CHAPITRE V
couvertes au moyen âge*
Le Califat. — Navigation des Arabes dans l'Océan Ethiopien et dans l'Océan Atlantique. — Notions sur l'intérieur de L'Afrique. — Les Zindges et les Ooucouacs. . .
A la décadence de l'Empire romain , une nouvelle puissance s'éleva dans l'Orient qui, par contre-coup, changea totalement 1 état moral et politique du continent africain. Les*Arabes mahométans , après avoir établi le siège de leur empire à Bagdad f dépouillant leur ancienne barbarie , commencèrent à prendre rang parmi les nations civilisées. Le califat offrit , pendant plusieurs siècles , une succession de souverains faits pour être comptés au nombre des princes les plus accomplis qui jamais aient occupé le trône. Les arts , enfans de la paix , se perfectionnèrent même au sein de la guerre , et les nations soumises à
> (85.) leur gouvernement entretenaient seules lHfeu sacré des sciences , éteint dans toutes les autres contrées. Le goût naturel de cfe peuple célèbre pour les voyages , ses habitudes commerciales * son penchant décidé pour les études géographiques , tout l'entraînait vers des régions inconnues dfe l'Afrique. Le désert , loin d'effrtfye* lès Àrabes , leur rappelait , au contraire, lèf stto-, venir d'une patrie où les mêmes obstacles à franchir , les mêmes dangers àbravei*letir avaient appris depuis longtemps tous lés moyens d'y pourvoir à leur sûreté. Le chameau , transporté sur un soi analogue à celui de sa naissance , donna la possibilité non-seulement de tenter , k travers le Sahara , de nouvelles découvertes , mais d'établir .des communications régulières et assurées. Même avant l'introduction de l'islamisme, les Arabes, aussi cupides qû f aiidacieux , avaient pénétté cher les peuples les plus féroces aux extrémités de la terre connue. Suivant le témoignage d'Ezérfïief, d'Hérodote , de Diodore et de Strabon , ils apportaient de .Canna; de Sabâet d'Aden , des pierres et des méfaiJi précieux; de llnde , des épices ; d'Ethiopie, de FÎ-
(84) voire et de l'encens : leur» villes Gerra et Petra étaient, l'entrepôt généial des denrées d'Afrique et d'Asie,
Le Coran , rédigé par un marchandpoëte, n'a point affaibli l'amour du gain chez cette nation ; quoiqu'il place le paradis d^s Musulmans à l'ombre des épées , il n'en recommande pas moins le négoce comme, une industrie louable, et très-compatible même avec les expéditions militaires. Fidèles aux préceptes de Mahomet parfaitement adaptés à leur caractère, les Arabes ont étendu rapidement leur empire depuis les Moluques jusqu'aux Pyrénées. L'Afrique les intéressa principalement par les esclaves qu'elle a fournis toujours en abondance depuis l'antiquité la plus reculée, et par l'or qui venait des régions intérieures , non déguisé sous des formes qui exigeaient des connaissances et des manipulations chimiques, mais presque pur, et facile à séparer, par une simple opération mécanique,, du sable qui s'y trouvait mêlé.
La première route qu'Us s'y ouvrirent paraît avoir été celle du Fezzan ; la caravane de Cassina la suit encore. Le passage
est moins difficile par ce côté que par tout autre , l'immense largeur du désert se trouvant coupée par les grandes oasis de Fezzan, d'Agadez, et par plusieurs autres d'une moindre étendue. Au sortir du désert,IesArabes trouvèrent une contrée dont la fertilité , la beauté leur parurent d'autant plus grandes qu'ils avaient consumé plus de temps , supporté plus de fatigues pour y parvenir. Ce pays dut bientôt à l'imagination autant qu'à la réalité , une célébrité qui , vu l'état agité et incertain des provinces septentrionales, y attira de nombreux colons. Ceux qui se dérobèrent par la fuite aux armes victorieuses des Sarrasins , ceux qui succombèrent dans les querelles intestines, causes de la chute du califat , cherchèrent également un asyle et une patrie nouvelle au fond de ce vaste continent. On ne peut assigner l'époque précise de ces émigrations : mais il parait incontestable que du dixième au onzième siècle , il s'éleva , sur les rives du Niger f # plusieurs royaumes dont les Mahométans formèrent la principale et dominante population.
A la côte orientale , poussant leurs navi-
gâtions au-delà du détroit de*Bab-eI-Mandeb,le long de la terre Sendchebar, ils fondèrent Macdaçhoua » Melinda > Sofala 7 Keloua, Mosambique, et, franchissant le canal du dernier nom > s'établirent encore dans Madagascar (i), ainsi que dans les autres îles de cet archipel (a). Il paraîtrait même, d'après les décris d'un navire arabe de construction persane , trouvés dans la Méditerranée (5) qu'ils tirent tout le tour de l'Afrique.
Du côté de l'Ouest , on a connaissance d'un voyage entrepris, par huit Arabes de Lisbonne,pourpénétrerjusqu'àl'extrémité de la mer Ténébreuse , et à la terre qui pouvait être à son occident. Après s'êfre avancés onze jours en pleine mer , dit la relation conservée par Ebn-al-Ouardi (4) , ils traversèrent pendant douze jours une mer très houleuse et parvinrent , entraînés par les vents yers le Sud , à une île riche en
(i) Renaudot, anc. rel. des Indes , p. 3o5.
(a) Malte-Brun , Précis de Géogr. v, p. u£.
Cossigny , Amel. des Colonies , ni , p. a45.
(3) Notice des Ma n user, du Roi , i , p. 161. . (4) Ibid. ii , p. *5.
(»7) brebis et appelée pour cette raison Djeziret el-Ghanam. Trouvant la chair de ces animaux trop arrière, ils se contentèrent d'y Eure de l'eau , et remirent à la voile. Après douze autres jours ils découvrirent une île dont les babitans se portèrent au-devant d'eux dans les barques et les conduisirent à une maison située sur le bord de la mer :
ces hommes étaient rouges et de grande taille. Au bout de trois jours vint un in- .
terprëte qui leur parla arabe. Informé du motif de leur voyage , le roi de l'île leur fit dire « qu'il avait également envoyé de ses sujets à la découverte dans cette vaste mer 9 qu'ils avaient cinglé vers l'Occident pendant un mois , et qu'enfin , arrêtés par les ténèbres dont ils furent surpris , ils étaient revenus sans avoir rien vu ». Ayant appris qu'ils étaient eux-mêmes à plus d'un mois de distance de chez eux , les navigateurs arabes se rembarquèrent et revinrent à Lisbonne où , en mémoire de cet événement , on donna à un quartier de la ville le rtom tf Almagrourim (errans ou qui se sont trompés).
11 est difficile de concevoir comment on a pu reconnaître , dans ces aventuriers les
précurseurs de Chr. Colomb, ou dans leurs îles l'ancienne Atlantide. Analysons un moment le récit d'Ebn-al-Ouardi. Les Almagrourim trouvent dans la principale île un interprète arabe * f donc ils ne sont pas les premiers navigateurs de leur nation qui l'aient visitée. Il parait que Ton y connaissait la distance de Lisbonne , et tout indique que cette tentative d'explorer l'Océan Atlantique, faite avant 1147 où les Arabes perdirent Lisbonne , n'était pas la seule de cette espèce. Elle a été. répétée postérieurement en 1281 par deux frères Vivaldi , de Gênes , qui ne sont point revenus (1). Un Catalan , £ Ferrie partit de Majorque en i346 dans la même intention, et Ant. Usodimare y fut en i4&5. Rien ne démontre, du reste, que les îles où les Almagrourim ont abordé, appartiennent au groupe des Canaries que les Arabes fréquentaient déjà.
Malheureusement les relations détail*
lées des différentes expéditions tentées ou
~ exécutées à cette époque par les Arabes
n existent plus ou sont ignorées en Europe.
(1) Graberg , Annali diStat, u , pag. 390 et 29 u
(89) H est certain cependant qu'ils ont pénétré plus avant dans l'Afrique que n'avaient fait les Grecs et les Romains, et qu'ils connaissaient mieux l'intérieur de cette partie du globe que nous ne le connaissons même aujourd'hui. A défaut de relations historiques , nous donnerons donc une description sommaire du continent africain , puisée dans les monumens géographiques des Arabes, pour faciliter l'intelligence des itinéraires d'Ebn Batouta et de Léon , les seulsqui ne soient pas perdus.
Les géographes orientaux, dans leurs descriptions du globe , divisent généralement la terre par climats ou bandes parallèles, en allant de l'occident. C^est la méthode qu'a suivie Ebnral-Wanli , auteur du treizième siècle , le premier qui , dans sa Perle des Merveilles, ait donné un précis de géographie universelle (i). L'Afrique qu'il nomme Mogreb ou l'occident , est bornée d'un côté par la mer Ténébreuse (Moudhlim), au-delà de laquelle personne n'a pénétré % et qui renferme entr'auttes les îles KhàtidatQxi Fortunées , dans chacune
(i) Notices des Manuscrite du Roi , n , p. 19 et s.
( 9à ) desquelles il y a une statue d*airaîn haute de cent coudées , qui montre de son doigt qu'on ne peut aller au-delà. Ebn al-Wardi n'en paraît connaître que quatre. Les. Arabes en racontent généralement beaucoup de merveilles , mais comme ils appellent du même nom une île et une presqu'île , et souvent même des parties du continent environnées d'eau de plusieurs côtés , on ne sait toujours exactement à quelle contrée, les détails doivent s'appliquer.
Ebn-al-Wardi divise le Mogreb en trois parties : i°. Sous al-Aksa , 2°. Aousath , 3°. Sous al-Adna.
Sous al-Aksa ( l'éloignée ) est un pays vaste, très-fertile et très-peuplé; il produit les plus hautes et les plus grosses cannes à sucre. On y fabrique aussi des étoffes très-estimées. Parmi les principales villes , l'auteur cite Teroudant , l'ancienne demeure des rois : elle est sur la route des Aghmât , près d'une chaîne de montagnes très-hautes , bien boisées et garnies d'un grand nombre de châteaux faciles à défendre. AghmâuArïka est une ville riche, située dans un territoire très-fertile sur le penchant d'une montagne et traversée
(9« ) par une rivière. AkhmâL-Han , au pied de la montagne , est habitée par des Juifs.
Sedgclmata y belle ville située dans une contrée fertile % et si grande qa'on ne peut la traverser en une demi-journée. Rhèz est formée de deux villes , la grande et la petite , séparées Tune de l'autre par une rivière qui vient du pays des Senahedgiens : la première est appelée Andalous et la seconde Courounas. Sebia a des pêcheries de très-beau mirdgian ou corail.
Le nom de sous du milieu , Aousalh, désigne l'Espagne et le Portugal.
Sous al-Adna , ou la plus voisine , comprend les Alouhat , Barca , le désert d'Occident et Alexandrie. v
Les Alouhat ou Oisis sont habitées par des Berbers ou par des Noirs , remplies de villages et situées le long des montagnes qui s'étendent entre l'Egypte et le Désert. Elles recèlent des ânes sauvages marqués de blanc et de noir , et tellement attachés au territoire qu'ils meurent quand on les en fait sortir. On y plantait autrefois beau* coup de safran et des cannes à sucre. Le pays de Schanteria est peuplé de Berbers mêlés avec dés Arabes. On y trouve une
( 93 ) •ville du même nom et des mines de fer.
Entre Schanteria et Alexandrie il y a un grand désert qui renferme plusieurs villes enchantées dont Ebn al-Wardi lui-même dit qu'on ne raconte que des fables. La ville de Barra, qui a donne son nom au pays , est ruinée, 11 n'y a que peu d'habitans qui cultivent du safran. Alexandrie est la dernière ville du Mogreb , située sur le bord de la mer de Syrie , très -industrieuse et très-commerçante. Son phare est surmonté d'un miroir qui sert à faire apercevoir les vaisseaux de très -loin en mer.
Selon Masoudi qui , au dixième sièc|e , écrivit une histoire universelle sous le titre de Prairies d'or (i) , $>ous-d\-Adna, a d'étendue environ 20 jours de marche. Au-delà se trouve un torrent de sable que Ton traverse pour arriver dans la ville de Nehas.
C'est dans ce pays qu'ont paru premièrement les Kkaredgiles , devenus très-puissans en Afrique , mais dont on ne connaît pas l'origine : quelques auteurs croient que
(1) Notices des Manuscrits du Roi , 11, i4-
< 9* ) ce sont des Persans qui , abandonnant les environs d'Ispahan , sont venus s'établir dans ces contrées écartées. Les AglabUes qui régnaient dans le neuvième siècle et s'emparèrent de la Sicile, sont aussi sortis de cette partie de l'Afrique
D'après labari y cité par Schéhabeddin (i) dans son Liçrt des Perles , les Berbers y arborigènes de cette partie d'Afrique, descendent des Amalécites , et ce fut Afnlus, prince hémyarite 9 qui les transféra , par foidre du prophète David, dans ces contrées éloignées. Les voyant mécontens, leur chef dit : « Ces Cananéens murmurent ( berberna) de ce que je les ai fait passer d'une terre stérile dans un lieu d'abondance » ; c'est de là que leur vint le nom de Berbers , et au pays celui d'Afrikia. Suivant l'opinion d' Abdolbar, dans son Imité des Généalogies , les Berbers ont une origine commune avec, les Egyptiens qui sont les descendais de Kibt , fils de Cham , fils de Noé. Kibt s'établit en Egypte , et c'est sur sa postérité que régnèrent les Pharaons.
Ce royaume étant passé à Kaïs-Gaila , un
(i) Notices des Manuscritrdu Roi , n, p. i5a.
(94) de ses fils nommé Berr se sépara de lui et vint s'établir dans le pays de Mogreb ( ou Magreb) ; ce qui fit dire de lui : Berr berra y Berr s'est retiré dans le désert , et depuis ce temps on lui donna le nom de Berber (i).
Mesr ou l'Egypte est située à l'occident la montagne de Dgialout ; du côté de l'orient elle a celle de Morattham qui sMtend jusqu'à Asouan : on compte dans la partie basse quatre -vingt cinq koura oii districts , et quarante dans la partie haute ; il y a de grands trésors enfouis , et beaucoup dé savans. Parmi les villes d'Egypte , Ebnal-Wardi cite Pho$thath y fondée par Amrou , fils d'Al-As , qui avait établi sa tente à cet endroit et fit construire une mosquée à la place d T une église des Chrétiens quil détruisit. Elle est vis-à-vis de l'île Raoudha, nommée encore Dar aï-Mikias ou maison de la mesure , parce que c'est -là qu'on prend la hauteur du Nil. A l'orient de Phosthath sont des ruines qu'on dit être celles d'une autre ville , détruite par Schaour , vizir du Khalif Adhed , dans la crainte que les Francs ne s'en emparas-
(t) Sylvestre de Sacy, I. c i5f.
sent; jiînrSchams , c'est-à-dire fontaine da soleil (Heliopolis) anciennement la demeure des rois , est située à l'orient ou Caire y alors déjà grande ville de commerce. On y trouve le baume Balsan transplanté de la Mecque et qu'on né trouve point ailleurs. Près de Dgizé, située sur le bord occidental du Nil , se trouvent les pyramides Haram , elles sont hautes de 100 çpudées mélikeennes équivalant à 5oo coudées ordinaires. Tous les Arabes sont persuadés qu'elles renferment de grands trésors défendus par des talismans.
Le KhaMf Mamoum dépensa des sommes considérables pour en démolir une ; mais il ne put parvenir qu'à faire une petite ouverture , ce qui a fait dire aux poëtes du temps : « Regarde ces pyramides et apprends d'elles à connaître les siècles qui se soDÎTéeoulés ; si elles partaient , dites t'instruiraient de celui qui «a fait le passé 9 et qui fait l'avenir. Ce sont des édifices que les siècles redoutent ; ceux que nous élevons redoutent les siècles ! » Pfuiïoum est une grande ville bâtie par Joseph , dans un territoire très fertile, où Tort compte 56o villages ; il y a un canal qui
(96) vient du Nil. Zamackhir ville ancienne et
agréable , est voisine de la chaîne dos montagnes de Thilmouk qui part de l'occident , et à travers laquelle le Nil passe avec une telle impétuosité que les. vaisseaux ne peuvent le remonter pour aller à Asouah. Malgré cette cause , naturelle. Fauteur ajoute qu'on prétend qu'il y a sur le sommet de la montagne un palais , habité par une magicienne, nommée Kharbaetquç c'est elle qui arrête les vaisseaux. On gagne Assouan ville bâtie à l'extrémité du Saïd ou de la Haute-Egypte , par la montagne? Alaki ou Allaki . située dans un terrain sablonneux qui renferme des mines d'or et. d'argent.
Au midi du Nil est une autre montagne où l'on exploite une. mine d!émeraudes , la seule de cette espèce qui soit au monde.
Les sables de , IbemoL-Addhirh (sables - de Dhim) sont, si extraordinaires qu'un os qu'on y enfouit est pétrifié sept jours après. Au midi d'A&ouan il y. avait une muraille actuellement ruinée qui défendait tout le pays. On la nomme Hhatth*al-Adgiouz , ( mur de la vieille ) et on la croit bâtie par Dalouka % ancienne reine d'Egypte et magicienne fameuse. Jtfasoudi , écrivain du
(Ô7> dixième siècle > assure qu'on en voyait encore de son temps des vestiges { i). -
Delà , Ebn-al-Wardi passe à fCalzxàim % contrée située entre l'Egypte et la Syrie.
Il y avait deux villes de ce nom qui «ont tombées en ruines sôtis la domination des Arabes* Le désert de Tih que les Israélites ont traversé , a cinq journée d'étendue et est parfaitement uni. Près d'un fort du même nom est le petit village Jkaba-Ila , (pointe ou tin d'Ua) situé sur une montagne très-escarpée f jet dont Dan ville a fait deux places. ,
Dans'la seconde bande , Ebn al-Wardi range , en recommençant par l'ouest , Maghmra (ouTaghrara ou Maghzara) contrée du pays des Soudans ou des Noirs , dont la principale ville, située sur le bord delà mer porte le nom A'Oulili (ou Oulbali ou Ouliki) ; il s'y fait un grand corn* merce de sel avec l'intérieur. Sala , grande ville sur le Nil , peuplée d'habitans braves. jfeAnw/r .(ouTecdour) , autre grande ville au sud-est du Nil /a des mines d'or, ainsi que Lcunlam qui est dans l'intérieur des > : , r -
(i) Not. desMan. du Roi, i,a5. (a)Ib. ii,3f.
terrés. Tout le reste 'd« pays d»?»Magfrnwli ne consiste qrf&A déittXs où ii n'y a fiueau ni pâturages. ;!.,:.. ....,'.':
Quarfgato (<nt Wabtara oii Vttarvfertu), autre centrée dfca Soudàtofi , à l ? oi*ieiit dé. Maghfarâ * a Sôô itiïHtes de- lfcftg ittr t5o de large , et renferme : ewre beaucoup
d'àCrtWI Urie Ville dtf.itiftrrttf ndftt. G'estte jjays de l'or et des arotnates*- IL& glande eali Venvirontié dé fmi<} côté* *, et le Nil, dans sori débordement, en couvre la pkis grande partie» Lôrsqd'H eët retiré , les hffbitans vont ramasser l'or ; mais le foi pus* aède tifi càtitbri particulier dùses gens seuls le recueillent. Cet Or s'exporte èh grande partie il Sédgelmesse. La Tille de SaMkarct se trouve située dans les tetres , et au sud des peuples nommés Ghama : ce Sotat dés nomades errant , arec leurs chaméaut et leurs bestiaux sur le bord d'une rivière qni vieht de l'orient et débouche dans le Nil.
Les habitans de Ghaihara, ville située sur lé bord du Nil et ceinte d'un fossé rempli d*eau y sont braves et font des courses dans le pays de La m la m pour enlever des hommes qu'ils vendent aux étrangers.
Le Karkar comprend plusieurs royau-
t 99) mes quiprenneritlenom de leurs Capitales.
La ville de Kavkar est sur une rivière qui vient du norti et va se perdre dans les sables du désert. Les peuples de cette contrée sont très-nombreux ; ils portent des orftemens d'or et s'habillent avec des peaux préparées. Le souverain est très-puissant) et met sur pied de grandes années. Leur pays confine à celui dos mines d'or. Lorsque les marchands s'y rendent f on tire une ligne; d'un côté les habit ans mettent leur or et de l'autre les marchands placent leurs denrées : on se retire de part et d'autre et on ne revient que le lendemain matin. Alors si l'on est content de l'échange, on enlève la valeur offerte ; mais si l'on tarde trop longtemps f les habitans met* tent le feu aux marchandises , reprennent leur or et massacrent les étrangers qui se révoltent. Le pays de Dahdam est sur le bord de l'eau , à l'ouest de celui de Karkar qu'on traverse pour y arriver. Il contient plusieurs royaumes dont les chefs - sont soumis au roi de Dahdam. Ces peuples sont barbares , anthropophages et adorent la statue d'une femme vers laquelle ils vont en pèlerinage.
Ghana, capitale d'un royaume puissant du même nom* situé au rit>rd de Maghrah ra , est une des plus gran dessilles du pays des Noirs , et divisée en deux parties par le JNil. Tous les marchands des autres contrées y affluent pour en rapporter de l'or dont la terre est couverte, Ceux.de Sedgelmesse s'y pendent en douze jours à travers des déserts où il n'y a point d'eau : on y porte des figues , du sel , du cuivre et de louada. Les habitans ont sur le Nil des bateaux. On dit que le souverain est musulman. Camdounia , .autre pays* situé au nord de Maghrara près de la mer , a des déserts, vers l'est, où Ton trouve des serpens monstrueux que les Noirs prennent à la chasse pour les saler et manger. Il y a dans ce pays une montagne aride appelée Car houn , qui se perd dans les nues ; ses rochers sont si brillans qu'on ne peut les regarder lorsque le soleil y darde ses rayons.
Les habitans de Konem , pays qui s'étend le long du Nil , sont presque tous des musulmans de la secte de l'Iman M alik.
Nouba; ce vaste pays a trois mois de chemin d'étendue et commence aux fronlières de l'Egypte ; il renferme des mines
( »oi )
d'or et d'argent. On affirme que le philosophe Lokman était originaire de cette contrée. Les habitans sont chrétiens et divisés en deux parties : Tune appelée Aloua qui demeurent dans une grande ville nommée Owuloula ; l'autre Nouba , dont la ville est Ùounkala , située , comme la première , sur le bord occidental du Nil. Ces Noirs sont les plus beaux et les plus estimés que Ton connaisse ; les femmes sont également très belles , agréables , pleine!»
de talens , et d'un haut prix. La ville de Nouba est à quatre journées du Nil. Le pays récèle des éléphans , des giraffes , des singes et des gazelles. Tharmi ou Tarha grande ville située sur un lac formé par les eaux du Nil est remarquable par une statue que Ton suppose être celte d'un homme qui , à cause de sa méchanceté , a été ainsi pétrifié. Ouailac, autre grande ville , sert de rendez-vous aux marchands Nubiens et Abyssins. Elle est à six journées de chemin de la montagne Dgianadel où les vaisseaux des Egyptiens et des noirs relâchent.
Habaschah, l'Abyssinie, grand pays situé vis-à-vis de l'Hedgiaz (en Arabie)
dont il est séparé par ta mer f s'étend depuis l'orient de la Nubie jusqu'à son midi.
Les Abyssins s'étaient emparés de l'Ye-> nien avant Mahomet ; ils sont Chrétiens- ,On recherche beaucoup les eunuques de ce pays et les femmes esclaves, qui sont très belles. Kaabar est la résidence du Nadgiaschi ( empereur d'Ethiopie ) ; la contrée abonde en bananiers. Zaila (ou Zala ) pays au sud de l'Ethiopie est très peuplé ; les habitans suivent la religion musulmane. Badgia pays situé entre l'Ethiopie et la Nubie: les habitans mêlés d'Arabes sont idolâtres, mais braves et honnêtes envers les marchands ; ils tirent beaucoup d'or des sables par le lavage* dicfaib est une ville commerçante envi-r rQnuée de déserts. Il y a un officier de lu part du roi de Badgia et un dé la part du sultan d'Egypte. Les Balioun peuple établi sur le bord de la mer du côté de Badgia, vis-à-vis de Hedgiac sont chrétiens de lu fcecte des Jacobites , braves et très incommodes à leurs voisins. Le Barbara situé sur le bord de la mer vis-à-vis de l'Yémen confine à la Nubie et est très peuple On y voit une montagne appelée Canvurd qui a
sept sqpiiçete et 9'étçnd à quarante milles dans la mer. Sur un de ces sommets il y a uqe petite vijlç qu*oA nomme Hacitfa. Les Barbara ns rangent des grenouilles et vont en mer à la pêche. A %
I*e territoire des i^W#tf efct situe vis^àvis de l'Inde dont ilfcat sépara parla grande* mer, et s'étend jusqu'à la Sophala d'or et *W pays de Otfacouac (t). Se» Sindges, qui sont. les pkis btoves d'entre les Nègres, font la guerre Fur des bœufs ; ils ne posst~' dent, QÎchcyau*, ni éléphants apprivoisés, ni chameaux. Il* n'ont point de vaisseaux non plus ; lf$ habitans d'Oman vent ehes ea* ppur acheter dès enf*ns et les revendre ajjleitrs. On y> traite aussi-dès dents } d'éléphant*» des peawx de tigres (onces, léopards ) f de la soie et de l'orcada qu'ils tirent des ttesqui sont dans leur voisinage.
Au-dessus de leur pays est une montagnte où le NU se divise.
Les habitans de Domadem, sont les Tatars des Soudans ; ils ne cessent de faire la guerre à leurs voisins et de ravager leur pays. C'est chez eux que le Nil se partage
T*«OTfnMM
(t) Manuscr. du Roi , « , 4o.
pour aller d'un côté en Egypte et dé Fakitre dails le pays des Zindges.
Le Sophala-eddh&bad ou Sophalaid'br est voisin des Zindges , très étendu , riche en mines d'excellent fer et en or ; que les vaisseaux d'Oman et de Swraph viennent y charger. Ce pays confine avec les Ouacouacs , qui suivant Massbudi , forment une nation très puissante. Leur roi. peut mettre sur pied une arnnrée de 5oo mille hommes :. il porte le titre de Phalîmi,Àphli- ^i , ou suivant Quatremère (i) , celui de Wahliman (fils du seigneur suprême) ; et tient les Zindges sous ses lois {2). Voilà donc les Zindges et les Ouacooacs réunis en un seul et même empire. À un jour ou deux de navigation du pays des Zindges est une île habitée par les Musulmans qu'on nomme Phanbalon ou Canklou , c'est probablement Madagascar. (5)
Quelques critiques modernes ont près*
(1) M£m. geogr. et hist. sur l'Egypte , etc. n , pag. i85 et 187.
(2) M^nuscr. du Roi , 1 > i5.
(3) Etienne Quatremère , Mém. géogr. et hist. sar l'Egypte, etc. 11, p. 182 etsuiv.
que douté de l'existence des Ouacouacs f parcequ'ils ne pouvaient les retrouver sôus le même nom qui paraît avoir déjà frappé les oreilles Arabes. Bakoui, écrivain du quinzième siècle, en plaçant/ £ 'd'après des auteurs plus anciens qu'il à petit -être mal compris ou mal copiés) les Dgèzircè (îles ou péninsules) Ouakouak dans la mer de Sin , autour des îles de Zanedgë »
rapporte qu où y : . oùVe un arbre extraordinaire auprès duquel on entend une voix
* * # * * t*^ qui semble dire Oùakouak (i). La carte
jointe à l'ouvrage d'Ebn al-Wardi place aussi par un double emploi /dans la même région delà mer deSiri, près d'une île Zanedge, une autre appelée Ôuacouàç (*)'.
Il faut chercher , sans doute la première cause de cette fausse position assignée aii pays des Ouacouacs dans le Discours d'Àbouzeïd el Hacen de Siraph f voyageur du neuvième siècle , et que l'abbé Renaudot a traduit dans ses Anciennes Relations deà Indes et de la Chine. Àbouzeïd dit (3) , en
(i) Ma n user, du Roi , u , 33ç (3) Idem, n , 56.
(3) Renaudot, p. 1 1 1.
parlant de l'Inde, que te pays de Zinges est d une grande étendue : on y sème ordinairement dti.mil qui est la nourriture des nègres; on y trouve aussi la canne à sucre. Les differens rois nui le. gouvernent sont continuellement en guerre les uns contre les autres. Ils ont dans le cœur une grande vénération pour les Arabes , et Jorsqu'ils-en^voyeut un ,.ils se prosternent deVant lui , et ils disent, cet hpmme vient dû royaume, où .croissent les palmiers qui portent Jes dettes ,dopt ils foqt beaucoup d'estime. H y en a qui, fesant, prof essioii .d'une vie ; re|iejepw ,, ftcmt couverts dpnç p^eau de léopard qu* 49. ^ifige. On supporte de ce p?ys-tô des peau? de léopards appelé? Zingiet , tachetées de rouge et de noir • .qui sont fort grandes et fort larges. Tous les détails de cette 4£$£Fiption s'appliquent parfaitement au* INègres de 'Afrique. Au surplus, comme pour ne
laisser aucun doute sur la région désignée,
Aboumd ajoute immédiatement , qu'on trouve dans cette mer , près du pays des Zingesèt de celui des Arabes , l'île de Socotra où croit Taloès , et qu'Alexandre pour s'assurer la propriété de ce remède y ailors
( lo? )
précieux, y établit une cdlonte de Grecs qui dansja cuite embrassèrent le chriatisn nisme. Après avoir dit ensuite quelques mots de^la mer , nofnpotée communément mer de Ifl Chine (i) ; qui est h la droite des Indes eu, partant de Hotnan 9 et où Ton trouve, verp l§fr confins des Nègres (a) , le . pays de; j&Urçr qpi produit l'eucens , Abou^ zeïd décrit rapidement les çAtf* orientales de la jopw< Jloqge qù tes. vaisseaux, de Sv»
raph n'ofentAe hasarder. ($)* et termine ainsj ]$jgxue4\en$ï parages: depuis Col- 70 u m ki xt^er s'étend k long de Ja côte dû pays de^ Jifubarçs jusqu'à F opposite du pays de } r ye|oe,n , et elle s'étend ensuitq le Joug de la côte d'Ethiopie d'où on ap-t portçdes peaux de léopards de Barbarie, qui sont les meilleures de toutes, et le$ mieux préparées ,' et le long de lu côte de Zeilah où on trouve des écailles de tortue et le meilleur ambre gris.
Tous ces détails nous ramènent constamment vers le siège principal des Zin~
»^—^— i mu M m u
(i) Qoatremère, Mém. sur PEgypte, Uj **.
(2) Renaudot, p. 117.
'3) Idem, pag. 116.
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ges, dans le voisinage de Sopîiola et de Ouacouac. En nous apprenant que Masoudi place aussi dans l'Inde des peuples qu'il appelle Zîngess'Deguignes^v, rappelle très-justement l'idée des anciens qui ont également donné aii* È*hio£?etis le .nom d'Indiens ;'et d'He'rbetot t>brfervé que les Persans fiomment S iab- Hindou ( Indiens noirs) » les Zinfges qaî , sortis de l'Afrique, s'étaient rendus puistfati* dans la Syrie vers la lin du rceuvièttre'sièefe:.
Masoudi fait ^eâewdrfc îès 'SôtffliliÀ bu Nègres 'dés enfafiS de Canaan V^tff ^traversant le Nil ■"; passèrent plus a^Jrrft fet se^dispersèrent : les uns formèretfl'J a TOWënt , . les Nubiens , les Badge ; d'antres , à FÔcrcident , les Zaghoup, ïeà GhafoiicfuKàtou, les Akma, les Gfrabé et autres Ettfïô£ien$ , et les Dattiadamiefté. Quelques-oms allèrent entre l'Orient et l'Occident: ce sofit les Zinges , les Maskou et les Berbers ; oh passe par leur payfc pour aller dans ceux de Dahlac ,,de Zilaét deBadia.
Il ne nous reste plus maintenant que d'ajouter une 'ïiote qui se trouve chez
(1) Manuscr. du RoL i, i5.
Schéhabeddm (t) , sur la source mystérieuse dn Nil dans les montagnes de la Lune , et sur le cours ultérieur de ce fleuve. ' ; *' ' - l
a Au milteu de nie (presqu'île du Mogreb)sont les déserts deà Nfegre's , qui séparent le pays : des NègresMë celui des Ber* bers. I)ans cetle lie est aussi la source dé ce grand fleuve qui n'a point de pareil sur la terre : il sort' de la Montagne de la Lune qui est au-delà dé l'équàteur.Dans la première nuit du mois lunaire , v cette montagne commence à se colorer, et elle prend toujours de nouvelles couleurs, jusqu'au milieu du mois , où , la lune étant dans son nlein , les' yeux ne peuvent plus en soutenffl'éclat. Plusieurs sources jaillissent du pied de cette montagne , et se réunissent dans un grand lac dont les eaux prennent les mêmes couleurs que la montagne : on ignore si ces couleurs sont réfléchies du lac sur la montagne ou de la montagne sur le lac , ou si l'un et. l'autre les reçoivent immédiatement de la lune.
De ce lac sort le Nil, le plus grand et le
(i) Maouscr. du Roi, h, i55.
plus beau des flpuvcs de toute la Itrve.
plusieurs rivière? , dérivées de ce grand fleuve , arrosent la Nubie et le. pays de Djénawa. Il coupe horizontalement l'dquaieur,, arrose l'Abyssinie *\ le pays de Coucpu, vient à $yene, traverse 1 % Egypte dans toijte sa longueur et se jette dans la mer entre Tunis cty Damtçtte. La branche qui coule .dans le pays Djénawa n'arrive point à l'Océan; elle ne coule que jusqu'à l'ex| rémité de b partie de cetie contrée qui £st habitée. »