‹ Histoire contemporaine de l'EspagneChapitre 120 sur 152 · CHAPITRB IV. -*- LK8 INSURRECTIONS CATALANES · texte numérisé non relu

CHAPITRB IV. -*- LK8 INSURRECTIONS CATALANES

Le 27, avec la nouvelle que le blocus de la cité est devenu complet, les dispositions changent. On voudrait rendre le pouvoir à Tancienne junte consultative. La milice réunie insiste pour que le pouvoir soit remis à des personnes moins opposées à toute idée de capitulation ; mais tous les membres de cette junte avaient fui. On était privé du seul pouvoir issu de Télectiou qui aurait pu agir. On fut réduit à procéder à de nouvelles élections, el le 28 on choisit une nouvelle junte de vidgt et un membres, parmi lesquels figurait encore Garsy à côté de fabricants, propriétaires, avocats et industriels notables. Il fallait bien une autorité en état de traiter, car van Halen menaçait d'heure en heure de commencer le bombardement, le régent allait arriver le jour suivant 29, et on nourrissait encore Tespoir de tout terminer par une transaction.

Une dizaine de membres seulement de cette nouvelle commission, parmi lesquels nous devons citer don Laureano Figucrola, furent assez patriotes pour se dévouer sincèrement; ils allèrent trouver le capitaine général dans son quartier le 30 et se montrèrent disposés à, toutes les concessions moins h une seule, à savoir, le désarmement immédiat de la garde nationale. Ils souscrivaient même à ce que^ dans une période postérieure à l'entrée des troupes, ce désarmement, décidé parle gouvernement, pût s'effectuer ; mais ils tenaient à ce que la milice gardât ses armes pour rentrée des troupes royales. Gomme garantie, ils commencèrent à procéder au désarmement des principaux corps francs, particulièiement des tirailleurs de la Patrie, sur les* quels reposait toute l'influence de Carsy.

Les conférences durèrent jusqu'au 1" décembre. Van Halen resta inflexible ; le ministre de la guerre, le régent, refusèrentimpitoyablementderecevoirlesenvoyég. L'évAque de Barcelonei chargé d'intercéder, ne fut pas plus heureux.

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Dès que Ton connu l dans la ville cette altitude infleiible du régent, le désespoif s'empara des natures les plus exaltées ; on résolut de tenter un dernier effort. Le 2, des barricades se dressèrent de nouveau dans les principaux quartiers ; une junte exclusivement composée d'hommes d'action essaya de se former sous la présidence d'un petit vendeur d'objets de parfumerie, Crispin Gaviria. (Carsy avait trouvé moyen de s'enfuir.) Les cloches des églises sonnèrent à toute volée ; mais ce n'était qu'un cri de fureur.

11 n'y avait plus de milice ; elle était désorganisée ; les commandants de la citadelle et de las Atarazanas voyaient se disperser tous leurs soldats.

Ce fut ce moment que van Halen choisit pour comment cer le bombardement : le 3, à onze heures et demie, les bombes furent lancées de Monijuich ; elles ne cessèrent de tomber sur la population jusqu'au soir. A neuf heures, van Halen n'avait encore donné Tordre de suspendre que pour Barcelonnette, où la milice s'était rendue aux troupes du régent. A dix heures et demie enfin, une commission de propriétaires étant venua offrir la soumission absolue pour le lendemain, le capitaine général consentit à suspendre le feu : i OU projectiles creux et solides avaient jeté la désolation dans Barcelone. Les bombes avaient tué huit personnes, sept hommes et une femme, blessé dix-sept hommes et une femme. Sur 411 maisons qui avaient été atteintes, 31 seulement furent détruites et 135 reçurent de très-grands dommages. Les autres purent être facilement réparées.

Le 4, les troupes, mises en branle dès le matin, occupèrent Barcelonnette, la citadelle, las Atarazanas et la Rambla sans rencontrer la moindre résistance.

Quelques-uns des membres de la junte présidée par Ga«

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viria avaient montré plus de souci de voler la caisse de la députation, où se trouvaient 3700Q douros, que de faire une sérieuse résistance ; rinutilité de ces efforts n'avait pas tardé à être démontrée et partout la partie de la milice exclusivement préoccupée du maintien de Tordre était parvenue à reprendre la prépondérance : il n'y eut pa3 besoin d'un seul coup de fusil dans l'intérieur de la ville.

Il est évident que le bombardement aurait pu, aurait dû être évité ; il fut inutile.

n Dès le 18 novembre, a écrit van Halen dans le journal raisonné qu'il a publié sur ces événements, je dominais la ville *. » Pourquoi, s'il en est ainsi, avoir tardé si longtemps, pour terminer enfin, au dernier moment, par une semblable violence ? Il est trop évident que tout sentiment d'humanité^ toute pensée généreuse, furent inhumaine* ment sacrifiés à une intention politique : élever le prestige du maître en tirant un canon qui devait rester muet, telle semble avoir été Tunique préoccupation des vainqueurs.

Conformément aux intentions qu'il avait toujours exprimées, van Halen, à peine entré, procéda au désarmement de la milice nationale ; Tétat de siège fut confirmé ; toutes les armes durent être livrées dans un délai de vingt-quatre heures sous peine de mort ; une commission militaire fut chargée déjuger ceux qui seraient jugés les plus coupables ; enfin» une contribution dejjuerre de i2 millions de réaux fut imposée à la ville, à la charge de laquelle fut également mise la reconstruction du mur de la citadelle qui avait été détruit. La commission militaire^ après examen attentif des événements, comprit combien il serait inique de faire peser sur une foule d'innocents des actes qui, en somme, étaient

> Diario razonado dé hs acontedmientos que tuviêron lugar en Bar* ceUma desde el 13 de noviembre al 22 de diciembre 1842, par don Antonio van Halen, comte de Peracamps; Madrid, 1843, p. 118. T. IV. 28

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Tœuvre de la volonté coUeciive de toul un peuple : elle se borna à rusiller treize individus, qui avaient pr( sque tous commis dea crimes contre les propriétés et leB personnes ; un petit nombre fut condamné à différentes peines ; les autres prisonniers furent remis en liberté.

Zurbano, chargé de pnciGer la haute Catalogne^ où s'étaient retirés plusieurs insurgés de Barcelone, affecta une conduite toute différente; il publia, dès son arrivée, une terrible ordonnance par laquelle il condamnait à mort quiconque, pris par des brigands, consentirait & payer la moindre somme pour sa rançon. Ce système de terreur, quelque absurde qu'il paraisse, semble avoir parfaitement réussi ; il fut heureusement mitigé par des instructions réservées; au bout de peu de temps^ Tordre, profondément troublé dansTAmpourdan et aux environs de Figuerasetde Gerona, parvint à se rétablir.

L'effet produit par le bombardement fut tel, qu'Ëspartero n'csa pas rentrer dans la ville qu'il venait de soumettre ; il reprit lentement, de son quartier général de Sarria, Le chemin de la capitale après avoir retiré le commandement à van Halen , et avoir nommé à sa place don Antonio Seoane» un autre de ses compagnons d'armes d'Amérique, Désormais pour lui, dans cette cité qui, en 4840, Tavait acclamé avec tant d'enthousiasme, il n'y avait plus que des ennemis ; les progressistes eux-mêmes n'auraient pas osé se déclarer en sa faveur ; ils lui étaient devenus prèsque aussi hostiles qu'avaient jamais pu l'être les modérés ou les républicains. Du reste, aucun choix ne pouvait être plus maladroit que celui de Seoane. de sénateur, dénué de tact et de réserve, n'uvait-il pas maintes fois dit en pleine chambre que les Catalans ne sauraient être gouvernés que le bâton à la main, et que le baron de Meer avait eu tort de leur témoigner trop de considération?

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L'opinion publique en France et en Anglelerre eut longtemps à s'occuper des événements qui venaient de s'accomplir à Barcelone ; il en résulta un grave sujet de désaccord entre les cabinets de Paris et de Madrid. Le minisire d'Etat espagnol accusa hautement M. Guizot d'avoir suscité cette insurrection; il insista sur la conduite , de M. de Lesseps vis-à-vis tous les chefs, et maniresla Tintention de retirer Texéquatur à ce consul. Le ministre des affaires étrangères de France répondit vivement que c'était lui faire une grossière injure de le juger capable d'une semblable initiative ; il défendit avec vivacité la conduite de M. de Lesseps, offrit de soumettre sa conduite au juge* ment du cabinet de Londres, et parvint à obtenir de lord Aberdeen qu'une lettre serait écrite à Madrid pour que le gouvernement espagnol déclarât qu'il n'y avait aucun crédit & donner à de vagues rumeurs et à des bruits de café. Ces discussions n'étaient pas encore épuisées lorsque survinrent les événements de juin et juillet 1843. Un des premiers soins du gouvernement provisoire issu de ces pronunciamentos fut alors de donner à M. de Lesseps la croix de Charles III ; on aurait dit que les ennemis d'Espartero aspiraient à prouver que le consul français avait été un de leurs coopérateurs les plus efflcaces.

Après ce que nous venons de raconter, on comprend sans peine comment les pronunciamentos de Malaga et de Grenade, en mai 4843, trouvèrent facilement de l'écho en Catalogne : les dispositions de la population barcelonaise se Orent jour dès le 5 juin, par l'hostilité profonde qu'elle manifesta au général Zuibano. Plus lard, les chefs du parti modéré surent exploiter avec intelligence la haine profonde qu'elle avait vouée au régent et à ses amis les plus estimés. Nous avons déjà vu que c'est dans son sein, avec le concours de la junte qu'elle avait nommée, que le ministère

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Lopez Tut acclamé comme gouvernemenl provisoire, el que le général Serrano fut investi des fonctions de ministre universel (27 juin).

En donnant leur assentiment à cette mesure politique, les patriotes catalans n'avaient d'autre pensée que celle de donner satisfaction aux sentiments de vengeance dont ils étaient animés ; la junte de Sabadell avait stipulé de Serrano, avant son investiture, qu'il réunirait les délégués de toutes les juntes d'Espagne et convoquerait des Cortès constituantes. Serr.mo lui avait donné sa parole; mais de quel poids pourrait-elle pencher dans la balance lorsque l'arrivée des généraux émigrés aurait donné aux modérés une prépondérance invincible et lorsque les influences de palais seraient appelées à décider de toutes les destinées du pays par le fait de la déclaration de majorité ?

11 arriva ce qui devait infailliblement arriver : Narvaez et ses amis, devenus maîtres de Madrid, ne tinrent aucun compte des tendances radicales du ministère Lopez. Us ne songèrent qu'à profiter du retour de l'opinion en leur faveur, et ne voulurent entendre parler ni de junte centrale ni de constituante; ils n'eurent d'oreilles que pouf la déclaration de majorité; et, comme ils étaient les plus forts, ils refusèrent d'écouter toutes les observations qui furent portées à Madrid par les délégués de la ville de Barcelone.

Autant valait déclarer une seconde fois la guerre aux Catalans. Dès qu'ils surent qu'aucune de leurs propositions n'était agréée à Madrid ; que Serrano oubliait tous ses engagements ; que Gonzalez Bravo n'avait garde de rappeler les promesses au nom desquelles il les avait séduits, ils se mirent en bostilité ouverte avec le gouvernement de Madrid (î septembre). La population s'anima peu à peu à la résistance^ une junte nouvelle, présidée par Tancion député

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DegoUada, et dont faisait partie le colonel Bâigès, homme de guerre sérieux et intelligent, s'occupa de réorganiser la milice et de la mettre en état de résister aux troupes que pouvait envoyer le ministère Lopez. Commencé à Barcelone, le mouvement s*étendit bientôt jusqu'à Palamos, dans la province de Gerona, et jusqu'à Beuss, dans celle de Tarragone. Tous les hommes du parti républicain, réunis celte fois sous leur vraie bannière, dite centraliste, s'engagèrent dans lalutte. Amettler, l'ancien député de Gerona, donnait cette fois la main à ses amis de Barcelone et marchait avec eux complètement d'accord. Il leva un petit corps de troupes, qui essaya même de franchir les frontières cala-^ lanes et de soulever les provinces limitrophes.

Malheureusement pour les républicains centralislesi l'armée qui s'était prononcée à Barcelone, au mois de juin, contre le régent Espartero, conservant^ au milieu des pronunciamentos, la situation d'une armée d'occupation dans une ville ennemie, avait gardé la possession des divers forts qui avaient capitulé et de la citadelle, que van Halen avait évacuée après les événements du 15 novembre. Mal* tresses de cette forteresse, dont les ruines avaient été réparées avec le plus vif empressement aussitôt après leur ren* trée, les troupes espagnoles entendaient conserver à leur nationalité la ville qu'elles étaient chargées de garder, el considéraient eomme leur premier devoir de la défendre contre les patriotes barcelonais. Un nouveau général, don Laureano Sanz, avait été substitué à celui.qui avait accepté l'investiture de la junte de Sabadell; sur son commandement, elles refusèrent de pactiser avec les révoltés et se décidèrent à soutenir le gouvernement de Madrid.

Dès lors, tous les eiforts qui furent tentés par les Barcelonais, soit pour séduire la garnison, soit pour emporter la citadelle de vive force, vinrent échouer contre l'attitude de?

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troupes. Un assaut, inutilement tenté, fut même repoussé avec perte; il ne servit qu'à mettre en relief le courage des Catalans, qui laisseront dans les fossés un grand nombre des leurs, et, parmi eux, un membre de la junte, vieillard de soixante et dix ans.

Dans son désir de ménager la susceptibilité des Galalans, de les rallier à la monarchie espagnole et de prouver qu'il n'avait aucune idée de retourner au régime absolutiste, le ministère Lopez eut l'idée de confier le commandement des troupes actives à un bomme qui pût leur inspirer confiance. C'est ainsi qu'il chargea de réprimer le mouvement centraliste le môme ofQcier qui, sous le prétexte "de liberté, avait le premier levé l'étendard de la révolte dans la ville de Reuss, en 1843, le colonel Prim. Ce fut une tactique habile. Prim, Irès-ambitieux et très-personnel, brûlant du désir de commander en chef, passa par-dessus toutes les considérations. Quoique Catalan luimême, quoiqu'ayant toujours professé lessentiments les plus avancés (beaucoup même le croyaient républicain), il saisit avidement l'occasion de marcher contre ses compatriotes. N'était-ce pas pour lui une occasion inespérée d'atteindre aux plus hautes dignités de la carrière militaire? Déjà Serrano, au nom de la reine, l'avait honoré du titre de comte de Reuss ; il allait devoir à ces événements de fixer pendant quelque temps Tattention du pays entier et d'atteindre sans doute le grade de général, si envié par lui.

Avec une grande rapidité, Prim organisa le corps de troupes dont il avait besoin pour soumettre l'insurrection, et, quand il fut prêt, marcha sur la cité rebelle. Les centralistes essayèrent de lui opposer une première résistance à San Andrès del Palomar et à Mataro; vaincus, ils durent se renfermer au milieu des barricades dont ils avaient hérissé la ville de Barcelone. Le corps de troupes parti de

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Gerona pour tenter de soulevep l'Aragon, dut aussi reprendre le chemin de la Catalogne et se réincorporer dans la bande d'AmetÛer, après avoir éprouvé des pertes sensibles.

Le siège de Barcelone, une fois commencé, fut poursuivi par les troupes royales avec une grande persévérance. Le général don Laureano Sanz, commandant de la citadelle et de Montjuich, eut à cœur de montrer aux Barcelonais qu'il n'entendait pas les ménager plus que van Halen. N'ayant pu les amener à aucune capitulation ni par menaces ni par promesses, il donna Tordre de bombarder» et, pendant trois jours, les 22, 23 et 24 octobre, plus de cinq mille projectiles, la plupart creux, furent lancés sur la malbeureuse cité. Ce ne furent pas là les seuls efforts d'intimidation qu'employèrent les troupes royales ; on évalue à dix-neuf mille le nombre total des projectiles qui furent lancés pendant les deux mois que dura le siège ; mais les Barcelonais s'étaient déjà familiarisés avec le sifflement des bombes; ils méprisèrent cette pluie de fer et dirigèrent tous les efforts vers les lignes de blocus, qu'ils auraient voulu pouvoir franchir. C'est à les retenir que les royalistes employèrent toute leur activité; ils sentaient que le manque do vivres et le manque de munitions pouvaient seuls amener la reddition de la ville.

Si pendant tout le long espace de temps que dura ce siège, le reste de l'Espagne avait montré sa sympathie pour la cause centraliste, le ministère Lopez eût été obligé de re« venir sur ses décisions et de tenir un peu plus compte des aspirations populaires. Mais la décision des patriotes barcelonais ne trouva que peu jd'imituteurs. Gerona ne Ot qu'une très-courte défense et capitula avec Prim ; Amettler et ses principaux amis, pour prolonger la résistance, allèrent s'enfermer dans la forteresse de Figueras^ dont ils

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étaient parvenus à s'emparer. Saragosse, qui agissait plus par sympathie pour le régent que par amour de la République, arbora quelque temps le drapeau de la centrale ; mais se sentant isolée, elle ne montra point son obstination accoutumée et se soumit. Léon et Vigo, qui auraient pu faire une diversion utile, se déclarèrent au moment où Sa» ragosse succombait, et furent bientôt écrasés. Partout ailleurs, le ministère Lopez était acclamé, et, malgré quelques mécontentements, l'opinion publique parut se soumettre tranquillement à ses décisions.

A la fin, les vivres et les munitions manquèrent à Barcelone. Les principaux chers de Tinsurrection, parmi lesquels ne figurait plus le colonel Baigès, tué dans une sortie, qui, cette fois, avaient soutenu leur cause avec le plus grand ordre et avec une parfaite discipline, s'embarquèrent dans la rade sur des navires étrangers, après avoir signé avec le général Sanz une capitulation honorable (24 novembre).

La cité de Figueras ne tarda pas à suivre l'exemple de Barcelone ; elle capitula aussi.

Ainsi se termina cette longue série de mouvements, pendant lesquels^ soit d'une manière inconsciente, soit très-vo* lontairement, la partie de la Catalogne où dominent les principes de liberté et de démocratie n'a cessé de poursuivre ses projets d'indépendance, presque de sécession.

Les idées de fédéralisme, que les centralistes avaient semées pendant leur longue lutte, devaient, avec le temps, prendre corps en Espagne et se généraliser dans beaucoup de provinces.

Nous aurons occasion, pendant tout le règne d'Isabelle II, de montrer comment elles se sont transformées en un ensemble de doctrines sous le nom de république fédérale^ et comment, aujourd'hui elles représentent la plus forte as-

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