LE NOM DE PAGANINI
Paganini ! doux nom qui bats sur ma mémoire, Kt comme une aile d'ange, as réveillé mon cœur,
Doux nom qui pleures ! qui dis : gloire !
Détaché du céleste chœur!
Tous les baisers du ciel sont dans ton harmonie : Doux nom, belle auréole éclairant le génie ; Tu bondis de musique attaché sur ses jours ; Il t'entraîne, il te voue à la foule idolâtre;
La terre émue est ton théâife.
Tu t'appelles son âme ! Oh I tu vivras toujours.
Oai, d*une flamme à part cette âme fut formée, Oui, Dieu la soupira, ce fut sa bien-aimée ; Oui, mille oiseaux d'amour murmurent dans son sein, Leur souffle le parcourt, ils chantent sous san^in; Et dans ses suaves haleines, Qui frémissent comme des fleurs.
Roule un miel pour toutes ses peines, Et des larmes pour tous les pleurs !
Oh ! quel saisissement, quel frisson, quelle joie 1 Lorsque dans l'atmosphère un tel chant se déploie; L'âme n'a plus d'asile où ce prodige a lui,- Elle craint de s^éteindre et s'envole sur lui !
Dieu ! protégez dans ses voyages, L'écho vivant de votre voix, Qui suspend la voix des orages, Ou les fait gémir sous ses doigts.
A cette errante mélodie Fermez les sentiers douloureux, Car sa sublime maladie Guérit bien des cœurs malheureux !
Marceline Vâlmore,
Voici deux pièces de vers qui ont été attachées aux couronnes offertes à Paganini.