PRÉFACE DE U DEUXIÈME SÉRIE
Je dois quelques eiplications à toutes les personnes qui se sont intéressées à la publication de cette Histoire contemporaine.
Les deux premiers volumes , qui comprennent le règne de Ferdinand VII, datent de 1869, et ce n'est qu'en \ 878 que je suis en mesure de donner cette seconde série de deux volumes, qui comprend les régences de Christine et d*Espartero.
Quelle est la cause de ce retard? Il ne serait pas juste de l'attribuer à la moindre négligence de ma part, à un défaut d'activité, à un oubli de l'engagement que j'ai contracté envers moi-même et envers mon pays le jour où je me suis tracé le plan de ce long travail.
Il ne faut l'imputer qu'aux terribles événements des années 1870 et 1871 , et à la grande lutte politique qui les a suivis.
M'était-il permis de m'enfouir dans le silence du cabinet, et de rester spectateur impassible de la crise par laquelle passait ma patrie ?
Je ne Tai pas cru ; exilé volontaire pendant toute la période de l'empire» de retour en France au moment où chancelait déjà l'édifice instable fondé par le crime de Décembre, j'aurais manqué, me semble- t-il, à tous mes devoirs si je n'avais donné la coopération la plus énergique au renversement de l'empire, à la défense de Paris, à la création en France d'une république sage et durable, solidement assise sur les bases d'une large démocratie.
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Aussi, dès la déclaration de guerre à la Prusse, ai-je consacré une grande partie de mon temps à la chose publique.
Ce n'est pas le lieu de raconter ici, ni la part que j'ai prise aux travaux de la commission d'armement du IX* arrondissement de Paris pendant les deux premiers mois du siège de notre capitale par les Prussiens, ni les services que je cherchai à rendre comme simple volontaire dans le 116^ régiment de marche depuis la triste journée du 31 octobre jusqu'au lendemain de Buzenval, ni ma collaboration assidue au journal la Nation souveraine pendant l'insurrection de la Commune, alors qu'il fallait protéger l'existence de la République et contre une réaction monarchique déchaînée, et contre une partie de la population parisienne, littéralement égarée par la misère et le désespoir. Ce n'est pas le lieu non plus de dire comment, appelé dès la fondation du journal la République française à coUaboror, sous la direction politique de M. Gambetta, avec MM. Challemel- Lacour, Spulïer, Ranc, Allain-Targé et tant d'autres, j'ai joint pendant toute la durée de l'Assemblée nationale mes efforts à ceux de ces courageux champions de la liberté et de la justice, pour doter la France d'une constitution républicaine.
Après les élections du 20 février 1876, j'ai été appelé parles commissions du budget des diverses Chambres des députés pour remplir auprès d'elles les fonctions de secrétaire-adjoint, et mes instants sont encore actuellement consacrés à l'exercice de ces fonctions.
Ce concours de circonstances, cette préoccupation de la chose publique ne sufflsent-ils pas à expliquer pourquoi cette seconde série ne paraît que si tard après la première?
Il m'est facile, d'ailleurs, de démontrer que, pendant
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toute cette période, je n'ai cessé un seul instant d'avancer dans la tAche que je m'étais imposée.
Dans la livraison du mois d'octobre 1871 de la Philosophie positive^ je publiais la môme introduction qui parait aujourd'hui à la tête de ce volume, et qui comprend l'histoire des lettres, des sciences et des arts pendant le règne de Ferdinand VII.
Plus tard, en février 1 874, apparaissait dans la mdme Re^ue tout le travail qui occupera la fin du deuxième volume de cette série, et qui est relatif au mouvement des lettres, des arts et des sciences pendant les régences de Christine et d'Espartero.
Enfin, en 1876, je résumais toute l'histoire delà littérature contemporaine en Espagne dans un volume qui fait partie de l'intéressante collection de l'éditeur Charpentier, intitulée : Histoire de la Littérature contemporaine dans les différents Etats de r Europe.
Ces divers travaux, loin de m'éloigner de mon but, m'en rapprochaient insensiblement. Les deux premiers forment, en effet, partie intégrante de la série actuelle. Quant au troisième, c'était déjà un jalon posé pour la dernière série.
Après cette justification et ces explications, il me reste à remercier la presse des encouragements de tout genre qu'elle a bien voulu m'accorder lors de la publication de mes premiers volumes. Malgré la volonté la plus énergique, on a besoin de témoignages de sympathie pour mener à terme une entreprise de ce genre. Je ne me confiais qu'en moi-même quand je l'ai commencée. Maintenant, depuis l'accueil que les critiques du journalisme ont fait aux deux premiers volumes, depuis les éloges si bienveillants qu'ils ont mérités de MM. Michelet (1) et Alfred Maury, depuis la décision prise par
(î) Voici la copie cl'uiu' lottro adressée par M. Miclielel & mon
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M. Bardoux^ ministre de l'instruction publique, de mettre mon ouvrage à la disposition des collèges et des bibliothèques publiques, décision dont je lui reste d'autant plus reconnaissant qu'elle a été prise avec plus de spontanéité, il ne m'est plus permis de m'arréter.
Je ne puis me dissimuler que des personnes du plus haut mérite, de la plus parfaite compétence, désirent avec un vif intérêt l'achèvement de mon œuvre.
C'est un fait dont je me sens trop honoré pour ne pas vouloir y répondre par une continuité d'efforts soutenus.
Il faudra un concours de tristes événements, de ceux qu'il n'est permis à personne de prévoir, pour que je tarde à publier la troisième série autant de temps que j'en ai mis après la première à publier la seconde.
beau-frère^ M. BertilloD, qui avait bien voulu se charger de lui faire parvenir mes deux premiers volumes :
« Cher monsieur, si je savais l'adresse de M. Ilubbard, je le remercierais de ce beau livre. Je n'ai jamais rien lu de si instntctift de si ignoré^ de si intéressant. Veuillez lui transmettre mes remerclments, je vous prie »
LETTRES, SCIENCES ET ARTS EN ESPAGNE DEPDis L'AVÉnranrr de PEaoMAKD vii jusqu'à sa moht