‹ Histoire complète et méthodique des théâtres de RouenChapitre 33 sur 55 · LE SIEUR BÉRARD · texte numérisé non relu

LE SIEUR BÉRARD

Le vaudeville en sa gaîté

Chez nous a pris naissance ; S'il dit parfois la vérité ,

C'est dans la circonstance.

Ce que je sens, il vous l'a dit, Et sa simplicité suffit

Pour dire ce qu'on pense. {bis.)

Le personnel, par suilc du changement de direction, offre de notables niodificalions.

Voici la lisle des premiers sujcis : de Chapisseau, A. Mole (frère du directeur) etVerlcuii, régisseurs.

coMÉDit:. — Baptiste aîné, premier rôle ; Bérard, jeunepremier; Leber, troisièmes rôles; Desrosières, père-noble; Correard, premier comique (1) ; Dozainville, comique ; M"*^ Dufiesne, premier rôle; M"" Baptiste aîné, première amoureuse; M''-^ Vanio, jeune amoureuse; M"' Lucier, ingénue, amoureuse ; M"» Quidor, soubrette ; M™* Leber, duègne.

OPÉRA. — Paulin, première haute -contre; Brisse, même emploi ; Lemaire, basse-taille ; Fleury, deuxième basse-taille; Dozainville, trial; M"'' Guerin, première chanteuse; M"" Brisse, même emploi ; M'"* Granier, premiège dugazon ; M"^ Lucier, deuxième dugazon ; M'^^Daraassis, mère d'opéra ; 1\I"« Mezières, des premières chanteuses.

BALLET ET PANTOMIME. — Borda, Vei'milly, Chevalier, Dozainville, M""' Camcrer, Mezières et Sainville. La danseuse qui avait encouru, l'année précédente, un blâme sévère pour sa désinvolture par trop risquée, se corrigea presque complètement; mais il lui arriva un autre malheur pendant la campagne qui nous occupe : le journal le Courrier de VEurope prétendit que, se croyant grosse des œuvres de Bordier (2), elle s'était évanouie en le voyant passer pour se rendre au lieu de l'exécution. Un

(1) Frère aîné de Correard, que nous trouverons plus tard en possession du privilège.

(2) On sait que Bordier était un artiste dramatique ; exacteur du Palais-Royal, il avait été, comme les acteurs de Rouen, pensionnaire de Ncuvillo et de M"« Montansier.

DK KOUElN. pTJ 221

aulre journal accueillit une réclamation par laquelle la jeune personne rejetait loin d'elle cette assertion, qu'elle qualifiait d'odieuse calomnie.

Les principaux débuts de commencement d'année se sont faits ; pour la comédie, dans VEtourdi et dans Amphitryon (Correard), et dans les Folies amoureuses (M"^ Quidor) ; pour l'opéra , dans la Fausse magie et les Dettes (M™^ Brisse), et dans V Ami de la maison (Brisse).

D'autres débuts ont eu lieu dans le courant de l'exercice. En juillet 1789, M"'' Mezières, artiste du ballet, a débuté avec assez de succès comme chanteuse dans la Fausse magie, par le rôle de Lucette; en février 1790, elle n'a pas été moins heureuse dans la jRo5it'/TfZe Salcncy. A la même époque, Lemaire a débuté comme basse-taille et M"*" Vanlo comme jeune amoureuse de comédie.

On ne sera pas surpris que, sous la direction Mole, la comédie et la tragédie aient été à Rouen en grand honneur. Dans ces deux genres, nous trouvons :

Charles LY, ou V Ecole des Rois, tragédie en cinq actes, par Marie-Joseph Ghenier. Le sujet de cette œuvre est la mort de l'amiral Coligny, dans le massacre de la Saint- Barlhélemy. Elle a été donnée pour la première fois à Rouen le 1" mars 1790. Leber jouait le rôle de Coligny et Desrosières celui du chancelier Lhopital.

Les Deux Pages, ou Auguste et Théodore, comédie en deux actes et en prose, par un anonyme, ornée de couplets, par Dézede. Premièrereprésenlalionen juillet 1789. Le sujet est le même que celui d'un drame en un acte par Engel, auteur allemand : il s'agit d'une anecdote trèsconnue, de Frédéric, roi de Prusse.

Encore des Savoyards, ou V Ecole des îarvenus, comédie

Page 1