TflÊATUE
en deux acies, de Pujoulx, auteur du Souper de famille. Première représentation en décembre 1 789.
Epiménide, comédie en un acte et en vers, par Flins (1). Première représentation en février 1790. Le cadre de cette comédie de circonstance est la fameuse fable du grec Epiménide, qui s'endort pour ne s'éveiller que cent ans après; l'auteur a supposé que le dernier sommeil de ce philosophe remonte au siècle de Louis XIV. La pièce se terminait par des évolutions militaires.
Ericie, ou les Vestales, tragédie en trois actes, imprimée depuis 1769. Reprise en octobre 1789. Dans une scène de cette pièce il y a ce vers :
Est-ce un crime en ces lieux d'aimer la liberté?
Le public l'applaudissait à outrance.
La Fausse apparence, ou le Jaloux malgré lui, comédie en trois actes et en vers, par Imbert. Première représentation en juillet 1789.
L'Inconnu, ou le Préjugé difficile à vaincre, comédie en trois actes et en prose. Première représentation en janvier 1790.
Marie de Brahant , tragédie en cinq actes, de Imbert. Première représentation en novembre 1789. Marie de Rrabant, femme de Philippe III le Hardi, est accusée d'avoir fait périr l'Jiéritier de la couronne, enfant d'un premier lit. On lui parle des témoins qui déposent contre elle. Voici sa réponse :
Ma vie est un témoin qu'on doit entendra aussi. (I) Désignée quelquefois scus le nom de Rrveil (VEpiménide.
DE HOUEN. 223
M"'" Dufresne a eu un gnand succès par la manière dont elle a dit ce vers.
Marins, tragédie de deCaux. Reprise en décembre 1 789. Celte pièce date de 1715.
La Partie de chasse de Henri IV, comédie du répertoire. En février 1790, elle a fait sensation. Tous les traits du caractère de Henri qui ont de l'analogie avec celui de Louis XVI ont été applaudis. Au souper, le public a crié avec les acteurs : « A la sanlé de ce bon roi ! » et les artistes ont fait entendre plusieurs à-propos qui ont été bien accueillis par les spectateurs.
Le Souper de Henri IV, comédie en prose et en un acte, de Boutillier et Desprez de Walmont. Première représentation en décembre 1789. En faisant paraître la noblesse sousunjourbumiliant, les auteurs de celle comédie avaient, à tort, fondé un facile succès sur la position oii cette classe se trouvait en l'année 1789.
L'opéra, malgré le soin donné h la comédie et à la tragédie, apporta son large contingent aux plaisirs du public, comme on peut le voir par cette énumération :
Les Ailes de V Amour, opéra-comique en un acte, par le cousin Jacques, pseudonyme de Louis-Abel Beffroy de Reigny. Première représentation en mars 1790.
Iphigénic en Aidide, opéra, par le Bailli du Rollet et le chevalier Gluck. Première représentation en février 1790. La marche du poème est exactement celle de VIphigénie de Racine. Vermilly, danseur à Rouen, avait composé des ballets pour cet opéra. Le rôle d'Agameranon a été chanté par Dufrenne, attaché à l'Académie de musique de Paris. Autres artistes : Paulin, rôle d'Achille; M"'" Guerin,
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(ril)liis,'éni(i ; M'"" Damassis, deClUemneslre; — Vermilly, Corda, M""' Mezières et Gamcr?r.
Le Marquis de Tulipano, opéra en deux actes, parodié de ritalien sur la musique de Paësiello. Première représentation en août 1789.
Le Nouveau don Quichotte, opéra en deux actes, musique de Champein , auteur de la Mclomanie. Première représentation en novembre 1789.
Le Rival confident, opéra en deux actes, par Forgeot et Gretry. Première représentation en décembre 1789.
Sargincs, ou VElèvc de V Amour, opéra en quatre actes et en prose, par Monvel et Dalayrac. Première représentation en septembre 1789. Le sujet est tiré d'une anecdote de d'Arnaud. Une scène qui, vu les circonstances, a produit un grand eiTet, est celle oi!i Philippe-Auguste dépose sa couronne et olTre de la remettre h quiconque sera jugé plus digne que lui de la porter.
Le Tuteur avare, opéra-boulTon en trois actes, d'Aufossi, arrangé par Cambini. Première représentation en octobre 1789.
Six ballets nouveaux ont été montés, ce sont :
Les Amusements champêtres, ballet de la composition de Vermilly, danseur à Rouen. Premièie représentation en octobre 1789.
Le Déserteur, pantomime de Dauberval. Première représentation en juillet 1789. L'action est la même que celle de la pièce de Sedaine.
Les Maures vaincus par les Anglais, grand ballet-pantomime de la composition du sieur Vermilly, danseur à Rouen, Le fond de ce ballet, qui a été donné pour la première fois en mai 1789, rappelle une scène iVAzemia.
La Nxjmphe et le Chasseur, ballet anacréonlique de la composition de Coindé, maître des ballets de l'Opéra de Londres. Première représentation en août 1789. M"" Adélaïde et les sieurs Didelot et Richer, premiers danseurs de l'Opéra de Londres, amenés par Coindé lui-même, montèrent ce ballet avec le concours des artistes rouennais.
Les Offrandes à rAinour, ballet de la composition de Chevalier, danseur à Rouen, qui y a fait les principales entrées. Première représentation en juillet 1789.
Le Pied de bœuf, ballet-pantomime de la composition de Vermilly. Première représentation en juin 1789. Artistes : Vermilly, M''^^ Gamerer et Mezières.
REPRÉSENTATIONS EXTRAORDINAIRES. — SanS rCVCnir SUf
les représentations données par xMolé et les artistes qui l'ont accompagné dans ses voyages à Rouen, ni sur la première représentation à'Ipliigénie en Aulide, ni enfin sur le ballet monté par les danseurs de Londres, ce chapitre est encore fort intéressant.
Et d'abord, en décembre 1789, M"*^ des Garcins, du Théâtre-Français, a représenté sur le théâtre de Rouen le rôle de Zaïre. Pour le dire en passant, c'était un dimanche ; nous ajouterons que la célèbre tragédienne n'a pas été généralement comprise, et par conséquent a été très-peu fêtée. Aussi n'a-t-elle pas reparu.
En janvier 1790, le sieur Marlin, du Ihéâtre de Monsieur, s'est fait entendre dans le Marquis de Tulipano, dans la Colonie et dans le Nouveau don Quichotte.
Dans le môme mois, M'"* Ponteuil, du même théâtre, a paru dans Féliv, la l'ausse magie, Biaise et Bahet et dans un grand concert.
CONCERTS. — Les concerts ont encore été fort rares au théâtre ; on en peut compter jusqu'à deux. En octobre 1789, le sieur Schneider, premier cor de la Comédie, a exécuté entre les pièces plusieurs morceaux choisis.
A la suite de ses représentations d'opéra, M""' Ponteuil s'est fait entendre dans un grand concert ; il se composait d'un duo chanté parBrisse et M'"" Ponteuil, d'un concerto de basson par Perret, d'une symphonie concertante de cor par Frédéric Du Vernoy et Buch, d'un concerto de clarinette par Lefebvre et d'une symphonie de Haydn par l'orchestre du théâtre.
INCIDENTS
Le premier fait que nous classons sous ce titre n'est pas, à proprement parler, un incident. La bienfaisance, en effet, est un usage et non un incident dans la classe des artistes dramatiques. En voici un exemple qui date des misères de 1789. Les comédiens de Bouen se sont cotisés et ont formé une somme de 1,309 liv. qu'ils ont fait passer à Mole, leur directeur, en le chargeant de présenter au président de l'Assemblée nationale cette offrande patriotique, avec l'expression de leurs sentiments. Ce président a écrit â Mole une lettre, en date du 6 octobre, pour l'informer « de la satisfaction avec laquelle l'Assemblée a applaudi à cet acte de zèle. »
Un mois après, le directeur des spectacles adressait personnellement une somme de 925 liv. à une souscription ouverte k l'Hôtel-de-Ville de Bouen, en faveur des pauvres.
En janvier 1790, on apprit que Baptiste aîné, premier rôle, devait quitter Rouen h Pâques; les abonnés écrivirent à Mole, le directeur, et le prièrent de faire tous les sacrifices possibles pour retenir cet artiste ; la direction répondit qu'à son grand regret elle ne pouvait exaucer ce vœu du public, parce que , pour cela, il eijt fallu rompre quatre engagements, tant à Rouen que dans trois autres villes. Baptiste aîné allait h Nantes, et Boquet, qui devait le remplacer, venait précisément de cette ville. Les abonnés rouennais, qui ne songeaient qu'à leurs plaisirs, trouvaient tout naturel que les deux artistes restassent au poste qu'ils occupaient, mais les directeurs de Nantes et de Rouen ne furent point de cet avis.