La Tabula Terre nove du Ptolémée de
Cette carte, que l'on désigne souvent sous le nom de carte de l'Amiral, parce que l'on suppose qu'elle a été établie par Colomb, ou d'après des indications venant de lui, est la seconde des cartes nouvelles formant le supplément ajouté par WaldseemuUer à son édition de Ptolémée publiée à Strasbourg en 1513.
Au verso du titre de ce supplément, il y a un avis au lecteur où on lit ce qui suit :
Quin poiius hoc supplemenlo modernioris lustrationis discat seipsum cerlius informare.Quo Iripartiti orbis explanationem planias ad tempora noslra videbil.
Charta autem marina quam Hydrographiam vocant per Adniiralem quondam serenissi Portiigalise régis Ferdinandi cseteros denique lustratores verissimis peragralionihus liistrata: minislerio Renati dum vixit niinc pie mortui Ducis illustriss. Lotharingiss
(36) M. Harrisse fait dire à Martyr qu'il a vu cette carte de Colomb et que c'est son frère, Barthélémy, qui l'a achevée. {Biscovery, n» 61, p. 436.) Le texte cité ne comporte pas cette interprétation. Martyr explique qu'un des divers documents cartographiques qu'il examina chez Fonseca lui donna à penser que l'Amérique du Sud était plus large qu'on ne l'avait supposé, et il ajoute: « Colomb, lorsqu'il vivait et parcourait ces régions, a commencé une « autre carte de la région à laquelle son frère Barthélémy, l'Adelantado <i d'Hispaniola, a ajouté ses propres découvertes, car lui aussi a navigué le « long de ces côtes » : Alteri Colonus vivens ciim ea. perlustraret loca dédit initium : cui et frater eius Bartholomœus Colonas Hispaniole Adelantatus indicium suiim addidit : peragravit namqiie et ipse ea littora. (Martyr, De Orbe Novo, Dec. 11, Liv. X, fol. 41, verso, édit. 1533.) Le texte latin motivant cette observation n'est pas très clair, voyez la traduction, Gaffarel, De Orbe Novo, Paris, Leroux, 1907, Grd 8°, p. 215.
ViG^fAUD. Nouvelles Études. II - 35
liberalius prselographationi tradila est : ciim cerlis tahulis a fronte huius charlœ specificatis. — « Quant à la carie marine, dite « hydrographique, revisée jadis par un amiral du sérénissime « roi de Portugal, Ferdinand^et en dernier lieu par d'autres explo- « rateurs, d'après leurs propres voyages, elle a été livrée à l'im- « pression avec certaines planches, mentionnées en tète de la « carte, par les soins et grâce à la munificence de René en son « vivant, illustrissime duc de Lorraine et qui repose aujourd'hui « dans la paix du Seigneur. »
Ce texte a été interprété comme signifiant que la carte marine mentionnée avait été corrigée d'après les découvertes d'un amiral alors décédé, du roi Ferdinand d'Espagne, — le mot Portugalise étant mis par erreur à la place de Hispaniœ, — et imprimée avant la mort du duc de Lorraine, qui eut lieu en décembre 1508. D'où suit la supposition que cet amiral espagnol était Colomb qui mourut en 1506 (37).
Mais cette interprétation est plus que contestable. C'est sans raison valable qu'on veut lire Hispaniœ au lieu de Porlugaliœ, et que l'on suppose que la carte fut imprimée avant la mort du
(37) Cette hypothèse vient du vicomte de Santarem qui dit, en parlant de cette carte, qu'il « paraît hors de doute » qu'elle « a été dessinée soit par « l'amiral Colomb, soit par ses ordres, soit d'après ses découvertes ». D'après lui, cette carte serait celle même que Colomb aurait envoyée aux rois catholiques avec la relation de son troisième voyage, carte dont, d'après Ibarra et d'autres témoins, on avait différentes copies (voyez ci-dessus le no 7), et il conclut de là : 1° qu'il est « indubitable que les premières cartes du « Nouveau Continent furent dressées par Colomb... »; et 2" que « la carte ma- « rine appelée « de l'amiral », qui avait été dessinée et corrigée d'après les « ordres du roi Ferdinand, et qui avait été gravée pas les soins de René de « Lorraine, dont il est question dans la préface de cette édition de Ptolc- < mée, était probablement une de ces copies dont parle Ibarra ». (Sarta- REM, Recherches historiques... sur Americ Vespuce... pp. 165, 166 et 167.) On remarquera combien ces assertions sont arbitraires et combien elles s'écartent du texte qui est supposé en être la source. L'avis au lecteur du Ptolcmée de 1513 ne dit nullement que la prétendue carte de l'amiral de cet ouvrage avait été dessinée et corrigée par les ordres du roi Ferdinand, mais seulement qu'elle a été corrigée d'après des indications venant d'un amiral du Portugal et d'autres navigateurs. D. Angel de los Rios a également soutenu que cette carte venait de Colomb. La parle de los Montaneses en el descubrimienlo de America. Santander, 1892.
duc René. On doit plutôt entendre qu'il s'agit réellement d'un amiral du roi de Portugal, appelé par erreur Ferdinand, et que la carte a été imprimée grâce aux libéralités du duc de Lorraine. Remarquons en effet, que l'indication de l'avis au lecteur ne se rapporte pas, comme on le croit généralement, à la Tabula terre nove, mais à la première des nouvelles caries du supplément, à YOrbis lypus universalis Juxta hydrographoriim traditionem, qui est une carte marine, tandis que l'autre ne l'est pas. Or, VOrbis typns universalis montre réellement les découvertes des Portugais, tant à l'ouest qu'à l'est, et non celles des Castillans. Les deux cartes, d'ailleurs, sont dans leurs éléments essentiels, d'origine portugaise ; elles ont été dressées, pour les régions nouvellement découvertes, d'après les cartes de Cantmo et de Canerio, ou d'après des cartes que ces deux cartographes avaient mises à contribution (38).
Ces raisons suffisent pour montrer que Colomb n'a pu prendre aucune part à la confection de l'une ou de l'autre de ces cartes. Mais il faut encore remarquer que, si Waldseemuller avait voulu désigner Colomb dans l'amiral dont il parle, il n'aurait pas proposé, comme il l'a fait, de donner au Nouveau Monde le prénom de Vespuce. Ajoutons qu'il esta notre connaissance certaine que Vespuce était en relations avec le duc René, tandis que Colomb ne l'était pas. Il semble donc qu'on doive affirmer sans la moindre hésitation que l'amiral, défunt, auquel la préface du Ptolémée de 1513 attribue une part de collaboration à la carte marine de cette édition du géographe alexandrin était Vespuce, qui mourut un an avant la publication de cet ouvrage, et non Colomb, qu'on ne saurait associer à aucun titre à l'œuvre de Waldseemuller (39).
Le globe et les cartes qui font l'objet des observations précé-
(38) M. Harrisse a démontré cela de la façon la plus claire, d'abord dans son Corte Real, mais plus particulièrement dans sa Discovery ofNorlh America,, pp. 311, 322 et 642.
(39) Voyez sur cette carte les n»' 66, 67, 6S,69 et 250 de la partie cartographique de la Discovery de M. Harrisse. Cette pièce a été plusieurs fois facsimilée, notamment par Varnhagen (Nouvelles Recherches) et par Nordens- KiOLD, qui a aussi reproduit l'autre carte Fac-similé Atlas, pi. 35 et 36.
dentés sont les seuls documents de ce ^enre attribués à Colomb sur lesquels nous ayons quelques indications assez explicites (40). On a montré en quoi elles consistent et on ne s'avance pas beaucoup en concluant qu'il n'y a aucune preuve satisfaisante que Colomb ait dressé lui-même des cartes marines et qu'il y a quelques raisons de mettre en doute qu'il eût les connaissances nécessaires pour gagner sa vie en fournissant des cartes de ce ffenre aux navigateurs.
(40) Dans les écrits du temps, on en mentionne cependant quelques autres. Ainsi Las Casas dit en parlant de la lettre du livre des Profecias, lettre que Colomb adressa aux Rois Catholiques en 1501, qu'elle était accompagnée d'une sphère, — figura redonda ô esfera — (Vol. I. p. 48), et Angelo Trivigiano écrit cette même année à l'amiral Malipicro, auquel il voulait envoyer une carte des nouvelles découvertes, qu'il la fait faire à Palos parce qu'à Grenade où il se trouvait alors, et où personne ne pouvait exécuter ce travail, il n'y avait qu'une carte de ce genre qui appartenait àColomb, ce qui ne veut pas dire nécessairement qu'elle était de Colomb même. M. Harrisse a donné le texte et la traduction de cette lettre dans son Christophe Colomb, Vol. II, p. 119 et sq. Voyez aussi sa Discovery, p. 418-419.
Billet sans date.
(Lui envoyant une copie d'une lettre et d'une carte qu'il aurait adressées précédemment à Fernam Martins, conseiller du Roi de Portugal, pour recommander la route des Indes par l'ouest.)
Textes espagnol et italien; pas de texte latin.
Las Casas, Ilistoria, Liv. I, ch. XII, Vol. I, p. 92; F. Colomb, Historié, ch. VIII, fol. 16.
Espagnol
A Gristobal Golumbo, Paulo, fisico, salud.
Yo veo el magnifico y grande tu deseo para haber de pasar .adonde nace la especieria ; y por respuesta de tu carta te invio el traslado de otra carta que hâ dias yo escribi a un amigo y familiar del Serenisimo Rey de Portugal, ântes de las guerras de Gastilla, a respuesta de otra que por comision de S.A.
me escribiô sobre el dicho caso, y te invio otra tal carta de marear,como es la que yo le invié, por la cual seras satisfecho de tus demandas ; cuyo treslado es el que se signe.
Italien
A Ghristoforo Golombo,Paolo, fisico, sainte.
lo veggo il nobile e gran desiderio tuo di voler passar là, dove nascono le specierie; onde per risposta d'una tua lettera ti mando la copia d'un'altra lettera che, alquanti giorni fa, io scrissi ad un amigo, domeslico del Serenissimo Re di Portogallo, avanti le guerre di Gastiglia, in risposta d'un'altra, che per commissione di Sua Altezza eglimi scrisse sopra detto caso, e ti mando un' altra carta navigatoria, simile a quella, ch'io mandai a lui, per la quai resteran sodisfatle le tue dimande.
La copia di quella mia lettera è questa.
Traduction. — A Christophe Colomb, Paul, médecin, salut.
Je vois le magnifique — noble, dans l'italien — et grand désir que tu as d'aller là où naissent les épiées. Et pour répondre à ta lettre — à une de tes lettres, dans l'italien — je t'envoie la copie d'une autre lettre que j'écrivis, il y a quelque temps, — il y a un certain nombre f/eyours, dans l'italien — à un amifamilier du sérénissime roi de Portugal, avant les guerres de Castille,en réponse aune autre que, par commission de Son Altesse, il m'avait écrite sur le dit sujet, et je l'envoie également une carte marine — une autre carte marine, dans l'italien, — semblable à celle que je lui ai adressée, ce qui donnera satisfaction à tes demandes. La copie de la lettre est comme suit:
LETTRE A FERNAM MARTINS
Chanoine portugais
25 juin i4l4.
Aurait été incluse, avec une carte, dans la précédente lettre adressée à Colomb.
(Exposé des raisons qui militent en faveur d'un passage au pays des JtLpices en prenant par l'ouest.)
Texte latin de la (^olombine
Transcription de M.
de Lollis. Raccolta Colomhiana. Auiografi, pi. 63.
Copia misa chrts- /ofaro colonbo per paulu/?; fixicum cwn vna carta nauigacjonis.
Ferdinando raartini canonico vlixijoonensi paulus phisicus salute/n.
De tua valitudine de grafia et familiaritate eu m rege ves^ro generosissimo
Texte Espagnol DE Las Casas
Historia, Liv. I,
ch. XII, VoL I,
pp. 92-95.
A Hernando Martinez, canonigo.
Mucho placer hobe de saber la privanza y familiaridad que tienes con vuestro
Texte Italien des Historié
Ch. VIII, fol. 16-18.
A Fernando Martinez canonico diLisbona Paolo Fisico Sainte.
Molto mi piacque inlendere la domestichezza, che tu hai col tuo serenissimo,
magnifiée n lis si m o principe iocu/Klum m/Ai fuit intelligere.
Cum tecu/u allias locutussumde breuiori via ad loca aroraatum per marilimam nauigacjonem qHamsiteaqucimfacilis per guineam queritnanc serenissimus rex a me quandam declaraci'onem ymo polius ad occulum ostensionem ut etiam mediocriter doti il- \a.m yiam caperent et intelligerent.
Ego aute7?7 quamvis cognoscam posse hoc ostendi per formam spericam vt est mundustcimen determinaui pro faciliori inteliigencfaac etiam pro faciliori opère ostendere viam illam per quain carte nauigacjonis fiuat illud declarare.
Mito ergo sue Mates^ati cartam manihvs meis factam in qua designantizr litora ves^ra et insuie ex qiz/bfzs incipiatts iterfacere versus occasum senper ex loca ad que debeatis peruenire et quantum a polo vel alinéa equinotiali dcbeatis declinare et per quan-
generosisimo y magnificentisimo Rey.
Y bien que otras muchas veces tenga dicho del muy brève camino que hay de aqui â las Indias, adonde nace la especieria,por el camino de la mar mas corto que aquel que vosotros haceis para Guinea, dicesme que quiere agora S. A.
de mi alguna declaracion y à ojo demonstracion, porque seentieuda y se pueda tomar el dicho camino.
Y aunque conozco de mi que selopuedo monstrar en forma de esfera como esta el mundo, déterminé por mas fâcil obra y mayor inteligencia monstrarel dicho camino por una carta semejante à aquellas que sehacen paranavegar.
Y ansi la invio à S.
M. hecha y debujada de mi mano ; en la cual esté pin t ado todo el fin del Poniente,tomando desdeirlanda al Austro hasta el fin de Guinea, contodas las islas que en este camino son,en frente de las cuales derecho por Poniente esta pintado el co-
e magnificentissimo Re.
E, quantunque moite altre volte io habbia ragionato del brevissimo camino, che è di quà all'Indie, dove nascono le specierie, per la via del mare,ilqualeiotengo pin brève di quel, che voi fate per Guinea, tu mi dici, che Sua Altezza vor rebb e hora da me alcuna dichiaratione, o dimostratione, accioche s'intenda, e si possa prendere delto camino.
La onde, come ch'io sappia di poter ciô mostrarle con la sfera in mano,e farle veder, como sta il mondo ; nondimeno hodeliberatoper più facilita e per maggiore intelligenza dimostrar detto camino per una carta, simile a quelle, che si fanno per navigare.
E cosi la mando a suaMaestà,fattacdi segnata di mia mano:
nella quale è dipinto tutto il fine del Ponente, pigliando da Irlanda ail' Austro infino al fin di Guinea,con tutte le isole, che in tutto qùesto camino giacciono ; per fronte aile quali dritto per Ponente
inm spacium scilicèt per quot miliaria debeatts peruenire ad loca fertilissima omnium aromatu/?! et gemarum.
Et non miremini si voco occidentales partes vAi sunt aromata cam communlter dican/ur orientales quia nauiganlibus ad occidentem senper ille partes inueniunlur per subterraneas nauigaciones.
Si enim per terram et per superiora itinera ad orientem senper reperirentur.
Linee ergo recte in longitudine carte signale ostendunt distanci'am ab orientem versus occidens que autem transuerse sunt ostendunt spacia a meridie versus septentrionem.
Notaui autem in carta diuersa loca ad que peruenire potesti's pro maiori noticia nauisrancium scilicèt
mienzo de las Indias con las islas y los lugares adonde podeis desviar para la linea equinoccial, y por cuânto espacio, es à saber, en cuénras léguas podeis 11egar â aquellos lugates fertilisimos y de toda manera de especieria y de joyas y piedras preciosas.
Y no tengais a maravilla si yo Uamo Poniente adonde nace la especieria, porque en comun se dice que nace en Levante, mas quien navegâre al Poniente siempre hallarâ las dichas partidas eu Poniente, é quien fuere por tierra en Levante siempre hallarâ las mismas partidas en Levante.
Las rayas derechas que estân en luengo en la dicha carta amuestran la distancia que es de Poniente a Levante ; las otras que son de través amuestran la distancia que es de Septentrion en Austro.
Tambien yo pinlé en la dicha caria muchos lugares en las partes de India, adonde S3 podria iracon-
giace dipinlo il principio deir Indie con le isole, e luoghi dove potete andare, e quanto dal Polo Artico vi potete discostare per la linea equinotliale, e per quanto spatio,cioèin quante leghe potete giungere a quel luoghi fertilissimi d'ogni sorte di specieria, e di gemme, e piètre pretiose.
E non habbiate a maraviglia, se io chiamo Ponente il paese, ove nasce la specieria, la quai communemenle dicesi che nasce in Levante : percioche coloro, che navigheranno al Ponente, serapre troveranno detti luoghi in Ponente ; et quelli, che anderanno per terra al Levante, sempre troveranno detti luoghi in Levante.
Le linee dritte, che giacciono al lungo in detta carta, dimostrano la dislanza, che è dal Ponente al Levante; le altre, che sono per obliquo,dimostranola dislanza, che è dalla Tramontana al Mezzogiorno.
Ancora io dipinsi in delta carta molli luoghi nelle parti dell' India, dove si potrebbe andare, avve-
LETTRES A COLOMB ATTRIBUEES A TOSGANELLI
\eniis vel casu aliquo alibi (\iiam exislimarenl venire/tt pc7/tin autem vt ostenda/jt iucolis ipsos habere noticiam aliquam patrie illius quod debebit esse iocundum salfs non considAni autem in insulis nis'i mercatores. aseritibi enim tanla copia nauigancium est ciuii mercimoniisvlintoto reliqf/o orbe non siat sicuti in vno portu nobilisimo vocato zaiton. aserunt enim centum naues piperis magne i/ieo portu singulis annis deferri. sine aliis nauibns portantibus allia aromata.
Patria illa est populatisima ditisima multitudine prouinciaruni et regnonzm et ciuitatum sine numéro, sub vno principe qui dicitur magnus kan quod nomen significat in latino rex regum. cuius sedes et residencia est vt pinriraum in prouincia katay.
Antiquisuidesiderabant consorciu/n
teciendo algun caso de tormenta 6 de vientos contrarios 6 cualquier otro caso que no se esperase acaecer, y tambien porque se sepa bien detodasaquellaspartidas, de que debeis holgar mucho. Y sabed que en todas aquellas islas no viven ni tractan sino mercaderes, avisàndoos que alli hay tan gran cantidad de naos, marineros, mercaderes con mercaderias, como en todo lo otro del mundo, y en especial en un puerlo nobilisimo llamado Zaiton, do cargan y descargan cada ano 100 naos grandes de pimienta, allende las otras muchas naos que cargan las otras especierias.
Esta patria es populatisima, y en ella hay muchas provincias y muchos reinos y ciudades sin cuento debajodel senorio de un Principe que se llama Gran Khan, el cual nombre quiere decir en nuestro romance, Rey de los Reyes, el asiento del cual es lo mis del tiempo en la provincia de Gatayo.
Susantecesoresdesearon mucho de ha-
nendo alcun caso di fortuna, o di venti contrarii, o qualunque altro caso, che non siaspettasse,che dovesse avvenire. Ed appresso, por darvi piena informatione di tutti quei luoghi, i quali desiderate molto conoscere, sappiate, che in tutte quelle isole non habitano, ne pratticano altri, che mercatanti ; avvertendovi, quivi essere cosi gran quantità di navi, e di marinari con mercatantie, corne in ogni altra parte del mondo, specialmente in un porto nobilissimo, chiamato Zaiton, dove caricano, e discaricaiio ogni anno cento navi grosse di pepe,oltre aile moite altre navi, che caricano altre specierie.
Ouesto paese è popolatissimo, e sono moite provincie, e molti regni, e città senza numéro sotto il dominio di un Principe chiamato il Gran Cane, il quai noraevuoldireRede' Re, la residenza del quale la maggior parte del tempo è nella provincia del Gataio.
I suoi antecessori desiderarono molto
christianovum iam sunt. 200. anni miscevunl ad papa/Ji et postulabant plurimos dotos in, fide vt illurainarentur. sed qui missi sunt inpediti in itinere redierunt.
Etiam tempore Eugenii venit vnus ad eugeniun? qui de beniuolentia magna ergachr/s/ianos afirmabat et ego secum longo sermone locuius sum de mult/.'? de magniludineedificiorum regaliun? et de magnitudiae fluuium in latitudine et longitudine mirabili et de multitudine ciuitatu/n in ripis fluuium vt in vno flumine.
200. e ciuitates sint constitute et pontes marmorei magne latiludinis et lougitudinisvndiquecolonpnis ornati.
Hec patria digna est vt per latinos queratur non, solu/n quia lucra ingencia
berplaticaé conversa cion con cristianos, y hîibrâ doscientos afios que enviaron al Sancto Padre para que enviase mucbos sabios é doctores que les ensenasen nues t ra fe,mas aquellos que él inviô, por impedimento, se volvieron del camino.
Y tambien al Papa Eugenio vino un embajador que le contaba la grande amistad que ellos tienen con cristianos, é yo hablé mucho con cl é de muchas cosas é de las grandezas de los edificios reaies, y delagrandeza de los rios en ancho y en largo, cosa maraviliosa, é de la muchedumbre de las ciudades que son alla alo Grilla dellos, é corao solamente en un rio son doscientas ciudades, y hay puentes de piedra màrmol muy anchas y muy largas adornadas de muchas columnas de piedra marmol.
Esta patria es digna cuanto nunca se baya hallado, é no solamente se puede
baver pratlica, e amicitia con Christiani, e già dugenlo anni mandarono Ambasciatori al Sommo Pontefice, supplicancolo, che gli mandasse moUi savii e dottori, che gl'msegnassero la nostra iede, ma per gl'impedimenti, ch'ebbero delti Ambasciatori, tornarono a dietro senza arrivare a Roma.
E ancora a Papa Eugenio IV venue uno Ambasciatore, il quale gli racconto la grande amicitia che quei Principi, e i loro popoli hanno co' christiani : e io parlai lungamente con lui di moite cose, e délie grandezze délie fabriche regali,e délia grosezza dei fiumi in larghezza, e in lunghezza, e ei mi disse moite cose maravigliose délia mollitudine délie città, e luoffhi, che son fondati nelle rive loro, e che solamente in un fiume si trovano dugento città edificate con ponli di pietra di marmo, molto larghi e lunghi, adornatidimoltecolonne.
Ouestopaese è degno lanto, quanto ogni allro,chesi habbiatrovato;enon so-
ooa
ex ea capi posunt auri argenti gemarum omms generis et aromatum que nu/iquani ad nos deferunLur. verum propler doctos viros philosofos et astrologos peritos et qHibws ingeniis et artibns ita potens et raagaifica prouinc'ia guberneniur ac eliam bella corïduca/it.
Hec proaliquantula satisfa[cione]adtuam peticioneiii quantum breuitas te7?iporis dedit et occupactones raee concepscerH/Jt paratus in futurum régie maiestali quantum volet latius satisfacere.
Data floren^ie. 25.
iunii. 1474.
A ciuitate vlixiponis per occidentem in directo sunt. "26.
spacia in carta signala f/uorum quolibet ha/jet miliaria.
250. vsque ad nobi- Iisim[am] et maxtmam ciuitatem quinsay circuit enimcentum miliarm et haAet pontes decem et nomen eius sonat cita del cielo ciuitas celi et multa miranda de ea narranturde mul-
haber en ella grandisimas ganancias é muchas cosas, mas aùn se puede haber oro é plata é piedras preciosas é de todas maneras de especerias, en gran suma, de la cual nunca se trae â estas nuestras partes; y es verdad que hombressabiosy doctos, filosofos y astrôlogos,yolros grandes sabios,en todas artes de grande ingenio, gobiernan la magnifica provincia é ordenan las batallas.
Y de la ciudad de Lisboa, en derecho por el Poniente, son en la dicha caria 26 espacios, y en cada uno dellos hay 250 millas hastala nobilisimaygranciudad de Quisay, la cual tiene al cerco 100 millas que son 25 léguas, en la quai son lOpuentes de piedra mûrmol.
El nombre de la cual ciudad, en nuestro romance, quiere de-
lamente vi si puô Irovar grandissimoguadagno, e moite cose ricche ; ma ancora oro, e argento, e piètre pretiose, e di ogni sorte di specieria in grande quantité, délia quale mai non si porta inquestenostre parti. Et è il vero,che molli huomini dotti, Filosofi, e Astrologi,e altri grandi savii in tutte le Arli, e di grande ingenio governano quella gran provincia, e ordinano le battaglie.
Dalla città di Lisbona perdrilto verso Ponentesonoindetta carta ventisei spatii, ciascun de' quali contien dugento, e cinquanta miglia, fino alla nobilissima, e grancitlàdi Ouisaijla quale gira cento miglia, che sono trentacinque leghe ; ove sono dieci ponti di pietra di marmoro.
Il nome di questa città siornifica città
titudine artificium et de reditibus. hoc spacium est fere tercia pars tociusspere.que ciuitas est in prouincia raano'i scilicet vicina prouincie kalay in qua residencia terre regia est.
Sed ab insulaantilia yohis nota ad in- SLila/?? nobilisima/??
çippa/igu suntdece/??
spacia est enim illa in su la fertilisima aur[o] margaritis et genjmisetaurosolido coope/'iunt tenpla et domosregiasitaqHoc/ per ygnota itinera non raagn[a] maris spacia transeundum.
Multa fortasse essent aperitus declara/ida sec/ diiigens considerator per hec poteri[t] ex se ipso reliqua prospicere.
vale dilectisime.
cir ciudad del cielo; de la cual se cuentan cosasmaravillosasde la grandeza de los artificiosydelas rentas. Este espacio es cuasi la tercera parle de la esfera. La cual ciudad es en la provincia de Mango, vecina de la ciudad del Gatayo, en la cual estâlo musdeltiempo el Rey.
E de la isla de Antilla, que vososlros Harnais de Siete Ciudades, de la cual lenemos noticia, hasta la nobilisima isla de Gipango,hay 10espaciosqueson2.^00millas, es à saber 225 léguas, la cual isla es fertilisima de oro y de perlas y pied ras preciosas. Sabed que de oro puro cobijan los templos y las casas reaies; asi que por no ser conocido el camiuo estân todas estas cosasencubiertas,y à ella se puede ir muy seguramente.
Muchas otrascosas se podrian decir,mas coraoos tenga ya dicho por palabra y sois de buena consideracion, se que no vos queda por entender, y por tanto no me alargo mas, y esto
del cielo, délia quai si narrano cose maravigliose intorno alla grandezza de gl'ingegni,e fabriche,e rendite. Ouesto spalio è quasi la terza parte délia sfera. Giace questa città nella provmcia di Mango, vicinaallaprovincia del Cataio, nella quale sta la maggior parte del tempo il Re.
Et dair isoladiAntilia,chevoichiamate di Sette Città, délia quale havete noticia, fino alla nobilissima isola di Cipangosono dieci spatii, che fanno due mila e cinquecento miglia, cioè dugento e venticinque leghe : la quale isola è fertilissima d'oro, di perle, e di piètre pretiose. Et sappiate, che con piastre d'oro finocopronoi tempii, e le case regali. Di modo che, per non esser conosciuto il camino, tutte queste cose siritrovanonascoste, e coperle; e ad essa si puô audar sicuramente.
Molle altre cose si potrebbono dire;ma.
come io vi ho già detto a bocca, e voi siete prudente, e di buon giudicio, mi rendo certo, che non vi resla cosa alcuna da intendere : e perô
sea por satisfaccion de tus demandas cuanto la brevedad del tiempo y mis ocupaciones me han dado lugar ; y ansi quedo muy presto a satisfacer y servir à S.A. cuanlo mandare muy largaraente.
Fecha en la ciudad de Florencia a 25 de Junio de l474 anos.
non saro più lungo.
Et queslo sia per sodisfattione délie vostre richieste, quanto labrevitàdel tempo,e le mieoccupationi mi hanno concesso. Et cosi io resto prontissimoasodisfare e servir Sua Altezzacompiutamente in tutto quello, che mi commandera.
Da Fiorenza, a XXVGiugnodell'anno MGCCCLXXIIII.
Traduction française. — On se propose dans cette traduction de rendre avec autant d'exactitude que possible le sens, aussi bien que le langage du document qui est donné comme étant l'original. Les variantes de la version italienne des Historié et du texte espagnol de Las Casas sont indiquées en note.