans Arguïn , par so 20' de lat. N, la grande rivière dans le Sénégal T le groupe d'îles dans l'archipel des fii&~> sagos , et prétend que l'expédition /a dépassé de quelque peu la Sierra-Leone K par 8 J5o' de lat. N. (6). M. Gosselin soutient an contraire que la navigation a eu lieu le long dés côtes de Maroc /que le fleuve Lixus est le moderne Lucas., que Cerné est Jetfala par 35° 4g' de lat. N* ,<et que l'expédition s'est arrêtée un peu au-del^

(i) Héeren', idées sur ta politique , etc. V des prin-n cipaux peuples de l'antiquité*, u, 736 ( en allem. )w (a) €eôgr»^acraj i* 33. , à

(3) Antiguedad. mar. de Çhàrtago , il.

(4) Dissçrt t. in geogr. mip. f f d- flujisoji ,• I.

(5) Mém. de l'Ac. des laser. , xxvi et xxyiii.

(6) Géography of Herodofui, sec t. 16-20 f p. 1

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