‹ Histoire critique de l'économie politiqueChapitre 1 sur 31 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Mon but en écrivant ce petit livre, a été de réduire à leur valeur les solennelles abstractions dont se servent les classes dirigeantes pour justifier la misère et proclamer son éternité. En* d'autres termes, j’ai essayé d’éclairer les obscurités dont semble s’envelopper à dessein Y économie politique officielle, pour en imposer au vulgaire et jouer le rôle d’oracle — oracle aussi sourd, aussi impitoyable qu’ il en fût jamais.

Cependant, tout en attaquant Véccnomie politique officielle, j’aurais rendu à la véritable éeonomie politique , étouffée par celle-là, le service de la faire connaître, et de prouver à ceux qui me liront qu’elle n’est nullement, dans son ensemble, opposée au progrès social.

La première Ecole française (les physiocralesj est essentiellement réformiste; l 'Ecole italienne pousse l’esprit de réforme jusqu’au socialisme modéré; la seconde Ecole française est franchement philanthropique ; Y Ecole contemporaine germano-italique parle de l’intervention de l’Etal en faveur des faibles; enfin, les économistes- collectivistes, qui suivent le grand exemple de J. S Mill, entrent de plein pied dans le socialisme scientifique.

Mais Y Ecole anglaise (Smith, Say, Malthus, iticardo, Mac-Cuîoch, Chalmers, Dunuyer, Gernain et Joseph Garnier, Cherbuliez, Molinari, /Vhalely, Stirling etc.) a fait tant de bruit qu’on la croit Y économie politique toute entière et qu’ou

a fait celle science responsable des dures con-| clusions et de l'esprit rétrograde des sectaires de Y économisme anglican.

Le succès passager de celte Ecole est d’ail-1 leur très explicable.

Tandis que la naissante féodalité capitaliste \ se ruait à la fortune,comme les anciens Romains, 1 aux guerres de pillage et de conquête, c’ est «à dire avec le plus complet mépris de l’humamlé;.] tandis que, par suite de celle prospérité capital liste, les masses travailleuses, exténuées et alla-] mées, périssaient; venir, alors, dire aux riches;! Jouissez en paix! i ordre actuel est naturel , pro4 videntiel et éternel ! et démontrer cela dans de savants livres, c’était, à coup sur, servir Y intérêt des grands de ce monde; qui ne tardèrent pas| à utiliser et àrécompenser d’aussi précieux auxiï liaires, en les comblant de chaires, de distine-1 lions et gros appointements. C’est ainsrque l’école anglaise devint la Théologie de T industrialisme, j

Pendant un siècle, des hommes sérieux et honnêtes répétèrent: la misère est nécessaire, lai misère est éternelle. Pendant un siècle, leur voixétouffa toutes les autres et condamna, hors le i libre échange et quelques libertés politiques,] tout progrès, toute réforme. Pendant un siècle, de la même plume qui revendiquait, sous le nom de liberté du travail, la liberté de Y exploitation la plus effrénée, des monopoles les plus oppressifs, un grand nombre n’hésitèrent pas à justifier la répression dont étaient victimes les

travaillenrs, qui, par le refus collectif de travailler, leur seule arme économique, usaient du droit de légitime défense, et réclamaient la possibilité de vivre du produit de leur travail.

Et cela dure encore.

Celte funeste Ecole anglaise a mérité d’être flétrie; elle est un des malheurs de l'humanité.

Mais, à coté de cela, j’ai tenu à montrer que, dans scn principe, l’ économie politique représente une branche importante de la science sociale, trop négligée par les premiers socialistes. Véconomie politique, débarrassée de ses abstractions meurtrières, et le socialisme sorti de ses stériles utopies, doivent se rencontrer, et, suivant les lois de la science et de i’éxpérimenlation, chercher et trouver ensemble la solution de cette question sociale, de plus en plus brûlante, que, sous peine do mort, la Société actuelle doit résoudre.

Quand la science moderne nous apprend que tout se transforme autour de nous; quand l’histoire nous montre riiumanilé marchant constamment au progrès, et laissant à chaque étape quelques unes de ses iniquités, de ses ignorances, et de ses douleurs, comprend-on ces piètres rébarbatifs de l’immobilisme économique, disant: L’humanité n’ ira pas plus loin! El criant sus à qui cherche un ordre meilleur?

Si mes efforts n’ ont pas été vains, en lisant ce petit livre, écrit pour lui, l’ouvrier, qui n’a pas le temps do chercher clans les bibliothèques.

acquerra une idée exacte de Thisfoire, des personnages et des principes de de l'économie politiqueil connaîtra l’arme qui le frappe et pourra peutêtre en détourner plus facilement les coups.

Milau 1875.

Ce livre, ayant été composé, en pays de langue italien-, ne et par des compositeurs qui iguoreut la langue française? contient., malgré les efforts de l’auteur dans la correction des épreuves, un grand nombre d’erreurs typographiques, dant la lecteur s’apercevra facilement.

Voici, en tous cas, les principales:

p. 109 1. 11 belge au lieu de beige.

» 180 1. 23 D’ un au lieu de Dans.

» 193 l. 8 après Garnier , ajouter à.

» 193 I. 17 et au lieu de est.

» 203 I. 32 vente au lieu de rente.

» 215 I. 11 hasard au lieu de hasard.

» 221 l. 13 vaut au lieu de vans.

» 222 1. 17 redevance au lieu de redacance.

» 225 1. 25 j'appelle au lieu de f appelé.

> 237 1. 17 tout au lieu de tant.

» 261 1. 3 jusqu ’ à, a lieu de jusq* a.

» 269 1. 16 dcs f au lieu de der.

* 273 1. 24 richesse immatérielles au lieu de produits im matériels.

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