‹ Histoire critique de l'école d'Alexandrie (volume 2)Chapitre 8 sur 36 · LE STOÏCISME. S · texte numérisé non relu

LE STOÏCISME. S

essences dites intelligibles. Ce mot d'incorporel necomprend que des abstractions de la pensée, comme Tespace, le temps, l'idée générale *. La sensation est Tunique source de nos connaissances ; toute faculté de perception est un sens ; toute chose n'est perçue que par le contact K La sensation n'est pas seulement l'impression produite par l'objet, ni même l'image que cette impression dépose dans l'âme; c'est un acte de l'âme réagissant contre l'impression adventice. Toute sensation suppose une affirmation volontaire ; les Stoïciens vont jusqu'à prétendre qu'elle est un consentement de la volonté *. Mais si toute vraie connaissance se fonde sur la sensation , est-ce à dire que toute sensation soit vraie ? Les Stoïciens ne pouvaient le penser après tout ce qui avait été dit sur les erreurs des sens. Ils ont donc cherché un 'critérium à l'aido duquel on put discerner dans quel cas la sensation est une représentation vraie de la réalité, et dans quel cas elle n'est qu'une illusion. Toujours fidèles à leur principe, c'est encore dans l'élément interne de la sensation , dans l'activité de l'âme, qu'ils trouvent ce critérium.

I Seït. Empir., Jd». Malth., 1. tu, p. 38; I. i, p Si8. — Diog. Laert., 1. vu, p. liO et U4.

^ Cicér., Aead., 1. ii, p, IQ. Meos eoim ipaa, qus aensuum Tons est atqne etiaro ipsa seosus eat. Stob,, Serm. Append., \. ii . p. 9. Oi Sroâcai rn-iiJt Ttf tavriti m<ih^9r» ivre; às^t* nposayoptùsuai.

* Cicér., Acad., 1. ii , p. 33. Scnsus ipsos aeseasus esse. — Ibid., t.'i, p. k\. Sed ad htec qun visa Hunt et quasi accepta sensibus assensioDem adjungit animorum ; quam esse Tult in nobis pwsilain et Tolantariam.

Selon ^u^, U Y^rit^ ^^^ représentations sensibles se {neg^r^ au ^egré d'^Hiriuation volontaire qui !^ ^çqmp^nf!- P|uB Ifs pQp^ntement de l'âme est ferme, pigs )« sen^tiPH PSÏ vraie. Mais, jurait-on pu dire, qu'est-ce qu'un critérium qui repose sur un acte de volonté , et commeiit une affirmation de l'âme peut-elle garantir \^ vérité de la représentation? 1a difiîc>i)té ay^it été prévue et résolue <('une mapière fort ingénieuse : le consentement de l'&a^e g^t v^lontair^, \f\vfi non arbitraire; c'est une r^^ctjpn d^ l'^e qiii CQ^fe^pond k l'impression de f'Qhjet, réftptioi} qui , bien que volontaire , est provoquée p^r l'ftÇ^ion ^^ la c^use extérieure , pt se développe loujoprs en raison dii^ecte de cette action *. Les Stoïciens ont ipêipe déteriflipé quel devait être le degré do l'impression advepfice pouf qu'elle provoqu&t une afl^rfiif^tiqn sLi(f)sante ^e |'&me. C'est seulement quand çtl\e imprp^iQT) frappe caqune un choc que l'âjne consent légiUfpsri^f i)t , ^1 que la^ sensation est vraie *. Alors, pp pffet, Y&vpfi r^^te et ré^jt, e| la vraie sensaJjftD ^ liey, Yoilj^ (jaii^ quel spns le choc (w^irpi) est le signe de la vérité des représentations sensibles. Mais puisque l'objet produit uq choc , il est donc une force : ifest une force qui perçoj^; c'est aussi une force qui çst perçi)^, la ^li^é extérieure ne se révélant à

< Cicâr., Aead., 1. ii , p. 1<t. Hena naturalem vim habet, quam mUpdit ad e^ 9\>itt^? morptur.

\''^Y% °y^^ "^ T'^'9TT"<¥' Clâ^ntb. apiut Plutarcb., De Sloîc. rep,, p 7. n/.njoi irufiç « téïoçiçl.

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