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LES MOEURS

La période de 1833 à 1843 est Têpoque réelle de la transition de l'ancien au nouvean régime. — Mouvement progressif qui se manifeste dans Taccroissement de la population. — Opposition des anciens types et des nouveaux. — L^agitation de la guerre civile arrête le relâchement des mœurs. — Sévérité momentanée introduite au palais par Arguelles. — L'impuissance à donner satisfaction aux besoins matériels^ le manque de capitaux, Tabsence de tout crédit découragent les meilleurs esprits. -> Développement de Templéomanie dans la classe bourgeoise.

Ce que les Gortès de Cadix n'avaient pu faire en 1812; ce qu'on n'avnit pas accompli davantage en 1820, c'està-dire rattacher le peuple espagnol à la cause de la révolution par une mesure radicale, avait été réalisé avec le plus grand succès pendant les dix années qui suivirent la mort de Ferdinand Yll.

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En fermaot les monastères et les couvents, en décrétant la vente do tous les biens de mainmorte possédés par le clergé, Mendizabal et ses amis avaient sapé dans leurs fondations les plus profondes les bases de l'ancien régime ; ils avaient intéressé le fond même de la nation au progrès des idées modernes ; ils avaient, enfin, déterminé une vraie transformation sociale.

Aussi, lorsqu'on examine TEtat de l'Espagne en i843. à la déclaration de la majorité de la reine Isabelle, est- on frappé du changement qui s'est opéré dans toutes les classes de la population.

Ce n'est plus comme en 1814 la surface seule qui a été troublée ; on ne voit pas seulement quelques individualités vivant à la moderne dans chaque ville à côté d'une multitude indifférente, misérable, insouciante ou résignée. L'historien distingue partout, au contraire, d'autres manières de voir et de penser ; de nouvelles carrières se sont fait jour ; de nouveaux types ont apparu. C'est une activité jusque-là inconnue qui commence à agiter tout le corps social. Hier, chacun ne songeait qu'à rester dans la place qui lui avait été assignée par la naissance, comme si tout enrichissement par un effort régulier lui paraissait impossible. Aujourd'hui, cette inertie, cette résignation ont disparu dans la capitale et dans presque toutes les cités; pour les retrouver, il faudrait s'enfoncer dans quelque campagne où n'aurait pas été affiché l'édit de vente concernant les biens du clergé. Partout ailleurs de nouvelles espérances ont surgi; l'opinion s'est modifiée sur l'idée qu'on devait se faire du travail. C'est par leur paresse et par tous les vices qu'elle entratne que les moines ont excité l'animadversion publique; les défauts de cette classe oisive, gloutonne, sensuelle, hy* pocrite sont devenus un objet d'horreur. De toutes parts on veut réagir contre l'esprit de contemplation» reconnu comme

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