DE NOS ÉTUDES ET DE NOS NOUVELLES ÉTUDES
1451. Naissance de Colomb.
II naquit à Gênes entre le 26 août 1451 et le 31 octobre de la même année.
Acte du 31 octobre 1470. Études critiques, pp. 219 et 254. Déposition de Colomb du 24 août 1479. Nouvelles Études, Vol. I, sources, p. 18, et note 32, p. 31.
Nota. — Tout récemment, des érudits espagnols, égarés par des homonymies curieuses et n'ayant qu'une connaissance superficielle des sources d'information relatives au sujet, ont trouvé que le découvreur de l'Amérique était né à Pontevedra, en Galice, de parents israélites espagnols qui auraient émigré en Italie vers le milieu du xv® siècle. Ces fantaisies ne reposent sur rien de sérieux. Des rapprochements ingénieux, des similitudes de noms et des hypothèses plus que hasardées, ne suffisent pas pour faire écarter le témoignage même de Colomb et les raisons nombreuses et décisives qui montrent que c'est bien, comme il le dit, à Gênes qu'il est né.
Deux documents authentiques, sans parler de bien d'autres, établissent ce point. Ce sont les suivants : L'acte de Colomb instituant son majorât, deux passages différents (Navarrete, Viaqes, Vol. II, pp. 228 et 232) ; le testament de Fernand Colomb (Doc. inédit, para la Historia de Espana, Vol. XVI, Madrid, 1850, p. 455).
Les auteurs de la thèse de « Colomb espagnol et juif » sont l'historien espagnol Carlos G. de la Riega, qui a fait une conférence à ce sujet à la Société de Géographie de Madrid, et M. Anton del Ôlmet, qui a repris ses idées et les a développées dans un article de la Espana moderna de juin 1910.
1451. Sa famiUe.
Son père était Domenico Colombo, tisserand, et sa mère, Susanna Fontanarosa. Il n'y eut ni nobles ni marins dans sa famille dont tous les membres étaient artisans. Il n'était apparenté ni avec les Colomb nobles de Cuccaro, ni avec les deux amiraux; surnommés Colombo.
Documents et actes notariés de l'époque. Raccolta Colombiana, Dociimenti. Études critiques, I, c!i. I et III, pp. 49 et 101 ; II, ch. I et II, pp. 131 et 165.
1460-1465. Son Instruction.
Il ne reçut aucune instruction universitaire et ne navigua pas étant jeune. En 1472, il était encore tisserand à Savone.
Actes du 20 mars et du 26 août 1472. Documenli, in RaccoUa, n°^ 41 et 44.. Et. Crit., IV, ch. I, p. 291 ; ch. II, p. 305.
I 1473 (août). Son dernier séjour en Italie.
Son séjour en Italie est constaté pour la dernière fois à cette date.
Acte du 7 août 1473. Docamenti, in Raccolta, n" 51. Et. Crit., IV, ch. II, p. 30G.
Les campagnes qu'il aurait faites.
Il ne servit pas sous les amiraux Colombo et ne fît aucune campagne pour le roi René.
Et. CriLjIV, ch. II, pp. 309 et sq.
1474-1475. Son voyage à Chio.
Il fait vers cette époque un voyage de Gênes ou de Savone à Chio, probablement avec les Génois Spinola et di Negro, qui y furent alors envoyés et avec lesquels il se lia, ou était déjà lié.
Et. Crit , IV, ch. II, §§ 10-13, et les documents cités, pp. 327 et sq.
1476. Il entreprend un voyage en Angleterre.
Rentré à Gênes ou à Savone, il s'embarque sur un navire de commerce génois qui, de conserve avec d'autres, se rendait en Angleterre.
Et. Crit., IV, ch. III, §§ 13 et 14, et les documents cités pp. 354 et sq.
1476 (13 août). Combat naval de Saint Vincent qui l'oblige à s'arrêter à Lisbonne.
Les navires génois sur l'un desquels Colomb se trouvait sont attaqués et en partie détruits par Guillaume de Cazenove, dit Colombo. Il se réfugie à Lisbonne.
Récits de ce combat par F. Colomb, par Las Casas, par Ruy de Pina et par Palencia. Documents cités et ceux découverts par Salvagnini : Cristoforo e i Corsàri in RaccoUa. Études critiques, II, ch. I, §§ VII et VIII, pp. 151 et sq ; IV, ch. III, pp. 233 et sq. Nouvelles Études, Vol. I, p. 33.
1476-1477. Il voyage en Angleterre et au Nord.
Avec l'un des navires génois échappés vraisemblablement au combat de Saint- Vincent, il continue son voyage en Angleterre.
Passages de Colomb, de son fils Fernand et de Las Casas, cités aux sources des Éludes critiques, V, § I, p. 377. Nouvelles Études, Vol I, pp. 33, 34.
1477 (fév.). Son prétendu voyage en Islande.
En février Colomb se trouvait dans les mers du Nord. Il ne va pas jusqu'à l'Islande.
Et. Crit., V. tout entière. Nouvelles Études, Vol. I, p. 34.
1477-1478. Retour et séjour à Lisbonne, où il paraît s'etra engage dans des opérations de commerce.
En 1478 Colomb se trouvait à Lisbonne où un Génois, nommé di Negro, le charge d'un achat de sucre à Madère.
Déposition du 25 août 1479. Nouvelles Éludes, Vol. f. Sources, p. 18 et pp. 35, 40 et 41.
1479 (août). Voyage à Gènes.
A cette date il se trouvait à Gênes où il se déclare citoyen de cette ville et dit qu'il est âgé de vingt-sept ans environ.
Déposition du 23 août 1479. Nouvelles Études, vol. I, p. 35, note 37.
1479 ou 1480. Son mariage.
Il épouse à Li sbonne Felipa Moniz Perestrello dont la parenté exacte avec les familles Moniz et Perestrello n'est pas bien établie.
Études critiques, VI, documents cités, et eh. I, p. 445 ; chap. II, p. 447 et sq. Nouvelles Études, Vol. I, pp. 33, 36 et note 37 ; p. 407, note 90.
1480. Naissance de Diego Colomb, fils aîné du découvreur.
Il naquit probablement k Lisbonne et c'est le seul enfant que Colomb eut de son mariage.
Nouvelles Éludes, Vol. I, Et. I, pp. 39-40; II, ch. I, §§ 15-16, pp. 404 etsq., note 90, p. 407.
1480-1481. Conception de son grand dessein.
La belle-mère de Colomb lui communique les papiers de Perestrello qui déterminent sa vocation pour les découvertes maritimes. Aucune date donnée; mais le fait eut lieu après le mariage.
Déclarations formelles de Fernand et de Las Casas. Nouvelles Études, Vol. I, pp. 41-47 .
1481. Lettre qu'il aurait écrite à Toscanelli.
Enthousiasmé par l'idée qu'il avait conçue, Colomb aurait consulté Toscanelli sur le passage aux Indes par l'ouest.
Aucune date donnée; mais comme le fait serait postérieur à la formation de son projet, et comme ce projet n'a été conçu qu'après son mariage et après l'étude des papiers de Perestrello, il ne peut être antérieur à l'année 1481.
F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Études, I, 2° part ,§ II, Vol. I,p.l07.
CHRONOLOGIE DOCUMENTAIRE oOd
1481. Réponse que Toscanelli aurait faite à Colomb.
Il lui aurait envoyé la copie d'une lettre et d'une carte sur le passage aux Indes par l'ouest, qu'il est supposé avoir adressées, en 1474, au chanoine portugais Martins, pour le roi de Portugal.
Fernand Colomb et Las Casas. Nouvelles Études, I, 2' part.,§ II, Vol. I, p. 107.
1482 (mai). Mort de Toscanelli à 85 ans.
On ne trouve dans ses papiers aucune trace des pièces que peu de temps auparavant il aurait lui-même copiées pour les envoyer à Colomb.
Nouvelles Études, I, 2» partie, ch. I, § II, Vol. I, p. Ul.
1482. Voyage au fort de la Mine.
Voyage où il aurait vu que ce fort, construit en 1482, est situé sous l'équateur, alors qu'il est à 5 degrés plus au nord.
Note au Pie II, n° 860. F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Éludes, 1,1" part., ch. II, Vol. I, pp. 51 et 59. Notes 70, 79, 83, 84, 88.
1482-1484. Voyages aux côtes d'Afrique et mesure du degré.
Pendant son séjour en Portugal, Colomb aurait fait plusieurs voyages aux côtes de Guinée, au cours desquels il dit avoir constaté que le degré mesurait 56 milles 2/3.
Colomb, dans les Historié, dans Las Casas, et note 490 à l'Imago Mundi. Nouvelles Éludes, 1, Vol. I, pp. 63-67.
1483 1484. Ouvertures au roi Joao II.
Il fait au roi de Portugal les mêmes propositions qu'il fera plus tard aux Rois Catholiques. Elles sont déclinées après avoir été renvoyées à une commission de savants.
F, Colomb, Las Casas, Ruy de Pina, Rescndo, Barros, VasconccUos. Nouvelles Études, II, ch. I, Vol. I, pp. 363 et sq.
1484. Expédition secrète envoyée par Joâo II.
Le roi aurait envoyé secrètement vers le Sud-Ouest un navire pour s'assurer si Colomb avait dit vrai, ce qui ne suppose pas qu'il s'agissait d'aller aux Indes.
F. Colomb, Las Casas. Xouvelles Études, II, ch. I, § 13, Vol. I, p. 394. 1484-1485. Fuite du Portugal.
A la fin de l'année 1484 (F. Colomb), ou au commencement de la suivante (Las Casas), Colomb, froissé par le procédé du roi, quitte le Portugal pour aller offrir ses services aux Rois Catholiques. Il part secrètement avec son fils Diego, encore enfant; sa femme était morte alors.
F, Colomb. Las Casas. Nouvelles Études, II, §§ 15 et 16, Vol. I, pp. 404 et sq.
1485. Arrivée à Palos.
Au commencement de l'année 1485 il arrive par mer à Palos avec l'intention de conduire son fils chez sa belle-sœur, à Huelva.
F. Colomb. Las Casas. Nouvelles Études, ch. I, § I, Vol. I, p. 4S8. 1485. A la Rabida.
De Palos,Colomb se rend à pied à la Rabida où il voit les Pères Perez et Marchena dont il obtient désinformations et des encouragements.
F. Colomb, Las Casas, Gomara, Garcia Feniandez, Vclcz Allid. Nouvelles Études, III, ch, 1, §§ 2, 3 et 4, Vol. I, pp. 493 et sq.
1485. Il laisse son fils à la Rabida.
F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Éludes, III, § 5, Vol. I, p. 521. 1485. A Sévilie et chez Médina-Celi.
De la Rabida il passe à Sévilie et voit les deux ducs de Médina-
Sidonia et de Médiaa-Celi. Il séjourne quelque temps chez ce dernier.
F. Colomb, Las Casas, Lettre du duc de Mcdinn-CelL Nouvelles Études, lU, ch. II, sources, n" 5, §§ 1-4, Vol. I, pp. 530 et sq.
1486 (20 janvier). A Cordoue.
Il se rend à Cordoue pour se mettre à la disposition des Rois Catholiques.
Colomb, Journal de bord ; F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Éludes, IH, ch. III, § 1, Vol. I, p. 552.
1486 (janvier-avril). Premières démarches.
Il est accueilli favorablement par Quintanilla, par Talavera et par le Grand Cardinal.
Oviedo, Gomara, Garibay, Las Casas, A'^oiiue^Zes Études, III, ch. III, §2, Vol. I, p. 555.
1486 (avril ou mai). Il obtient une audience des souverains.
Les Rois Catholiques le reçoivent et écoutent ses propositions qui sont renvoyées à une commission organisée par Talavera. Aucun document n'établit leur caractère.
Las Casas, Bcrnaldcz, Gomara. Nouvelles Éludes, III, ch. III, §§ 4-9. Vol. I. p. 565 et sq.
1486 (novembre). A Salamanque.
Il suit les Rois Catholiques et la commission royale à Salamanque. L'université reste étrangère à ses propositions.
Nouvelles Études, III, ch. III, §§ 5-9, Vol. I, pp. 369 et sq.
1486. Il comparait devant une commission royale.
Colomb explique son projet qui avait pour objet, d'après la tradition colombienne, le passage aux Indes par l'ouest.
F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Éludes, III, ch. III, §§ 6 et 8, Vol. 1, pp. 574 et suiv.
1486-1487. Au couvent de San Esteban.
11 y aurait eu des conférences en sa faveur à ce couvent soas le patronage de Diego de Deza.
Remesal, Arellano. Nouvelles Études, III, ch. III, § 10, Vol. I, p. 588. 1487. Retour à Cordoue. Gratifications reçues.
Les 5 raii, 3 juillet, 27 août et 15 octobre, il reçoit à Cordoue diverses sommes de la couronne à litre de gratifications, ou pour services rendus.
Navarrctc, Vol. II, n° 11. Nouvelles Études, III, ch. IV, § l. Vol. f, p. 607.
1487 (nov. oa déc). Beatriz Enriquez.
Il noue des relations intimes avec une femme de Cordoue nommée Beatriz Enriquez de Arana, qui n'était ni noble ni fortunée, et qui ne fut pas sa femme.
Teslaments de Colomb et de Diego ; Documents découverts par M. Arellano; Las Casas. Nouvelles Éludes, III, cli. IV. §§ 2-7, Vol. 1, pp. 611-637.
1488 (janv.). Correspondance avec Joao II.
Vers cette époque Colomb écrit au roi de Portugal pour se mettre de nouveau à son service. Cette lettre est perdue. Son objet et sa date sont inférés de la réponse du roi.
La lettre de Joao II. Nouvelles Éludes, III, ch. V, Vol. I, pp. 647-679. 1488 (20 mars). Réponse du roi Joao.
Le roi de Portugal écrit à Colomb une lettre amicale lui disant qu'il serait le bienvenu en Portugal et lui promettant toute immunité.
La lettre du roi et les documonts cités. Nouvelles Éludes, IH, ch. V, Vol. I, pp. 649 et 677.
1488 (avril, mai, juin^. Voyage possible à Lisbonne.
Colomb aurait profité du sauf-conduit reçu du roi et aurait fait, selon quelques auteurs, un court voyage à Lisbonne à l'époque indiquée.
La note 23 à Vlmago Miindi. Nouvelles Études, iU, ch. V, §§ 3-6, Vol. I, pp. 653-659.
1 488 (16 juillet). Gratification royale donnée à Colomb.
Par ordre des souverains on remet à Colomb 3.000 maravédis, sans indication d'objet et de lieu.
Navarrele, Vol. II, n" 2. Nouvelles Éludes, ch. IV, Vol. I, p. 610.
1488 (15 août). Naissance de Fernand Colomb.
Il naquit à Cordoue et était fils naturel de Colomb et de Bea- Iriz Enriquez.
Sa pierre tombale, la déclaration de Marco Felipe, et les auteurs cités. Nouvelles Éludes, III, ch. IV, §§ 3, 4 et 8, Vol. I, pp. 616-624, 638-6i8.
1489 (12 mai). Présence de Colomb à Baza.
Les Rois Catholiques lui envoient l'ordre de se rendre à la cour, qui devait être alors à Baza dont ils faisaient le siège. La légende lui attribue un rôle militaire à cette occasion. C'est à Baza qu'il paraît avoir formé le dessein de conquérir le tombeau du Christ avec les produits de ses découvertes.
Cédule du 12 mai 1489. Colomb, lettre au pape et Livre des prophéties. . Nouvelles Éludes, III, ch. VI, Vol. I, pp. 679-686.
1490. Période de gène.
C'est après la prise de Baza qu'on peut placer la période de privations que souffrit Colomb, pendant laquelle il aurait vendu des livres et fait des cartes pour vivre.
Oviedo, Geraldîhi, Beriialdez, Las Casas, Nouvelles Éludes, III, ch. VI, §§ 3-6, • Vol. î, pp. 686-699;- ^ ^-
5i0 APPENDICES
1490. Rejet de ses propositions.
Après cinq années de sollicitations.Colomb voit ses propositions rejetées par la commission royale, et les Rois Catholiques le congédient. On sait ce qu'il demandait, on n'est pas aussi bien renseigné sur ce qu'il proposait de faire.
F. Colomb, Las Casas. Déposition de Maldonado, Nouvelles Études, III, ch. VII, Vol. I, pp. 701 et sq.
1490-1491. Départ de Colomb.
Avec l'intention d'offrir ses services à la France il quitte la Cour et se rend d'abord chez le duc de Médina-Celi où il reste quelque temps.
F. Colomb, Las Casas, Médina-Celi. Nouvelles Éludes, IV, ch. I, § I, Vol. II, p. 9.
1491. Retour et séjour à la Rabida.
Décidé à passer en France, il retourne à la Rabida pour y prendre son fils qu'il y avait laissé. Dénué de tout, il loge à ce monastère où on lui conseille de ne pas renoncer à traiter avec la Castille, et où on le met en rapports avec les gens de mer des localités voisines. Ferez et Marchena lui prêtent leur concours.
Las Casas, Oviedo, dépositions de Garcia Fernandez,de Valez Allid, de Pedro Arias et autres. Nouvelles Éludes, IV, ch. I,§§ 2, 3, 4, Vol. II, pp. 12 et sq.
1491. Renseignements donnés par Pero Vasquez.
Pero Vasquez de La Frontera, qui avait navigué pour le prince Henrique de Portugal, lui donne des indications utiles sur l'existence d'îles nouvelles au delà de la mer de Sargasses.
Dépositions de Vêlez Allid, de Gallego et de Valiente. Nouvelles Études, IV, chap. I, § 5. Notes 27 à 33, Vol. II, pp. 21-24.
1491. Premiers rapports avec Pinzon,
Colomb recherche Alonso Martin Pinzon, qui était à Rome ; il attend son retour, confère avec lui sur les renseignements qu'il
possédait et obtient son concours à des conditions qui sont mal connues. Plusieurs témoins disent qu'ils devaient tout partager.
Las Casas ; dépositions de Pedro Arias, de Francisco Medel, de Alonso Gallego, de Golmenero, de Rodrigo Prieto, du fils de Pinzon et autres. Nouvelles Éludes, IV, ch. I, §§ 6-8, Vol. 11, pp. 25.
1491. Pinzon parle à Colomb de Cypangu.
Pinzon, qui avait rapporté de Rome des indications sur Cypangu auxquels il attachait beaucoup d'importance, voulait aller à la découverte de cette île. Il en parlait à tout le monde.
Dépositions de Arias Ferez Pinzon, de Golmenero, de Martin Martincz, de Manuel Valdovinos, etc. {Nouvelles Eludes, IV, Vol. Il, np. 29-34). De Fernan Yanes de Montilla, ibid., p. 192.
1491. Intervention de Juan Ferez.
Après les entretiens de Colomb avec Pinzon, Vasquez et autres gens de mer, on décide que le P. Juan Perez ferait une démarche pour obtenir son rappel. Perez écrit à la reine ; Pinzon en aurait fait autant.
Las Gazas. Dépositions de Garcia Fernandez, de Gabezudo, de Pedro Arias, etc. Nouvelles Éludes, 111, ch. II, § 1, Vol. II, p. 47-31.
1491. Juan Ferez à Santa-Fé.
Le P . Juan appelé par la reine se rend auprès d'elle et obtient sans difficulté le rappel de Colomb. On suppose qu'il donna l'assurance que le projet de celui-ci avait l'approbation et le concours de marins compétents et dévoués à la couronne.
Las Gasas et dépositions de Garcia Fernandez. Nouvelles Éludes, IV, ch. 1, § 3, p. 15; ch. II, § i, p. 47.
1491 (oct. nov.). Retour de Colomb à la cour.
Revenu à Santa-Fé, Colomb y retrouve Perez. Selon Garcia Fernandez la reine lui aurait envoyé 20.000 maravédis; plusieurs témoins déposent au contraire que c'est Pinzon qui fit les frais de son voyage et donnent à ce sujet des détails précis.
Dépositions de Garcia Fernandez, de Vêlez Allid, de Martin Martinez, du
fils de Pinzon et autres ; Gcraldini. ^'Ouvelles Études, IV, ch. II, § 11 et noies 67, 68, Vol. II, pp. 52-55.
1491-1492. Conférences de Santa-Fé.
Les propositions de Colomb sont renvoyées à une autre commission qui les examine à Sanla-Fô.
Gcraldini, Las Casas. Nouvelles Études, IV, ch. Il, § 3, Vol. II, pp. 56-59. 1491. Les conditions de Colomb.
Il estime à deux millions de maravédis les frais de son entreprise et demande la noblesse, la charge d'amiral, la vice-royauté des terres qu'il découvrirait et autres avantages. On n'a que des données incertaines sur ce que proposait Colomb.
Fernand Colomb. Las Casas. Nouvelles Études, IV, ch. II, § 4, Vol. II, p. 59-64.
1492 (2 janv.). Capitulation de la ville de Grenade.
Colomb assiste à l'entrée triomphale des Rois Catholiques dans Grenade.
Lettre prologue au Journal de bord. Las Casas. Nouvelles Études, IV, ch. II, § 6, Vol. II, p. 70.
1492 (janv.). Rejet des propositions de Colomb.
La commission de Santa-Fé regarde les propositions de Colomb comme chimériques et les rejette.
Las Casas, Fernand Colomb. Nouvelles Études, IV, chap. II, § 5, Vol. II, pp. 6i-6S.
1492 (janv.). Départ de Colomb de Grenade.
Pour la seconde fois les Rois Catholiques congédient Colomb et il s'éloigne de Grenade avec l'intention de passer en France.
Las Casas, F. Colomb. Nouvelles Études, IV, ch. II, § 6, et note 105, Vol. II, pp. 68-70.
1492. Intervention de Santangel.
Un haut fonctionnaire, Luis de Santangel, représente à la Reine que les risques de l'entreprise proposée n'étaient pas grands, tandis que ses avantages pouvaient être considérables. Son discours, dont nous possédons le texte, ne fait aucune allusion à la route des Indes. Cette démarche, appuyée par d'autres probablement, fait décider le rappel de Colomb.
Las Casas, F. Colomb, Geraldini. Nouvelles Études, IV, ch. II, §§ 7 et 8, Vol. II, pp. 71-88.
1492 (janvier). Rappel de Colomb.
On rappelle Colomb qui avait déjà quitté Grenade et il est fait droit à toutes ses demandes.
F.Colomb, Las Caisa.s. Nouvelles Éludes, lW,ch. Il, § 9; chap. III, § 1, Vol. II, pp. 90-95.
1492 (17 avril). Capitulations de Santa-Fé.
Juan Ferez, pour Colomb, et le secrétaire d'État, Coloma.pour les souverains, en rédigent les termes, dont les Rois Catholiques approuvent chaque clause séparément. Elles ont pour objet la découverte et la prise de possession de certaines îles de l'Océan, connues de Colomb. Il n'y est pas question des Indes.
Texte deVaclQ. Mémorial de agravios,Declaracion de lo que pertenece al almirante, F. Colomb, Las Casas, Oviedo. Nouvelles Éludes, IV, chap. III, § I, Vol. II, p. 95-103.
1492 (30 avril). Capitulations de Grenade.
Des lettres patentes renouvellent, confirment et étendent les privilèges de l'acte du 17 : les titres et charges de Colomb deviennent héréditaires, mais ne lui seront acquis qu'après sa découverte. Ici encore aucune question des Indes, non plus que dans la confirmation de cet acte du 23 avril 1497.
Le texte de l'acte, Las Casas. Nouvelles Études, IV, ch. 111, § 2, Vol. II, pp. 103-110.
ViGNAUD. Nouvelles Éludes. II , 33
1492. Les frais de l'expédition.
Ils s'élèvenl à deux millions de raaravédis fournis moitié par Santangel pour la couronne, moitié par Colomb el ses amis.
Colomb, Las Casas, Le livre de comptes. Xonvelles Études, IV, ch. iV, §§3-7, Vol. Il, pp. 110-126.
1493 (30 avril). Ordonnances royales pour l'exécution des capitulations.
Les Rois Catholiques ordonnent aux autorités de Palos de fournir à Colomb dans les dix jours deux caravelles pour aller dans certains lieux de la mer Océane qui ne sont pas indiqués. On doit lui obéir en tout et le suivre où il voudra aller; mais il lui est interdit de se rendre aux possessions portugaises de l'Afrique. Plusieurs autres ordonnances sont rendues dans le même but.
Textes de ces ordonnances. Las Casas. Nouvelles Éludes, IV, ch. IV, §1, Vol. II, pp. 135-141.
1492 (12 mai). Colomb part pour Palos.
Muni des ordonnances et pièces qui lui donnaient l'autorité nécessaire, Colomb part de Grenade pour Palos, où son expédition devait être organisée, et où Pinzon, pendant son absence, la préparait. Il loge encore à la Rabida.
Lettre prologue au Journal de bord ; F. Colomb, Las Casas, Oviedo ; Dépositions de Alonso Gallego et de Pedro 'S[edc\. Nouvelles Éludes, IV, ch. IV, § 3, Vol. II, pp. 143.
1492 (23 mai). Promulgation de l'ordonnance du 30 avril.
Colomb fait proclamer cette ordonnance dans l'église de Saint-George à Palos. Elle reste inefficace. Le projet d'expédition ne trouve aucune sympathie. Les Pinzons jusqu'alors zélés semblent s'abstenir.
Nouvelles Études, IV, ch. IV, § III, Vol. II, pp. 143-145.
1492 (mai-juin). Impuissance de Colomb.
Il n'inspire pas confiance aux gens de mer; la plupart croient qu'il ne reste plus d'îles à découvrir à l'ouest.
Dépositions de Fcrnand Yanez de Monlilla, de Francisco Medel, de Vêlez Allid, de Cabczudo, de Bartolomc Colin, de Juan Rodriguez Mafra, etc. Nouvelles Études, IV, ch. IV, g 3, Vol. II, p. 146.
1492 (20 juin). Ordre de saisir les choses nécessaires à l'expédition.
Le mauvais vouloir des gens de mer de Palos et de Moguer continuant à entraver les efforts de Colomb, un ordre des souverains l'autorise à recourir à la force. On obtient les navires ; mais pas d'équipage; personne ne veut prendre part à l'expédition.
L'ordonnance du 30 juin. Dépositions diverses. Nouvelles Études, IV, ch.IV, g 3, Vol. H, p. 145.
1492 (juillet). Intervention de Pinzon.
Colomb, qui semble avoir voulu écarter Pinzon à son retour à Palos, croyant peut-être pouvoir agir seul, est obligé d'avoir recours de nouveau à lui ; il obtient son concours et toutes les difficultés sont aplanies. Nombreux témoignages qui montrent que sans lui l'expédition n'aurait pu avoir lieu.
Dépositions de : Rodrigo Mafra, Diego R. Colmenero, Rodrigo Prieto, Velez Allid, Pedro Arias, Pedro Medel, etc. Las Casas. Nouvelles Éludes, IV, ch. IV, g 4, Vol. II, pp. 148 et 152.
1492. L'expédition s'organise.
Elle se composait de trois navires : la Sanfa Maria, la Pinta et la Nina, qui emportaient, avec un personnel de 120 hommes, dont 90 pour les équipages, des marchandises d'échange, des approvisionnements pour un temps qui n'est pas désigné, et un peu d'artillerie.
Journal de bord, la liste de Colomb. Dépositions diverses. Nouvelles Études, IV, ch. IV, §§ 5 et 6, Vol. II, pp. 153-170.
1492 (3 août). L'expédition met à la voile et se rend aux Canaries.
Elle part de Palos pour les Canaries d'où elle devait prendre sa route. Si elle a les Indes Orientales pour destination personne ne s'en doute ; tous ceux qui en faisaient partie croient aller à la découverte des îles nommées depuis les Indes.
Journal de bord. Les dépositions, Las Casas. iXouvelles Études, IV, § 7i Vol. II, p. 170 et 171.
1492 (6 septembre). Départ de Gomera.
Retardée quelque temps aux Canaries, la flottille part de la Gomera et se dirige droit vers l'ouest en suivant le 28'^ parallèle. Elle semble n'avoir d'autre routier qu'une carte attribuée à Toscanelli par Las Casas, qui dit qu'elle indiquait des terres que Colomb était absolument certain de trouver.
Journal de bord, F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Éludes, I, note 157, Vol. I, p. 122 ; IV, ch. V, § I, Vol. II, p, 173.
1492. Déclaration de Colomb qu'on trouvera la terre à 750 lieues au plus.
Au moment du départ Colomb donne pour instructions écrites à ses capitaines et pilotes de ne pas naviguer la nuit après avoir fait 700 lieues, si la terre n'était pas encore en vue. 11 déclare qu'il trouvera cette terre à 750 lieues ou environ.
F. Colomb, Las Casas, Nouvelles Éludes, IV, ch. V, § I, Vol. II, pp. 173, 174.
1492 (9 septembre). On perd la terre de vue.
A ce moment les gens de l'équipage expriment des craintes sur la longueur de la route ; Colomb les rassure en leur promettant des terres et des richesses. Dès ce moment, il n'accuse plus le véritable nombre de lieues parcourues.
F. Colomb, ch. XVII j Le Journal de bord ne mentionne pas ces promesses, de Colomb.
1492 1 17-1 9 septembre). Recherche de certaines îles.
Dès le 17 on se croit près de quelques îles et Colomb dit qu'il espère bientôt les trouver. Le 18 Pinzon exprime le même espoir. Le 19 Colomb dit, d'après Las Casas, qu'il ne veut pas s'attarder à chercher ces îles parce qu'il veut aller aux Indes. C'est la première mention de cette expression dans les documents ; mais il faut noter que c'est Las Casas qui l'emploie et que, de son temps, ce qu'on appelait les Indes c'étaient les Antilles, c'est-à-dire les îles mêmes que l'expédition cherchait. Il peut donc y avoir un doute sur le sens donné ici à ce terme.
Journal de bord; Las Casas. Xouvelles Études, IV, ch. V, §2, Vol. II, p. 175.
1492 (20-21 septembre). Découragement de l'équipage qui veut revenir en arrière.
Les gens de l'équipage qui, depuis plusieurs jours, s'alarmaient de la persistance des vents d'est par lesquels on était poussé en avant accusent Colomb de les avoir trompés et parlent de revenir en arrière. Des menaces de mort sont proférées.
F. Colomb, Las Casas; le Journal de bord ne mentionne ni l'intention de revenir en arrière ni les menaces faites à Colomb. Xouvelles Etudes, IV, ch. V, § 4, Vol. II, p. 180 et sq.
1492 (20 septembre). On se croit encore près de terre.
La grande quantité de sargasses que la flottille rencontre fait croire à Colomb qu'on est sur le point de trouver la terre. C'est son fils et Las Casas qui le disent ; le Journal de bord garde le silence sur ce fait. Nous savons que Vasquez avait avisé Colomb et Pinzon qu'on trouverait des îles au delà de la mer des Sargasses.
F. Colomb, Las Casas.
1492 (22 et 23 septembre^ Promesse de Colomb de trouver bientôt terre.
Colomb constate à ces deux dates que les murmures de ses gens continuent et qu'ils avaient quelque mauvaise intention. Il
s'efforce de les contenir en leur parlant des châtiments qui les atteindraient s'ils faisaient échouer l'entreprise et en leur promettant de trouver bientôt terre.
Journal de bord. F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Éludes, IV, § 4, Vol. Il, p. 180 et sq.
1492 (24 septembre). Symptômes de révolte.
L'équipage se montre de plus en plus indiscipliné. On craint de manquer de vivres et on complote de jeter Colomb à l'eau.
F. Colomb, Las Casas, Journal de bord. Dispositions diverses.
1492 (25 septembre). On continue la recherche de certaines îles.
A celte date on croit être arrivé à l'emplacement de certaines îles indiquées par une carte que possédait Colomb. Trois jours auparavant il avait passé cette carte à Pinzon et maintenant l'un et l'autre s'étonnaient de ne pas voir ces îles. A la fin de la journée Pinzon croit enfin les apercevoir et les équipages des trois navires chantent le Gloria in excelsis Deo. Le 26 on reconnaît que c'était une illusion.
Journal de bord. F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Éludes, IV, ch. V, Vol. II, p. l'G.
1492. (30 septembre) Observation sur la variation de la boussole.
Journal de bord.
1492 (1" octobre). On est à 707 lieues des Canaries.
Journal de bord.
1492 (3 octobre). Colomb renonce à la découverte des îles cherchées le 25 septembre.
Colomb renonce à rechercher les îles qu'on croyait avoir vues le 25 septembre. 11 croit qu'on les a dépassées, parce qu'il a des données certaines sur leur existence, mais son but étant les Indes il ne peut revenir en arrière pour les trouver. Comme c'est
par l'intermédiaire de Las Casas qu'il parle, on peut se demander s'il est ici question des Indes Orientales, ou de celles désignées du temps de Las Casas par ce nom d'Indes, lesquelles, d'après le même Las Casas, étaient également indiquées sur la carte consultée le 25. Cette décision augmente le mécontentement de l'équipage.
Journal de bord. Las Casas.
1492 (4 et 5 octobre). La distance fixée par Colomb ayant été dépassée l'équipage veut renoncer à 1 entreprise.
Le 3 octobre à la nuit on avait fait près de 800 lieues, le 4 et le 5 on en fit encore une centaine. On avait ainsi dépassé de plus de 200 lieues la distance à laquelle la terre devait être trouvée. L'équipage, qu'on avait eu grand'peine à contenir jusquelà, se mutine et veut obliger Colomb à retourner en Espagne.
Déposition de Garcia Vallejo, de Francisco Morales, de Juan Roldan et autres. F. Colomb et Las Casas ne sont pas aussi explicites sur ce point. Nouvelles Éludes, IV, ch. V, Vol. II, pp. 180 et sq., notes 348 à 364.
L'intervention de Pinzon rétablit l'ordre.
Colomb confère à ce sujet avec Pinzon, qui conseille une attitude énergique et qui déclare qu'en tous cas il continuera seul la recherche. Celte attitude a raison des mutins et on poursuit la navigation.
Dépositions de Hcrnan Mateos, de Colmenero, de Gonzalo Martin, de Garcia Vallejo et autres. Rien à ce sujet dans le Journal de bord non plus que dans F. Colomb et Las Casas. Nouvelles Études, loc. cit., notes 364 à 369, Vol. II, pp. 186-188.
1492 .6 octob:e). Pinzon suggère un changement de route pour aller à Cypangu.
Au milieu de cette effervescence Pinzon conseille de prendre une direction plus au sud qui devait selon lui conduire à une île qu'il croyait être Cypangu. Colomb refuse.
Journal de bord. Las Casas. Dépositions de G, Vallejo et de Garcia Fernandez, témoins oculaires. Nouvelles Études, loc. cit.. Vol. II, pp. 188 et sq., notes 377, 383, 384.
1492 (7 octobre). Colomb prend la route indiquée par Pinzon.
Colomb se ravise et suit le conseil donné par Pinzon, mais sans nommer celui-ci. Son fils assure qu'il connaissait Tîle visée par son lieutenant, que c'était celle, alors appelée Gypangu, qu'il comptait trouver à 750 lieues, et à laquelle il donna le nom d'Espanola.
Journal de bord, F. Colomb, Las Casas. Nouvelles Éludes, IV, ch. V. §§ 6 et 7, Vol. II, pp. 191-195, notes 382, 385, 3S6, 387.
1492 (10 octobre). Déclaration de Colomb qu'il entend aller quand même aux Indes.
Les matelots s'effrayent de nouveau et veulent qu'on n'aille pas plus loin. Colomb les rassure, fait appel à leurs intérêts et déclare qu'étant venu pour se rendre aux Indes, il entend y aller quand même. Ici encore on se demande si dans le Journal de bord, résumé par Las Casas de longues années après la découverte, cette expression de las Indias doit s'entendre des Indes Orientales, ou des îles que Colomb cherchait, auxquelles il donna ce nom après leur découverte.
Journal de bord, Las Casas.
1492 (12 octobre, 2 heures du matin). Première vue de la terre.
Rodrigo de Triana, matelot ou pilote de la Pinta, qui était en avant, aperçoit le premier la terre.
Journal de bord, F. Colomb, Las Casas.
1492 (12 oct. au jour). Découverte de Guanahani.
Colomb aborde, avec les deux Pinzon, à l'île aperçue la nuit et que les indigènes appelaient Guanahani. Il en prend possession et lui donne le nom de San Salvador. Il y a quelque incertitude sur la véritable situation de cette île.
Journal de bord, F. Colomb, Las Casas.
1492 (13-20 oct.). Recherche de Cypangu.
Colomb, qui croyait faire route vers Cypangu, ne reconnaît sans doute pas cette île merveilleuse dans la pauvre Guanahani et dès le lendemain de sa découverte il annonce qu'il va la chercher. Il part le 11 et navigue pendant plusieurs jours dans l'archipel sans trouver aucune île pouvant être celle-là.
Journal de bord, F. Colomb, Las Casas.
1492 (21-24 oct.). Il prend d'abord Cuba pour Cypangu.
Le 21 octobre, il suppose que Cuba, dont les naturels lui ont parlé, doit être l'île fameuse, et se dispose à y aller. Mais il est convaincu que le continent asiatique ne peut être bien éloigné et se propose de se rendre à Ouinsay pour remettre au Grand Khan ses lettres de créance. Le 2i il dit, que, d'après les sphères et mappemondes qu'il a vues, Cuba doit être Cypangu.
Journal de bord. Las Casas.
1492 (26-30 oct.). Il aborde à Cuba.
Le 26 il se met en route pour Cuba qu'il croit toujours être Cypangu. Le 28 il y aborde et persiste dans son opinion. Le 30 il relève la position de l'île, trouve qu'elle est au 42" degré de latitude nord et croit que le Grand Khan et sa ville de Cathay ne peuvent être très éloignés.
Journal de bord. Las Casas,
1492 (1 et 2 nov.). Cuba prise pour une projection de l'Asie.
Après avoir exploré une partie de la côte de Cuba, Colomb n'y reconnaît plus Cypangu et croit que c'est une partie du continent. Le 2 novembre il trouve encore qu'elle est à 42 degrés au nord de l'équateur et à 1.142 lieues de l'île de Fer.Il envoie deux hommes à terre pour remettre des lettres et des présents au roi du pays de la part des Rois Catholiques.
Journal de bord.
1492 (3-20 nov.). Reprise de la recherche de Cypangu.
Colomb continue sa navigation parmi les îles de la région sans reconnaître sa Cypangu.
1492 i22 nov ). Séparation davec Pinzon.
Intentionnellement, ou sans le vouloir, Pinzon s'écarte de l'amiral ; il va en avant du côté de Test et aborde à Haïti avant Colomb.
Journal de bord.
1492 (5 décembre). Découverte dHaïti dans laquelle Colomb reconnaît la Cypangu de Pinzon et il lui donne le nom dEspanola.
Le 5, Colomb découvre Haïti que les indigènes appelaient, croit-il, Bohio. Le 6, il entre dans le port Saint-Nicolas. Le 9 il donne à l'île le nom d'Espanola ; le 13 il trouve qu'elle est au 34^ degré de latitude nord. Le Journal de bord ne dit pas qu'il y reconnut Cypangu ; mais son fils, son frère et Las Casas le disent ; lui-même le dit ailleurs.
Journal de bord, testament de 1498, carte de B. Colomb, F. Colomb (ch.XX), Las Casas, Liv. I, ch. XXXIX, Nouvelles Éludes, IV, ch. V, g VI, Vol. II, pp. 191-196 ; 283-286.
1492 (26 déc). Construction du fortin de la Navidad.
Décidé à rentrer en Gastille, Colomb construit un fortin à un endroit qu'il nomme la Nativité et y laisse 37 hommes. Journal de bord. Nouvelles Études, Vol. II, p. 164.
1492 (28 déc). Perte de la « Santa Maria »,
Ce navire échoue et s'ouvre sur un banc de l'île Haïti et Colomb passe avec tout son monde à bord de la Nina.
Journal de bord.
1493 (4 janvier). Départ pour la Castille.
Colomb part avec la conviction que son île Espaiiola était Cypangu et il conserve cette opinion jusqu'à sa mort. Le 6, Pinzon rejoint l'amiral avec la Pinla et s'excuse de s'être séparé de lui involontairement.
Journal de bord. Acte constituant son majorât.
1493 (15 février). Aux Açores où il écrit sa première relation.
Pris par la tempête dans le voisinage des Açores, il rédige, le 14 février, deux relations de son voyage dont l'une est jetée à la mer dans une barrique bien close. La Pinta disparaît en avant. Le 15 il constate qu'il est près de l'une des Açores ; ce même jour, ou trois jours après, le 18, il écrit une autre relation, ou date de l'un de ces deux jours celle des deux précédentes qui lui reste. Le 18 il aborde à l'île près de laquelle il se trouvait, qui était celle de Sainte-Marie, et fait savoir qu'il a découvert les Indes. Il quitte cette île le "20, y revient le 21 et remet à la voile le 24.
Journal de bord. Nouvelles Études, Y, ch. I, g 7, Vol. II, pp. 266-270.
1493 (4 mars). A Lisbonne où il écrit sa seconde relation.
Battu parla tempête Colomb est obligé de se réfugier dans le port de Lisbonne où il ajoute un P. S. à sa lettre du 15-18 février et en écrit une autre aux Rois Catholiques. Toutes deux sont expédiées de Lisbonne à VEscrihano de racion sous le même pli.
Journal de bord, lettre à Santangel. Nouvelles Études, V, ch. I, §§ 6 et 7.
1493 (9 mars). Colomb est reçu par le roi de Portugal .
Invité par le roi Joào à venir le trouver, il est reçu par lui avec distinction. Les chroniqueurs portugais qui racontent cette entrevue disent que Colomb revenait de la découverte d'Antilia et de Cypangu.
Journal de bord, Ruy de Pina, Resende, Rarros. Nouvelles Études, II, ch. I, Vol. I, pp. 368 376.
1493 (15 mars). Retour à Palos. Il écrit aussitôt aux souverains.
Le 13 Colomb part de Lisbonne, le 14 il est à la hauteur du cap Saint-Vincent, le 15 il franchit la barre de Salter et atterrit à Palos. Le même jour il dépêche un courrier aux Rois Catholiques qui étaient à Barcelone. Peu après il part pour Séville.
Journal de bord. F. Colomb, Herrera. Nouvelles Éludes, Vol. II, p. 267.
1493 (19 mars). Lettre du duc de Médina-Celi au Grand Cardinal lui annonçant le retour de Colomb.
Le duc écrit que Colomb, qui était parti pour aller chercher les Indes, a réussi dans son entreprise. Rien ne montre que par les Indes, il entendait parler de celles d'Asie.
La lettre du duc. Nouvelles Études, III, ch. II, Vol. I, p. 539,
1493 (30 mars). Les Rois Catholiques écrivent de Barcelone ( à Colomb. Première mention des Indes.
Les Rois Catholiques accusent réception à Colomb de ses lettres — au pluriel — et l'invitent à venir les trouver à Barcelone. Ils lui parlent de ses découvertes comme ayant eu lieu aux Indes, en las Indias. C'est le premier document officiel où figure cette expression.
Navarrete, Vol. II, Doc. XV. Nouvelles Éludes, V, Vol. II, p. 268-273.
1493 (31 mars!. Colomb arrive à Séville où il reçoit la lettre des Rois Catholiques.
Bernaldez, Las Casas.
1493 (9 avril). Lettre de Januarius en mentionnant une reçue
de Colomb.
Januarius écrit de Barcelone qu'il a vu une lettre de Colomb envoyée de Lisbonne aux Rois Catholiques où il est dit que c'est pour aller aux Indes Orientales qu'il était parti et qu'il en revient.
Nouvelles Éludes, V, ch. V, § 8, Vol. II, pp. 270-271.
1493 (avril). Publication de la lettre de Colomb à l'Escribano de racion.
C'est le texte espagnol fac-similé par MaisonneuveetQuaritch.
Nouvelles Éludes, V, Sources no 1, Vol. II, pp. 238-241.
1493 (29 avril). La lettre à Sanchez avec un titre annonçant que Colomb est allé jusquau Gange.
A cette date un Catalan, L. Cosco, traduit en latin la lettre à Santangel, qui est aussitôt publiée à Rome comme ayant été adressée à Gabriel Sanchez.
La lettre même. Nouvelles Études, V, sources n°32 et 3. Vol. II, pp. 241-246. 1493 (20 mai). « Dans les parages des Indes ».
Cédule accordant à Colomb des armes où ses découvertes ne sont plus mentionnées comme étant aux Indes, mais dans le voisinage des Indes, et où il n'est pas question de la route y conduisant.
Nouvelles Études, V, Vol. II, p. 275.
1493(3 et 4 mai). Bulles papales relatives aux premières découvertes
de Colomb.
Le souverain pontife sanctionne par des bulles les droits des Rois Catholiques sur les îles et terres découvertes par Colomb qui est représenté comme ayant été envoyé pour découvrir des îles et terres éloignées situées dans des mers que nul n'avait encore naviguées. Aucune allusion à la route des Indes.
Nouvelles Études, \, ch. I, Vol. II, pp. 276-280.