SECONDE PARTIE
La première chose que fit la nouvelle direction lut de diminuer les appointements des artistes. Un débat qui
(1) Première année de la direction Walter Tiste.
(2) Partie concernant la direction Walter-Tiste.
s'est élevé, à cet égard, entre elle et M"» Nadèje, mérite d*étre rapporté en détail, parce qu'il révèle certaines particularités intéressantes. Le premier engagement de M»« Nadèje (i7 mai 1850) avait, disaient Walter et Tiste, été contracté à 4,S00fr., sans indemnité pour les costumes. Pour 1831-1832, Paul avait porté ces appointements à 6,000 fr., toujours sans indemnité pour les frais de costumes. Les directeurs associés n'offrirent que 5,000 fr., et Mi^e Nadèje en voulut 5,000, plus eOO fr. pour la toilette, total 5,600 fr., somme qui, au dire de ceux-ci, n'était plus en proportion avec les diminutions consenties par les artistes, à la condition qu'elles seraient générales. M"« Nadèje répondit qu'en 1830-1851 elle avait 5,000 fr. et non 4,500 fr., et que, sans que cela fût stipulé^ on lui fournissait les costumes étrangers aux pièces à trois époques, comme on avait fourni tous ceux de Marino Faliero à W^^ Martin, qui avait 5,000 fr. pour les emplois tenus par M**® Nadèje, jeune première dans la comédie et jeune première dans le vaudeville. En somme, elle demandait 4,400 fr. pour la comédie et 1,200 fr. pour le vaudeville, total 5,600 fr.
Quelques artistes n'ayant pas voulu consentir à une diminution d'appointements, d'autres ayant quitté Rouen dans la crainte que le théâtre ne rouvrît pas promptemenl, Walter et Tiste durent reconstituer la troupe. Ils purent néanmoins faire la réouverture le 19 septembre 1831. Le spectacle était ainsi composé :
lo La Chercheuse d'esprit, vaudeville;
2o Les Visitandines, opéra ;
3o La Fiancée, opéra.
m THËATAE
Les renti'éos et las débols opt eomtxiBncé immédûitement. Ceux-ci ont été effectués :
Pour U comédie, le ¥audeyille^ etc., dans V Amant bourru. Tartufe, Guerre ouverte, Claudine de Florian, le Chevalier à h mode^ le Misanthrûpe,le Jf^r » à bonnes F^rt^nes,
Pour l'opérai, dans les Ykitandines, la Fiancée, le Nouveau Seigneur du Village^ le Moçon^ Piearos et Diego, Jean de Paris, le Concert à la Cour, la Maison isolée, les Voilures versées, Robin des Bois, Adolphe et Clara, les Rendez^o^s bourgeois, la Zef^r^ c^e change et rOperâ^Camigué. «^ Dans les VisUandines, Tilly chantait la Gascogne, çjt daas le Concert à la Cour M>"« Mons^ chaatait Tair du Carnaval.
Après les débuts, la troupe a été formée, pour la seconde fois dans Tannée théâtrale 4851-1S38, et voici de quelle manière :
Comédie :
Alexandre, premier rôle (1).
Ernest, jeune premier.
Borssat, premier amoureux, etc., etc.
J. Morazain, jeune amoureux.
Charles, troisième rôle.
Massin, père noble.
Louis, financier.
Tiste, premier comique.
Mouchot, deuxième comic[ue.
Mme Simonet, premier rôle.
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(1) Après réchec de Ma lis.
DICS ARTS. ' 4m
M«« Aug. liUy, deuxième premiar rôle et ferle amoureuse.
Mi!« Nadèje-Fusil, jeune pi^mièrep Mii« Laignelet, ingénuités.
Mlle Broebard, troisième et deuxièioe aiMBPaise. jVfne Duversin, mère nobl^f M"« Suzanne Terrier, première soubrette.
M™e Saint-Estèye, seconds caractères.
Min« Lemaire^ grande utilité.
Opéra :
4Qtdri«ux, premier ténor.
Foucbet, Pbilippe et deuxième ténor.
Joseph. Philippe et deuxième ténor.
Jaleft Morazaifl, >€din.
Tilly (i), Martin,
Aey (Bippolyte), première b^sse.
Leclère, seconde basse.
Lemaire, troisième basse.
Joly, Laruette.
Jouanno^ trial.
Adam, grande utilité.
Valette, Pbilippe, Rioquier et Bertrand^ utilités.
M"e Monsel (2), première chanteuse à roulades. Mlle Langle, première ehanteuse sans roulades. Mme Certain, première Dugazon.
(1) Ex-pensionnaire de rOpéra-Gomique.
(â) Éléye du Conservatoire, pensionnaire de TOpéra- Comique.
M"» Ninette Lederq, deuxième Dngazon (1). Min« Louis Fabre, duègne.
W^« Lemesle, mère Dugazon.
M"e Fritz, coryphée.
M»» Borssat, utilité .
Dumée, peintre décorateur.
Schaffner, chef d'orchestre.
Lemaire, régisseur (2), puis Eugène.
Mouchot, deuxième régisseur.
Andrieu, costumier.
LA POLITIQUE AU THÉÂTRE. — L'osprit public s'est manifesté à propos de deux ouvrages.
Dans le TaiUeur et la Fée, pièce fantastique (3), où défilent toutes les chansons de Béranger personnifiées, les spectateurs soulignaient, par leurs applaudissements, une foule de traits satiriques et mordants. Deux couplets de Paillasse plaisaient par-dessus tout :
Nef révolution est bien drôle!
Tout le monde a changé de rôle.
C'est r pauvr' peupr qui a mis 1* couteau,
Et c'est ces messieurs du barreau
Qui se partagent le gâteau !
La cour des dévots M'ayant continué mes gages,
(1) Après réchec de M"« Fay, de M"» Lacoste, de M"» Steinmelz.
(2) Pour 300 fr, de plus par an (voir page 460).
(3) Voir aux premières représentations.
J*ai fait des bons mots Pour ces augusles personnages :
Du Trocadero J'ai fait un Marengo, Et force cantiques en prose.
Sur Tair : Tu n'auras pan ina rose.
Bon temps regretté, Pour toi que j*ai chanté !
N'en déplaise aux Rouennais de 1831, je donne place ici à une remarque qui a été faite, à cette époque, à propos du Tailleur et la Fée, Le public n'a pas manqué de couvrir de bravos les passages où Ton y fronde les gens qui se font des émeutes un marche-pied pour arriver aux grandeurs, et les hommes du lendemain, qui, cachés au jour du danger, viennent, après la victoire, se partager la curée. Mais ce même public est resté froid quand le roi d'Yvetot a expliqué comment, en cas d'invasion ctrangèce, les Fr^inçais sauraient se défendre.
Cependant, du temps des Bourbons, les transports éclataient lorsque quelque passage avait trait à Thumiliation de la France vis-à-vis de Tétranger. Qu'on se souvienne du succès pour ainsi dire politique qu'ont eu à Rouen le Soldat laboureur et Michel et Christine,
Après la révolution de 1850, quelques mois même avant la représentation du Tailleur et la Fée, le sentiment patriotique se manifestait encore avec force, lorsque, dans Monsieur Cagnard, Manique disait : « C'est des cons- « cri ts qui part; y disent comm' ça qui vont aller frot- (( ter les Russes. »
L'indifférence avait-elle donc si vite remplacé à Rouen le patriotisme?... •
èm THBATRB
Le vaudeville la Maison du Rm^patt a été repris, en novembre 1831, avec un certain suecès. Le public aimait beaucoup la scène du coâseil, où les chefs de la Fronde s'adjugent les hauts emplois et se partagent les trésors de l'État dans Vintérét du peuple, et il applaudissait fort cette réflexion de M. Mathieu : « Si, après « tout ce que l'on fait pour lui, le peuple n'est pas conte tent, il sera bien difficile. »
Au mois de février 1832^ on donnait quelquefois encore le Bal d'ouvriers, quoique la plupart des couplets du vaudeville final eussent perdu tout leur à propos, et que ce ne fût pas le moment favorable pour eélébrer les succès de l'héroïque Pologne et les généreux efforts des patriotes italiens. Use fois, .Wi« Laignelet supprima le seul couplet que les civeonstances adwssent efkcore, le couplet relatif au justes-milieu; mai» oa fit felever la toile, et l'artiste dut s'exécuter.
Kn mars de la même année» Lafont, comme nous al*- I00& le voir, est en représentation à Rouen. Apre» la Muette, on M demande la Marseillaise, et il lâchante au milieu des plus enthousiastes applaudissements.
Du mars 1852 également,, des jeunes gens se j^menèrent à plusieurs reprises dans Paris^ coif£és de cba^ peaux rouges. Cela ex<;ita du désordre, des voies de fait et même de l'inquiétude jusque dans les départements. Cette circonslianee inspira un à-^propos, les Chapeaux séditieux, que l'on représenta à Houeu dans ce mois môme. {Voir <mx nouveautés.) Qd a surtout applaudi an couplet sur le petit chapeau de Bonapartew li finit ainsi :
Mais en âeecendant au tombeau Tu nous as laissé ton chapeau.
Nous ohercherons longtemps ta gk>ire!
CENSURE. — Aussitôt nommés, Walter et Tiste ont envoyé la liste des pièces du répertoire et le tableau de troupe.
BEPBÉSENTATIOIfS EXTIAOBDIIfAIEES. — A la fin du m09S dé
septembre 1851^ Eugène Pradel, après douze séances publiques données dans d'autres locaux, a fait, au Tbéàtredes-Arts, une clôture définitive de ses improvisations. Le programn^e de cette soirée littéraire, dramatique et musicale à la fois, est curieux :
lo Ouverture de Proserpine, par Schneitzhœffner ;
2o Dialogue des Morts, par Pradel ;
3o Air varié pour la flûte, composé par Tulou, exécuté parElchlep;
4o Wenh ick in der frtœh, — Wars villeicht um eins, mélodies nationales, chantées par deux frères et deux sœurs, ménestrel» tyroliens, en costume national, — venant de Londres ;
&> Sympbosie à grand orchestre, de la composition de Schaffner;
60 Air de Tamerlan, musique de Winter, chanté par
Rey;
70 La Seconde Année, vaudeville joué par les artistes du Théàtre-des-Arls. W^^ Nadèje tenait pour bi première fois le rôle de Caroline;*
80 Air de LtUly et QuinatUt {La beUe Armide s'a-vance), chanté par Tilly ;
9» Bouts rimes, far Pradel ;
488 T)IÊÂTHE
lOo Improvisation de couplets et de chansons, par Pradel.
S'il suffit d'avoir un filet de voix et d'avoir rempli le rôle de ténor léger dans Adolphe et Clara (Adolphe) et dans les VisUandines (Belfort) pour figurer aux représentations extraordinaires, un nommé Chevalier y a des droits. Élève du Conservatoire, il était en passage à Rouen en novembre et décembre- 1831 •
L'anniversaire de la naissance de Molière a été célébré. La salle, le 14 janvier 1832, a été illuminée à Vimtnr des bals, et un spectacle extraordinaire a été composé de :
\o Ouverture A'Euryanthe;
2o Lo Misanthrope;
3° Ouverture àUvanhoé;
4o Le Bourgeois gentilhomme;
5o Le couronnement du buste de Molière.
En mars 1832, Rouen a joui de la présence de Lafont, premier sujet de l'Académie royale de musique (premier ténor). 11 a chanté dans *.
Mazandello, La Dame blanche.
La Muette.
En tout, quatre représentations. Il faut dire, pour ne rien omettre, qu'après la Datne blanche Lafont a chanté le Retour de Pierre, romance, et qu'après la Muette il a chanté la Marseillaise.
BÉNÉFICE DES HÔPiTAOx. — Le premier bénéfice de la campagQC^ à la date du mercredi 14 décembre 1831, a eu cela de remarquable^ que Filippa fils, violoniste, àgc
de 15 ans, élève du célèbre Paganioi (sic), y a exécuté trois morceaux entre les pièces. On donnait :
lo Le Philtre champenois, vaudeyille ;
2o Le Quaker et la Danseiise, vaudeville ;
3o La Fiancée, opéra.
L'administration des hôpitaux a écrit à Filippa une charmante lettre de remerclments. Cependant cet élève de Paganini a reçu 300 fr. pour trois morceaux.
Produit brut, 4,407 fr. 23 c.
Frais, 594 fr. 50 c, dont luminaire général, 100 fr.; chauffage, 20 fr.; pompiers, 6 fr.; Filippa, 300 fr.
Produit net, 3,512 fr. 73 c.
Le second bénéfice, mercredi 21 mars 1832, composé de :
lo La Marraine, vaudeville ;
2o Le Philtre, grandK)péra;
3o Les Petites Danaides, pièce à grand spectacle, a produit 3,074 fr. 65 c.
Les frais se sont élevés à 407 fr., dont 19 fr. 50 c. de petites Danaïdes, 2 fr. pour deux enfants, 50 fr. pour le cheval dans le Philtre, 12 fr. pour repas dans le Philtre, 30 fr. de torches et d'artifices pour Tenfer. Le reste comme à l'ordinaire.
Produit net, 2,667 fr. 65 c.
fiÉNÉFiGEs. — La veuve de Collet, ancien régisseur du Théàtre-deS'Arts, a obtenu, en novembre 1831, la faveur d'un bénéfice et la faveur du concours de Bié. -- La Maison du Rempart, deux opéras pour Bié : Ma Tante Aurore et les Visitandines. — Chambrée complète^ recette splendide.
490 TRAATEE
Uœ autre veuve, celle de Raynal, autre ancien régisseur, a eu égstieaieat on béséflce, on, pour mieux dire, un second bénéfice^ organisé ainsi :
lo Marton et Froniin, comédie;
So Reprise de Joseph, opéra. Téiiar, ancien Philippe du ThéàtT&'des-Arts, en passage à Rouen, y a rempli le rdle de Siméon ;
5° Victarme, drame. *
Notons ici pour mémoire le bénéfice d'uû pauvre réfugié polonais. {Voir aux intermèdes.)
DRAME. — Cinq nouveautés, dont detix font époque : Antony, drame en cinq actes, par Alexandre Dumas. Première représentation en décembre 1851. M«e Sinionet y a créé le rôle d'Adèle.
A la première représentation de cet ouvtage, plusieurs scènes ont été siffléés. A la chute dû rideau, les maf<][ues de désapprobation Tont emporté de beaucoup sur les applaudissements. A la deuxième, l'afâche portait ce prudent avis : « La direction, désirant satisfaire à l'opi- (( nion manifestée par le publie dans quelques parties du « drame A'Antony, des coupures ont été faites. » Ce jour-là, il y avait très-peu de monde, excepté au par* terre, où se trouvaient pèle-^méle et très-tassés les soidisant vengeurs de la morale et les défenseurs d'il y^/ony. Avant te lever du rideau, les deux partis ont lutté coteme on lutte au théâtre, avec la bouche et les mains; puis te premier, le deuxième et le troisiètne actes ont été mimés et figurés au milteu du plus affrettx tumulte, avec voies de fait el banquettes brisées. Chacun de ce^ trois actes a duré cinq minutes seulement. Le quatrièfifte et le ein*
DES ARTS. 49t
quiénàe acte» oat été éeoutéfi^ de guerre lasse. A la fin de la pièce, les deux partis ont recommeneé de plus bdHd, pour ne se taife qae danis la me.... eicacoreif Pas de troisième représentation.
L'Homme au Masque de fer, drame en cinq parties et en prose, par Arnould et Foiirnier. t*temîère représentation en novembre 18S1 .
Léontine, drame en trois actes^ mêlé de couplets, par Ancelot. Première représentation en décembre 1831 .
jRiehard Darlington, drame en trois actes et en prose^ précédé de la Maison du Docteur, prologue, par Dinaux. Première représentation en février 1832. — Alexandre, Charles^ Borssat, Massin, Louis, Lemaire, Eugène, Mouchot, M°»^* Simonet, Nadèje et Tilly*
Le succès de cet ouvrage a été vigoureusement contestée A la chute du rideau, une lutte acharnée s'est engagée entre les classiques et les romantiques. La victoire, un instant incertaine, est restée aux partisans de Richard Darlington, A la seconde représentation, le succès n'a pas été un seul instant compromis. Puis la foule s'est portée aux représentations de ce drame et l'a accueilli par de bruyants suffrages. Après douze représentations, il y a eu^ de la part d'un certain nombre d'opposants, une tentative de réaction ; mais elle a échoué devant une majorité écrasante.
Vietorine ou kb Nuit 'porte conseil, drame en cinq actes^ mêlé de couplets, par Dumersan, Gabriel et Ikipeuty. Première représentation en octobre 1831. Pendant les entr'actes, l'orcheâlre exécutait &ans interruption des pols-pouriris fort divertissants^ MHe Nadéjé a créé le rAle
de Victorine; Ledère faisait Alexandre; Fonchet, Michel, et M>B« Certain, Elisa.
En fait de drames, on a maintenu seulement :
Edouard en Ecosse,
Madame La Valette.
Napoléon à Schœnbmnn.
VOncle mort et vivant.
COMÉDIE, YAUDETiLLE, ETC. — Dix nouveautés, savoir :
V Amitié des Femmes, comédie en un acte et en vers, par Laffitte. Première représentation en décembre 1851 .
Le Bouffon du Prince, vaudeville en deux actes, par Mélesville et Brazier. Première représentation en janvier 1832.
Les Chapeaux séditieux, ii-propos-vaudeville en un acte, par Brazier, Mélesville et Carmouche. Première représentation le 29 mars 1832. (Voir à la politique,)
Le Chevreuil ou le Fermier anglais, comédie-vaudeville en 3 actes, par Léon Halévy et Jaime. Première représentation en mars 1832. — Jouanno et M"« Langle.
VEspionne russe ou un Episode de 1812, comédievaudeville eu trois actes, par Mélesville et Carmouche. Première représentation en décembre 1831 . — Acteurs : Leclère, Jouanno, Fouchet, Mouchot, M°>«« Certain et Louis.
L'Owcfe rival, comédie-vaudeville en un acte, par Mélesville. Première représentation en octobre 1831.
Le Philtre champenois, vaudeville en un acte, par MMesville et Brazier. Première représentation en octobre 1851, — Acteurs : Jouanno, Tiste et M"« Langle.
Les Préventions, comédie en un acte et en prose, par
d'Épagny. Première représentation en janvier 1832.
Rabelais ou le Presbytère de Meudon^ comédie-anecdote en un aete^ mêlée de couplets, par de Leuven et Charles. Première représentation en janvier 1852. — Leclère, Massin, Borssat, Léon, Morazain et W^^ Brocbard.
Le Tailleur et la Fée ou les Chansons de Déranger, conte fantastique, mêlé de couplets, par Vanderburck et Ferdinand Langle. Première représentation en octobre 1831. — Acteurs : Leclère, Lemaire, Mm«* Certain et Brochard. (Voir à la pfolitiqm,)
Voici le complément du répertoire pour la comédie et le vaudeville :
L'Acte de Naissance, V Amour et la Raison, — la Belle- Mère et le Gendre.
Le Capitaine Belronde, la Carte à payer, Catherine, Chacun de son côté, le Complot de Famille, le Conscrit.
Les Dames des belles Cousines (reprise)^ Défiance et Malice, les Déguisements amoureux, le Dépit amoureux, les Deux Frères, les Deux Ménages, le Dissipateur.
VEcole des Bourgeois, VEcole des Femmes, VEcole des Maris, ÏÉcole des Vieillards, les Etourdis,
La Famille Riequebourg, la Fausse Agnès, les Femmes savantes, les Folies emioureuses.
La Gageure imprévue, •— la Haine d'une Femme, VHùtel garni*
Les Ineonivénients de la Diligence, Vlnirtgue épisto^ laire.
Le Jeune Mari, la Jeune Femme colère. Une Journée à Versailles,
Le Légataire universel, la Ligue des Femmes, Louise.
trois actes, paroles de Mélesyille, musique de Hérold. Première représentation en novembre 1831. — Acteurs: Tilly, Joseph, Jouanno^ Morazain, M>°e»Monsel et Certain.
Aux opéras cités précédemment pour cette année, il faut ajouter, pour compléter le répertoire :
Ambroise, — le Barbier de Séville, Beniowski.
La Caverne, — les Deux Nuits.
Fra Diavolo, la Fête au Village voisin, Fiorella, Françoise de Foix.
Gulistan, — Joconde (reprise).
Marie, les Maris garçons.
Le Petit Chaperon rouge, le PetU Matelot.
Le Tonnelier, — la Vestale, la Vieille.
CONCERTS. — Il en est jusqu'à trois.
Une demoiselle Bertrand, harpiste^ qui av&it charmé Naples, Milan^ Vienne, Berlin et Saint-Pétersbourg, est venue à Rouen en octobre 1831. Oh a, à cette occasion, organisé deux concerts vocaux et instrumentaux. M'i^ Bertrand a fait entendre, dans le premier, un concerto de sa composition, une fantaisie sur Tair de Joseph, la Marche des Grecs (troisième acte du Siège de Corinthe), une fantaisie sur une symphonie d'Haydn et une fantaisie sur Tair : Nel cor piu non mi sento,
Tilly a chanté le Bon Ange, Rey un air des Mystères d'Isis, M"e Lemesle l'air de Ninette de la Gazza ladra, M"» Monsel le morceau du Billet de Loterie : Non, non, je ne veux pas chanter.
Le second concert s'est composé d'un concerto sur le violon exécuté par Thillou, professeur au Havre, de solos de violon par Lamanière, d'une ouverture, d'un
concerto de violon par Gharpeaux, d'un air yarié sur Tophicléide-alto par Morel. — Tilly, M"»»» Monsel et Lemesle ont été chargés de la partie vocale (Barbier de Séville, Jeannot et Colin et Comte Ory).
Bûcher, première flùtë du théâtre Saint->Charles> a organisé un concert au théâtre, comme fin de spectacle, le samedi 11 février 18^2. Une symphonie de Schaffner, un air de la Muette p^r M"» Lemesle, un concerto par un jeune violoniste de 10 à là ans, élève de Faur, ont encadré deux morceaux exécutés par Bûcher : variation sur un thème de Rossini et un autre sur Tair de MàUborough.
INTERMÈDES, — Outrc Touverture d'Euryanthe et celle i'Ivanhoé, on a eu quelques autres intermèdes. Les voici :
Mii« Leonorka Neumann, de Varsovie, âgée de 12 ans, violon célèbre (sic), a exécuté un concerto de Kreutzer et des^ variations de Rodes (septembre 1831).
Filippa, violoniste, âgé de 15 ans, seul élève du célèbre Paganini (sic) a exécuté la Rennaise (novembre 1831). Voir au bénéfice des hôpitaux.
Bûcher, première flûte du théâtre Saint-Charles, a exécuté une fantaisie de sa composition sur Topera VEsule di Roma (février 1832). '
Salinski ou Sazinski ou Sankson, officier polonais, a joué des variations sur la Tyrolienne, un thème de la Muette et un air national sur un instrument dont il était l'inventeur ; c'était une espèce d'harmonica en bois, formé de vingt-quatre baguettes, longues de six pouces à un pied, dont il tirait des sons en les frappant avec deux T. III. 32
498 THtÂTRE
autres baguettes. — Ce malheureux Monais réfujpié a obtenu une seconde audition, à son bénéfice; on donnait trois pièces du répertoire et il jouait de rharmonicadaos les entr'actes (février 1832).
Laeombe, pianiste Agé de onze ans, s'est fait e&ieadre à deux reprises (avril i832).
BALS. —Quoique ce fût l'année du choléra, jamais on n'a plus dansé, jamais il n'y a eu plus de grands bals de nuit^ parés et masques, à onze heures, après le spectacle: en février, dimanches i% 19 et 26; en mars^ jeudi 1«r, dimanche 4^ mardi 6, dimanche 1i, jeudi S9 (mi-carême); en avril, dimanche i^r (i); total, neuf.
La clôture a été faite le jeudi 19 avril 1832 par la huitième représentation de Hobert-le-Diable, Cette soirée a été un véritable triomphe pour Andrieu , Rey, Mi°«s Langle et Certain, et a dignement terminé Tannée théâtrale.
IRC1DBRT8.
De l'avènement de Walter et liste date, à Rouen, une rédaction raisonnable des affiches ; avant eux on mettait :
telle pièce suivie de. . . . précédée de et suivie
dô. . , le spectacle commencera par. . . . finira par. . . . , etc., etc.; c'était à s'y perdre et on s'y perdait en effet.
a La direction, pour concourir au concert donné au profit des indigents^ par la Société de la Maternité, se
(i) En 1832, P&ques était le ââ avril. La clôture de Tannée théâtrale a été faite le 19, veille du vendredi saint.
DBS ARTC. iM
trouve dans la nécessité de faire rel&che aujourd'hui. » Tel était l'avis publié ie samedi â8 janvier 1852; ce concert, soit dit en passant, avait lieu à l'Hôtel-de-Ville, avec le concours de Lilz, le célèbre pianiste, et de M™" Monsel, première chantense du ThéAtre-des- Arts.
Il ne fallait rien moins, en avril 1852, que les premières représentations de Robert-le-DitAle pour attirer la foiile au thé&tre, parce qn'on craignait le choléra. Aussi, à la seconde de ce chef-d'œuvre, la direction informât-elle le public que des solutions de chlore seraient répandues dans la salle et que des appareils désinfectants seraient placés aux endroits convenables; en outre, des mesures devaient être prises pour abréger la durée des eutr'actes ; iMJgré oA&, le puUic, «ECéptë pour Robert. se tint éloigné du tbéAtre pendant l'épidémie.
Dlrectloii L. Walter.
Par un acte signé le 2i avril 19S% Tiste a renoncé à la qualité de co-directeur, et le 25 du même mois il a envoyé sa démission au préfet du département. L. Walter, dorénavant seul directeur, s'est chargé, seul aussi, de la liquidation des comptes de la campagne qui venait de unir.
Année théâtrale 181S-t811.
Dès le 2 mai, l'ouverture a été iaite par :
lo Louise ou la Réparation, vaudeville;
2o Le Barbier de Séville, opéra.
Tel était du moins le spectacle annoncé ; mais M^i^Monsel refusant de paraître pour cause de maladie, on n'a pu chanter que le premier acte du Barbier, non sans qu'une heure de tumulte, de vociférations et de sifflets ait inauguré la campagne. Deux jours après, la rentrée de cette artiste a été tellement orageuse, que l'on a été forcé d'évacuer la salle et que M"e Monsel n'a pu reparaître.
Tilly, à sa rentrée dans le Barbier de Séville, ayant entendu quelques sifflets, a quitté Rouen le lendemain ; mais quelques jours après, il est revenu humblement ; cependant sa deuxième rentrée a été moins bonne en-
DES ARTS. soi
core, et il a été longtemps à reconquérir les faveurs du public.
Les débuts ont été faits :
Pour la comédie, le vaudeville, etc.^ dans le Jeune Mari, Tartufe, le Legs, les Folies amoureuses, le Tyran domestique, les Comédiens, le Mari à bonnes fortunes, Une Visite à Bedlam^ la Famille improvisée (première représentation)^ Amphitryon, le Joueur^ VHomme à bonnes fortunes, la Fille d'honneur, YEcole des Vieillards, les Premières Amours, Simple Histoire, le Fils de VHomme, la Marraine, la Seconde Année, le Philosophe marié, le Mariage de raison, les Jeux de V Amour et du Hasard, la Reine de seize ans, la Maison du Rempart, le Hussard de Felsheim.
Pour l'opéra, dans la Dame blanche, le Petit Chaperon rouge, le Nouveau Seigneur du Village, les Visitandines, la Fiancée, le Concert à la Cour, le Barbier de Séville, le Rossignol, les Rendez-vous bourgeois, Fra Diavolo, la Vestale, Robin des Bois, Joconde, Y Italienne à Alger (reprise), Mazaniello, Adolphe et Clara, Ma Tante Aurore.
La troupe a été constituée ainsi :
Comédie :
Valmore, premier rôle 6,000 f.
Alexandre, jeune premier (i) S,500
Ernest, jeune premier (2)
Borssat, premier amoureux, etc., etc 3,000
(1) Ce n'était pas le premier rôle de Tannée précédente.
(2) Rentré en décembre 1832.
J« Morazain, î/^me annapreux
Charles, troisième rôle 5,00(>
Massin, père noble 4,500
Louis, financier , S,000
Tiste, premier comique (1) . , . . . 5,000
Mouchot, deuxième comique. 3,300
Mélingue, grande utilité
Bergerjk Bertinj^ Valette, utilités . . ,
M°>« Simonet.^ premier rôlç 6.300
B|ï"« Nadège-fusil^ jeune première .... 5,500
^aie Berger, jeuQe preoiière pendant la maladie de M"« Nadèje. ,
min»« Jaillard-Wenzçl, jeufte première après •
la mort de M"« Najède (2)
M"e Bo^uçt, première amoureuse (3)
Mlle Laignelet, ingénuité 3,650
M'^*' Prochard, deuxième et troisième amoureuse , , 2,300
Mme Duversin, mère noble 4,000
Mi'« Antonine, première soubrette 4^^000
M»e Antheaume, première soubrette, à la
place de Mlle Antonine, malade
M"e Louise Tilly, soubrette-utilité 2,400
M"»e Saint-Estève, seconds caractères 2,400
Mme Fouchet, utilité
(1) Rentre après réchec de Berihault, le père, croyonsnous, de la première chanteuse.
{%} Avait déjè été à Rotten sous te nom dfîiisa Wenzeh • (3) Après réçhecde !**»« \. Tilly, à sa reulré^, de )X^^ Hortense et de M*»* Jules Lejey, à lei^'s détMits..
Opéra :
Andrieu, premier ténor 13,000
Foochet, Philippe et deuxième téoor 7,800
Joseph, Philippe et deuxième téaor 5,000
J. Morazain, Colin (i) "3,000
Tilly, Martin 12,000
Renault, première basse taille 8,000
Leclère, deuxième basse taille 6,000
Lemaire, puis X., troisième basse taille. . . 3,300
Lemaire, Laruette (2) 3,800
Jouanno, trial * 3,000
Bertrand, Philippe, Honoré
Bertin, Lhuilier et Valette, utilités*
x\l"« Bertbault, première chanteuse à roulades (3) 12,660
M^^^ Langie, première chanteuse sans roulades 9,000
M**« Alberte (4), première chanteuse, pendant une longue maladie qu'a faite M}^^ Langle
Mnie Alexandre, première Dugazon 6,500
^|me Maré-Lemaire, deuxième Dugazon 3,600
M«»e Louis -Fabre, duègne 5,000
MUc Lemesle, mère Dugazon (5) 3,000
(1) Rentré après Téchec de Allermes et de Germain.
{2) Après l'échec de Felieu, Lemaire, troisième basse, a changé d'emploi et a fait trois débuts de Laruette ; il se glorifiait d'être élève de Bié.
(3) Après l'échec de W^*" Monsel, à sa rentrée.
(4) Elève du Conservatoire.
(5) Rentrée après l'échec de M™« Bouchez.
M°>« Borssat, utilité
Schaffner, chef d'orchestre.
Bidal, première flûte.
Gharpeau, premier violon.
Boni, idem.
Dnmée, peintre-décorateur.
Eugène, régisseur parlant au public.
..Mouchot, deuxième régisseur.
Andrieu aîné, costumier.
Disons de suite qu'on se plaignait encore à cette époque de ce que l'orchestre contint trop peu d'instruments à cordes.
Quant aux artistes, il faut, parmi les nouveaux, remarquer surtout Mii« Bertbault, ravissante chanteuse et charmante comédienne; elle a débuté dans le Concert à la Cour, le Barbier de Sévifle et le Rossignol.
Renault, première basse, qui a laissé aussi d'excellents souvenirs, quoique moins vivaces, a débuté, à la fin du deuxième mois, dans Vltalienne à Alger (reprise), la Dame Blanche et Mazaniello. En arrivant à Rouen, quelques jours avant l'ouverture de l'année théâtrale, il avait été atteint du choléra. Walter avait fait venir Dérivis fils, qui a tenu l'intérim, à la satisfaction générale.
Quand Renault fut guéri, un débat s'éleva entre lui et son directeur relativement aux appointements durant la maladie. Ce débat n'offre aucun intérêt artistique; il nous a appris toutefois que Renault était engagé à 666 francs par mois (8,000 fr. pour douze mois), et que Dérivis fils, pour un intérim de six ou sept semaines, a reçu 1,100 fr.
LA RELIGION ET LE THÉÂTRE. — En 1832, la procession de la Saint-Marc a mécontenté ; celles des Rogations ont failli amener de graves désordres. Le dimanche 2l7 mai, au grand théâtre, la représentation s'en est ressentie. Immédiatement après rouverture de FraDiavolo, le parterre en masse a demandé à grands cris la Marseillaise, et n'a vonlu laisser commencer le premier acte que sur la promesse de cet hymne patriotique pour le premier entr'acte. Quand Joseph l'a chanté, les specta* teurs ont répété en chœur le refrain : Atùx armes, citoyens; — dans le même moment, on a fait circuler dans la salle des billets invitant les amis de Tordre légal à se trouver le lendemain matin, à neuf heures^ sur la place de la Cathédrale, pour accompagner la procession au chant de la Marseillaise,
A l'heure dite, une foule de jeunes gens étaient au rendez-vous, mais aucune procession des paroisses de Rouen n'a paru dans l'intérieur de la ville, contre-ordre ayant été donné.
La procession de Saint-Paul est allée à Ronsecours ; celle du Petit-Quevilly également. Cette dernière a rencontré sur le quai un bataillon du 61 « de ligne qui revenait du Champ-de-Mars; alors la musique a entonné la Marseillaise et la Parisienne, aux applaudissements des témoins de cette rencontre fortuite ; —la procession de Saint-Paul n'a pas été plus heureuse, on l'a contrainte à ne revenir de Ronsecours qu'après avoir déposé les ornements et les habits sacerdotaux.
Ces événements ont été la cause de quelques charivaris que nous passons sous silence, parce qu'ils sortent de notre sujet.
Une dame des chœursda Tbéàtre-des-Arts,M«>«GléiDent, a été frappée d'apoplexie foudroyante le i6 juillet 1852, en rentrant chez elle. Le clergé a refusé d'assister à ses obsèques; lorsque le cbar funèbre est passé devant réglise Notre-Dame^ les perscmnes qui raccompagnaient ont fait entrer le corps dans la métropole et ont fait dire par un sacristain cinq Pater et cinq Ave. Tout cela s^est passé sans désordre^ et le lendemain le sacristain a nié le fait, — bien entendu. — A quelques jours de là, leis enfants de M"i« Clément ont réclamé une messe de Requiem, Elle leur a été refusée.
LA POLITIQUE AU THÉATiE. — Ou Sait qu'au Commencement de juin 1852, le convoi du général Lamarque a été Toccasion, à Paris, des plus déplorables désordres. La ville de Rouen n'a cessé pendant tout ce temps de jouir de la plus grande tranquillité. Le fait est à consigner à cause de rrffervescence qui y avait régné quelques jours auparavant, à propos des processions. (Voir le chapitre intitulé : la Religion et le Théâtre.)
Le 20 du même mois, un convoi de Polonais est arrivé à Rouen. On est allé au-devant d'eux jusqu'au Bo«ilme. Après un banquet improvisé, les Polonais sont allés au spectacle, où des places leur avaient été réservées aux premières loges. Tout le long de la route et à leur entrée dans la salle, les cris de : Vive la Pologne, auxquels ils répondaient par le cri de : Vive la France, ont retenti avec force. La Varsovienne, la M<»rseillaise, la Parimenne oat été chantées et accueillies avec enthousiasme. Les strophes de la Parisienme relatives à l'École polytechnique et à Lafayette ont été partieuUèrement
applaudies. A la strophe Soldat du drapeau tricolore, quelques voix omt crié fossez ! passez ! mais cettQ oppo^ sition n'a pas eu de résultat.
Après le spectacle^ les musiciens de la garde nationale et du théâtre ont donné, à Thôtel de France, une sérénade aux Polonais^ qui alors ont entonné leur chant national ; Non,^ tu n'ei^s pas sxins défeusmrsy à Pologne ! et la V^rsavienne, traduite eu polonais. Après plusieurs toasts poiTtés à la régénération de la Pologne, à la sainte alliance des peuples, à l'union du peuple et de Varmce, on s'est séparé sans désordre.
Le lendemain 21 juin, Taffiche annonçait que le spectacle de ce jour serait honoré de la présence des braves Polonais. Elle annonçait aussi :
jo Le premier acte de Beniowski, opéra ;
2o La Perle des Maris, vaudeville, avec le concours de Jenny'Colon, alors en représentation;
3» Le Mariage impossible, vaudeville, idem ;
4o La Varsovienne, chant national, en l'honneur des Polonais ;
5o La Gageure imprévue, comédie.
Une collecte devait être faite à la porte pour recevoir les offrandes de ceux qui voudraient adoucir les fatigues de la route qui restait encore à parcourir par les Polonais.
Mais, par ordre supérieur, les Polonais quittèrent Rouen avant l'heure du spectacle. La représentation a eu lieu cependant sans changements ; ceux qui avaient accompagné les voyageurs jusqu'à Lescure sont, à leur retour^ entrés au Théâtre-de^-Arts. Us ont demandé la Marseillaise. Joseph l'a chantée et a été très-applaudi. La Varsovienne a excité les mêmes transports.
Dans Louis XI, de Casimir Delavigne^ il est un vers qui jamais ne manquait sou effet. Quand le dauphin disait :
La France, c'est le roi, mais c'est le peuple aussi, les spectateurs applaudissaient chaudement.
Le deuxième anniversaire de la Révolution de Juillet n'a rien offert de particulier en ce qui concerne le théâtre^ si ce n'est que, le 28 juillet, on a fait relâche par ordre.
Plusieurs couplets patriotiques et des allusions sur la profusion de croix d'honneur ont été fort applaudis dans la Ferme de Bondy (août 1832).
A la seconde représentation, mêmes manifestations. Les couplets contenant des allusions à l'invasion étrangère ont été couverts de bravos; au moment où le réfractaire Daniel vient se réunir aux conscrits partant pour l'armée, on a demandé à Joseph la Marse^laise^ qu'il a chantée avec énergie.
Mlle Déjazet a joué en août le Tailleur et la Fée, On a encore bissé le couplet de Paillasse sur ces messieurs qui se sont partagé le gâteau de la Révolution auquel le pauvre peuple a mis le couteau (voir page 484). Il en«st de même d'un couplet sur le refus de toute décoration par Déranger. Les profusions de croix d'honneur et de rubans de toutes sortes dont on était témoin depuis deux ans, avaient révolté l'opinion publique.
Le vaudeville le Bal d'Ouvriers, qui avait, à l'époque, remué si fort la fibre populaire, a été accueilli bien froidement, en août 1832. En effet, les allusions auxPolonais, aux insurrections italiennes, au mouvement politique,
étaient alors de vrais contre-sens, puisqu'il n'était plus question ni de Pologne, ni d'Italie, ni de mouvement.
Une petite pièce intitulée Une Monomanie a été sauvée, à la première représentation (17 décembre 1833) , par son vaudeville final, qui contenait les couplets suivants, que Ton a fait bisser Tun après l'autre :
Depuis vingt ans, même avant, J'ai vu des gens que j'honoce Qui changeaient du rouge au blanc Et du blanc au tricolore....
Gai! gai! ne mourons pas, Pour voir sUis changent encore; Gai! gai! ne mourons pas, Restons encore ici-bas.
Tout va mal, on le prétend, El la France se fait vieille ; Plus de héros, de talent.
Le canon même sommeille.
Gai ! gai ! ne mourons pas , Devant Anvers il s'éveille; Gail gai ! ne mourons pas.
Nous lui devrons des soldats.
Si nous avons su déjà Échapper à la diète, A rémeute, au choléra, Aux docteurs, à la lancette....
Gai ! gai I ne mourons pas.
Attendons tous la comète; Gail gai, etc.
En décembre 1832, grande joie ; on apprend le 25 la reddition de la citadelle d'Anvers. Au spectacle, ce jour-là,
510 fHÉATftË
la MarsdllaUièeLété chantée et très-applaudie. Puis Joseph est venu chanter dés couplets inspirés par la circonstance. Le 28, première représentation à' Anvers ou les Français en Belgique, vaudeville-à-propos militaire en trois tableaux, par un habitant de Rouen. Cette pièce était mauvaise, mais a été goûtée cependant par le fait d*tin louable patriotisme.
CENSURE. — Le préfet demande à Walter, le 17 décembre 1832^ la liste des pièces de son répertoire et son tableau de troupe, avec le véritable nom des artistes, ainsi que celui qu'ils prennent au théâtre»
REPRÉSENTATIONS EXTRAORDINAIRES. *^ Les représentations extraordinaires ont été inaugurées par Mii^Jenny- Colon, premier sujet du Gymnase ; elle en a donné neuf en juin 1832. Voici le répertoire qu'elle a choisi :
La Somnambule. V Espionne russe.
Le Mariage de raison. La Perle des Maris (pre-
Les Premières Amours, mière).
Le Mariage impossible. VOncle rival.
Kettly. Léonide.
Le 29 juin, la Saint-Pierre a été célébrée ; Ligier, premier acteurtragique, y a prêté son concours, en remplissant le rôle d'Auguste dans Cinna ; on a donné :
lo La Chercheuse d'esprit^ vaudeville ;
2o La Danse des Morts, symphonie à grand orchestre, de la composition de Schafbier, chef d'orchestre du théâtre ;
3o Cinna, tragédie;
4o Cantate chantée par Andrieu ;
DES ARTS. 51 i
5o Le Couronnement du buste de Pierre Ck>nieille ;
&> Le Nouveau Seigneur du VUlage, opéra.
En juillet 1832, M^i« Jenny-Colou, è boq retour du Havre a donné une nouvelle et unique représentation dans laquelle elle a joué Zoé ou V Amant prêté; mais ce sont surtout les représentations de Ligier qui ont attiré la foule, comme à la fête précédente de la Saint-Pierre. Ligier a joué dans :
Louis XL Othello,
Marino Faliero, S fila.
En tout^ huit représentations, sans compter celle de la Saint-Pierre.
Dans le mois de juillet aussi, un sieur Harvey Leach, premier mime des théâtres royaux de Drury-Lane, de Gobourg et du Cirque Olympique^ a donné six fois une parade intitulée le Baboon ou le Nain sauvage, pièce en deux actes, mêlée de couplets. Ce Harvey Leadi était un nain grotesque, et on se demande comment les artistes du théâtre ont consenti à le seconder dans cette pièce^ qui faisait pitié.
Enfin, en juillet encore, on a eu Grignon, Martin du Grand-Théâtre de Bordeaux, qui^ eu deux soirées, a chanté dans :
Le Nouveau Seigneur, Le JRossignoL Zampa,
Au commencement d'août, Ligier , à son retour du Havre, adonné une dernière réprésentation (Sglla),
Mais la grande nouveauté de Tépoque a été MUeDéjazet^ premier sujet du Palais-Royal. Elle a joué dans : .
5i2 THÉÂTRE
Le Philtre Champenois. Le Mariage impossible. Le Tailleur et la Fée. Le Fils de VHomme.
La Ferme de Bondy. Vert-Vert.
En tout, neuf représentations [dont une au bénéfice de la famille deM"» Nadèje-Fusil, qui venait de mourir.
Le mois de septembre 1852 a vu Odry et Bocage. Odry, en trois représentations, a paru dans :
M, Cagnard. Le Chevreuil.
^ Tony. VOurs et le Pacha,
Les Acteurs à l'épreuve.
Bocage, du Tbéàtre-Français, en sept représentations, a joué :
La Tour de Nesle. Antony.
Térésa (première).
On a profité du talent de Bocage pwr rétablir dans la Tour de Nesle, à Tavant-demier tableau, la scène où Buridan interroge Landry sur les bonnes actions de sa vie, pour en obtenir des révélations touchant le sort de ses enfants. L'essai a réussi.
On a profité également de la présence de Bocage pour en rappeler du jugement porté à Rouen contre Antony, L'opposition a été presque nulle à la première audition; elle a été beaucoup plus forte le deuxième jour ; elle s'adressait à l'ouvrage seul, car Bocage a été admirable et admirablement secondé par Borssat, M^e simonnet et Mme Jaillard-Wenzel .
Au mois d'octobre a été réservé un spectacle plus nouveau que digne. On a exhibé deux fois l'éléphant Kiouny, venant du Havre. Il ^^^vvLdi^xi^KiounyouV Éléphant et le Page, pièce en quatre actes, mêlée de chants.
par Emile Vanderbach. Cet animal savant a bientôt dû, tout en restant à Rouen^ aller se faire admirer ailleurs^ notamment au Théâtre-Français*
Entre deux soirées consacrées à Kiouny, on a chanté le Barbier de Séville, avec une Rosine extraordinaire, M<°e Masi, prima dona de TOpéra-Italien de Londres, Berlin et Naples. Elle a chanté la Biondina à la un de cet opéra.
Jusqu'aux derniers jours de novembre, rien de nouveau; mais alors est venu Potier, qui, en sept représentations dans ce mois et le suivant, a joué :
V Homme de soixante ans. Les Inconvénients de la
Le Bénéficiaire. ' Diligence,
Le Tailleur de Jean^Jac- Le Bourguemestre de
ques. Saardam,
V Enfance de Louis XII . Werther»
Les Frères féroces. Antoine.
Le Centenaire.
En décembre aussi, leThéàtre-des-ArtsareçuKlischnig ou Learchning, mime anglais des principaux théâtres de Londres. Il n'a joué qu'une fois, et ce fut une pièce en trois actes, intitulée Tom Rich, absurdité de la première catégorie.
Une représentation extraordinaire, à la date du 6 février 1835, concerne M"»« Gordoni, mais nous la renvoyons à l'article Concerts ; on comprendra pourquoi.
Bouffé; premier comique du théâtre du Gymnase, est venu en représentation en avril 1833. Il a joué dans : T. m. 33
51i THÉÂTRE
Le Bouffon du Prmce. Les Vieux Péchés.
Pierre le Couvreur (pre- La Grande Aventure.
mière). Jean (reprise).
La Maison en Merie. La PamUle improvisée.
En tout, six représentations.
BÉHÉFicE DES EÔmàJSi. — La première représentation a eu lieu le mercredi 19 décembre 1&%. On a donné Robert-le-Diable, grand-opéra.
Produit brut 2,987 fr. 30 c.
Frais 292 4S
Produit net.......... 2,694 85
La seconde, à la date du mercredi 6 mars 1835, a été composée de .
lo Le Mari et V Amant, comédie;
2» V Italienne à Alger , opéra;
3o La quatrième représentation des Vieux Péchés, vaudeville.
Produit brut 2,209 fr. 40 c.
Frais 514 60
Produit net 1,894 80
BÉNÉFICES DES ARTISTES. — Mii^^ Nadèjc-Fusil, atteinte de phthisie pulmonaire, à dû, au commencement d'août 1832, résilier son engagement; pour Findemniser, Widter s'est empressé de lui accorder une représentation à bénéfice^ mais elle mourut pendant le temps que Ton mit à Torganiser; k représentation annoncée n'en a pas moins été donnée deux jours après sa mort, le samedi 1 1 août, au bénéfice de la famille de la malheureuse or-
DES MTS. m^
phelifie de WilBft, :oa, pour être plus exftct, au bénéfice de M°>« Fusil . £lle ,a lélé composée de :
io Le T&gmelier, oféth;
âo Joetmde, opéra;
3* Le TuiUeur tet ia Fée, >coiite fantafilique.
Bié, retiré du théàtse, «t W^^ Béiiazet, duPalais-Royd ont voulu y «contribuer.
Une autre représentation à bénéfice a ,élé donnée en février 1835 ; ce fut en faveurdeM'ieDupuis, ex-soubrette 4u Théàtre-^des-Amts, qui se trouvait à Paris dans un état .de gène extiréme. BUe a été composée de :
lo Le Manteau, comédie;
2o Le PMftfi^, pand-opéra;
3» Vsrt'VeH^ comédie-vaudeville.
fiéi^TOiWE:. *^ il a été trèsnvarié et très-remarquable À plu« d-un tibre.
sriUGÉDiB. '— Une ^eide nonvemité :
Ztmis XI^ tragédie en cinq actes, de Casimir Delà* vigne. Première représentation le S6 juin 1^2. Valmore a eréé avec talent le rôle de Louis XI.
Rappelons qu'à la Saint-Pierre, on a joué Cinna, en Thonneur du grand Corneille, et que Ligier, après avoir concouru à cette solennité, a donné une série de représentations.
DRAME. — Huit nouveautés, dont six importantes, is lecteur saura distinguer ces d^rnièros dans cette liste :
Clotilde, drame en cinq actes et en prose, par Adcripbe Bossange et FMdéric Soulié. Première représ^tation en
516 THÊATQE
novembre 1833. C'est la jeune première de la troupe, Mme Jaillard-Wenzel, qui a créé le rôle de Clotilde.
Le Comte de Sainte-HéUne, drame historique en cinq actes et six parties, par Achille Larive. Première représentation en avril 4833. Ce drame n'avait encore été joué sur aucun théâtre. — Lourde chute. — L'auteur a fait des changements à son oeuvre^ on l'a annoncée une seconde fois, mais le public n'a laissé jouer qu'un tableau.
Un Duel sous le Cardinal Richelieu, drame en trois actes, par Lockroy etE. Radon. Première représentation en septembre 4832.
Il y a seize ans, drame en trois actes et sept tableaux, de yictor Ducange. Première représentation en juillet
Les Jours gras sous Charles IX, drame historique en trois actes, par Lockroy et Arnould. Première représentation en janvier 1833.
Lucrèce Borgia^ drame en cinq actes, de Victor Hugo. Dès la première représentation, en mars 1833, à laquelle assistait l'auteur, le succès a été complet.
Térésa, drame en cinq actes, par Alexandre Dumas. A la première représentation, en septembre 1832, Bocage y a créé le rôle du baron Delaunay.
La Tour de Nesle, drame en cinq actes etneuf tableaux, par Gaillardet et Alexandre Dumas. Première représentation en août 1832. Valmore, Alexandre, Lemaire, M^^Simonnet.
Aux représentations extraordinaires, nous avons enregistré celles de Bocage. Disons, pour compléter ce qui a trait au drame, que l'on a maintenu ou repris i
Antony, VOncle mort et vivant.
Edouard en Ecosse. Misanthropie et Repentir,
Eugénie, Napoléon à Schœnbrunn.
V Habitant de la GtMde" Richard Darlington.
loupe, Vîctorine.' Madame la Valette,
coHÉDiE, VAUDEVILLE, ETC. — Vingt-trois Houveautés :
Anvers ou les Français en Belgique, à-propos militaire en trois tableaux. (Voir au chapitre de la politique).
Le Chaperon ou les deux Sœurs, comédie-vaudeville en un acte, de Scribe et Paul Duport. Première représentation en juillet 1832^
Le Conseil de Révision ou les Mauvais numéros, tableau-vaudeville en un acte, par Brunswick, Barthélemi et L'Héric. Première représentation en septembre. Jouanno, Leclère, Morazain, Foucbet, Joseph, Borssat et Mlle Laignelet,
V Enfance de Louis XII, vaudeville en un acte, de Mélesville et Simonin. A la première représentation, en décembre 1832, Potier y a créé le rôle du comte de Dammartin.
La Famille improvisée, vaudeville ou scènes épisodiques, comme Ton voudra, par Henri Monnier. Lors de la première représentation, le 24 mai 1832, le rôle principal avait été pris pour début par Félieu, Laruette. La pièce n'a pu être achevée. Le débutant a été refusé.
La Famille de Lusigny, comédie en trois actes, de Frédéric Soulié et Adolphe Bossange. Première représentation en décembre 1832.
La Fcrmede Bondy ou les Deux Réfractaires, épisode
^9 TIÊATHE
en quatre UbleoBOi, pof 6. de Villeneuve et Masson; Première représentation en août 1832.
Le Fils de l'Bmpereiêr, histoire contemporaine en deux aetes^ par Dapenty, Fontan et Gogniard. Première représentation en octobre i 832.
Le Filsde l'Homme, souvenir de 1824^ par P. d»Lussan. A la première représentation^ en août 1832, M^^ Déjazet a joué le principal rôle, celui du duc de Reîefastadt.
Les Garçons et les Gens mmiés^ vaudeville en deux actes, par Dumersan et Brazier. Première représeatalioo en janvier 1833.
La Grande Aventure, vaudeville en un acte, par Scribe et Warner. Première représentation enjattvierl853.
Madame Giboù et Madame Pochet ou le Thé ehet la Bavaudeuse, pièce grivoise en trois actes, mêlée de couplets^ par Dumersan. Première représentation en septembre 1^2. Leclère et Jouanno ont créé les rôles des deux femmes.
Les Malheurs d'un Amant heureuuc, comédie- vaudeville en deux actes, par Scribe. Première représailation en mars 1835.
Le Mari de la Veuve, comédie en un acte, par Alexandre Dumas. Première représentation en lévrier 1833.
Une Monomanie, comédie-vaudeviUe en un acte, par Scribe et Paul Du port. Première représentation en décembre 1832. Tous les couplets du vaudeville final ont été bissés* Outre ceux que nous avons placés au chapitre de la politique, il faut noter ceux-ci:
Tant que Dieu nous donnera Amis et douce compagne,
Tant qu'à rhomme il restera Les truffes et le Champagne, Gai! gai! ne mourons pas, Cette vie est si jolie; Gai! gai! ne mourons pas, Restons encore ici-bas.
J'ai vu mes auteuïs chéris Massacrer nonne et grand-prêtre, Cuire et manger en salmis L'enfant qui venait de naître.
Gai! gai! ne mourons pas, Ils iront plus loin peut-être ; Gai ! gai, etc.
La Perle des Maris, comédie^vaudeyiUe en un acte, par Bayard et Maillon. A la première représentation, en juin IS5% Jenny-Colon, du Gymnase^ y a créé le rôle d'Ëlisa.
Pierre le Couvreur, vaudeville en un acte et cinq tableaux, de Brazier et Carmouebe. A la première représentation, en avril 1833, Bouffé, du Gymnase, y a créé le rôle de Pierre.
Le Serrurier, vaudeville en un acte, par Bayard, Vanderbuch et Alexis Comberousse. Première représentation en novembre 1832.
Théobald ou le Retour de Russie, comédie- vaudeville en un acte, par Scribe et Warner. Première représentation en février 1833.
Toujours ou V Avenir d'un Fils, comédie*vaudeville en deux actes, par Scribe et Warner. Première représentation en février 1833.
Vert'^Vert, comédie- vaudeville en trois actes, par de
Leaven et Deforges. A la première représentation^ en août 1833, MUe Déjazet a créé le rôle jie Vert-Vert.
Les Vietix Péchés, comédie- vaudeville en un acte, par Mélesville et Pb. Dumanoir. Première représentation le 18 février 1833. Acteurs : Leclère, Morazain, M°>es Loois, Alexandre et Antheaume.
Zoé ou V Amant prêté, comédie-vaudeville en un acte, par Scribe et Mélesville. Première représentation en juillet 1832.
On a joué encore cette année :
VActe de naissance, ¥ Amant bourru, V Amour et la Raison.
' La Belle^Mère et le Gendre, Bruetjs et Palaprat.
Le Capitaine Belleronde, Catherine, le Célibataire et V Homme marié, Chacun de son côté, le Conscrit.
Lès Déguisements amoureux, Démocrite amoureux, le Dépit amoureux, les Deux Ménages, le Dissipateur, le Distrait,
Les Etourdis, — la Famille Bicquebourg, la Fausse Agnès, les Fausses Infidélités, les Fausses Confidences, les Fourberies de Scapin,
Le Glorieux, Guerre ouverte,
V Héritière, V Hôtel garni,
V Intrigue épistolaire, — la Jeune Femme colère, la Jeunesse de Henri V, Une Journée à Versailles,
Le Légataire universel, — le Malade imaginaire, avec la réception burlesque, le Mariage d'argent. Ma Place et ma Femme, le Médecin malgré lui, le Menuisier de Livonie, la Mère et la Fille, Michel et Christine, Un Moment dHmprudence, Monsieur de Crac, Monsieur de Pourceaugnac.
Nanine, — le Petit Enfant prodigue, les Petites Danaïdes, le PkUinte de MoHère, Philippe, le Pied de Mouton (reprise), la Première Affaire, les Projets de mariage.
Le QîMker et la Danseuse, — Rabelais, les Rivaux d'eux-mêmes, le Roman d'une Heure. *
La Séparation, — Turcaret.
Valérie, le Vieux Célibataire, — 1760.
OPÉRA. — Trois nouveautés, deux de Rossini et une de Hérold :
Guillaume Tell, grand-opéra en trois actes, de Rossini, paroles de Jouy et Hippolyte Bis, décors de Dumée, costumes de Andrieu atné. Première représentation le 18 avril 1833, Tavant-veille de la clôture de Tannée théâtrale. Au troisième acte, M™« Alexandre a dansé un pas suisse pendant la Tyrolienne : Toi que l'oiseau ne suivrait pas. Une seule représentation dans cette [campagne.
Voici la distribution :
Guillaume Tell Tilly.
Arnold Melcthal Andrieu. -
Walter Furst Renault.
Melcthal Leclère.
Jemmy MoAe Alexandre.
Gésier Lemaire.
Mathilde M»c Berthault.
Hedwige M"« Lemesle.
Othello ou le Maure de Venise^ opéra en quatre actes, par Rossini, arrangé par Castil-Blaze. Première représentation en décembre 1832.
5i2 THEATRE
La Fré aux Clercs, opéra eu trois actes^ par Pltmard et Hérold. Première représentation le 8 mars i833. Joseph, Fottohet, Jouanno, Lemaire> Mp^ Berthault, Alberte et Alexandre.
Outre les opéras montés cette année et ceux dont nous avons parlé incidemment, on a chanté encore ceux-ci :
Ambroise, V Amour filial, V Auberge de Bagnères,
Beniowski, le Bouffe et le Tailleur.
Le Calife de Bagdad, la Caverne, le Comte Org.
Les Deux Nuits, le Dilettante d'Avignon.
Emma (reprise), V Epreuve villageoise.
LdiFête au village voisin, Fiorella, Françoise de Foix.
Gulistan, — Jean de Paris, — la Lettre de change.
Le Maître de Chapelle, Marie, les Maris garçons^ la Muette, dont le rôle de Fénella était mimé par Mj^^ Alexandre, première Dugazon.
La Neige (reprise), — VOpéra-Comique.
Le Petit Matelot, Picaros et Diego (1), la Pie voleuse, le Prisonnier,
Le Siège de Corinthe, le Solitaire.
Le Tableau parlant, le Traité nul, le Trésor supposé.
La Vieille, les Voitures versées.
Ajoutons que Ton a maintenu Robert-le-Diable. La distribution, cette année, était : Robert^ Andrieu ; Bertram, Renault ; Raimbault^ Joseph ; Isabelle, W^^ Berthault; Alice, Mlle Langle; supérieures des nonnes, M™» Alexandre etM"« Laignelet ; deux nonnes, M^^c Mare-
(1) Avec suppression, comme à rOpéra-Gomique, du trio qui précède le duo capital de la pièce.
DES ARTS. tm
LemaÉre et W^^ Brocbard. Décors de Damée.— Costumes de Aadriea aîné.
GONCEaTs^ — Ee mai 1832, (^lowski, polonais, élève du Gonseryatoire, a donné au Théàtre*<les-Arts un concert Tocal et instrumentai : -*» ouverture du Siège de Cormfke ; duo dxiCtmie Ory^ par Àndrieu et W^ Langle; un air de bassonv par Lacroix ; morceaux de piano, par Oflowski, etc., etc.
A la fin de ce même mois, Drouet, flûtiste, a organisé à son tour.utt conc^ vocal et instrumental. Cet artiste dont la réputation était très-grande, a exécuté deux morceaux, notamment des variations sur le chœur des chasseurs de Robin des Bois, Andrieu et W^^ Berthault ont brillé dans la partie vocale. — - Le surlendemain, Drouet s'est fait entendre plusieurs fois dans le Concert à laCour.
En octobre 1833, un autre Polonais, Albert Sowinski ou Lowinski, pianiste habile, et M^o Masi, cantatrice ita tienne, ont formé un concert vocal et instrumental. M«e Masi a excellé dans la Biondina ; Lowinski a été très applaudi après son morceau sur Tair de - la Pologne vit encore. Citons aussi la Danse des morts, de Schalfner, exécutée par Torehestre.
Mais ce inois d'octobre a vu un bien autre triomphe. Paganini ! Paganini a donné trois concerts. Il a joué un concerto en mi-bémol de sa composition, une de ses sonates militaires sur une seule corde, ses variations sur le thème de Net corpiu non ni sento, sa Danse des Sor^ ciers, son caprice sur un air sicilien, sa sonate sur la Prière de Moïse, jouée sur une seule corde, ses variations sur le Carnaval de Venise^ etc.
Au premier concert, la recette s'est élevée à plus de 9,000 fr. — Au dernier^ Paganini a été comblé de couronnes. A Tune d'elles étaient attachés des vers que Valmore est venu lire. Deux autres lui ont été mises sur la tète par Schnaffner et Tilly.
Ces concerts ont été complétés par : ]a Danse des Morts, symphonie à grand orchestre par Schafiher ; les ouvertures de la Sémiramide, de Rossini, du Jeune Henri, i'Obéron et d'Eurianthe; un air d'Ivanhoë, un air de Fernand Cortès et un air du Barbier, par M^i» Lemesle ; Tair de la Violette, le Retour de Pierre, un air de Leicester, Tair du Maître de Chapelle, la Gasconne et des romances, par tilly ; l'air du Billet de Loterie et des romances, par Mii« Berthault; enfin le duo de Fernand Cortès par ces deux derniers artistes favoris.
Tous les marchands de musique de Rouen vendaient à cette époque la médaille que les dilettanti parisiens avaient fait frapper en l'honneur de Paganini. D'un côté, le buste de Paganini avec cette inscription : Fama Paganini non est perituraper annos; de l'autre, un aigle tenant dans son bec un violon , dans une de ses serres l'archet, et dans l'autre des couronnes, avec cette légende : Parienses prosdicant et orhis, et au-dessous : Verha desunt.
Un concert vocal et instrumental, donné par M"® Gordoni, première cantatrice du théâtre délia Scala, à Milan, a occupé une place dans la composition du spectacle, le 6 février 1833 :
lo Les Fausses Infidélités, comédie.
2o Les Garçons et les Gens mariés, vaudeville.
3» Concert.
ifi Le secofld acte du Barbier de Séville, Mm« Gordoni remplissant le rôle de Rosine.
Quant au concert^ c'était : L'ouverture de Promëthée, de Bethoven. — L'air i*Ariodant, chanté par M"« Lemesle. — Le duo délia Sémiramide, chanté par M««Gordini et Renault. — Scherzo, de la composition de Schaffner. — L'air de Beniowshi^ chanté par Tilly. ~ La cavatine délia Dona Caritea, chantée par Mm« Gordoni.
INTERMÈDES. — Drouct^ flùtistc, a été entendu en juin 1832). (Voir les concerts).
Huerta, célèbre guitariste espagnol^ a exécuté des variations sur des motifs de la Sémiramide de Rossini, ainsi que d'autres morceaux. (Deux fois eu septembre 1832.)
Les deux frères Ernest et Edouard Eichhorn^ violonistes, âgés de dix et huit ans, élèves de Paganini, ont exécuté le thème de Paganini sur le Carnaval de Venise, et un duo sur l'air anglais God save the Queen (avril 1833) ; ils ont paru trois fois.
BALS — Trois grands bals de nuit parés et masqués ont été donnés à onze heures, après le spectacle, savoir : les dimanches 20 et 27 janvier 1833 et le jeudi 14 mars suivant (1).
La clôture officielle de l'année théâtrale a été faite le samedi 20 avril; on a donné Bobert-le-Diable, mais pour ne pas perdre la recette certaine du lendemain dimanche^ les artistes ont joué les Garçons et les Gens ma^
(1) En 1833, Pâques était le 7 avril. 11 y a eu relftche le Vendredi et le samedi saints, 5 et 6 avril.
ries, yatrdeyille, et le Pré aux Clercs^ opéra ah»rs font nouveau pour Rouen^ puisqu'il n'en était qu'à la huitième représentation.
Les efforts qu 'ayait faits W^ Nadèje-FusH pour jouer coup sur coup dans Léontine, JUehard Darlington et Victorine, ont donné une fatale et rapide impulsion à une maladie de poitrine dont cette pauvre fille était atteinte déduis très-longtemps. L'orpheline de Wilna est morte le 9 août 1833.
Ses obsèques ont eu lieu le lendemain à l'église Saint- Vincent et au cimetière Saint-Gervais.
Sur la tombe a été placée une pierre au milieu de laquelle a été gravée l'inscription suivante :
A NADËJË.
L'ange qui, sous les traits de jeune et tendre fiHe, Passa comme un doux rêve en nous mouillant les yeux. Sans nom que sa beauté t sans joie et sans famille, S'en va par le tombeau les demander aux cieux.
A VINGT ans!!!
Dix ans plus tard^ quand cette sépuilure allait être jetée au vent^ die a été religieusement acquise, recueillie et placée ^ea lieu sûr, par M. L. Leclerc, notre concitoyen.
M. L. Leclerc n'est pas seulement un coUectionneiir distingué, il est aussi bibliophile érudit il possède une brochure rare intitulée : L'Jncendie de Moscou, la petite Orpheline de Wiln», passage de la Bérésina^t retraite
de Napoléon jusqu'à WUna, par madame Fnsil^ témoin oculaire^ 3» édition. Paris, P4Uet, imprimeor^libraire, me Christine, 5. 1818. Petit in-8o^ i02 pages, «ans compter un avant-propos, une fable allégorique et une préface.
Mm« veuve Fusil, née Louise Fleury, ancienne artiste du Théâtre-Français de Paris (1), décédée en décembre 1848, à rage de soixante-dix-huit ans, avait-elle recueilli, comme elle Ta écrit, la petite orpheline de Wilna, ou bien n'a-t-elle fait qu'un récit mensonger pour cacher sa maternité et exciter l'intérêt? Personne ne le sait.
Quoi qu'il en soit, W^« Nadèje-Fusil laissait en montrant 4ftnt de charmants souvenirs de ses créations dans la Marraine, la JReine de seize ans, le Quaher et la Danseuse, Léontine, Richard Darlington, enfin Fïctorine, qu'elle a inspiré M<°<> Marceline-Valmore (1832) :
Elle est aux deux, la douce fleur des neiges ; Elle se fond au bord de son printemps ; Voit- on mourir d'aussi jeunes instants!
Mais ils souffraient, mon Dieu ! tu les abroges !
Son sort a mis des pleurs dans tous les yeux, C'était, je crois, Tauréole d'un ange , Tombée à Tombre et regrettée aux cieux ; D'un peu de vie, oh! que la mort te venge. Fleur dérobée au front d'un séraphin ; Reprends ton rang avec un saint mystère, Et ce fil d'or dont nous pleurons la fin. Va l'attacher autre part qu'à la terre !
(1) A ce titre, elle a suivi Napoléon à Moscou en 1812.
Le sujet de Yelva ou r Orpheline russe a été inspiré par rhistoire prétendue ou vraie de M"** Nadèje- Fusi] (1).
Lors de la première représentation de la Tour de Nesis, en août 1832, on a imaginé de faire descendre, entre les tableaux d'un même acte^Tancien rideau reprétant Corneille méditant une de ses immortelles tragédies. Le public a beaucoup applaudi, en revoyant les traits du père de la tragédie française.
La mort a frappé en octobre i832 un artiste d'un grand mérite^ Lamanière, premier violon au Théàtre-des- Arts. Lamanière avait été à vingt-un ans premier violon au grand théâtre de Lyon^ son pays natal. Depuis quinze ans environ il tenait à Rouen le même emploi.
Théodore Licquet, conservateur de la Bibliothèque de la ville, est mort le l«r novembre 1832, dans sa quarante-cinquième année ; on n'a pas oublié qu'il avait fait représenter à Rouen plusieurs tragédies. (Voir pages 15 et 75, et tome 11, pages 380, 381, 464 et 466.)
Dans le même mois, on a appris à Rouen que de Saint- Victor Nauthon, ancien directeur des théâtres de Rouen, venait, par suite du mauvais état de ses affaires, de se brûler la cervelle à Liège, ville dont il dirigeait aussi le théâtre.
Finissons par trois études de mœurs.
Pendant cette campagne, comme pendant les précé-
(1) Voir pages 425 et 514.
deotes, comme pendant les suivantes, comme aujourd'hui encore (1867), on s'est plaint que la salle du Théàtre-des-Arts fût, durant les représentations^ un foyer de puanteur, surtout le côté gauche du parterre, des galeries et du parquet. De plus, des odeurs infectes, nées sous la scène, venaient empester l'orchestre et les loges d'avant-scène.
Il parait que l'on maintenait dans les couloirs du parterre des cloaques pour certaines fonctions que chacun devine, et que sous la scène on satisfaisait partout à leurs exigences.
Le parterre, en 1832, ne voulait qu'aucun spectateur des autres points de la salle lui tournât le dos. Quelqu'un venait-il à enfreindre cette loi du caprice, c'étaient de grossières apostrophes et des expressions ordurières pendant tout l'entr'acte. De nos jours, au Théâtre-Français, c'est encore cela.
Enfin^ on se plaignait, en 1832, que le |spectacle finit • souvent à des onze heures, voire même à des onze heures et demie. Actuellement il se termine souvent à une heure du matin, et plus tard au besoin (1867).
Plaçons ici en terminant quelques poésies fugitives et quelques renseignements, qui placés ailleurs, auraient ralenti notre récit.
Nous avons mentionné, page 516^ la première représentation de II y a seize ans; elle a inspiré un rédacteur de l'un des journaux de la ville, VEcho de Rouen, qui signait V. V. (V. Veuillot) (1) :
(1) C'est le célèbre Louis Veuillot, le défenseur du pape ! T. III. 34
330 TRtàtRe
GOMPLAINTB
Aa sajet de la première repréaeaUtion de Ji y a uize ans, événement malheureux arrivé en la ville de Rouen, capitale de la Normandie, le lundi 23 juillet 1832 après Pi.-S. i .-C .
•Sir un mr reHgiéùx MutUe.
Approches, venea entendre Le trécit tensi&le 6t noir Du drame, jolîménl tendre, Qu*on donnait hier au eoir.
C'est une superbe chose En trois actes» longs et bons.
Ecrits de la môme prose Dont se sert le Baboon (I).
Chaque acte se èubdivisè
En un, deux ou trois tableaux.
On y crie, on y devise.
On y brûle, on tombe à l'eau.
De cette façon fort sage,
Le spectateur peu à peu
Avaie enfin tout l'ouvrage
tX s'amuse... à petit feii.
Void qu'on lève la toile. Nous voyons premièrement Une dame mettre un voile Et tirer un mouchoir blanc; «Quoique pleine d'iniiocence.
Le chagrin vient l'ulcérer; Dès que la pièce comm'ebcè, Elle commence à pleurer.
(i) Babôon, voyez pigé 511.
DÈS Arts. sâi
C'ke dame est uh' demoféellej Elle va bientôt ëe marier ; Elle est trdi-fortë et trèè-beilô, Et elle a trente ans passés.
Maié, lecteur, ce qai la fiche, N'est pas d*en fihir si tard ; G*est d'être ptire et iians tachid Et d'avéir Uh fils... naturel.
Ignorant cett* eirconstance, Son père Toffre en patment ; La dame, ëii cette ôccurencev Vaut quatre cent mille franiis.
Le créancier i galant homme, Vite à rechange consent.
Moi, j^aimerais mieux la somine, Ça rapporte, à six pour cent.
Améiié est très-hoiinôte :
A causé de son petit Le mâViage Témbéte, Le célibat ItiLsourit; La position est vêtante.
Mais par amour filial.
Il fout bien qn^elle consente A dire le oui final.
Eir s'assied sur un* bergère.
Et iàit venir son enfant ; c Je suis, dit-elle, ta mère, « Viens m'embràsser et và-t-en, « Tu ne dira^ à personne, « Si tu veujc être gentil, « Pourquoi je le suis si bonne ! d L'enfant part. — 11 éftt parti;
532 TUÊATRIi:
La décoration change ; Nous voici dans nne forêt.
( Drame de Victor Ducange^ Que tu m'inspires d'intérêt ! ) Sous Tombrage d'un vieux hêtre.
D'un vieux hêtre ou d'un sapin , Le public voit apparaître Un' coquine et deux coquins.
Les coquins et la coquine Reçoiv'nt d'un troisiôm' coquin Un écu, que, pour la rime.
Nous nommerons un sequin.
Pour ce modique salaire, La nuit, sans bruit, sans éclat, Us font le métier d'incendiaire ; Faut-il être scélérat!
< Chut! dit un bandit, silence!
t Voici dans l'ombre du soir « Un voyageur qui s'avance. »
La rampe baisse, il fait^noir.
Et comme par sortilège, Chaque bandit malfaisant Disparait, tendant un piège Au pas du pauvre passant.
C'est le fils de l'innocence, Lui-même très*innocent.
Suivi de l'homme de confiance, D'mademoiseir sa maman.
Pendant un bon petit quart d'heure, Qu'il reste là, tout debout, Il pleure, pleure et repleure, G'n'est pas amusant du tout.
Enfin il reprend sa route,
L'homm' de confiance roarcb' devant ;
Il faut passer, coût' que coûte,
Une espèc' de pont volant
Placé dessus un torrent,
Qui n'est pas très-rassurant.
L'homme de confianc' sans défiance.
Agissant comme un vrai fol.
Pose le pied sur le pont dont les trois coquins et la coquine avaient, pour se préserver des gendarmes, scié les arches fragiles, crac, le pont tombe!
V'ià l'appui de l'innocence
A cent pieds au-d'ssous du sol (1).
En pareille circonstance C'qu'on peut faire de moins mal, C'est ce que fait Tinnoeence Qui tombe et se trouve mal.
Tout aussitôt, gueux et gueuse, Dans ses poches lestement.
D'une main audacieuse, Rifouillent ses diamants.
Puis avec un soin infâme, Ils le mènent près de là, Dans une ferme où la flamme Par leurs mains éclatera.
On couch' le fils d'Amélie,
(1) L'auteur de la complainte convient que ce couplet a peut être quelque chose d'irrégulier, le lecteur voudra bien, dit-il, lui pardonner les licences qu'il a prises, en songeant au mérite incontestable des couplets précédents et aux exigences d'une improvisation.
534 TH(:ATf(E
Kt pendant qu'il dort en pajx»
Le guQ\ix fait son incendie ..
Gredi;^ ! si je te tenais!
Déjà le toit de vieux chaume Fume et commence à brûler.
Le public, pour un royaume, Ne voudrait pas s'en aller.
Hélas ! la toile inhumaine S'abaisse ; elle coupe net Du dram' la plus chaude scène...
Fallait voir comme on sifflait!
Mais voici bien autre chose !
Derrièr' ce rideau de fer, On brûle, on hurle et Ton cause.
C'est un vacarme d'enfer.
J'entends des cris de ^étresse, Sans voir, je sens le roussi.
Oh ! pouitquoi toute la pièce N'a-t-elle été jouée ainsi?
L'innocence qu'on accuse, S'dit coupable hautement»
C'est une inpocente rusç, Pour tair' le noq^ d'sa maman.
Vous à qui r|en ne peut plaire Que les plus hautes vertus, En voici une sévère, Pardonnez-moi l'hiatus.
Mais s^lors Victor Ducs^nge, Prenant pitié de Tinnocent, Fais sji bien que to^t s'arrange; J'n'ai pas trop compris comment.
Sep^'iaeiil ({uaq4 I4 demoiselle De la nature entend le cri.
C'est au sortir de la chapelle, Devant monsieur son mari.
Je ne sais k quelle sauce Ces tableaux sont délayés ; Si quelqu'un est à U noc^, Ce n'fqnt pas les mariés.
On gémit, on se tortille, L*papa, ^ui n'connatt plus rien, Saisit, pour percer sa fille, Un glaive... d'académicien!!!
Voici la scène dernière.
Instant mille fois béni, Où l'auteur, d'une voix fière, Récompense ou bien punit ; Ses arrêta sont très-sévère Poiur oèii^ dans le mal tombés; E^ 4'>^^rd ^ incepdiaire^ P^r 9es ^ins sont tou^ fl^^pib^-
Ensuit' pour la bonne bouche
Il nous garde la vertu.
Ceir de la dam' n'est plus louche,
Tout l'monde en est convaincu.
P'aon s^yentuce ua peu |este
Le récit est périlleux.
Et ma muse est trop modeste
Pour dir' ce &it croustilleii|x.
Voilà de méchants vers, mais j'en ai déterré de plus mauvais encore, que je reproduis néanmoins sous pré* texte d'))i^fpire locale.
536 THÉATKE
11 y a dans le vaudeville, le Conseil de i évision, un vaudeville final, dont le mot est numéro, Leclère y a ajouté un couplet du crû. Le voici :
De nof théâtr' pour voir mainte bluetle Voici Tadress' que jVous donn' tout au long : Vous v*nez de la Rours' par la rue des Charrettes, Vous débouchez la ru' dite Grand-Pont, «• Vous y voici ; maintenant : halte î front ! N*allez pas ru' de la Savonnerie ; Arrêtez- vous devant notre bureau, *
(Pantomime pour dire : payez, ) Cette adresse vous suffit, je parie, Vous n'avez pas besoin du numéro.
On a demandé bis e4 ensuite Fauteur. On n'a pu savoir qu'une seule chose, c'est que quatre personnes avaient collaboré pour accoucher de ce couplet.
Par exemple, M°»« Marceline Valmore-Desbordes a composé toute seule les vrais vers que voici et que lui ont inspirés les concerts de Paganini, à Rouen :