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avaient été OQYertêa entre le ministre de la guerre et Zumalacarregay pour régler sous les auspices de lord Elliot les oonditions d'échange de prisonniers et tous les incidents de la guerre ; forts de ces deux circonstances, ils s'efforçaient de rendre suspectes les intentions de Martines ; et rimpatience générale de connaître le secret des notes diplomatiques et la crédulité publique rendaient plausibles leurs hypothèses même les plus invraisemblables.
En vain Martinez, dans la séance du 21 avril» avait-il affirmé qu'il ne jugeait pas même le moment venu de réclamer de la France et de T Angleterre les secours garantis par le traité de la quadruple alliance ; on répondait que les cabinets de Londres et de Paris étaient à la même époque consultés sur le concours qu'ils consentiraient à donner à TEspagne, et que si leur décision se faisait attendroj cela venait plutôt de leurs dispositions que de la prétendue réserve du cabinet espagnol. Ses affirmations n'avaient pas inspiré confiance, et le ministèrCi interpellé à nouveau dans la séapce du 4 mai, avait répondu par une échappatoire encore plus évasive*
Sur ces entrefaites on apprend à Madrid Tarrivée du général Cordoba» qui, au nom du uûnistre de la guerre, de tous les généraux et colonels de l'armée du Nord, venait insister pour que la coopération de la France et de l'Angleterre fût définitivement réclamée. On prétend aussi qu'un traité a été signé le 24 avril avec les carlistes sur l'initiative de lord Elliot. L'impatience et la curiosité populaires atteignent les dernières limites. Les bruits les plus contra* dictoires circulent; pour beaucoup de gens Martinex est un traître qui vend la patrie à don Carlos et aux étrangers ; les )}as quartiers de la capitale s'agitent, et le iO mai au soir une réunion a lieu chez un des principaux orateurs de la GhambrCf don Fermin Gaballero. Soixante procuradorès
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assistent à cette séance préparatoire oi& on décide pour le lendemain la proposition d'un vote de censure i TeSet d'améliorer la situation politique compromise par le traité du 24 avril.
La résolution de ces députés eut un double résultat; elle augmenta l'exaltation des espritSt et inspira au gouverne^ ment les plus vives inquiétudes. Les ministres crurent nécessaire de prendre pour le lendemain de grandes pré^ cautions militaires; des forces imposantes furent réunies sur la promenade du Prado et Tordre de disperser tous les groupes qui pourraient se former aux abords du Congrès fut donné au capitaine général.
Dès Touverture, une auimation, un mouvement inusités^ soit aux abords du palais, soit dans le salon des députés, soit aux tribunes publiques, annonçaient que cette séance du I i mai serait des plus orageuses.
Après la lecture du procès- verbal, Gaballero présente sa proposition. Elle était contraire au règlement ; le président refuse de la mettre en discussion, puis, sur les instances de Galiano, demande à la Chambre si, vu la gravité des circonstances, elle croit nécessaire d'enfreindre son règlement. La négative est votée, c'est un succès pour le ministère.
Ainsi déçus dans leur première tentative^ les amis de Gaballero ne se découragent pas. Le grand orateur Lopes, qui pendant sa trop courte carrière devait toujours rester avec lui en parfaite communauté d'idées, essaye habilement de reprendre l'avantage en insinuant que les démonstrations militaires avaient été faites dans le seul but d'exercer une pression sur la Chambre. Ses accents passionnés trouvent un écho dans les tribunes publiques. Il y est applaudi avec une telle énergie, que le président les fait évacuer ; mais au même instant Martinez donnait l'ordre atix troupes qui entouraient le Congrès de s'éloigner. L'é«
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loqoence de Lopez, la concession du ministre, avaient déjà modifié les dispositions ; les progressistes semblaient Temporten
C'est au tour d*ArguÇlles de prendre la parole, et il en profite pour donner une nouvelle direction au débat. Il ne s'agit plus de vote de censure, de formule d'incident ; il réclame du cabinet des explications précises sur le traité Elliot. Martinez répond qu'il n'a obéi en le signant qu'à des considérations d'humanité, qu*il ne juge pas utile d'en faire connaître le contenu, que d'ailleurs il est responsable et que la responsabilité doit lui être demandée dans les formes légales. Gaballero revient à la charge, et la Chambre décide qu'elle peut légalement réclamer du gouvernement le contrat passé entre Zumalàcarreguy et le général Valdës, et approuvé p:ir lord Elliot. Sur ce vote obtenu à quatre voix de majorité, la séance est levée, et les progressistes s'empressent <l'annoncer au dehors leur victoire finale.
La nouvelle s'en répand aussitôt dans les masses agitées qui attendaient impatiemment l'issue de la séance ; elles y voient la condamnation de Martinez, la justification des bruits qui avaient couru sur sa trahison, et comme le président du conseil sort de la J'.hambre pour monter dans sa voiture, des hommes armés île poignards l'entourent aux cris de : Mort au traître/ Nous avons plus d'une fois insisté sur le peu d'énergie morale de Martinez, sur son irrésolution, sur sa tendance dans toutes les situations difficiles à écarter les obstacles plutôt qu'à les vaincre ; mais^ à côté de ces défauts, il était doué d'un véritable courage civil. Fort de sa conscience, il ne se laisse pas intimider par ces cris menaçants, et par sa flère attitu^Ie, il impose à la foule. Mais à peine est-il parti, que les agitateurs se repentent de leur faiblesse; ils veulent rejoindre leur victime et la poursuivent avec acharnement, espérant l'atteindre à la porte de
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son domicile. Heureusement ]e capitaine général avait été prévenu ; il s'empresse d'nccourir avec une escorte et arrive à temps pour prévenir un attentat criminel.
Tous les détails de cette séance, les événements qui l'avaient suivie, furent le lendemain amplifiés par la presse, défigurés par la rumeur publique.^ Les procérès, les procu* radorès demandèrent la punition des coupables; mais le gouvernement n*osail pas sévir, tant il voyait d'exaltation dans les esprits.
Lorsque le souvenir en fut affaibli, les chefs progressistes renouvelèrent leur attaque contre le ministère ; le 37 mai, ils mirent solennellement en discussion les moyens à employer pour le mettre en accusation. Caballero, Arguëlles, Galiano se voyaient déjà triomphants, lorsque Martinez, leur succédant à la tribune, tire enfin de son portefeuille le fameux traité Elliot, et en en lisant toutes les stipulations, détruit d'un seul coup tout l'échafaudage de calomnies si injustement amassées contre lui. Que n'avait-il fait plus tôt cette révélation ?
Dès qu'elle connut les clauses du traité, la majorité du Congrès se déclara satisfaite et refusa de donner suite à la mise en accusation qu'elle avait prise en considération.
Toutefois il était évident que ministres et Chambre ne pouvaient plus rester en présence ; le budget était voté et» bien qu'ils eussent à discuter l'important projet de règlement de la dette publique intérieure, l'administration pouvait régulièrement fonctionner sans le concours des procuradorès. Le cabinet se décida à clore la première session, et le29-mai la régente elle-même se présenta devant les Cortès pour leur annoncer cette décision.
Neuf jours après, sous le prétexte qu'il ne voulait pas consentir à appeler l'intervention étrangère, alors même que ses collègues et les principaux chefs de l'armée la jugeaient