SECONDE LETTRE A COLOMB
Sans date.
(Répétition de la lettre précédente, envoi de la même carte.)
Textes espagnol et italien, pas de texte latin. Las Casas, op. cit., p. 95; F. Colomb, op. cit., fol. 19, verso.
Espagnol
A Cristôbal Colurabo, Paulo, fisico, salud.
Yo rescibi tus cartas con las cosas que me enviasle, y con ellas rescibi gran merced. Yo veo el tu deseo magnifico y grande â navegar en las partes de Levante por las de Poniente, como por la carta que yo te invioseamuestra, la cualse amostrarà mejor en forma de esfera redonda. Plâceme mucho sea bien entendida, y que es el dicho viaje no solamente posible, mas que es verdadero y cierto é de honra é ganancia inestimable y de grandisima fama entre todos los cristianos.
Mas vos no lo podreis bien conoscer perfeclamente, salvo con la experiencia 6 con la plâtica, como yo la he tenido copiosisima, é buena é verdadera informacion de hombresmagnificosydegrande saber, que son venidos de las dichas partidas aqui en corte de Roraa, y de olros mercaderes que han tractado mucho tiempo en aquellas partes, hombres de mucha auctoridad.
Asi que, cuando se harà el
Italien
A Christoforo Colombo, Paolo, fisico, salute.
lo ho ricevuto le tue lettere con le cose, que mi mandasti, le quali io hebbi per gran favore : e estimai il tuo desiderio nobile, e grande, bramando tu di navigar del Levante al Ponente, come per la carta, ch'io li mandai, si dimostra ; la quale si dimostrerà meglio in forma disfera rotonda. Mi place molto, che elle sia bene inlesa, e che delto viaggio non sol sia possibile,ma vero, e certo,e di honore, e guadagno inestimabile, e di grandissiina fama appresso tutti i christiani.
Voi non lo potete conoscere perfettamente, se non con la esperientia, o con la praltica, como io rho havuta copiosissimamente, e con buona, e vera informatione di huomini illustri, e di gran sapere, che son venuti di detti luoghi in questa corte di Roma; e di altri mercatanti, che hanno traficato lungo tempo in quelle parti, persone di grande auttorità.
Di modo che, quando si farà
dicho viaje, sera A reinos poderosos é ciudaJes é proviucias nobilisimas, riquisimas de todas maaeras de cosas en grande abun dancia y A nosotros mucho necesarias, ansi corao de todas maneras de especieria en gran suma y de joyas en grandisiraa abundancia.
Tambien se ira a los dichos Reyes y Principes que estân muy ganosos, mâs que nos, de haber tracto é lengua con cristianos destas nuestras partes, porque grande parle dellos son cristianos, y tambien por haber lenguay tracto con los hombres sabios y de ingenio de acâ, ansi en la religion como en todas las otras ciencias, por la gran fama de los iraperios y regimientos que han destas nuestras partes; por las cuales cosas todas y otras muchas que se podrian decir, no me maravillo que tu que ères de grande corazon, y toda la nacion de portugueses, que han seido siempre hombres generosos en todas grandes empresas, te vea con el corazon encendido y gran deseo de poner en obra el dicho viaje.
detto viaggio, sarà in regni potenti, e in città, e provincie nobilissime. richissime, e di ogni sorte di cose, a noi molto necessarie, abondanti ; cioé di ogni qualità di specierie in gran somma, e di gioie in gran copia.
Giô sara caro etiandio a quei Re, e Principi, che sono desiderosissimi di pratticare, e contrattar con christiani di questi nostri paesi, si per esser parte di lor christiani, e si ancora per baver lingua, e prattica con gli huomini savij e d'ingegno di questi luoghi, cosi nella religione, come in tutte le altre scientie, per la gran fama degl' imperij, e reggimenti, che hanno di queste parti. Per le quali cose, e per moite altre, che si potrebbono dire, non mi maraviglio, che tu, che sei di gran cuore, e tutta la natione portoghese, la quale ha havuto sempre huomini segnalati in tutte le imprese, sij col cuore acceso, e in gran desiderio di eseguir detto viaggio.
Traduction. — Je suis en possession de tes lettres et des choses que tu m'as envoyées et je les ai reçues comme une grande faveur. Je vois — fai apprécié, dans l'italien — ton beau et grand désir daller par mer aux contrées — contrées rnanque dans l'italien — du Levant, par le Ponant, comme l'indique la carte que je t'envoie — que^'e fai envoyée, dans l'italien, — ce qui se démontrerait mieux sous la forme d'une sphère ronde. Il me plaît beaucoup que cette carte soit bien comprise et qu'on voie que ce voyage est non seulement possible, mais qu'il est vrai et certain, capable de faire honneur et de donner d'inestimables profits, ainsi qu'une grande réputation, parmi tous les chrétiens.
Mais vous ne pourrez bien comprendre cela que par Texpérience et la pratique. Moi, j'ai eu à ce sujet les informations les plus amples, bonnes et véritables, obtenues d'hommes considérables et de grand savoir, qui sont venus des dites contrées ici, en cour de Rome — à la cour de Borne, dans l'italien — ainsi que d'autres, des marchands qui ont vécu longtemps dans ces contrées, gens de grande autorité.
Ainsi, quand on fera ce voyage, ce sera pour aller dans des royaumes puissants, dans des villes et des provinces fameuses, 1res riches et abondantes en toute sorte de produits qui nous sont très nécessaires, particulièrement en épices variées et nombreuses, ainsi qu'en une grande quantité de joyaux.
On ira aussi vers les rois et les princes des dites contrées, — cela, leur fera plaisir, porte le texte italien — lesquels sont très désireux — plus que nous, ajoute l'italien — d'entrer en relation et de commercer avec les chrétiens de nos pays, car la plupart d'entre eux sont chrétiens, et voudraient s'entretenir avec nos savants et nos artistes, sur la religion, ainsi que sur toutes les autres sciences, à cause de la grande réputation dont nos empires et nos gouvernements jouissent auprès d'eux. En égard à toutes ces clioses et à beaucoup d'autres que l'on pourrait meationner, je ne suis nullement surpris, connaissant ton grand cœur, et sachant que la nation portugaise a toujours eu des hommes favorables aux grandes entreprises, de le voir enflammé du grand désir d'exécuter ce voyage.
Autorisation donnée à Colomb, âgé de dix-neuf ans, par son père.
Gôucs, 31 octobre 1470. Raccolta Colomhlàna,, Dociimenti, n"" XXXIV.
In nomiue Domini, amen. Christofforus de Columbo, fîlius Dominici, major annis decemnovem, et in presenlia, auctoritate, consilio et consensu dicti Dominici ejus patris presentis et autorizanlis, sponte et ex ejus certa scientia et non per aliquem errorera juris vel pacti, confessus fuit et in veritate publiée recognovit Petro Belexio de Portu Mauricio, filio Francisci, presenti, se eidem dare et solvere debere libras quadraginta octo, soldos tresdecim et denarios sex Janue ; et sunt pro resto viuorum eidem Christofforo etdicto Dominico venditorumet consignatorum per dictum Petrum.
Renuncians, etc.
Ouas libras quadraginta acto, soldos tresdecim et denarios sex Janue, dictus Christofforus eidem Petro solemniter stipulanti, vel legiptime persone pro eo, dare et solvere promisit intra annum unum proxime venturum, omni exceptione remota.
Sub pena dupli dicte quantitatis pecuniœ, etc.
Insuper, pro dicto Christoffaro et ejus precibus et mandalo, de predictis omnibus et singulis intercessit et fidejussit dictus Dominicusejus paler, qui se indeproprium et principalem pagatorem constituit et esse voluit.
Sub ypoteca et obligacione bonorum omnium, etc.
Jurantes dicti Dominicus et Christofforus ad sancta Dei evangelia, etc..
Actum Janue, in Fossatello, ad bancum Lazari Ragii notarii, anno dominice nalivitatis MCCCCLXX, inditione tercia Jnxta morem Janue, die raercurii, ultima octobris, in terciis Testes
Rafïael de Bisanne fornarius, Augastinus de Poncta quondam Raffaelis et lohannes Lon^us de lo Carmo quondam lohannis, vocati et rogati.
Traduction. — Au nom du Seigneur, amen. Christophe Colomb, fils de Domenico, âgé de dix-neuf ans accomplis, et en présence, avec l'autorisation, d'après le conseil et le consentement dudit Domenico, son père, présent et l'autorisant, de son propre mouvement, en parfaite connaissance de cause et non par suite d'une erreur quelconque de droit ou de fait, a déclaré et en toute vérité et publiquement a reconnu à l'égard de Pietro Bellesio de Port- Maurice, fils de François, présent, qu'il doit donner audit et lui payer quarante-huit livres treize sols et six deniers de Gènes somme qui est le solde du montant d'une partie de vin vendue et livrée par ledit Pierre à Christophe et audit Domenico.
Ledit Christophe a promis de donner et de payer ladite somme de quarante-huit livres treize sols et six deniers génois audit Pietro le stipulant solennellement, ou pour lui à toute personne le représentant légalement, dans le délai d'un an à partir de ce jour, renonçant à se prévaloir de toute exception.
Sous peine du doulDle de ladite somme, etc..
De plus, est intervenu et s'est porté garant pour ledit Christophe, à sa prière et sur sa recommandation, au sujet de l'ensemble et de chacune des clauses ci-dessus, ledit Domenico, son père, qui s'est ainsi constitué et a voulu être le payeur proprement dit et principal et l'exécuteur de ce qui précède.
Sous hypothèque et obligation de tous ses biens, etc..
Lesdits Domenico et Christophe jurant sur les saints Evangiles, etc..
Fait à Gênes, dans Fossatello, au banc de Lazzaro Ragio, notaire, l'an de la naissance du Seigneur 1 i70, indiction troisième d'après la supputation génoise, le mercredi dernier jour d'octobre, à la troisième heure. Ont été témoins, convoqués et priés. Raffaollo di Bisanne, fournier, Agostino di Poncta, fils de feu Ralïaello, et Giovanni Longo del Carmo, fils de feu Giovanni.
PIKCES JUSTIFICATIVES
ol\
Déposition de Colomb, faite à Gênes, le 25 août 1479, à l'âge de vingt-sept ans accomplis.
Archives de l'État à Gênes, minutes des notaires de 1474 à 1504. Document découvert par M. Ugo Assereto en 1904 et publié par lui : La data délia, nascita di Colombo accerlatada un docuniento nuovo, in Giornale storico lellerario délia Licjuria. Janvier-février 1904. La Spezia.
[Il s'agit d'une réclamation contre Paolo di Negro, qui, étant à Lisbonne en 1478, en même temps que Colomb, chargea celuici d'un achat de sucre à Madère, pour lequel il ne versa pas toute la somme nécessaire, ce qui lit manquer l'opération. Colomb, de passage à Gênes, est appelé à témoigner sur ces faits.]
Ejus [Christofforus de Columbo^ juramento corporaliter tactis scripturis de verilate dicenda et testificanda, dixit se tantumscire de contentis in tilulo videlicet quod veritas fuit et est quod,cum anno proxime preterilo de mense Julii ipse testis et dictus Paulus essent in loco Ulisbone, transmissus fuit ipse testis per eumdem Paulum ad insulam Amaderie cause emendi rabas duo milia quadringentas sucarorum in plus, cui quidem testi dacli ex tune tueruntper dictum Paulum vel alium pro eo occaxione predicta regales cenlum quindecim milia, et inde, dum ipse testis esset in dicta insula Amaderie etiam transmissi fuerunt ipsi testi per eumdem Paulem seu alium pro eo occaxione premissa usque ad summam regalium trecentum duodecim milia vel circa, computatis dictis regalibus centum quindecim milia, et hoc usque ad iilud tempus quo ad dictani insulam apulit navigium patronisatum per Ferdinandum Palensium Portugalensem, in et super quo navigio onerari debebat dicta sucarorum quantitas, que tamen onerari tune non potuit, licet empta et incaparafa antea fuisset per ipsum testera, licet tamen presentialiter proprie et ad puncium lestificare non possit, que pars dictorum sucarorum tune empla et per eumdem testem incaparata fuisset, quia non habet ejus librum in quo distincte omniacontinentur et scripta sunt et ad quem se reifert. Verum tempore apulsus dicti navigii sucara ipsa empta et incaparata per ipsum testem ut supra in totum habere non potuit, defectu pecunie ipsi testi non transmisse per dictum Paulum pro ipsorum sucarorum solucione et ea pars que consignata fuerat ipsi per venditores licet non solupta, aplicato dicto navigio, ab eis minabalur ut illavendi facerent damno et interesse ipsius testis, attento quod eorum debitum et solucionem non fa-
ciebat, quibus ex causis dicta siicarorum quantitas in et super dicto navigio onerari non poluit.
Interrogatus si est de proximo recessurus, respondit sic, die crastino de mane pro Ulisbona.
Interrogatus quottanuis est, quantum habet in bonis et quam partera vellet obtinere, respondit quod est etatis annorum viginti septem vel circa, habet floreaos centum et ultra, et vellet obtinere jus habentem.
Actura Janue in contracta Santi Siri, videlicet in scagno dicti Lodixii, anno dominice nativitatis millesirao quadringentesimo septuagesimo nono, indicione undecima juxta morem Janue, die mercurii vigesima quinta augusti, hora vigesima quarta paulo plus, presentibus Johanue Baplista de Cruce quondam Jeronimi et Jacobo Sclavina Bernardi civibus Janue, testibus ad premissa vocatis specialiter et rogatis.
Traduction. — Christophe Colomb, après avoir prêté serment la main sur les Ecritures de dire la vérité, déclare que ce qu'il pait du contenu de la première question c'est qu'elle est conforme à la vérité, c'est-à-dire que l'année précédente, au mois de juillet, le témoin et le dit Paul se trouvaient ensemble à Lisbonne ; que le témoin fut envoyé par le dit Paul à l'île de Madère pour y acheter deux mille quatre cents arrobes et plus de sucre, que, dès ce moment, le témoin reçut pour cela dudit Paul ou d'un autre pour son compte cent quinze mille réaux et qu'ensuite, pendant que le témoin était à l'île de Madère, le même Paul, ou un autre pour son compte, lui envoya en tout, toujours pour le même objet, trois cent douze mille réaux environ, y compris les dits cent quinze réaux, et cela jusqu'au jour où arriva à la dite île le navire commandé par Fernando Palensio, Portugais, navire sur leqael devait être chargée la dite quantité de sucre, chargement qui ne put se faire, bien que le témoin eût déjà acheté le sucre et eût donné des arrhes, sans pouvoir dire présentement quelle quantité précise de ce sucre il avait achetée, n'ayant pas avec lui le livre où tout cela est consigné en détail et auquel il se réfère. Mais le jour de l'arrivée du dit navire, il ne put se faire livrer la totalité du sucre acheté et retenu comme ci-dessus, faute de l'argent non remis au témoin par le dit Paul pour le paiement du sucre. Et, comme une partie du sucre avait été livrée au témoin à découvert par certains vendeurs, ceux-ci à l'arrivée du dit navire menacèrent de faire vendre le sucre aux risques et périls du témoin, attendu qu'il ne tenait pas ses engagements et ne les payait pas. C'est pour cette raison que la dite quantité de sucre ne put être chargée sur le dit navire.
Interrogé s'il devait partir prochainement, il répondit qu'il devait partir le lendemain pour Lisbonne.
I nterroo^é quel âge il avait, quel argent il avait sur lui, et quelle partie il désirait voir triompher, il répondit qu'il avait vingtsept ans environ, qu'il avait un peu plus de 100 florins sur lui et qu'il faisait des vœux pour le succès de la partie qui avait pour elle le droit.
Fait à Gênes, dans la rue de Santi Siri, aubanc dudit Lodixio, l'an de grâce 1479, le 25 août.
Capitulation entre les Rois Catholiques et Colomb.
Grenade, 17 avril 1492.
Les cartulaires de Colomb. Transcriplion de celui de Paris avec fac-similé, Steve?*s, p. 42 ; de celui de Gènes, Il codice in Raccolta CoZomiiana, pp.23- 24. Archives de Simancas et de Barcelone.
Las cosas suplicadas, é que Vuestras Altesas dan e otorgan a don Ghristôval Colon en alguna satisfaçiôn de lo que ha descubiertoen las mares Oçéanas, e del viage que agora, conla aj'uda de Dios, ha de faser por ellas en serviçio de Vuestras Altesas, sou las que se syguen.
Primeramente, que Vuestras Altesas, como Senoresqueson de las dichas mares Océanar,fasen dende agora al dicho don Ghristôval Colon, su almirante en todas aquellas yslas e tierras firmes, que por su mano é industria se descubrirân o ganaràn en las diehas mares Océanas para durante su vida; é después d'él muerto, a sus herederos é subçesores de uno en otro perpetuamente,con todas aquellas preheminençias e perrogativas perteneçientes al tal ofiçio, é segund que don Alonso Enrriques vuestro Almirante mayor de Castilla é los otros predeçesores en el dicho ofiçio lo tenian en sus distritos.
Plase â Sus Altesas.
JOHAN DE GOLOMA.
Otrosy, que Vuestras Altesas fasen al dicho don Ghristôval su Visorey é Governador gênerai en todas las dichas yslas é tierras firmes é yslas {sic), que, como dicho es, él descubriere é ganare en las dichas mares; é que para el regimiento de cada una e qualquier d'ellas, faga eleçiôn de très personas para cada ofiçio, é que Vuestras Altesas tomen é escojan uno, el que mâs fuere su
serviçio, c asi serén mejor regidas las lierras, que Nuestro Seûor le dexarâ fallar é ganar k serviçio de Vuestras Altesas.
Plase u Sus Altesas.
JOHAN DE COLOMA
Yten, que todas é qualesquier mercaderias. si quier sean perlas, piedras preçiosas, oro, plala, espeçieria y otras qualesquier cosas y mercadurias de quaîquier espeçie, nonbre e manera que sea, que se conpren,lrocaren, i'aliaren, ganaren e ovieren dentro de los limites del dicho Almirantadgo, que dcnde agora Vuestras Altesas fazen merçed al dicho don Chrislôval,y quieren que aya é Ueve para si la dezena parte de todo ello, quitadas las costas todas que se fisieren eu ello, por manera que, de lo que quedare limpio e libre, aya é tome la deçima parte para si mismo, é laga d'ella â su voluntad, quedando las otras nueve partes para Vuestras Altesas.
Plase a Sus Altesas.
JOHAN DE COLOMA
Otrosv, que sy, â cabsa de las mercadurias qu'él traerâ de las dichas ys'las c tiierras, que, asi como diciio es, se ganaren 6 descubrieren, 6 de las que en troque de aquellas se lomaren acà de otros mer'caderes, naçiere pleito alguno en el lugar donde el dicho comerçioétrato se terna é farc4, que sy por la preheminençia de su oliçio deAlmirante leperteneçcrd conoçer del lai pleito, plega a Vuestras Altesas que él ô su Iheniente, é no otro juez, conozca del tal pleito, é asy lo provean dende agora.
Plase â Sus Altesas, sy perteneçe al dicho ofiçio de Almirante, segund que lo ténia el Almirante Don AH'onso Enrriques y los otros sus anteçesores en sus distritos, é seyerïdo justo.
JOHAN DE COLOMA
Yten, que en todos los navios que se armaren para el dicho trato e negoçiaçiôn, cada é quando é quantas vezes se armaren, que pueda el dicho don Ghrislôval Colon, sy quisiere,contribuyr c pagar la ochena parte de todo lo que se gastare en el armasôn, é que tambien aya é Ueve del provecho la ochena parte de lo que resultare de la tal armada.
Plase à Sus Altesas
JOHAN DE COLOMA
Son otorgados é despachados cou las respuestas de Vuestras Altesas en fin de cada un capitulo.
PIEGES JUSTIFICATIVES OjD
En la villa de Sancta Fee de la Vega de Granada, à diez é siete dias de abril del aùo del naçimiento de nuestro Salvador Jhesu Chrislo de mill e quatroçientos é nonenta e dos anos.
Yo EL Rey. Yo la Reyna.
Por mandado del Rey e de la Reyna,
JOHAN de ColOMA.
Registrada. Talcena,
Traduction. — Les choses demandées, et que Vos Altesses donnent et accordent à Don Christophe Colomb, pour le récompenser en quelque manière de ce qu'il a découvert dans les mers Océanes et du voyage que maintenant, avec l'aide de Dieu, il va y entreprendre pour le service de Vos Altesses, sont les suivantes :
Premièrement, que Vos Altesses, en leur qualité de Seigneurs des dites mers Océanes, fassent dès maintenant le dit Don Christophe Colomb leur Amiral en toutes îles et terres fermes qui, par son œuvre et industrie, seront découvertes ou acquises dans les dites mers Océanes, pour sa vie durant, et, après sa mort, ses héritiers et successeurs l'un après l'autre perpétuellement, avec toutes les prééminences et prérogatives appartenant au dit office et suivant que Don Alonso Enrriques, votre Grand Amiral de Castille, et les autres prédécesseurs dans le dit office les possédaient dans leurs districts.
Plaît à Leurs Altesses.
Juan de Coloma.
Semblablement, que Vos Altesses fassent le dit Don Christophe leur Vice-Roi et Gouverneur général dans toutes les dites îles et terres fermes et îles {sic) que, comme dit est, il découvrira et acquerra dans lesdites mers ; et que, pour le gouvernement de toutes et chacune de ces îles, il fasse choix de trois personnes pour chaque office, et que Vos Altesses en prennent et choisissent une, celle qui leur conviendra le mieux ; et ainsi les terres que Notre-Seigneur lui permettra de trouver et de gagner au service de Vos Altesses seront mieux gouvernées.
Plaît à Leurs Altesses.
Juan de Coloma.
Item, que de toute marchandise quelconque, que ce soit perles, pierres précieuses, or, argent, épices, et autres choses quelconques et marchandises de toute espèce, nom et sorte que ce soit, qui s'achètent, s'échangent, se trouvent, se gagnent ou exis-
tent dans les limites de la dite Amirauté, que Vos Altesses dès maintenant fassent grâce au dit Don Christophe, et veuillent qu'il ait et prenne pour lui la dixième partie, après déduction de tous les frais qui auraient été faits pour cela, de manière que, de ce qui restera libre et net, il ait et prenne la dixième partie pour lui-même, et en fasse à sa volonté, les autres neuf parties demeurant pour Vos Altesses.
Plaît à Leurs Altesses.
Juan de Coloma.
Semblablement que si, en raison des marchandises qu'il apportera des dites îles et terres qui, comme dit est, seront acquises ou découvertes, ou de celles qui, en échange des premières,seront prises ici d'autres marchands, il naissait quelque procès dans le lieu où le dit commerce et trafic se tiendra et fera, que, si, par suite de la prééminence de son office d'Amiral, il lui appartient de connaître dudit procès, il plaise à Vos Altesses que lui ou son lieutenant, et non un autre juge, ait connaissance de ce procès, ei qu'elles le décident ainsi dès à présent.
Plaît à Leurs Altesses, si cela appartient au dit office d'Amiral, suivant que le possédait l'amiral Don Alfonso Enrriques, et les autres ses prédécesseurs dans leurs districts, et cela étant juste.
Juan de Coloma.
Item, que, dans tous les navires qui seront armés pour le dit commerce et négoce, toutes et quantes fois il en sera armé, le dit Don Christophe Colomb puisse, s'il veut, contribuer et payer la huitième partie de tout ce qui sera dépensé dans l'armement, et qu'il ait aussi et prenne sur le profit la huitième partie de ce qui proviendra de cette flotte.
Plaît à Leurs Altesses.
Juan de Coloma.
Accordés et expédiés avec les réponses de Vos Altesses à la fin de chaque article. Dans la ville de Santa Fé de la Vega de Grenade, le dix-sept avril de l'an de la nativité de Notre Sauveur Jésus-Christ mil quatre cent quatre-vingt-douze.
Moi le Roi. Moi la Reine.
Par mandement du Roi et de la Reine,
Johan de Coloma.
Enregistré. Talcena.
Capitulations du 30 avril 1492
(Confirmation et extension de celles du 17 avril)
Les cartulaires de Colomb, transcription de celui de Paris, avec fac-similé Stevens, pp. 53 et sq. ; Transcription de celui de Gênes, Il Codice, in Raccolta Colombiana, pp. 28, 24. Archives de Simancas et de Barcelone.
Don Fernando é Dona Ysabel, por la gracia de Dios, rey e reyna de Caslilla, de Léon, de Aragon, de Seçilia, de Granada, de Toledo, de Valençia, de Galisia, de Mallorcas, de Sevilla, de Çerdena, de Côrdova, de Côrçega, de Murçia, de Jahén, de! Àlgarbe, de Algesira, de Gibraltar, é de las yslas de Ganaria : conde é condesa de Barçelona, é senoresde Viscaya é de Molina; duques de Alhenas é de Neopatria ; condes de Hosellôn et de Çerdania ; marqueses de Oristân et de Goçiano. Por quanto vos, Christoval Colon, vades por nuestro mandado â descobrir é ganar, con çiertas fustasnuestras é con nuestra gente, ciertas yslas é terra firme en la dicha mar Oçéana, é se espéra que, con la «yuda de Dios, se descubrirân é ganardn algunas de las dichas yslas e tierra firme en la dicha mar Oçéana, por vuestra mano é industria ;é asy es cosa justa é rasonable que, pues os ponés al dicho peligropor nuestro serviçio, seades d'ello remunerado ; é queriendos honorar é faser merçed por lo susodicho, es nuestra raerced é voluntad que vos el dicho Christoval Colon, despues <jue ayadesdescubiertoé ganadolas dichas yslas é tierra firme en ladicha mar Oçéana, o qualesquierd'ellas, que seades nuestro Almirante de las dichas yslas e lierra firme, que asi descubrierdes e ganardes;é seades nuestro Almirante é Visorey é Governador en ellas, é vos podades dende en adelante llamar é yntitular Don Christoval Colon ; é asyvuestrosfijos é subçesores en dicho ofiçio é cargo se puedan yntitular é llamar Don é Almirante é Visorey é Governador d'ellas;é para que podades usar é exercer el dicho ofiçio de Almirantadgo, con el dicho ofiçio de Visorey é Governador de las dichas yslas é tierra firme, que asi descubrierdes e ganardes por vos e por vuestros lugartenientes, é oyr é librar lodos los pleitos é cabsas, çeviles é criminales tocantes al dicho ofiçio de Almirantadgo é de Visorey é Governador, segund fallardespor derecho, é segund lo acostumbran usar é exercer los Al-, mirantes de nuestros reynos ; épodadespunir é castigar los delinquentes,é usedes de los dichos ofiçios de Almirantadgo é Visorey é Governador, vos é vuestros dichos lugartemientes, en todo lo .que à los dichos ofiçios, é à cada uno d'ellos, es anexo é conçer-
ViGNAUD. Nouvelles Éludes. II. 37
niente; é que ayades é llevedes los derechos 6 salaries à los dichos ofiçios é a cada uno d'elles anexos é concernientes é pertenesçientes, segund é corno los lleva e acostumbra llevar el nuestro Almirante mayor en el Almirantadgo de los nuesLros reynos. h por esta nuestra carta, 6 por su Ireslado sygnado de escrivano pùblico, mandâmes al Principe don Juan nuestro muy caro é muy amado tijo, é a los ynfantes, duques, perlados, raarqueses, coudes, maeslres de los ôrdenes, priores, comendadores, é a los del nuestro consejo, é oydores de la nuestra abdiençia, alcaldes é otras justiçias qualesquier de la nuestra casa é corte é chancilleria,é é los subcomendadores, alcaydes de los castillos é casas fuertes é Uanas, é a todos los conçejos é asystentes, corregidores é alcaldes é alguasyles, mérinos, veynte c quatre, cavalières, jurados, escuderos, otiçiales é omes buenos de tedas las çibdades é villas é lugares de los nuestros reynos é sefiories, é de los que vos conquistardes é ganardes, é â los capitanes, maestres, contramaestres, é ofîçiales, marineres é gantes de la mar, nuestros sùbditos 6 nalurales, que agora son é serân de aqui adelanle, é â cada uno é qualquier d'elles, que, syendo por vos descubierlas é ganadas las dichas yslas é tierra iirme en ladicha mar Oçéana, é fecho por vos, époi" quien vuestro poder eviere, el juramente é solempnidad que en tal case se requière, vos ayan é tengan dende en adelante para en toda vuestra vida, é después de vos a vuestre fijo é subçeser, é de subçesor en subçeser para syempre jamàs,por nuestro Almiraute de la dicha mar Oçéana, é por Visorey é Governader de las(l) dichas yslas é tierra firme, que vos el dicho don Ghristéval Golôn descubrierdes é ganardes ; é usen con vos, é con los dichos vuestros lugartenientes,que en los dichos etiçios de Almirantadgo é Visorey é Governader pusierdes, en tedelo a ailes conçerniente, é vos recudan é i'agan recudir con la quitaçién é derechos é otras cosas a los dichos ofiçios anexas é pertenesçientes ; é vos guarden é fagan guardar tedas las henrras c gracias é merçedes c libertades, preheminençias, perrogativas, esençiones é ynmunidades, é tedas las otras cosas, é cada una délias, que por rasén de les dichos ofiçios de Almirante é Visorey é Governader devedes aver é goser, é vos deven ser guardadas, en tede bien e cemplidameote, en guisa que vos no menguen ende cosaalguua ; é que en elle, ni en parte d'elle, embargo ni contrario alguno vos no pongan ni consientan pener. Canes, por esta nuestra carta, desde agora para entonçes, vos fasemos merçed de los dichos ofiçios de Almirantadgo é Visorey, é Governader por jure deheredad para syempre jamés;é vos dames la posesyôn é casi posesyén d'elles, é de cada uno d'elles, é poder é abtoridad para los usar é exercer, e llevar los derechos é salaries a elles é a cada
(1) Le texte porte del.
uno d'elles anexos é pertenescientes, segaad e como dicho es. Sobre lo quai todo que dicho es, sy necesario vos fuere, é gelos vos pidierdes, mandamos al nuestro Ghançiller é Notarios, é los otros oiiçiales qu' estân a la tabla de los nuestros sellos, que vos den é libren é pasen é sellen nuestra carta de previllejo rodado, la mas fuerte é firme é bastante que les pidierdes é ovierdes menesler.É los unos ni los otros nonfagades ni fagan ende al por alguna manera, so pena de la nuestra merçed,é de diez mill raaravedis para la nuestra caméra, à cada uno que lo contrario fîsiere. E demas mandamos al ome, que les esta nuestra caria mostrare, que los enplaze que parescades ante nos en la nuestra corte, doquier que nos seamos, del dia que los emplasare â quinze dias primeros syguientes, so la dicha pena, so la quai mandamos a qualquier escrivano pùblico, que para esto fuere llamado, que dé ende al que ge la mostrare testimonio sygnado con su sygno, porque nos sepamos eu como se cumple nuestro mandado.
Dada en la nuestra çibdad de Granada, a treynta dias del mes de abril, ano del nasçimiento de nuestro Senor Jhesu Christo de mill é quatrocientos é nonenta é dos anos.
Yo EL Rey. Yo la Reyna.
Yo JoHAN DE GoLOMA,secretario del rey é de la reyna nuestros senores, la fis escrivir por su mandado. Acordada en forma : I^odericus, doctor.
Registrada : Sébastian de Olano.
Francisco de Madrid, chanciller.
Traduction. — Don Fernand et Doua Isabelle, par la grâce de Dieu, roi et reine de Castille, de Léon, d'Aragon, de Sicile, de Grenade, de Tolède, de Valence, de Galice, de Majorque, de Séville, de Sardaigne, de Gordoue, de Gorse, de Murcie, de Jaen, d'Algarve,d'Algésiras, de Gibraltar et des îles de Ganarie ; comte et comtesse de Barcelone, et seigneurs de Biscaye et de Molina, ducs d'Athènes et de Neopatria ; comtes de Roussillon et de Cerdagne ; marquis d'Oristan et de Gociano : attendu que vous, Ghristophe Golomb, partez par notre commandement pour découvrir et conquérir, avec certaines fustes et gens à nous, certaines îles et terre ferme dans la mer Océane, et qu'on espère que, avec l'aide de Dieu, on découvrira et conquerra quelquesunes des dites îles et terre ferme dans ladite mer Océane par votre main et industrie ; et qu'ainsi c'est chose juste et raisonnable que, puisque vous vous exposez audit danger pour notre service, vous en soyez rémunéré, et voulant, pour les raisons susdites, vous honorer et vous faire grâce, c'est notre plaisir et volonté que vous, ledit Don Christophe Colomb, après que vous
aurez découvert et conquis les dites îles et terre ferme dans la mer Océane, ou l'une quelconque d'elles, que vous soyez notre Amiral des dites îles et terre ferme, que vous aurez ainsi découvertes et conquises ; et que vous soyez notre Amiral et Vice-Roi et Gouverneur, et que vous puissiez dorénavant vous appeler et intituler Don Christophe Colomb ; et que semblablement vos fils et successeurs se puissent intituler et appeler Don et Amiral, et Vice-Roi, el Gouverneur d'elles ; et que vous puissiez exercer et remplir ledit office d'Amiral ainsi que ledit office de Vice-Roi et Gouverneur des dites îles et terre ferme que vous découvrirez et conquerrez ainsi par vous et par vos lieutenants, et entendre et décider tous les procès et causes civiles et criminelles, touchant aux dits offices de l'Amirauté et de Vice-Roi et Gouverneur, suivant que vous trouverez être juste, et comme ont coutume d'user et de pratiquer les Amiraux de nos royaumes ; et que vous puissiez punir et châtier les délinquants ; et usiez des dits offices d'amirauté et de Vice-Roi et Gouverneur, vous et vos dits lieutenants, en tout ce qui appartient aux dits offices et à chacun d'eux et les concerne ; et que vous ayez et perceviez les droits et salaires attachés et appartenant aux dits offices et à chacun d'eux, selon et comme les perçoivent et ont coutume de les percevoir noire Grand Amiral dans l'Amirauté de nos royaumes. Et par cette présente notre lettre, ou par sa copie signée d'un notaire public, nous commandons au prince Don Juan, notre très cher et très aimé fils, et aux infants, ducs, prélats, marquis,comtes, maîtres des ordres, prieurs, commandeurs, et à ceux de notre Conseil et auditeurs de notre audience, alcades et autres justices quelconques denotremaisonet cour,et aux sous-commandeurs, alcades des châteaux et maisons fortes et ouvertes, et à tous les conseils et assistants, corrégidors etalcades, et alguazils, baillis, vingt-quatre, chevaliers, jurés, écuyers, officiers et hommes bons de toutes les cités et villes et lieux de nos royaumes et seigneuries, et de ceux que vous conquerrez et gagnerez, et aux capitaines, maîtres, contremaîtres et officiers, marins et gens de mer, nos sujets et nationaux, qui sont à présent et seront à l'avenir, et à tous et chacun d'eux, que, lorsque les dites îles et terre ferme dans la dite mer Océane auront été par vous découvertes et conquises, et le serment et l'acte requis en tel cas auront été faits par vous ou par qui aura votre pouvoir, ils vous aient et tiennent dorénavant pour toute votre vie, et après vous votre fils et successeur, et de successeur en successeur pour toujours, pour notre Amiral de la dite mer Océane, et pour Vice-Roi et Gouverneur des dites îles et terre ferme, que vous, le dit Don Christophe Colomb, aurez découvertes et gagnées; et entrent en rapport avec vous et avec les dits vos lieutenants, que vous placerez dans les dits offices d'Amirauté, de Vice-Roi et Gouverneur, pour tout ce qui les concerne, et vous payent et fassent payer le revenu, et les droits et
autres choses affectées et appartenant aux dits offices; et qu'ils vous gardent et fassent garder tous les honneurs et grâces et faveurs et libertés, prééminences, prérogatives, exemptions et immunités, et toutes les autres choses et chacune d'elles, que vous devez avoir et dont vous devez jouir en raison des dits offices d'Amiral et Vice-Roi et Gouverneur et qui doivent vous être gardées en tout bien et complètement, en sorte qu'il ne vous en manque aucune chose, et qii'en cela, ni en aucune partie de cela, ils ne vous mettent, ni permettent qu'on vous mette aucun séquestre ni opposition. Car nous, par cette notre présente lettre, dès à présent pour toujours, vous faisons grâce des dits offices d'Amirauté et de Vice-Roi et Gouverneur par droit d'héritage pour toujours ; et nous vous donnons la possession et quasi possession de ceux-ci et de chacun d'eux, et le pouvoir et autorité pour les exercer et remplir, et pour percevoir les droits et salaires affectés et appartenant à eux et à chacun d'eux, selon et comme il est dit. Dî tout ce que dit est, s'il vous est nécessaire, et si vous le demandez, nous ordonnons à notre chancelier et aux notaires et autres officiers qui sont au bureau de nos sceaux, qu'ils vous donnent et délivrent et scellent notre lettre de privilège spécial (1), la plus forte et ferme et suffisante, que vous la demanderez ou que vous en aurez besoin; et que les uns et les autres ne fassiez et ne fassent autrement en aucune manière, sous peine à chacun qui ferait le contraire de perdre notre dite grâce, et d'encourir une amende de dix mille maravédis pour notre Chambre. Et de plus, nous ordonnons à l'homme qui leur présentera notre lettre, qu'il les cite à comparaître devant nous en notre Cour quelque part que nous soyons, du jour qu'il les aura cités aux quinze premiers jours suivants, sous la dite peine, sous laquelle nous ordonnons à tout notaire public à qui l'on s'adresserait pour cela qu'il en donne à celui qui le demandera un témoignage signé de son seing, afin que nous sachions comment s'accomplit notre ordre.
Donné en notre ville de Grenade, le 30 du mois d'avril, l'an de la naissance de Notre- Seigneur Jésus-Christ mil quatre cent quatre-vingt-douze.
Moi le Roi. Moi la Reine.
Moi, JoHAN DE CoLOMA, Secrétaire du roi et de la reine, nos seigneurs, ai fait écrire les présentes par leur ordre.
Accordée en forms, Rodericus, docteur.
Enregistrée : Sébastian d'Olano.
Francisco de Madrid, chancelier.
(1) Le terme espagnol, privilègio rodado, signifie : privilège au bas duquel était la signature du Hoi, et tout autour les signatures des grands officiers de la couronne, des prélats, etc.
Lettre de créance de Colomb.
Grenade, 30 avril 1492.
Archives générales de la couronne d'Aragon à Bapcelone.iJegris^res, Vol. 3569, fol. 136 verso.
Serenissimo Principi... amiconostro carissimo, Ferdinandus et Elisabet, rex et regina Castelle, Aragonie,Legionis, Sicilie,Granate,etc.,salutemelprosperorum successuum incrementa.Exnonnullorum subditorum nostrorum relatibus et aliorum qui e regnis et partibus istis ad nos venere, letanter intelleximus quam iDoni animi et optime voluntatis estis erga nos statumque nostrum, quanlaque animi affectione de rébus nostris secundis cupitis certiorari : quare decrevimus nobilem capitanum nostrum Christoforum Colon presentiarum latorem ad vos mittere, a quo bonam valetudinem statumque felicem nostrum et alia que sibi jussimus et nostra ex parte vobis refTerat intelligere poteritis. Rogamus itaque vos et ejus relatibus indubiam fidem perinde ac nobis habere velitis : quod nobis pergratissimura ad modum erit, beneplacitis vestris promptos quidem et paratos nos olTerentes. Ex civitate nostra Granate XXX« Aprilis anno domini millésime CCCCLXXXXIK
Yo El Rey. Yo la Reyna.
CoLOMA, secret.
Traduclion. — Au Sér6nissime Prince... notre ami très cher, Ferdinand et Isabelle, roi et reine de Castille, d'Aragon, de Léon, de Sicile, de Grenade, etc., salut et accroissement de vos succès prospères. D'après les rapports de quelques-uns de nos sujets et d'autres qui sont venus de vos royaumes et de vos contrées auprès de nous, nous avons appris avec joie de quel bon esprit et de quelle excellente volonté vous êtes animé envers nous et notre Etat, et avec quelle ardeur vous désirez être informé de notre prospérité : c'est pourquoi nous avons décidé de vous envoyer notre noble capitaine Christophe Colomb, porteur des présentes, duquel vous pourrez apprendre notre bonne santé et notre état heureux ainsi que les autres choses que nous lui avons ordonné de vous rapporter de notre part. C'est pourquoi nous vous prions de vouloir bien accorder une foi entière à ses récits, comme à nous-mêmes, ce qui nous sera extrêmement agréable; et de notre
côté nous nous déclarons disposés et prêts à faire ce qui peut vous plaire.
De notre ville de Grenade, le 30 avril de l'an du Seigneur 1492.
Moi le Roi. Moi la Reine.
GoLOMA, secrétaire.
Ordre des Rois Catholiques, de fournir à Golomb qui va dans certaines parties de l'Océan les choses qui pourraient lui être nécessaires. Grenade, 30 avril 1492.
Archives de Verapua et de Simancas. Navarrete, Viages, Vol. II, n° VIII.
D. Fernando é Dona Isabel, etc. A vos los Concejos, etc. Sepades que nos habemos mandado a Cristôbal Colon que, con très carabelas armadas, vaya â ciertas partes delà mar Océana,como nuestro Gapitan, sobre algunas cosas que curaplen a nuestro servicio. Por ende nos vos mandamos â todos, etc., etc.
Traduction. — Don Fernand et Doîia Isabel, etc. A vous, nos Conseillers, etc. Sachez que nous avons commandé à Christophe Colomb qu'il aille avec trois caravelles armées en certaines parties de la mer Océane, comme notre Capitaine, pour certaines choses en accomplissement de notre service. Pour ces motifs nous vous ordonnons, etc., etc.
Ordre des Rois Catholiques, aux habitants de Palos de fournir deux caravelles à Golomb. Grenade, 30 avril 1492.
Archives de Veragua et de Séville. Navarrete, Viages, Vol, II, n" VII p. 11.
D. Fernando é Dona Isabel, por la gracia de Dios, Rey é Reina de Castilla, de Léon, de Aragon, de Secilia, de Granada, de Toledo, de Valeucia, de Galicia, de Mallorcas, de Sevilla, de Gerdeiia, de Cordoba, de Côrcega, de Murcia, de Jaen, de los Algarbes, de Algecira, de Gibraltar é de las islas de Canaria; Condes de Barcelona : Senores de Vizcaya é de Molina; Duques de Atenas é de Neopatria; Condes de Rosellon é de Cerdania; Marqueses de Oristan é de Gociano. A vos Diego Rodriguez Prieto, é a
lodas las otras persbnas, vuestros companeros é otros vecinos de la villa de Palos, é a cada uno de vos, salud é gracia. Bien sabedes como por algunas cosas fechas é cometidas por vosotros en deservicio nuestro, por los del nueslro Gonsejo fuisteis condenados à que fuesedes obligados à nos servir doce meses con dos carabelas armadas â vuestras propias coslas é espensas,cada é cuando, é do quier que por nos os fuese maudado, so cierlas penas, segund que todo mas largamente en la dicha sentencia que contra vosotros fue dada se contiene : é agora, por cuanto nos habemos mandado à Gristôbal Colon que vaya con très carabelas de armada, como nueslro capitan de las dichas très carabelas, para ciertas partes de la mar Océana, sobre algunas cosas que cumplen a nueslro servicio ; é nos queremos que lleve consigo las dichas dos carabelas, con que asi nos habeis de servir : por ende nos vos mandamos, que del dia que con esta nuestra caria fuéredes requeridos fasta diez dias primeros siguientes, sin nos mas requérir ni consultar, ni esperar, ni haber otra nuestra carta sobre ello, tengais adreszadas é puestas A punto las dichas dos carabelas armadas, como sois obligados, por vertud de la dicha sentencia, para partir con el dicho Crislôbal Colon donde nos le mandamos ir, é partireis con él del dicho termino en adelanle cada é cuando por él vos fuere dicho é mandado de nuestra parte, que nos le mandamos que vos pague luego sueldo por cuatro meses para la gente que fuere con las dichas carabelas al precio que pagaren à las otras génies que fueren en las dichas très carabelas, é en la olra carabela que nos le mandamos llevar, que es el que comunmenle se acostumbra pagar en esla cosla â la gente que va de armada por la mar ; é asi partidos sigais la via donde él de nuestra parle vos mandare, é cumplades sus mandamienlos, é vades à su mando é goliernacion, con tanlo que vos ni el dicho Christôbal Colon, ni olrosalgunosde los que fueren en las dichas carabelas, no vayan à la Mina, ni al trato de ella que liene el Serenisimo Rey de Portugal, nuestro hermano, porque nuestra voluntad es de guardar é que se guarde lo que con el dicho Rey de Portugal sobre eslo tenemos asenlado é capitulado, é trayendo vosotros fee firmada del dicho capitan de como es conlento de vuestro servicio con las dichas dos carabelas armadas, vos habemos por relevados de la dicha pena, que por los del nueslro Consejo vos fue puesta.
Dada en la nuestra Cibdad de Granada a treinla dias de Abrii ano del Nacimiento de nueslro Senor Jesucrislo de mil cualrocientos noventa y dos anos.
Yo EL Rey. Yo l\ Reina Yo JoAN DE CoLOMA, secrctario del Rey é de la Reina nuestros Senores, la fice escrebir por su mandado.
Traduction. — Don Fernand et dona Isabel, par la grâce de Dieu, Roi et Reine de Castille...
A vous Diego Rodriguez Prieto, et à toutes les autres personnes, vos compagnons et autres habitants de la ville de Palos, et à chacun de vous, salut et grâce. Vous savez bien comment, pour certaines choses faites et commises par vous à notre desservice, vous avez été condamnés par ceux de notre conseil à être obligés de nous servir douze mois avec deux caravelles armées à vos propres frais et dépens, toutes les fois que, et en quelque lieu que par nous il vous sera commandé, sous certaines peines, selon que tout cela est contenu plus longuement dans ladite sentence qui a été rendue contre vous : et à présent attendu que nousavonscommandéàChristophe Colomb qu'il aille avec trois caravelles armées, comme notre capitaine des dites trois caravelles, en certaines parties de la mer Océane, pour des choses en accomplissement de notre service ; et que nous voulons qu'il emmène avec lui les deux caravelles, avec lesquelles vous devez ainsi nous servir : pour ces motifs, nous vous commandons que, dans les dix premiers jours qui suivront le jour où vous en aurez été requis par notre présente lettre, sans plus nous requérir, ni consulter, ni attendre, ni avoir une autre lettre de nous pour cela, vous ayez préparé et mis à point les dites deux caravelles armées, comme vous y êtes obligés en vertu de la dite sentence, pour partir avec le dit Christophe Colomb où noasluiordonnons d'aller, et vous partirez avec lui du dit terme en avant, dès qu'il vous sera dit par lui et ordonné de notre part; nous lui commandons qu'il vous paye immédiatement la solde de quatre mois pour les gens qui seront dans les dites caravelles, au prix auquel seront payés les autres gens qui seront dans les dites trois caravelles [sj'c], et dans l'autre caravelle que nous lui ordonnons d'emmener, prix qui est celui que communément l'on a coutume de payer sur cette côte aux gens qui vont en service de mer ; et ainsi partis, suivez la voie qu'il vous ordonnera de notre part, et accomplissez ses ordres, et allez à son commandement et ^0\\yevnQme.ni, pour autant que vous, ni le dit Christophe Colomb ni aucun autre de ceux qui sont dans les dites caravelles, n'alliez à La Mina, et n'y fassiez le commerce, qui appartient au Séré nissime roi de Portugal, notre frère, parce que notre volonté est de garder et que soit gardé ce que nous avons arrêté et conclu sur cela ; et quand vous aurez une attestation signée du dit capitaine qu'il est content de votre service avec les dites deux caravelles armées, nous vous tiendrons pour relevés de la dite peine qui vous a été imposée par notre conseil.
Fait en notre ville de Grenade, le 30 avril, l'an de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ mil quatre cent quatre-vingtdouze : Moi le Roi. Moi la Reine. Moi, Jean de Coloma, sccré-
taire du roi et de la reine nos seigneurs, j'ai fait écrire la présente par leur ordre.
Lettre de Colomb aux Rois Catholiques, formant le prologue de son Journal de bord, 3 août 1492-15 mars 1493.
Texte de Las Casas coUationné pour la Raccolta Colombiana. Voir les Sources de la 1" Etude, Vol. I, p. 91.
In nomine domini nostri Jhesus Christi.
Porque, christianissimos y muy altos y muy excelentes y muy poderosos principes, Rey et Reyna de las Espana y de las islas de la mar, nuestros senores, este présente ano de 1492, despues de Vuestras Altezas aver dado fin â la guerra de los Moros que reynavan en Europa, y aver acabado la guerra en la muy grande çiudad de Granada, adonde este présente aiio, a dos dias del mes de Enero, por fuerça de armas vide poner las vanderas reaies de Vuestras Altezas en las torres de la Alhambra, que es la fortaleza de la dicha çiudad, y vide salir al rey moro à las puertas de la çiudad y besar las reaies manos de Vuestras Altezas y del principe mi senor, y luego en aquel présente mes, por la informaçion que yo avia dado A Vuestras Altezas de las tierras de Yndia y del principe que es llaraado « Gran Can », que quiere dezir en nuesLro romance « Rey de los Reyes », como muchas vezes él y sus anteçessores avian enbiado a Roraa é pedir doctores en nuestra sancta fe, porque le ensenasen en ella, y que nunca el Sancto Padre le avia preveydo, y se perdian tantos pueblos, cayendo en idolatrias et resçibiendo en si sectas de perdicion, y Vuestras Altezas, como cathôlicos christianos y principes amadores de la sancta fe christiana y acrecentadores d'ella, y enemigos de la secta de Malioma y de todas idolatrias y heregias, pensaron de embiarmeji mi Christôval Colon A la dichas partidas de Yndia, para ver los dichos principes y los pueblos y las tierras y la disposiçiôn d'ellas y de todo, y la manera que se pudiera tener para la conversion d'ellas a nuestra sancta fe, y ordenaron que yo no fuese por tierra al Oriente, por donde se costumbra de andar, salvo por el camino de Occidente, por dondi hasta oy no sabemos por cierta fe que aya passado nadie ; asi que, después de aver echado fuera todos los Judios de todos vuestros reynos y senorios, en el mismo mes de enero mandaron Vuestras Altezas A mi que con armada sufficiente me fuese a las dichas partidas de Yndia, y para ello me hizieron grandes mercedes y me anoblecieron que dende en adelanle yo me llamase « don » y fuesse Almirante mayor de la mar Occéana y
Visorey et Governador perpétue de todas las istas y tierra firme, que yo descubriese y panasse y de aqui adelantese descubriesen y ganasen en la mar Occéana, y asi sucediese mi hijo mayor, y el asi de grado en grado para siempre jamàs. Y parti yo de la ciudad de Granada à doze dias del mes de mayo del mesmo ano de 1492, en siibabo, y vine à la villa de Palos, que es puerto de mar, adonde yo armé très navios muy aptos para semejante fecho, y parti del dicho puerto, muy abasteçido de muy muchos manteniraientos y de mucha gente de la mar, à 1res dias del mes de Âgosto del dicho ano, en un viernes, antes de la salida del sol con média ora, y Uevé el camino de las islas de Canaria de Vuestras Altezas, que son en la dicha mar Occéana, para de alli tomar mi derrota, y navegar tanlo que yo llegase a las Yndias, y dar la embaxada de Vuestras Altezas a aquellos principes y cumplir lo que asi me avian mandado. Y para esto pensé de escrevir todo este viaje muy puntualmente, de dia en dia, todo lo que yo hiziese y viese y passasse, como adelante se veré. Tambien, Senores Principes, attende de escrevir cada noche lo qu'el dia passare y el dia lo que la noche navegare, tengo propôsito de hazer carta nueva de navegar, en la quai situaré toda la mar et tierras del mar Occéano en sus propios lugares, debaxo su viento, y mas componer un libro, y poner todo por el semejante por pintura,por latitud del Equinocial y longitud del Occidente; y sobre todo cumple mucho que yo olvide el sueiio, y tiente mucho el navegar, porque asi cumple. Las quales serân gran trabajo.
Traduction. — Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Très chrétiens, très hauts, très excellents et très puissants princes, Roi et Reine des Espagnes et des îles de la mer, nos seigneurs, comme dans cette présente année 1492, après que Vos Altesses eurent mis fin à la guerre avec les Maures qui régnaient en Europe et l'eurent terminée dans la très grande cité de Grenade, où, le second jour de janvier de cette présente année, je vis arborer, par la force des armes, les bannières royales de Vos Altesses sur les tours de l'Alhambra.qui est la forteresse de cette ville, et où je vis le roi maure sortir des portes de la cité et baiser les royales mains de Vos Altesses et du Princemon Seigneur, et comme aussitôt, dans le même mois, en conséquence des informations que j'avais données à Vos Altesses sur les terres de l'Inde et sur un prince qui est appelé « Grand Khan», ce qui veut dire dans notre langue « Roi des Rois », et qui plusieurs fois, lui ainsi que ses prédécesseurs, avait envoyé à Rome pour demander des docteurs dans notre sainte foi qui la lui enseigneraient, et comme le Saint-Père n'a pas fait droit à cette demande, et que tant de gens tombés dans l'idolâtrie se perdent en recevant des doctrines de perdition, Vos Altesses, en leur
qualité de Princes Catholiques chrétiens, qui aiment et désirent la propagation de la sainte foi chrétienne, et qui sont ennemis de la secte de Mahomet, ainsi que de toutes les idolâtries et hérésies, pensèrent à m'envoyer, moi, Christophe Colomb, aux dites parties des Indes pour voir les dits princes, peuples et pays, apprendre leurs dispositions et voir la manière dont on pourrait s'y prendre pour les convertir à notre sainte foi. Elles ordonnèrent que je ne me rendrais pas en Orient par terre, comme on a coutume de le faire, mais que je prendrais la route de l'Occident, par où nous ne savons pas avec certitude que personne ait jamais passé.
Ainsi, après avoir expulsé tous les Juifs de vos Royaumes et Seigneuries dans ce même mois de février, Vos Altesses me commandèrent d'aller, avec une flotte suffisante, aux dites régions de l'Inde et, à cette occasion, elles m'accordèrent de grandes faveurs, m'anoblissant pour que désormais je pusse m'appeler « Don » et me faisant Grand Amiral de la mer Océane, Vice-Roi et Gouverneur perpétuel de toutes les îles et continents que je pourrais découvrir et acquérir,et dont on pourrait, dans la suite, faire la découverle et la conquête dans la mer Océane ; elles voulurent aussi que mon fils aîné me succédât et qu'il en fût ainsi de génération en génération, à perpétuité.
.Te quittai la ville de Grenade le samedi V2 du mois de mai de cette même année 1492, et me rendis au bourg de Palos, qui est un port de mer, où j'équipai trois navires très appropriés à une telle entreprise, et, bien pourvu de vivres, et avec beaucoup de gens de mer, je partis du dit port le vendredi troisième jour du mois d'août de la dite année, une demi-heure avan^ le lever du soleil et pris la route des Canaries, qui appartiennent à Vos Altesses, et qui se trouvent dans la dite Mer Océane, afin de prendre là ma direction pour naviguer jusqu'à ce que j'arrivasseauxlndes,afin de m'acquitterde l'ambassade de Vos Altesses auprès de ces princes et d'exécuter ce qu'elles m'avaient commandé.
Pour cela, je résolus d'écrire très ponctuelleraenttout ce voyage et de dire, jour par jour, tout ce que je ferais et verrais et tout ce qui se passerait, ainsi qu'on le verra plus loin. En outre. Seigneurs Princes, je me propose de noter chaque nuit ce qui eut lieu le jour et chaque jour la navigation de la nuit. J'ai l'intention de dresser une nouvelle carte de navigation où l'emplacement de toute la mer et de toutes les terres de la mer Océane sera indiquée, dans leur propre situation et sous leur vent, et je ferai un livre pour représenter le tout comme par la peinture avec la latitude de l'Equateur et la longitude de l'Occident. Pour accomplir tant de choses, il faudra surtout que j'oublie le sommeil et tente beaucoup en matière de navigation. Ce sera un grand travail.
Lettre des Rois Catholiques à Don Christophe Colomb, le félicitant des succès de son premier voyage. Barcelone, 30 mars
Archives de Veragua. Navarrete, Vol. II, n» XV, p. 21.
El Rey é la Reina : D. Christôbal Colon, nuestro Almirante del mar Océano, é Visorey y Gobernador del las Islas que se han descubierto en las Indias : vimos vuestras letras, y hobimos mucho placer en saber lo que por ellas nos escribistes,y de haberos dado Dios tan buen fin en vuestro trabajo y encaminado bien en lo que coraenzastes,en que él sera mucho servido, y nosotros asimismo y nuestros Reinos recibir[an] tanto provecho. Placera a Dios que demas de lo que en esto le servides, por ello recibireis de nos muchas mercedes, las cuales creed que se vos harén como vuestros servicios é trabajos lo merescen : y porque queremos que lo que habeis comenzado con el ayuda de Dios se continue y lleve adelante, y deseamos que vuestra venida fuese luego : por ende por servicio nuestro que dedes la mayor priesa que pudieredes en vuestra venida, porque con tiempo se provea todo lo que es menester : y porque como vedes el verano es entrado,y no se pase el tiempo para la ida alla, ved si algo se puede aderezar en Sevilla 6 en otras partes para vuestra tornada â la tierra que habeis hallado ; y escribidnos luego con ese correo que ha de volver presto, porque luego se provea como se haga en tanto que acà vos venis y tornais : de manera, que cuando volvieredes de acâ, esté todo aparejado.
Traduction. — Le Roi et la Reine : Bon Christophe Colomb notre amiral de la mer Océane,et Vice-Roi et Gouverneur des îles qui ont été découvertes dans les Indes. Nous avons vu vos lettres, et nous avons eu beaucoup de plaisir de savoir ce que vous nous écrivez par elles, et de ce que Dieu ait donné une si bonne issue à votre entreprise... Et comme nous voulons que ce que vous avez commencé avec l'aide de Dieu soit continué et poursuivi jusqu'au bout, et que nous désirons que votre venue soit prochaine : pour ces motifs mettez le plus de hâte que vous pourrez à venir, pour que l'on pourvoie à temps à tout ce qui est nécessaire. Et comme vous voyez que le printemps est commencé, et afin que le temps pour aller là-bas ne s'écoule pas, voyez si vous pouvez préparer quelque chose à Séville ou dans d'autres endroits pour votre retour à la terre que vous avez trouvée...
Lettre de Colomb aux « Senores », fin de 1500.
(Récriminations ; assurance qu'il a décliné les avances des puissances étrangères, qu'il a abandonné l'emme et enfants pour les Rois Catholiques, etc.)
Autographe de Colomb qui faisait partie des Archives de Veragua, copié par Navahrete, Viayes, Vol. Il, 11° CXXXVII, p. 254. Raccolta Colombiana, Scrilli, Vol. II, n° XXX, p. 64.
Senores,
Ya son diez y siete anos que yo vine servir eslos Principes con la impresa de las Indias : los ocho fui traido en disputas, y en el fin se diô mi aviso por cosa de burla. Yo con araor prosegui en ello, y respondi a Francia y à Inglaterra y a Portogal, que para el Rey y la Reina,rais Senores, eran esas tierras y seùorios. Las promesas no eran pocas ni vanas. Acâ me ordenô nuestro Redentor el camino.
Alki he pueslo sa su Senorio mas tierra que non es Africa y Europa, y mas de mil y sietecientas islas, allende la Espaîiola, que boja mas que toda Espana. En ellas se crée que florecerà la Santa Iglesia grandemente.
Del temporal se puede esperar lo que ya diz el vulgo.
En siete ailos hice yo esta conquisLa por voluntad divina. Al tiempo que yo pensé de haber mercedes y descanso, de improvisto lui preso y traido cargado de fierros, con mucho deshonor mio, y poco servicio de SS. AA.
La causa fue formada en malicia. La fe de ello fue de personas civiles, y los cuales se habian alzado, y se quisieron aseflorear de la tierra. La fe y este que fue a esto, levaba cargo de quedar por Gobernador si la pesquisa fuese grave. ^ Ouién ni adônde se juzgarâ esto por cosa justa? Yo he perdido en esto mi juventud y la parte que me pertenece de estas cosas y la honra dello; mas non fuera de Gastilla adonde se juzgarân mis fechos, y seré juzgado como a Gapitan que fue à conquistar de Espana fasta las Indias, y non a gobernar cibdad ni villa ni pueblo, puesto en regimiento, salvo a poner so el Senorio de S. A. gente salvage, belicosa y que viven por sierras y montes.
Suplico & vuestras mercedes que con zelo de fielisimos cristianos y de quien S. A. tanto flan, que miren lodas mis escrituras,y como vine â servir estos Principes de tan lejos, y dejé muger y fijos que jamas vi por ello, y que agora al cabo de mi vida fui
despojado de rai honra y de mi hacienda sin causa ; y que en ello ni se aguardo juslicia ni misericordia. Dije misericordia, y non se entienda de S. A. porque ne tienen culpa.
Traduclion. — Messieurs,
11 y a déjà dix-sept ans que je suis venu servir vos princes avec l'entreprise des Indes : on m'en a fait passer huit en discussions et tinalement mon projet fut rejeté comme une chimère. Je n'en ai pas moins persisté avec ardeur et /'at répondu à la France, à V Angleterre el au Porlugalque ces terreset ces domaines étaient pour le Roi et la Reine, raes seigneurs. Les promesses n'étaient ni petites ni vaines. C'est le Rédempteur lui-même qui m'a conduit ici.
Là-bas, j'ai mis sous leur domination plus de terres qu'il n'y en a en Afrique et en Europe et plus de mille sept cents îles, sans compter la Hispaniola, qui a plus d'étendue que toute l'Espagne. On pense que la Sainte Eglise y fleurira grandement.
Quant aux avantages temporels, on peut en espérer ce qu'en dit déjà le monde.
C'est moi qui en sept années ai fait cette conquête par la volonté de Dieu. A l'heure où je pensais en être récompensé et jouir du repos, j'ai été arrêté à l'improviste et ramené chargé de fers, à mon grand déshonneur et sans profit pour Leurs Altesses.
L'accusation fut portée par méchanceté. Les témoignages qui ont été recueillis ont été fournis par des gens de basse condition, qui s'étaient révoltés et voulaient s'emparer de ces terres. Celui qui était venu pour faire l'enquête avait mission de rester comme gouverneur, si celle-ci révélait quelque chose de grave. Aux yeux de qui et dans quel pays une pareille chose pourra-t-elle passer pour juste ? J'ai perdu dans celle aft'aire ma jeunesse, la part qui me revenait de ces choses et l'honneur de les avoir accomplies ; mais ce n'est pas hors de Castille que seront jugées mes actions, et je serai jugé comme un capitaine qui est parti pour aller faire des conquêtes depuis l'Espagne jusqu'aux Indes et non pour gouverner ni ville, ni village, ni hameau organisé administrativement, mais pour mettre sous la souverainelé de S. A. des gens sauvages, belliqueux, qui vivent dans les rochers et sur les montagnes.
Je supplie vos Seigneuries de voir tous mes papiers avec le zèle de bons chrétiens, en qui Leurs Altesses ont tant de confiance et de considérer que je suis venu de si loin pour servir nos Princes et ai laissé pour cela femme el enfants sans plus les revoir, et maintenant à la fin de mes jours j'ai été dépouillé de raes dignités et de mes biens sans motif ; et en cela on n'a eu ni justice ni miséricorde. J'ai dit miséricorde, et qu'on ne prenne pas cela pour LL. AA., car elles n'en sont pas la cause.
Témoignage de Las Casas, sur l'histoire du Pilote qui aurait renseigné Colomb.
Hisioria, de las Indias, Liv. 1, chap. XIV, Vol. I. pp. 103-106.
Capitulo XIV
El cual conliene una opinion que à los principios en eslaisla Espanola teniamos, que Cristôbal Colon fué avisado de un piloto que con gran tormenta vino â parar forzado à esta isla, para prueba de lo cual se ponen dos argumentos que hacen la dicha opinion aparente, aunquese concluye como cosadudosa.Pônense tambien ejemplos antiguos de haberse descubierto tierras acaso, por la iuerza de las tormentas.
Resta concluir esta maleria de los motivos que Cristôbal Colon tuvo para ofrecerse â descubrir estas Indias, con referir una vulgar opinion que hobo en los tiempos pasados,que ténia 6 sonaba ser la causa mes eficaz de su final delerminacion, la que se dira en el présente capltulo, la cual yo no aiirmo, porqae en la verdad fueron tantas y taies razones y ejemplos que para ello Dios le ofreciô, como ha parecido, que pocas délias, cuanto mas todas juntas, le pudieron bastar y sobrar para con eiicacia à ello inducirlo ; con todo eso quiero escribir aqui lo que comunmente en aquellos tiempos se decia y creia y lo que yo entônces alcancé, como estuviese présente en estas tierras, de aquellos principios harto propincuo. Era muy comun â todos los que entônces en esta Espanola isla viviamos,no solamenle los que el primer viaie con el Almirante mismo y à D. Cristôbal Colon à poblar en elîa vinieron, entre los cuales hobo algunos de los que se la ayudaron à descubrir, pero tambien A los que desde à pocos dias â ella venimos, platicarse y decirse que la causa por la cual el dicho Almirante se moviô a querer venir a descubrir estas Indias se le originô por esta via. Dijose que unacarabela ô navio que habia salido de un puerto de Espana (no me acuerdo haber oido senalar el que fuese, aunque creo que del reino de Portugal se decia) y que iba cargada de mercaderias para Flandes ô Ingalalerra, ô para los tractos que por aquellos tiempos se tenian, la cual, corriendo terrible tormenta y arrebatada de la violencia é impetu délia, vino, diz que,é parar â estas îslas y que aquesta fué la primera que las descubriô. Que esto acaesciese ansi, algunos argumentos para mostrarlo hay : el uno es, que à los que
de aquellos tiempos somos venidos a los principios, era comun, como dije, tractarlo y plalicarlo como por cosa cierta, lo cual creo que se derivaria de alguno 6 de algunos que lo supiesen, 6 por Ventura quicn de la boca del mismo almirante 6 entodo 6 en parte ô por alguna palabra se lo oyere ; el segundo es que entre ciras cosas antiguas, de que tuvîmos relacion los que tuiraos al primer descubrimiento de la tierra y poblacion de la isla de Cuba (como cuando délia, si Dios quisiere, hablaremos, se dira) fué una esta, que los Indios vecinos de aquella tuvieron 6 tenian de haber llegado à esta isla Espanola otros hombres blancos y barbados como nosotros, entes que nosotros no muchos aiios : ésto pudieron saber los Indios vecinos de Cuba, porque como no diste mas de diez y ocho léguas la una de la otra de punta à punta, cada dia se comunicaban con sus barquillos 6 canoas, mayormente que Cuba sabemos, sin duda, que se poblô y poblaba desta Espanola. Que el dicho navio pudiese con tormenta deshecha (como la llaman los marineros y las suele hacer por estas mares) llegar a esta isla sin tardar mucho tiempo, y sin faltarles las viandas y sin otra dificultad, fuera del peligro que llevaban de poderse linalmente perder, nadie se maraville, porque un navio con grande tormenta corre 100 léguas, por pocas y bajas vêlas que lleve, entre dia y noche, y d arbol seco, como dicen los marineros, que es sin vêlas, con solo el viento que cogen las jârcias y masteles y cuerpo de la nao, acaece andar en veinticuatro horas 30 y 40 y 50 léguas, mayormente habiendo grandes corrientes, como las hay por estas partes; y el mismo Almirante dîce, que en el viaje que descubriô à la terra firme hâcia Paria, anduvo con poco viento desde hora de misa hasta complétas 65 léguas, por las grandes corrientes que lo llevaban : asî que no fué maravilla que, en diez o quince dias y quizé en mds, aquellos corriesen 1.000 léguas, mayormente si el impetu del viento Boréal 6 Norte les tomô cerca 6 en paraje de Bretana 6 de Inglaterra 6 de Flandes. Tampoco es de maravillar que ansî arrebatasen los vientos impetuosos aquel navio y lo llevasen por l'uerza tantas léguas, por lo que cuenta Herodoto en su lib. IV, que, como Grino, rey de la isla de Thera, una de las Ciclades y del Arcipiélago, recibiese un oraculo que fuese à poblar una ciudad en Africa, y Africa enfonces no era cognoscida ni sabian dônde se era, los Asianos y gentes de Levante orientales, enviando a la isla de Greta, que ahora se nombra Gandia, mensajeros que buscasen algunas personas que supiesen decir donde caia la tierra de Africa, hallaron un hombre que habia por nombre Corobîo, el cual dijo que con fuerza de viento habia sido arrebatado y llevado à. Africa y à una isla por nombre Platea, que estaba junto a ella : Is, inquit, aiehat se ventis arrepium in Africam applicuisse, etc. Cornelio Nepos cuenta,que en el tiempo que Quinto Metello era Proconsul en Francia, que ciertos mer-
ViGNAUD. Nouvelles Études. II 38
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caderes que salieron de la India, con grandes tempestades, faeron à parar à Germania; lo mismo signifîca Aristôleles de los que hallaron la isla que, arriba, en el cap. 9, digimos ser â lo que creemos la tierra firme hâcia el cabo de San Agustin; y los otros nayios que salieron de Câliz y arrebalados de la lorraenta anduvieron tanto forzados por el mar Océano hasla que vieron las hierbas de que abajo se haré, placiendo à Dios, larga mencion; desla misraa manera se descubriô la isla de Puerto Santo, como abajo diremos.Asi que, habiendo descubierlo aquellos por estavla estas tierras,si ansi fué,tornàndose para E&paila vinieron à parar destrozados ; sacados los que, por los grandes trabajos y hambres y eni'ermedades, raurieron en el camino, los que restaron, que fueron pocos y enfermos, diz que vinieron a la isla de la Madera, donde tambien feneceron lodos. El pilote del dicho navio, 6 por amislad que îintes tuviese con Cristôbal Colon, 6 porque, como andaba solicito y curioso sobre este negocio, quiso inquirir dél la causa y el lugar de donde venia, porque algo se le debia de traslucir por secreto que quisiesen los que venian tenerlo, mayormente viniendo todos tan maltratados, 6 porque por piedad de verlo tan necesitado el Colon recoger y abrigarlo quisiese,hobo finalraenle de venir d ser curado y abrigado en su casa, donde al cabo diz que muriô ; el cual, en recognosciniienlo de la amistad vieja 6 de aquellas buenas y caritativas obras, viendo que se queria morir, descubriô à Cristôbal Colon todo lo que les habia acontecido y diôle los rumbos y caminos que babian Uevado y traido, por la carta de marear y por los alturas, y el paraje donde esta isla dejaba ô habia hallado, lo cual todo iraia por escripto. Este es lo que se dijo y tuvo por opinion, y lo que entre nosotros, los de aquel tierapo y en aquellos dias, coraunmente, como ya dije, se platicaba y ténia por cierto, y lo que, diz que, eficazmente moviô como à cosa no dudosa â Cristôbal Colon. Pero en la verdad, como tantos y talcs argumentos y testimonios y razones naturales hobiese, como arriba hemos referido, que lo pudieron con eficacia mover, y muchos ménos de los dichos fuesen bastantes, bien podemos pasar por esto y creerlo ô dejarlo de créer, puesto que pudo ser que nuestro Senor lo uno y lo otro le trajese a las manos, como para efectuar obra tan soberana que, por medio dél, con la rectisima y la eficacisima voluntad de su beneplâcito, determinaba hacer. Esto, al ménos, me parece que sin alguna duda podemos créer: que, ô por esta ocasion,ô por las otras, ô por parte délias, ô por todas juntas, cuando él se déterminé, tan cierto iba de descubrir lo que descubriô y hallar lo que hallô, como si dentro de una câmara, con su propria llave, lo tuviera.
Traduction. — Où il est question d'une opinion que nous
avons dans les premiers temps de Espaflola et d'après laquelle Christophe Colomb aurait eu connaissance de l'existence de cette île par un pilote qui poussé par la tempête y serait venu aborder involontairement. Il esl apporté diverses raisons qui rendent celle opinioa vraisemblable, bien que, somme toute, elle soit douteuse. Divers exemples anciens de terres découvertes fortuitement par suite de tempêtes.
Il nous reste à terminer la question des motifs qui ont déterminé Christophe Colomb à s'offrir pour aller découvrir les Indes, Nous le ferons en rapportant une opinion vulgaire qui circulait autrefois et qui était tenue et passait pour la cause la plus efficace de sa détermination finale ; nous le dirons dans le présent chapit':"e sans nous en porter garant, car, en vérité, les raisons que Dieu lui ménagea pour cela furent si nombreuses et telles qu'un petit nombre d'entre elles auraient pu suffire et au delà pour l'y pousser, à plus forte raison toutes réunies. Néanmoins, je veux écrire ici ce que l'on disait et qu'on croyait communément à cette époque et que j'ai pu obtenir moi-même à ce sujet, me trouvant là à un moment très rapproché de ces premiers temps.
11 était très commun parmi tous ceux qui habitaient alors l'île Espaflola, non seulement parmi ceux qui y étaient venus avec l'Amiral lui-même Don Christophe Colomb, lors du premier voyage, pour s'y établir, entre lesquels il y en avait quelques-uns qui l'avaientaidéàdécouvrir l'île, mais encore parmi ceux qui peu de temps après étaient venus y habiter, de répéter et de dire que la raison pour laquelle le dit Amiral s'était déterminé à vouloir aller découvrir les Indes lui était venue de la manière suivante :
Il était dit qu'un navire ou caravelle parti d'un port de la péninsule hispanique (je ne me souviens pas avoir entendu indiquer quel était ce port, mais je crois qu'on parlait du Portugal), et qui était chargé de marchandises à destination de la Flandre ou de l'Angleterre, pour le trafic que l'on faisait alors, fut assailli par une forte tempête et qu'emporté par sa violence et son impétuosité, il vint, dit-on, aborder dans ces îles qui furent ainsi découvertes pour la première fois.
Que cela se soit passé ainsi, il y a quelques raisons qui le prouvent. C'est d'abord que parmi nous, qui à cette époque nous trouvions là et qui venus au commencement, il était fréquent, comme je l'ai dit, de parler de cela et de s'en entretenir comme d'une chose certaine, soit que ce bruit émanât de quelqu'un ou de quelques-uns qui connaissaient le fait par eux-mêmes ou qui l'avaient entendu rapporter, en tout ou en partie, de la bouche de l'Amiral lui-même, ou qui avaient pu le comprendre de quelques-unes de ses paroles. En second lieu c'est que, entre autres choses anciennes que ceux d'entre nous qui assistèrent à la première découverte et à l'installation de nos établissements de
Cuba (ainsi que nous le dirons, si Dieu veut, quand nous parlerons de cette île), apprirent à leur arrivée, est le fait que les Indiens prétendaient que d'autres hommes blancs et barbus, comme nous, étaient venus à Espanola peu d'années auparavant. Les Indiens de l'île de Cuba pouvaient savoir cela, attendu que les deux îles ne sont pas éloignées l'une de l'autre de plus de dix-huit lieues, de pointe à pointe, et que chaque jour les deux îles communiquèrent entre elles à l'aide de leurs petites barques ou canots. Nous savons d'ailleurs que Cuba a été peuplée par Tîle Espanola.
Que ce navire ait pu, par une tempête déchaînée (comme disent les marins et comme il en fait d'ordinaire dans ces mers) arriver jusqu'à celte île en peu de temps, sans manquer de vivres et sans autre difficulté que le danger couru de se perdre, personne ne doit s'en étonner, parce qu'un navire par une grande tempête, peut parcourir 100 lieues entre jour et nuit, pour peu qu'il ait ses basses voiles. A mâture sèche, comme disent les marins, sans autre vent que celui que prennent les agrès, les mâts et la coque du navire, il arrive qu'on fait en vingt-quatre heu res, 30, 40 et 50 lieues, surtout avec de grands courants, comme il y en a dans ces parages. L'amiral lui-même raconte que dans le voyage où il découvrit la terre ferme du côté de Paria, il fit avec peu de vent 65 lieues de l'heure de la messe à celle de compiles, par suite des grands courants qui le portaient. Ainsi donc il n'y a pas à s'étonner qu'en dix ou quinze jours, ou peutêtre plus, ces marins aient parcouru 1.000 lieues surtout si la violence du vent boréal ou du nord les a surpris dans les parages de Bretagne ou de l'Angleterre ou des Flandres.
Une autre raison pour ne pas s'étonner que les vents impétueux aient entraîné ce navire et l'aient conduit malgré tout à tant de lieues, nous l'avons dans ce que raconte Hérodote dans son livre IV où il dit que Giinus, roi de l'île de Thera, une des Cyclades et de l'Archipel avait eu un oracle qui lui disait d'aller fonder une ville en Afrique, et à cette époque l'Afrique était inconnue et les Asiatiques et les gens du Levant Oriental ignoraient où elle était. Ils envoyèrent donc des messagers dans l'île de Crète qui aujourd'hui se nomme Candie, à la recherche de personnes qui pussent leur dire où se trouvait la terre d'Afrique. Ils trouvèrent là un homme qui s'appelait Carobio qui leur dit qu'il avait été entraîné par la force des vents et jeté sur la côte d'Afrique à une île appelée Platée qui était voisine. Il disait que, emporté par le vent, il avait abordé en Afrique, etc. Cornélius Nepos rapporte que du temps que Quintus Metellus était proconsul en France, certains marchands, partis de l'Inde à la suite de grandes tempêtes, allèrent aborder en Germanie. Aristote raconte la même chose de ceux qui trouvèrent l'île dont il a été question ci-dessus au chapitre 9 et que nous croyons
être la terre ferme du côté du Gap Saint-Augustin. Dautres navires partis de Cadix et emportés par la tourmente allèrent, malgré eux, si avant dans l'Océan, qu'ils aperçurent les herbes dont il sera fait plus bas ample mention, s'il plaît à Dieu. C'est de cette même manière que fut découverte l'île de Puerto Santo, comme nous le disons ci-dessous.
Ainsi ces marins ayant découvert ces terres-ci, si toutefois la chose est vraie, retournèrent en Espagne et rentrèrent au port dans un état pitoyable. Sans parler de ceux qui, par suite des fatigues, de la faim et des maladies. étaient morts en route, ceux qui restaient en petit nombre et malades vinrent, à ce qu'on dit, dans l'île de Madère, où ils succombèrent tous. Le pilote du dit navire, soit à cause de l'amitié qu il pouvait avoir eue antérieurement pour Colomb, soit que ce dernier, qui était anxieux et curieux de voir le fond de cette affaire, se soit informé auprès de lui de la cause de son état et du lieu d'où il venait, car quelque soin que ceux qui étaient revenus eussent apporté à garder le secret sur leuraventure, quelque chose devait en avoir transpiré, surtout étant donné le délabrement dans lequel ils se trouvaient à leur retour, soit que par pitié pour son état précaire Colomb eût voulu le recueillir et le soigner, le fait est qu'il le reçut dans sa maison et lui fit donner des soins et finalement, à ce qu'on dit, le pilote y mourut. Celui-ci, en reconnaissance de leur vieille amitié ou de ses bons et charitables soins, se voyant près de mourir, raconta à Colomb tout ce qui lui était arrivé, et il lui donna les rumbs et routes qu'ils avaient pris et suivis, à l'aide d'une carte marine et avec les altitudes et les parages où cette île existait, ou plutôt où il l'avait trouvée, toutes choses qu'il avait mises par écrit.
Voilà ce qui s'est raconté et ce qu'on a cru, ce qui se répétait communément à ce moment, ainsi que nous l'avons déjà dit, et était tenu pour certain parmi ceux d'entre nous qui étions de ces temps, et c'est, à ce qu'on dit, ce qui agit efficacement sur la détermination de Christophe Colomb, comme chose qui ne faisait aucun doute. Mais, en vérité, comme il avait de si nombreux et de tels arguments, témoignages et raisons naturelles, ainsi que nous l'avons rapporté ci-dessus, qui pouvaient efficacement l'y engager, un petit nombre de ces raisons eussent été suffisantes <ît nous pouvons bien passer sur celle-ci et la croire ou ne pas la croire, attendu qu'il peut se faire que Notre Seigneur lui ait mis l'une et l'autre chose entre les mains pour effectuer une œuvre aussi souveraine que celle que sa volonté très droite et très efficace avait résolu de faire par lui.
Du moins je crois fermement que nous pouvons admettre ceci sans hésiter, c'est que, ou par suite de cette circonstance ou des autres, ou par suite de quelques-unes d'entre celles-ci ou de toutes à la fois, quand il se décida, il était aussi certain de décou-
vrir ce qu'il a découvert et de trouver ce qu'il a trouvé, que s'il l'avait tenu sous clef dans sa propre chambre.
Déposition du D'" Rodrigo Maldonado, gouverneur de Salamanque, conseiller de la Reine, membre de la commission présidée par Talavera.
{Le projet de Colomb).
Salamanque, 26 fév. 1515. Pleitos, Vol. II, pp. 101-103.
A la segundapregunta,dixo que sabe quel dicho Almyrante don CristobalGolon.en el primero viaje que hizo a descubrir aquella tierra de las Yndias,descubri6 muchas yslas,pero que no sabe los nonbres délias, e que lo sabe por que este testigo estando en la corte supo por mandado de Sus Altezas en despachar al dicho Colon para hacer al dicho viage.
A la tercera pregunta, dixo que sabe que el dicho Almyrante descubriô muchas yslas, ansy en el primoro viaje como en otros viajes que despues hizo como dicho ha. pero que los nonbres délias que no lo sabe; y esto que lo sabe por que se allô a la sazon en la corte y por que hablô muchas vezes con el dicho almyrante, asy del primero viaje quando fué, como despues que volviô a Castilla e bolviô a las Yndias.
A la sétima pregunta dixo que oyô dezir lo contenido al dicbo almirante e a otras muchas personas delos que avyan ydo a las dichas yslas asy con él como syn el dicho Almirante, cuyos nonbres no se acuerda.
A la otava pregunta dixo que lo que sabe este testigo, con el prior de Prado que a la sazon hera, que despues fué orçobispo de Granada, e con olros sabios e letrados e marineros,platicaron con el dicho almirante sobre su hida a las dichas yslas, e que todos ellos concordaron que hera ynposible ser verdad lo que el dicho Almyrante decya, e que contra el parecer de los mas dellos, porfiô el dicho Almirante de yr el dicho viaje e Sus Altezas le mandasen librar cierta cantidad de maravedis para ello, e asentaron ciertas capitulaciones con él,en lo qua! todo supo esto testigo como uno de los del consejo de Sus Altezas, e que asy partiô el dicho almirante a descubrir las dichas yslas, e plugô a nuestro sefior que acertô en lo que decia, e que este deponiente tiene por cierto que,sy el dicho Almirante non porfiara de yr, que estobieran fasta oy sin hallar e descobrir e que lo crée por lo que tiesse dicho.
A la novena pregunta,dixo que qree lo que en ella se contiene por las razones que ciiclio Lyene e por que, sy el dicho Almiranie no se atreviera a descubrir las dichas yslas, qree que otro alguno no se atreviera a las yr a descubrir.
A la dézima pregunta, dixo que no la sabe, pero que lo qree, por que este tesligo hablô despues con algunos de aquellos marineros que fueron despues a descubrir algumas yslas e contabon cômo avian hydo con el dicho Almirante a las dichas indias el primero viaje y aun otros.
A la quince pregunta, dixo que lo que dicho tieue es verdad e pùblico e que esta es la verdad e lo que sabe desto fecho por el juramento que hizo e fyrmolo de su nonbre, Rodrigo Maldonado.
Traduction. — A la seconde question, il répond qu il sait que le dit Amiral Don Christophe Colomb au cours du premier voyage qu'il fit pour découvrir cette terre des Indes découvrit nombre d'îles mais qu'il en ignore les noms, qu'il sait cela parce qu'étant à la Cour il vit que le dit Colomb fut envoyé par ordre de Leurs Altesses pour faire le dit voyage.
A la troisième question, il répond qu'il savait que le dit amiral avait découvert nombre d'îles tant dans son premier voyage comme dans ceux qu'il a faits après ainsi qu'il l'a dit, mais qu'il en ignorait les noms, qu'il savait cela parce qu'il se trouvait à la Cour à l'époque et qu'il avait entretenu bien des fois le dit amiral à la veille de son premier voyage comme après lorsqu'il revint dans la Castille et qu'il se disposait à retourner dans les Indes.
A le septième question, il répond qu'il a ouï dire ce que contient cette question par le dit amiral et par beaucoup d'autres personnes qui sont allées aux dites îles avec lui et sans lui mais il n'a pas gardé le souvenir du nom de ces personnes.
A la huitième question, il répond que, avec le Prieur de Prado, qui a été depuis archevêque de Grenade, et avec d'antres savants, lettrés et marins, ï7s interrogèrent l'amiral sur son projet de voyage aux dites îles et que tous ces personnages furent unanimes à trouver impossible ce que proposait l'amiral. Mais que contrairement à l'avis de la plupart d'entre eux le dit amiral s'obstinait et insistait pour que Leurs Altesses lui fissent remettre pour ce voyage une certaine somme de maravédis. Et ils firent avec lui certaines conventions, to'Hes choses que le témoin sait comme membre du Conseil de Leurs Altesses. Et Vamiral partit ainsi pour la découverte des dites îles. Et il plut à Notre-Seigneur de le faire réussir dans son entreprise. Et il n'est pas douteux pour le témoin que si le dit amiral ne s'était pas obstiné à aller, on n'aurait pu de sitôt faire ces découvertes et qu'il pense ainsi par suite de ce qu'il a dit.
A la neuvième question, il répond qu'il croit ce que dit cette
question, pour les raisons qu'il a données, car il estime que si l'amiral n'avait pas eu la hardiesse d'aller découvrir ces îles, aucun autre n'aurait eu le courage de le faire.
A la dixième question, il répond qu'il l'ignore, mais qu'il le croit parce qu'il a eu depuis l'occasion de parler avec plusieurs des marins qui allèrent ensuite en découverte et qui racontaient qu'ils avaient accompagné l'amiral aux dites Indes soit dans son premier soit dans ses autres voyages.
A la quinzième question il répond que tout ce qu'il a dit est de notoriété publique, que c'est là tout ce qu'il sait, qu'il l'affirme sous la foi du serment qu'il a prêté et il signe : Rodrigo Maldonado.
Déposition de Garcia Fernandez, médecin de Palos. {Arrivée de Colomb à la Rahida).
Séville, 1" octobre 1515. Pleitos, Vol. II, pp. 191-19i.
A la trezena pregunta, dixo que sabe este testigo quel dicho MartynAlonso Pinçon ténia en esta villa lo que le fazia menesler; e que sabe que el dicho Almirante Don Gristobal Colon viniendo a la Râbida con su hijo Don Diego ques agora Almirante, a pie, se vino a la Râbyda, ques monasterio de frayles en esta villa, el quai demandé à la porteria que le diesen para aquel ninico que era nifio, pan y agua que beviese, y que, estando alli ende este testigo, un frayle que se llamaba frey Juan Ferez, ques ya dyfunto, quiso fablar con el dicho don Gristobal Colon e viéndole despusycion de otra tyerra o reyno ageno a su lengua, le preguntô que quién era e dônde venia, e aquel dicho Cristobal Colon le dixo quel venia de la corte de su Alteza e le quiso dar parte de su embaxada a que fue a la corte e cômo venya, e que dixo el dicho Cristobal Colon al dicho fray Juan Ferez como avia puesto en plâtica a descobryr ante su Alteza e que se obligava a darle tierra fyrme, queryéndole ayudar su Alteza con navios e las cosas pertenecientes para el dicho viaje que convyniesen, e que muchos de las cavalleros e otras personas que ay se fallaroa al dicho razonamiento le bolaron su palabra, e que no fué acogydo, mas que antes fazian burla de su razon, dyziendo que tantos tiempos aca se avian probado e puesto navios en la buscar e que todo era un poco de ayre e que no avia razon, de lo quai el dicho Cristobal Colon viendo ser su razon desyelta en tan poco conoscimyento de lo que ofrecia de fazer e cbnplyr, él se
vino de la Corte e se yva derecho de esta villa a la villa de Huelva para fablar y veerse con un su cuilado casado cou liermana de su muger e que a la sazon estaba e que avia nonbce Mulyer;e que viendo el dicho iVayle su razon enviô a llaraar a este testigo, con el cual ténia raucha conversacion de amor e porque alguna cosa sabia del arte astron6myco,para hablarse con el dicho Gristobal Colon evyese razon sobre este caso del descobryr; e queste dicho testigo vyno luego e fablaron todos très sobre el dicho caso e que de aqui legieron luego un onbre para que llevase una carta a la Reyna Dona Isabel, que aya santa gloria, del dicho fray Juan Ferez que era su confesor, el quai portador de la dicha carta fué Sébastian Rodriguez, un pilote de Lepe, e que detuvieron al dicho Cristobal Colon en el monasterio fasta saber repuesta de la dicha carta de su Alteza, para ver lo que por ella proveyan ; y asi se fizo e dende a catorze dias la Reyna nuestra Senora escriviô al dicho fray Juan Ferez agradeziéndole mucho su buen propôsyto e que le rogaba e mandava que luego vista la présente paresciese en la corte an te su Alteza e que dexase al dicho Cristobal Colon en segurydad de esperança fasta que su Alteza le escribiese; e vista la dicha carta e su dispusycîon, secretamente se partie an tes de média noche el dicho iVayle del monasLerio e cavalgô en un mulo e cumpliô el maudamiento de su Alteza e pareciô en la corte e de alli consultaron que le dîesen al dicho Cristobal Colon très navios para que fuese a descubryr e facer verdad su palabra dada, e que la Reyna nuestra Senora, concedido esto,enbi6 veynte mill maravedis, en florynes, los quales traxo Diego Frieto, vecino desta villa, e los dichos, con una carta a este testigo para que los dièse a Cristobal Colon para que se vistiese onestamente e raercase una bestezuela e paresciese ante su Alteza; e quel dicho Cristoval Colon resciviô los dichos veynte mill maravedis e pareciô ante su Alteza, como dicho es, a consultar todo lo suso dicho e de ally vino proveydo con licencia para tomar los dichos navios quel senalase que convenya para seguir el dicho viage, e desta fecha fué el concierto e conpanya quetomô con Martyr AlonsoFinçon e Vicente Yailez, porque eran presonas suficientes e sabidos en las cosas de mar, los quales, allende de su saber e del dicho Cristobal Colon, ellos le avisaron e pusyeron en muchas cosas las quales fueron en provecho del dicho viaje ; e désta tanto sabe.
Traduction. — A la treizième question [relative aux rapports de Colomb avec Fizon], il répond qu'il sait que le dit Martin Alonso Finçon possédait dans cette ville les choses nécessaires [à la vie] et que le dit amiral Christophe Colomb arrivant à la Rabida à pied avec fils Don Diego, aujourd'hui Amiral, s'adressa aux religieux du monastère et demanda au portier qu'il fît donner au petit un peu de pain et d'eau pour qu'il mangeât et bût. Que,
en présence du témoin qui se trouvait là, un religieux du nom de Juan Ferez, aujourd'hui défunt, voulut parler avec le dit Christophe Colomb et,le voyant d'un autre pays et d'une langue étrangère, il lui demanda qui il était et d'où il venait. Christophe Colomb lui répondit qu'il venait de la Cour de Son Altesse et lui fit part de l'objet de sa visite à la Cour, et dans quelles conditions il en revenait. Christophe Colomb dit à Juan Ferez qu'il était allé parler à Son Altesse de son projet de découverte; qu'il s'obligeait à lui donner un continent s'il plaisait à Son Altesse de l'aider en lui procurant des navires et les choses nécessaires pour le dit voyage; que beaucoup de gentilshommes et d'autres personnes qui se trouvaient présents à l'entretien s'emparèrent de ces paroles pour s'en moquer et qu'il ne lut pas écouté; mais qu'ils tournaient ses raisons en ridicule, disant que, depuis tant de temps que Von avait envoyé des navires sur la mer on n'avait rien trouvé; que tout cela c'étaient choses en l'air et sans fondement. Que lui, Colomb, voyant que ses raisons n'étaient pas écoutées et qu'on faisait peu de cas de ce qu'il offrait de faire et d'accomplir, avait quitté la Cour et qu'il allait de cette ville directement à celle de Huelva pour rendre visite et parler à un de ses beauxfrères marié à la sœur de sa femme, qui à l'époque se trouvait dans celle ville et qui s'appelait Mulyer. Le dit religieux, entendant ce discours, envoya chercher le témoin, parce qu'il avait avec lui d'étroites relations d'amitié et qu'il était quelque peu versé en astronomie, afin qu'il parlât à Christophe Colomb et s'entretînt avec lui de son projet. Le témoin vint aussitôt et ils se mirent à discuter tous les trois sur la question. A la suite de cet entretien, ils chargèrent un homme d'aller porter à la Reine Isabelle, que Dieu ait reçu son Ame ! une lettre du dit Frère Juan Ferez, qui était son confesseur. Le porteur de la lettre fut un nommé Sébastian Rodriguez, pilote de Lepe. Les religieux retinrent Christophe Colomb dans le monastère pour qu'il attendît la réponse à la lettre envoyée à Son Altesse, pour voir ce qu'il en résulterait ; ce qui fut fait. Quatorze jours après notre dame la Reine écrivit au dit Frère Juan Ferez le remerciant de son intervention et le priant et lui ordonnant, au reçu de sa lettre, de se rendre à la Cour auprès de Son Altesse, de laisser bon espoir à Christophe Colomb et de lui dire d'attendre que Son Altesse lui écrirait. Dès qu'il eût lu cette lettre, conformément à son contenu le dit frère partit secrètement du monastère dans la nuit sur un mulet et obéit au commandement do la Reine. Il se présenta à la Cour et là on décida que Ton donnerait trois navires au dit Christophe Colomb pour qu'il pût réaliser ce qu'il avait promis. Cela ayant été accordé, la Reine notre dame envoya vingt mille maravédis en florins, qu'apporta Diego Frieto, habitant de cette ville, qui les donna au témoin avec une lettre pour qu'il remît le tout à Christophe Colomb. Avec cette somme Christophe
Colomb devait se vêtir décemment et acheter une monture pour se présenter à la Cour. C'est ce qui fut fait. Colomb se présenta à la lîeine, avec laquelle il s'entretint de son projet, et de là il revint pourvu d'une licence pour prendre les navires qui lui paraîtraient les plus propres à faire le dit voyage. C'est à partir de ce moment qu'il entra en relation et s'entendit avec Martin Alonso Pinzon et Vicente Yanez,qui étaient des personnes considérées et entendues dans les choses de la mer. Ceux-ci, indépendamment de leur savoir qui vint seconder celui de Colomb, mirent à sa disposition leurs conseils et une foule de choses qui furent d'une grande utilité pour le voyage. Et c'est tout ce qu'il sait là-dessus.
Déposition de Juan Rodriguez Gabezudo, de Moguer, cinquante ans.
{Colomb à Palos.) Moguer, ]2fév. 1515. Pleitos , Vol. Il, pp. 18-20.
A la segunda pregunta, dixo que lo que sabe es que puede aver veynle e dos afios poco mds o meuos queste testigo vido al dicho Àlmyrante viejo en esta villa de Moguer andando negociando de yr a descobrir las Indias, con un frayle de Sant Francisco que andava con él,e que a este testigo le demandô el dicho Almyrante viejo una mula alquilada para en que fuese el dicho frayle a la corte a negociar, e se la diô, y el dicho frayle fué en ella a negociar por el dicho Almyrante, e que sabe quel ailo de noventa e dos anos partiô el dicho Don Cristoval Colon desta villa e de la villa de Palos a descobrir las dichas Yndias, e las descubriô e bolviô en salvo al puerto de la villa de Palos, descubiertas ya las dichas Yndias. Fuéle preguntado cômo lo sabe, e dixo que por que al tierapo que se partie, le diô a don Diego su hijo en guarda a este testigo, e a Martyn Sanchez, clérigo, e porque despues que vino de descubrir, este testigo lo fué a ver a la Ràbida, e asi mismo los ynquisidores que asy mesmo eslavan en esta villa, y entraron dentro en la caravela donde el dicho Almyrante venya, e les mostrô el dicho Almyrante caràtulas de oro que traya de las dichas Yndias e seys o siete Yndios que Iraya de alla e con un cuchilloquyto el dicho Almyrante un poco de oro a un Yndio e se lo diô a este testigo, e que por esto lo sabe, e quel dicho Almyrante dixo a los ynquisidores e a este testigo que avia descubierto muchas yslas en que avia mucho oro en las dichas Yndias; e que lodemàs contenydo en esta pregunta, que lo non sabe.
A la sétima pregunta,dixo que lo que sabe es que muchas personas hazian burla del dicho almyrante de la empresa que tomava en yr a descobrir las dichas Yndias, e se reyan dello e aun culpavan a este testigo por que avia dado la mula,e que pûblicamente hazian burla dél e tenyan por vana su enpresa, lo quai oyo dezir pùblicamente a muchas personas en esta villa e aun fuera délia.
A la otava pregunta, dixo que lo que sabe es que si el dicho Almyrante viejo no descubriera lo que descubriô que nynguno no fuera a descobrir, pero despues quel dicho almyrante descubriô la tierra, fueron muchas personas a descobrir e an descobierto mucha parte de la tierra. Preguntado cômo lo sabe, dixo que por que lo a oydo dezir publica e notoriamente.
A la undécima pregunta, dixo que lo que sabe es que, despues quel dicho Almyrante viejo descobrio las dichas Yndias, bolviô otro viaje a descobrir y estovo en el viaje mucho tiempo,e descobriô muchas yslas e tierra. Preguntado cômo lo sabe, dixo que por que lo oyô decir pùblicamente por toda esta tierra.
A la décima quarta pregunta, dixo quedize lo que dicho tiene e que en ello se afirraa e que bien pùblico es todo esto queste tesligo dize entre los personas que dello an conoscimyento, e questo es lo que sabe deste lecho por la jura que lizo.
Traduction. — A la seconde question, il répond que ce qu'il sait c'est qu'il y a environ vingt-deux ans qu'il vit l'ancien amiral dans cette localité de Moguer, au moment où il allait solliciter 1 appui de la Cour pour aller découvrir les Indes. Il était avec un religieux de Saint-François qui l'accompagnait. Il demanda au témoin une mule en location pour que le religieux pût se rendre à la Cour pour les négociations. Il la lui donna et le dit religieux partit pour la Cour où il fit certaines démarches pour l'amiral . Le témoin sait qu'en l'an 02, le dit D. Cristophe Colomb partit de cette ville-ci et de la ville de Palos pour aller faire sa découverte et qu'il revint sain et sauf dans le port de la ville de Palos après avoir découvert les dites Indes. Gomme on lui demandait comment il le savait, il répondit qu'au moment de son départ il avait confié à lui, témoin, et à Martin Sanchez, prêtre, la garde de don Diego, son fils et par suite, lors de son retour, il alla le voir à la Rabidaet avec les Inquisiteurs qui se trouvaient dans la ville il se rendit à bord de la Caravelle sur laquelle l'amiral était venu, et celui-ci leur montra des marques d'or (peut-être des coffrets pleins d'or) qu'il apportait des Indes et six ou sept Indiens qu'il avait amenés avec lui et avec un couteau l'amiral prit un peu d'or à un Indien et le donna au témoin, et c'est ainsi qu'il l'a su. L'amiral raconta aux Inquisiteurs et au témoin qu'il avait découvert quantité d'îles, qu'il y avait beaucoup d'or dans les îles. Pour le reste de la question, il n'en sait rien.
A la S eptième question, le lémoin répond que ce qu'il sait c'est que nom bre de personnes se moquaient du dit amiral et de son projet d'aller découvrir les dites Indes, on riait de lui et même on reprochait au témoin de lui avoir prêté sa mule. On le tournait publiquement en ridicule et l'on tenait son entreprise pour vaine; c'est ce qu'il a entendu dire publiquement à beaucoup de personnes dans cette ville et d'ailleurs.
A la huitième question, le témoin répond que si le dit amiral n'avait pas découvert ce qu'il a découvert personne ne serait allé le découvrir. Mais après que l'amiral eut découvert la terre en question, beaucoup de personnes y sont allées après lui et ont découvert beaucoup d'autres parties de la terre. Interrogé comment il le savait, le témoin répondit que cela était de notoriété publique.
A la onzième question, il répond qu'il sait qu'après avoir découvert les Indes le dit amiral retourna faire un second voyage de découverte et qu'il y resta longtemps et qu'il découvrit encore beaucoup d'îles et de terres. Comme on lui demandait comment il l'avait appris, il répondit qu'il l'avait entendu dire publiquement dans tout le pays.
A la quatorzième question il répond qu'il n'a qu'à répéter ce qu'il a dit précédemment et le confirmer. Il le jure.
Déposition de Andres del Gorral.
(Intervention du P. Ferez.) Saint Domiusue, 16 juin 1512. Pleitos, Vol. I, p. 116.
Este testigo estando en la corte en Madryd (sic) con el dicho Almyrante al tienpo que negociava con sus Altezas la venyda a descobryr, el dicho almirante viendo como los del consejo e otros muchos le eran contrarios, dixera a Sus Altezas que, pues no le creyan a él, quel darya persona a quien creyesen^ e entonces llego un flayre de la horden de San Francisco, cuyo nombre no sabe, el quai dixo a Sus Altezas que hera verdad lo que aquel Almyrante dezia, e entonces lo despacharon, e vino a estas partes descobryr.
Traduction. — Le témoin étant à la Cour à Madryd (sic) avec le dit Amiral, au moment où il négociait avec Leurs Altesses pour le voyage de découverte, et le dit Amiral voyant que ceux qui faisaient partie du conseil et beaucoup d'autres personnes
lui étaient contraires, dit à Leurs Altesses que, puisqu'on ne le croyait pas, il ferait venir une personne en qui on aurait foi, et en même temps il appela un frère de l'ordre de Saint-François, dont il ne connaît pas le nom, lequel dit à Leurs Altesses que ce que l'amiral disait était vrai; et alors on lui donna ce qu'il lui fallait et il alla dans ces parages-ci faire sa découverte.
Déposition de Anton Fernandez Colmenero
(Renseignements écrits rapportés de Rome par Martin Alonzo Pinzon.)
Huelva, 25 septembre 1515. Pleitos, Vol. II, p. 166.
... Dyxo que lo que sabe es que oyô dezir destas escrituras contenidas en esta pregunta al mismo iMartin Alonso quel avia traydo el treslado de Roma e se las oyô leer al dicho Martin Alonso e que lo sabe esto por que este testigo vino de Roma con el dicho Martin Alonso.
Traduction. — Il dit que ce qu'il sait, c'est qu'il a entendn Martin Alonso lui-même parler des documents dont traite celte question et dont il avait apporté une copie de Rome et qu'il a entendu le dit Martin Alonso en faire lecture. Il sait cela parce qu'il est revenu de Rome avec Martin Alonso.
Déposition de Fernando Valiente, de Palos, soixante-dix ans.
(Renseignements obtenus de Vasquez de la Frontera.) Séville, 22 décembre 1533. Duao, op. cit., pp. 253-254.
Lo que sabe es que D. Cristobal Colon, antes que fuese â negociar con los Reyes Catolicos sobre eldescubrimiento,vino â la villa de Palos parabuscar favor e ayuda para ir al dicho descubrimiento e poso en el monasterio de la Rabida y de alli venia algunas veces a la villa de Palos e hablaba con un Pero Vazquez de la Frontera, que era hombre muy sabio en el arte de la mar ne habia ido una vez â hacer el dicho descubrimiento co el in-
lante de Portugal ;e este Pero V'azquezde laFrontera daba avisos al dicho Colon e à Martin Alonso Pinzon e animaba la gente e les decia publicamente que todos fuesen à aquel viaje, que habian de hallar tierra muy rica, e esto que lo sabe este lestigo porque viô a dicho Colon e oyô decir lo que liene dicho al dicho Pero Vazquez de la Frontera, e lo decia publicamente por las plazas en este tiempo, e este testigo vio que el diclio Colon e el dicho Martin Alonso andaban hablando e negociando ambos juntos, e vio que Colon se partio, e se dijo que iba é la corte â negociar con los Reyes Catolicos.
Traduction. — Ce qu'il sait, c'est que Don Christophe Colomb, avant d'aller négocier de la découverte avec les Rois Catholiques, vint au bourg de Palos chercher appui et aide pour aller à ladite découverte, et il logea au monastère de la Rabida, et de là il venait parfois au bourg de Palos et parlait avec un [certain] Pero Vazquez de la Frontera, qui était un homme très savant dans l'art de la mer et était p?rti une fois pour faire la dite découverte avec l'Infant de Portugal, et que ce Pero Vazquez de la Frontera donnait des avis au dit Colomb et à Martin Alonso Pinzon, el encourageait les gens et Icir disait publiquement d'aller tous à ce voyage, car ils devaient trouver une terre riche, et le témoin sait cela parce qu'il a vu le dit Colomb et a entendu dire ce qu'il rapporte au dit Pero Vazquez de la Frontera, et il le disait à cette époque sur les places publiques, et le témoin a vu que le dit Colomb et le dit Martin Alonso Pinzon allaient parlant et négociant tous les deux ensemble, et il a vu que Colomb partit, et qu'on disait qu'il allait à la Cour pour négocier avec les Rois Catholiques.
Déposition de Alonso Gallego, de Huelva, soixante-cinq ans.
{Promesses de Colomb à Pinzon.) Séville, 22 décembre 1535. Doro, op. cit., pp. 254 et 255.
Al tiempo que D.Cristobal Colonvinoàla villa de Palos â entender en querer ir â hacer el descubrimiento, vio este testigo que el dicho Colon decia à Martin Alonso Pinzon : Seiîor Martin Alonso, vamos este viaje, que si sahmos con el y Dios nos descubre la tierra, yo os prometo por la corona real de partir con vos como con un hermano mio, y que esto que tiene dicho, que lo oyo decir este testigo al dicho Colon muchas veces.
En el entretanto que Colon fué â negociar à la Corte sobre el descubrimiento, vio que Martin Alonso aderezaba y aprestaba los navios y recogia y allegaba gente, e asimismo vio que daba a algunas personas dineros y lo que habian menester para proveer sus casas e entretanto que dicho Colon venia de la Corte, lo cuai decian entonces que el dicho Martin Alonso lo gastaba y daba de sus propios bienes...
Traduction. — Au temps où Don Christophe Colomb vint au bourg de Palos pour s'occuper d'aller faire la découverte, le témoin vit que le dit Colomb disait à Martin Alonso Pinzon •.Sefior Martin Alonso, faisons ce voyage, si nous réussissons et que Dieu nous fasse découvrir la terre, je vous promets par la couronne royale de partager avec vous comme avec mon frère, et cela le témoin l'a entendu dire à Colomb même bien desfois... Durant le temps que Christophe Colomb alla négocier avec la Cour relativement à la découverte, le témoin vit que Martin Alonso équipait et préparait les navires; il réunissait et rassemblait les gens; il vit aussi qu'il donnait à certaines personnes de l'argent et ce qui était nécessaire pour approvisionner leurs maisons et cela avant que Christophe Colomb fût revenu de la Cour et l'on disait que Martin Alonso faisait ces dépenses de son propre bien.
Déposition de Arias Ferez Pinzon, fils de Martin Alonso, quarante-cinq ans.
{Rôle de son père dans l'entreprise de Colomb.)
Palos, 1" oct. 1515. Pleitos, Vol. Il, pp. 228-231.
Alaonzenapregunta,dixoque la sabe,porque estetestigo es fîjo del dicho Martin Alonço Pinçon y estava estante en Roma con mercaderia de su padre, e que fue dicho su padre a Roma aquel dicho ano antes que fuese a descobryr e quel dicho Martin Alonso Pinçon padre de este testigo estando un dia en la libreria del Papa alyende de otras muchas vezes que abia estado por razon de mucho conocemiento que ténia con un familiar criado del papa que era grande cosmografo y ténia muchas y largas escripturas y ally les enseno platicando muchas vezes al dicho su padre y este testigo con el suso dicho criado del papa en las (...) alli fue informado el dicho su padre y este testigo destas tyerras questavan por descobryr y juntamente con mucha yndustria e saber que en las cosas de la mar el thenya dijo muchas vezes a
este testigo como ayudava y querya armor dos navios e yr a descobryr estas tierras, e que lo sabe por lo que dicho tyene e pas6 asy e lo vido a visla de ojos.
A la dozena pregunta, dixo que sabe lo contenido en el dicho articulo, por que al tienpo queste dicho testigo estava en la lybrerya del papa Ynocencio otavo le dio una escriptura la quai dezia lo que en el articulo se contiene y el dicho padre deste testigo la lornô e la truxo e venydo en Caslilla de Roma con aquerdo de yr a descobryr la dicho tyera la ponia por obra y muchas veces antes lo comunico con este testigo y vino el dicho Almirante en aquel tienpo a esta villa de Palos con esta demanda de descobryr estas tyeras, y como el padre deste testigo lo viese venir con la dicha demanda y supo de la demanda que traya para descobryr, ovo por bien de rogar e dar parte dello al dicho Martin Alonso, el quai dicho IMartin Alonso le dixo que Uevava muy buena demanda e que lo sabia bien e que sy no viniera tan ayna quel lo fallara ydo a descobryr aquellas tyeras con dos caravelas, y visto lo susodicho por el dicho Almirante se fizo tanto su amigo de su padre deste testigo que fizo concierto con ell e le rogô que fuese en su conpania, e que esto sabe deste pregunta este testigo por que lo vido.
A la trezena pregunta, dixo este testigo que sabe ques asy como en el artiqulo se contiene ; preguntado como lo sabe dixo que por quel Almirante al dicho concierto, que llevava la mitad de todas las mercedes que en este caso Su Alteza le fiziese merced, y el dicho Martin Alonço le enseiîo la dicha escriptura con la quai se esforco mucho mas y concertaron y el dicho Martin Alonço le dio al dicho Almirante dinero e lo fizo yr a la corte a el y a un frayle que se dizia fray Juan Pères, los cuales iueron, e que lo sabe este testigo por que se fallô a todo.
A la catorzena pregunta, dixo que la sabe ; preguntado como la sabe, dijo que despues de venido el Almyrante de la corte, truxo mandado de Su Alteza y cierta librança para ir con très navios a descobryr aquellas tierras, y que viendo en esta villa de Palos el dicho Almirante non avia onbre ninguno que osase yr en su conpania nyn menos le quisyese dar sus navios diziendo quai avia de yr que nunca fallaria tierra y que desta raanera estovo mas de dos meses sin thener remedio nynguno y que, visto non tener nyngund remedio de navios nyn génie, metiose mucho el rogar al dicho Martin Alonso qu'ensenandole las mercedes que Sus Altezas le fazian desqubriendo la tierra y vistas, dixo e le prometio de partir con el la mytad e que fuese en su conpania e que serya capitan prencipal de los dichos navios e que como onbre que con sus parientes e amigos se lo podia fazer le aviase, por ser servicio de Su Alteza, y el dicho Martin Alonso, visto no tener el dicho Almyrante avio nynguno y el partido que le fazia e fizo e por servir a" Su Alteza, convino de yr con el e le
ViGNAUD. Nouvelles Études. II 39
dio la escriptura original que abia Iraydo de Roma e asy mismo puso sus navios e con sus paryentes y amigos en un mes lyzo el armada, e que esto lo sabe por que io vido, e fueron en seguimyento del dicho viajc.
A la quinzena preganta, dixo que lo sabe como en el arLiculo se coniiene ; preguntado como lo sabe, dixo este testigo que por que vido partir de aqui al dicho JMartin Alonso su padre como capitan principal con sus ermanos por capitanes de los otros navios, e que sabe que corrieron de laysla del Fierro en el ueste, queste testigo non lue con ellos, pero despues vinyeron a portar a Galycya y este testigo venya de Flandes e se i'allô con todos en un dia en el puerto de Bayona, e de ally de los del navio de su padre este testigo les oyô dezir muchas vezes en gênerai aquello que se contiene en el dicho artiqulo e que por lo susodicho lo sabe.
A la desyseysava pregunta dixo que sabe lo contenido por que lo oyo dezir... (roto),.. meute viniendo con ellos en los navios este testigo dende Galyzya que venia del dicho viaje,e que por lo susodicho lo sabe.
A la desysiete pregunta dixo que asy lo oyo dezir este testigo a los capitanes e maryneros que del dicho viaje vinieron e venian con el dicho su padre e Almirante e capitanes e que ansy es publico e notorio.
A la desyochava pregunta dixo que lo sabe por que lo oyo dezir al Almyrante Don Gristobal e a los otros capitanes e gente que eu el dicho viaje vinyeron e que ansy es publico e notorio, y que de esta esto sabe.
Traduction. — Onzième question. Il répond qu'il le sait parce qu'il est fils du dit Martin Alonso Pinzon. Qu'il se trouvait à Rome avec des marchandises de son père, et que son père vint à Rome l'année avant qu'il partît pour le voyage de découverte, et que se trouvant un jour dans la Bibliothèque du pape, où il allait fréquemment voir un serviteur du pape qu'il connaissait et qui était un grand cosmographe et avait à sa disposition de nombreux manuscrits, celui-ci, en causant avec lui et le témoin des choses
de( )rinformadeces terres qu'il y avait à découvrir et, comme
il était très industrieux et très habile dans les choses de la mer, il dit souvent au témoin qu'il se préparait et voulait équiper deux navires et aller découvrir ces terres. Qu'il le sait par suite de ce qu'il vient de dire et parce que cela se passa ainsi et qu'il l'a vu de ses yeux.
Douzième question. Il répond qu'il sait les faits contenus dans cette question, parce que, à l'époque où le témoin se trouvait dans la Bibliothèque du pape Innocent VIII, il lui donna un document dont le texte était conforme à celui qui est rapporté dans la présente question. Le père du témoin le prit et l'emporta et, à son
retour de Rome en Caslille, il se décida à aller découvrir la dile terre et en parla souvent au témoin. Sur ces entrefaites, l'amiral arriva dans la ville de Palos avec son projet de découverte des dites terres. Le père du témoin, l'ayant appris, se mit en rapport avec lui et lui dit que son projet était bon, qu'il le savait bien et que s'il avait tardé à venir il l'aurait trouvé parti pour aller faire celte découverte avec deux caravelles. L'amiral voyant cela se lia si intimement avec le père du témoin qu'il se mit d'accord avec lui et l'engagea à l'accompagner. Le témoin le sait parce qu'il l'a vu.
Treizième question. Le témoin dit qu'il le sait comme l'article du questionnaire le rapporte : qu'il sait que le dit accord portait la moitié de tous les avantages que Son Altesse accorderait à cette occasion. Et le dit Martin Alonso lui montra le dit document qui fui un grand encouragement pour l'amiral ; ils se concertèrent et Martin Alonso donna de l'argent au dit amiral et le fit partira la Cour avec un religieux qui s'appelait Juan Pérès, et ils y allèrent. Le témoin le sait parce qu'il s'est trouvé présenta tout. Quatorzième question. 11 répond qu'il lésait. Il dit qu'en revenant de la Cour l'amiral apporta un ordre de Son Altesse et une certaine somme d'argent pour aller découvrir ces terres avec trois navires, et, en arrivant dans cette ville de Palos, l'amiral ne trouva personne qui osât aller avec lui, ni même qui voulût lui donner ses navires, car Ion disait que s'il allait il ne trouverait jamais la terre. De telle façon qu'il resta deux mois sans trouver un remède quelconque et quand il vit qu'il n'arrivait à rien, qu'il ne trouvait ni navires ni matelots, il se mit à insister auprès de Martin Alonso et lui indiqua les avantages que lui faisaient Leurs Altesses s'il découvrait la terre, et il lui dit et lui promit de partager avec lui s'il consentait à l'accompagner ; qu'il serait le principal capitaine des navires, qu'il devait l'aidera faire ses préparatifs de départ avec ses parents et amis, puisque c'était pour le service de Leurs Altesses. Martin Alonso, voyant que l'amiral n'aboutissait à rien, encouragé par les avantages qu'il lui promettait et par le désir de servir Son Altesse, consentit à partir avec lui et lui donna l'original du document qu'il avait apporté de Rome. En même temps, il mit à sa disposition ses navires, ses parents et ses amis et en un mois la flotte fut prête. Cela, il le sait parce qu'il l'a vu, et ils partirent pour le dit voyage.
Quinzième question. Il répond qu'il est au fait de tout ce que contient cette question. Il le sait, parce qu'il vit partir de Palos Martin Alonso, son père, comme capitaine principal, avec ses frères comme capitaines des autresnavires.il sait qu'ils allèrent de l'île de Fer dans la direction de l'ouest ; le témoin n'était pas avec eux, mais à leur retour ils vinrent aborder dans la Galice, et le témoin, qui revenait lui-même des Flandres, se rencontra avec eux daus le port de Rayonne, et là les hommes de l'équipage de
son père lui racontèrent souvent ce que contient le dit article et c'est ainsi qu'il le sait.
Seizième question. Il répond qu'il le sait parce qu'il l'a ouï dire (ici un passage détérioré)... tandis que le témoin revenait avec eux de la Galice et que c'est pour cela qu'il le sait.
Dix-septième question. Il répond qu'il l'a ouï dire aux capitaines et marins qui revenaient de ce voyage avec son père et l'Amiral, ainsi la chose est publique et notoire.
Dix-huitième question. Il le sait parce qu'il l'a ouï dire à l'Amiral Don Christophe et aux autres capitaines et aux marins qui avaient fait le voyage. La chose est publique et notoire.
Déposition de Hernan Ferez Mateos,de Lepe, cousin de Martin Alonso Pinzon, quatre-vingts ans, compagnon de Colomb au premier, au deuxième et au troisième voyage.
{La révolte.)
Saint-Domingue, 26 janvier 1536. Duro, op, cit., pp. 262-263."
Que no sabe màs de haber oido a Martin Alonso e â sus hermanos, que viniendo à estas partes, la gente que venia en los navios,habiendo navcgado muchos dias e no descubriendo tierra, los que venian con D. Cristobal Colon se querian amotinar y alzar contra el diciendo que iban perdidos, y entonces el dicho D. Christobal Colon habia dicho â Martin Alonso lo que pasaba con aquella gente, e que le parescia que debian de hacer, y et dicho Martin Alonso se habia respondido : Serlor, ahorque viies- Ira, merced média docena dellos 6 èchelos à la mar y si no se atreve, yo y mis hermanos harloaremos sobre ellos y lo haremos, que armada que saliô con mandado de tan altos principes no hahià de volver atras sin buenas nuevas, y que con esto todos se animaron, y el dicho D. Christobal Colon habia dicho : Martin Alonso, con estos hidalgos hayàmosnos bien y andemos otro dia, e si en esto no hallaremos tierra daremos otra orden en lo que debemos hacer; y asi navegaron otros siete dias, y sobre noche vieron fuego en una tierra que se decia las Princesas e agora se llama los Lucayos, y esto es lo que le han dicho â este testigo y lo que le contaron los dichos Martin Alonso y sus hermanos
Traduction. — Qu'il ne sait rien de plus que ce qu'il a ouï dire à Martin Alonso et à ses frères, que, pendant qu'ils venaient dans ces pays, comme ils avaient navigué déjà pendant de longs.
jours sans découvrir la terre, l'équipage de Colomb menaçait de se mutiner et de se révolter contre lui, disant qu'ils allaient se perdre, et, dans cette conjoncture, D. Christophe Colomb fit part à Martin Alonso de ce qui se passait parmi l'équipage, et lui demanda son avis sur ce qu'il y avait à faire. Martin Alonso lui répondit: Monsieur, pendez-enje vous prie, une demi-douzaine et jetez-les à Peau ; et si vous n'osez pas le faire, nous passerons moi et mes frères sur votre bord et nous le ferons ; une flotte qui est partie avec une mission de grands rois comme les nôtres ne retournera pas sans rapporter de bonnes nouvelles. Et, sur ces paroles, tous reprirent courage. D. Christophe Colomb lui répliqua : Martin Alonso, tâchons de nous entendre avec ces braves gens et allons encore quelques jours, et, si d'ici là nous n'apercevons pas la terre, nous prendrons d'autres dispositions. Et ainsi ils naviguèrent encore sept jours et à la nuit ils aperçurent du feu sur une lerre qui s'appelait las Princesas et qui se nomme aujourd'hui los Lucayos. Voilà ce qu'ont dit et raconté au témoin Martin Alonso et ses frères.
Déposition de Francisco Morales, compagnon de Colomb à son second voyage.
(Menaces à V Amiral.)
Puerto Rico, 14 septembre 1514. Pleilos, Vol. I, p. 421.
Dixo que lo que dello sabe es que viniendo este testigo e segundo viage con el dicho Almirante, oyo dezir este testigo a un Juan Nino que venia por maestro el segundo viage en una nao que se dezia la Nina, quel primer viage quando el dicho Almirante vino é descubrir, viniendo a medio golfo é algo mas, se juntaron los maestres de très navios que trayan el dicho primer viage, é que se pusyeron en requérir al dicho Almirante que se volviese é Castilla, porque segund los tienpos reynavan levantes en el golCo que no creyan sy mas adelante yva de poder volver en Espana, y quel dicho Almirante le respondiô que no curasen de aquello, que Dios que les daba aquel tienpo les daria otro para volver, é que oydo aquellos por los maestres é marineros les dixeron que no se pusyese en aquello que no se lo abian de consentir, é que para esto tomaron armas, é quel dicho Almirante les dixo que no hiziesen aquello que querian hazer, porque en matallo d él é a sus criados que heran pocos, no harian mucho, pero que tuviesen por cierlo que su muerle les séria muy bien demandada por el Rey é Reyna nuestros senores, pero que
hiziesen una cosa, que le diesen terraino de très 6 quatro dias y que navegasen el viage que llevavan, é sy en este tienpo no viesen tierra, que hiziesen la buelta que quisiesen, é que con este cpncierto pasaron adelante syguiendo su viaje, é que en aquel termine vieron tierra.
Traduction. — Dit que ce qu'il sait c'est qu'au cours du second voyage de l'Amiral, que le témoin accompagna, il entendit un certain Juan Niilo, qui était maître sur un navire appelé la Niiîa, déclarer que, lors du premier voyage de découverte de l'Amiral quand ils se trouvaient au milieu de l'espace maritime et un peu plus, les maîtres des trois navires qui firent ce premier voyage se concertèrent et se mirent à exiger de l'Amiral qu'il retournât en Castille, parce que, vu le temps qui régnait en pleine mer, le vent soufflant du Levant, ils ne croyaient pas pouvoir revenir en Espagne s'ils allaient plus en avant. L'Amiral leur répondit qu'ils ne se préoccupassent pas de cela, que Dieu, qui leur donnait un tel temps pour aller, leur en donnerait un autre pour retourner. Les maîtres et les matelots, l'entendant, lui répliquèrent de ne pas se mettre cela en tête, parce qu'ils n'avaient pas l'intention d'y consentir, et dans ce but ils prirent les armes. L'Amiral leur dit de prendre garde de ne pas faire ce qu'ils méditaient, qu'il ne leur serait pas difficile de le tuer, lui et ses serviteurs, qui étaient peu nombreux, mais qu'ils se tinssent pour assurer que le roi et la reine leur demanderaient compte de leur mort; qu'il valait mieux lui donner encore trois ou quatre jours de répit pour continuer ce voyage et que, si d'ici là ils n'apercevaient pas la terre, ils pourraient retourner s'ils voulaient. Sur cet accord ils poursuivirent le voyage et sur ces entrefaites ils virent la terre.
(Il convient de noter que ce témoin était cité à la requête de Diego Colomb.)
Déposition de Juan Boldan, de Moguer, cinquante ans. [Intention de retourner en arrière.) Séville, 22 décembre 1535. Duno, Colon y Pinzon, p. 260.
Oyo à Juan de Jerez, que fué con él en el viage, que habiendo andado setecientas 6 ochocientas léguas, Jos mtis de los marineros dijeron â Cristobal Colon que no querian ir mas adelante,
porque el agua iba hacia alk'i a donde ellos iban y el viento tambien, y que no podian volver, y que acometieron muchas veces à Yolverse, y que Martin Alonso Pinzo les rogô que no se volviesen, y, en eîecto de que se querian volver, el dicbo Martin Alonso habia dicho : Yo no lengo de volver el viage hasla hallar lierra ; vuelva quien quisiere volverse, e que asi fueron, e que desde un dia o dos habian hallado la tierra, y que el dicho Juan de Jerez habia dicho a este testigo y à otros, que el habia sido el primero que habia saltado en la tierra.
Traduction. — Il a entendu dire à Juan de Jerez, qui alla avec lui [Colomb] dans ce voyage que, lorsqu'ils eurent fait sept à huit cents lieues, la plupart des matelots dirent à Colomb qu'ils ne voulaient pas aller plus avant, parce que le courant allait du même côté qu'eux ainsi que le vent, et qu'ils ne pourraient plus retourner; qu'ils tentèrent plusieurs fois de s'en retourner et que Martin Alonso Pinzon les pria de n'en rien faire ; et que, comme ils persistaient, le dit Martin Alonso leur avait dit: Pour moi, je ne reviendrai pas de ce voyage sans avoir trouvé terre ; retourne qui voudra. Et ainsi ils se décidèrent d'aller. Et au bout d'un ou deux jours ils avaient trouvé la terre. Et le dit Juan de Jerez disait au témoin et à d'autres qu'il avait été le premier à sautera terre.
Déposition de Fernan Ferez Gamacho,
de Huelva, quatre-vingt-cinq ans.
{Idée de retourner en arrière.) Sévillc, 22 décembre 1535. Duno, Colon y Pinzon, pp. 256-257.
Viô llegar â la villa de Palos la armada de hacer el descubrimiento, e entré dentro en los navios e viô que traîan Indios e senales de la lierra asi como otras cosas ; e venidos, venia en la dicha armada un Francisco Garcia Vallejos, marinero, e dijo pùblicamente a este testigo e à Rodrigo de Vera e â Anton Martin e â muchos pilotos e A otras personas, que habiendo andado por la mar mucho adentro, Colon estaba embarazado e habia dicho é Martin Alonso Pinzon e à Vicente Yénez, capitanes: que os paresce que hagamos, que habemos andado mucho e no hallamos tierra? e quel dicho Martin Alonso Pinzon dijo entonces: Senor aqui venimos à servir à Dios e al Rey, e no habemos de volver atrâs hasta que hallemos la tierra ô morir, e que desde
quel dicho Colon habîa vistola voluntade determinaciôn de Martin AloDSO e de Vicente Yéiiez, su hermano, se habia determinado de buena voluntad de ir il dicho Yiaje,e asi lo habian proseguido hasta que habian hallado la tierra, e asi mismo decia el dicho Francisco Garcia quel dicho Martin Alonso daba mucho favor e ponia ânirao al dicho Colon.
Traduction. — Il vit arriver à Palos la flotte qui revenait de faire la découverte, il monta sur les navires et vit qu'ils amenaient des Indiens, des produits du pays ainsi que d'autres choses. Parmi les arrivants, se trouvait sur la dite flotte un certain Francisco Garcia Vallejos, marin, qui dit publiquement au témoin, Rodrigo de Vera, à Anton Martin et à d'autres personnes qu'après qu'ils se furent enfoncés bien avant dans la mer, Colomb était embarrassé et avait dit à Martin Alonso Pinzon et à Vicente Yanez, capitaines: que vous semble-t-il que nous devions faire? nous avons beaucoup marché et nous ne trouvons aucune terre. Aces paroles, Martin Alonso Pinzon dit alors: Monsieur, nous sommes venus ici pour servir Dieu elle roi, nous ne reviendrons pas en arrière tant que nous n'aurons pas trouvé la terre, plutôt mourir; qu'en entendant cela, Colomb, voyant la volonté et la résolution de Martin Alonso et de Vicente Yanez, son frère, s'était décidé de bonne volonté à poursuivre le dit voyage, et ainsi firent-ils, jusqu'à tant qu'ils trouvèrent la terre ; comme aussi le dit Francisco Garcia déclarait que le dit Martin Alonso favorisait beaucoup et encourageait le dit Colomb,
No 24
Déposition de Francisco Garcia Vallejo, de Moguer, compagnon de Colomb, qui faisait partie de l'équipage de la Pinta.
{Péripétes du voyage ; Rôle de Pinzon; Changement de route.)
Palos, !•» octobre 1513, Plellos, Vol. II, pp. 217 et sq.
A la catorzena pregunta dixo que lo que sabe es que sy no fuera por Martin Alonso Pinçon que le avyo con sus parientes e amigos, que non fuera el dicho almirante a descobrir ny fuera nadie con el, e con la amystad e ganas que tenya de servir a Sus Allezas rogo a su hermano e a este testigo e a otras presonas que fuesen con el e con el dicho Almirante a descobrir e quel dicho Martin Alonso le avyo, que sin él el dicho Almyranle non fuera a descobrir el dicho viaje ; preguntado como lo sabe, dixo
que porque lo vido e se fallo présente e fue con el diclio Pinçon e su hermano en su compania.
A la quinzena preguntadixo que sabe locontenido en la dicha pregunla, que parlieron de la villa de Palos e locaron en la Gomera e de alli tomaron su derola para dicho viaje dende el Fierro e anduvieron la buelta de luesle ochocientas léguas, e que en este tiempo doscientas léguas poco mas o menos de la lierra, siguiendo el dicho viaje, hablo el dicho Almirante don Crisloval con todos los capitanes e con el dicho ]\Iarlin Alonso e les dixo, que facemos, lo quai fue en seys dias del mes de Octubre del afio de novenla (1) e très aiios y dixo : Capilan, que lareraos, que mi gente mal me aquexa, que vos parece, senores, que fagaraos,e que cntonces dixo Vicente Yafiez : Andemos, Senor, fatas dos niyll léguas e sy aqui no fallaremos lo que vamos à buscar, de alli podemos dar buelta. Y entonces respondio Martin Alonso Pinçon, que ya yva por capitan asy prencipal : Como, Senor, agora partuuos de la villa de Palos ya buestra merced se va enojando, abant, Senor, que Dios nos dara vitoria que descubramos tierra, que nunca Dios querra que con tal vergiiençabolvamos ; entonces respondio el dicho Almirante don Gristoval Colon: bien aventurados seays,e asy porel dicho Martin Alonso Pinçon andubieron adelante, e que de esta esto sabe.
A la desyseysava pregunta dixo que la sabe porque este testigo la oyo dezir al dicho Martin Alonso Pinçon, capitan, e que sabe que por su yndustria e saber et parecer pasaron adelante, e que desta tanto sabe.
A la desisyete pregunta dixo que sabe e vido que dixo Martin Alonso Pinçon el dicho viaje: Senor, myparezeres y el corazon me da que sy descargamos sobre el sudueste que fallaremos mas ayna tierra, y que entonces le respondio el dicho Almyrante don Cristobal Colon: pues sea asy Martin Alonço e fagamos lo asy, et que luego par lo que dixo Martin Alonço mudaron la quarta al sudueste e que sabe que por yndustria e parecer del dicho Martin Alonso, por que era onbre muy sabido, se tomo el dicho acuerdo en las cosas de la mar; pregantado como lo sabe, dixo este testigo que por que se fallo présente a lo vido.
A la desyochava pregunta dixo que lo que sabe es que avido el acuerdo del dicho Martin Alonço Pinçon capitan e mudada la quarta del sudueste dende en très dias primeros siguyentes vido este testigo yendo por la dicha derrota como el dicho Martin Alonço vido pasar ciertos paxaros qua se llaman gayeguillos y papagallos y entonces dixo el dicho Martin Alonso : entre tierra andamos, que estos paxaros no pasan syn cabsa,e dende en très dias mismos dieron en las yslas de los Lucayos, en la ysia de Guanahany; el jueves a diez dias de Octubre aïjlo el piloto Pedro
(1) L'original porte 1493, alors qu'il faudrait 1492.
Nifio y dixo asy al Alrairante : Sefior,non agamos esta noche por andar, por que segund buestro libro dize, yo me hallo desyseys léguas de la tierra o veynte a mas tordar, de lo quai ovo gran plazer el dicho almirante e dixo que aquella razon que la dixese a Cristoval Garcia Xalmiento, que era piloto de la Pinta, e le dixo a Grisloval Garcia y el dicho Cristoval Garcia dixo : que mandays? por mi, criado, non melamos esta noche vêlas ny fagamos por andar, que me l'allo cerca de la tierra, y el dicho Cristoval Garcia respondio y dixo : pues por el mio meted vêlas y andemos quanto pudieramos, e de aqui le respondio Pero Aionso Nino: faced como quisierdes,que yo non quiero syno yr tras vos ; quando viere que days voces, salirme he afuera; y en esto aquel jueves en la noche aclarô la luna e un marynero que se dezia Juan Rodrigo Bermejo, vezino de Molinos, de tierra de Sevilla, como la luna aclaro, del dicho navio de Martin Alonço Pinçon vido una cabeça blanca de areua e alzo los ojos e vido la tierra e luego arremetio con una lonbarda e dio un trueno : tierra, tierra, e sostuvieron a los navios i'asta que vino el dia, viernes onze de otubre; el dicho Martin Aionso descubrio a Guanahany la ysla primera, e que desta tanto sabe, e que lo sabe por que lo vido a vista de
ojos.
Traduction. — Quatorzième question. Il répond que, sans Martin Aionso Pinçon, qui lui procura le concours de ses parents et de ses amis, l'amiral n'aurait pas pu aller faire son voyage de découverte. Mais, grâce au bon vouloir de Martin Aionso et au désir qu'il avait de servir Leurs Altesses, tout s'arrangea. Ce fut lui qui engagea ses frères et le témoin lui-même ainsi que beaucoup d'autres personnes à accompagner l'Amiral et celui-ci put ainsi partir pour son voyage. Il le sait parce qu'il était là présent et qu'il a fait partie de l'expédition.
Quinzième question. Il répond qu'il est au courant du fait dont parle cette question. Ils partirent de Palos et allèrent toucher à la Gomera et prirent de là leur route pour faire le voyage. A partir de l'île de Fer, ils allèrent huit cents lieues dans la direction de l'ouest, et, à deux cents lieues environ de la terre, l'amiral Christophe Colomb parla avec tous les capitaines et avec le dit Martin Aionso et leur dit:«Quefaisons-nous?»C'étaitle 6dumois d'octobre de 93 (sic). Il dit : « Capitaine que faisons-nous; mes hommes m'inquiètent, que faut-il faire à votre avis ? » Vicente Yailez lui répondit : « Seigneur allons jusqu'à deux mille lieues et, si nous ne trouvons pas terre, nous pourrons alors revenir sur nos pas. » Martm Aionso, qui était capitaine principal, lui dit de son côté : « Comment, Monsieur, nous sortons à peine de Palos et déjà vous êtes découragé; en avant. Monsieur, et Dieu nous donnera la victoire et nous fera découvrir la terre; à Dieu ne plaise que nous ayons la honte de retourner. » Christophe Colomb
leur répondit:* Allez en bonne aventure ! » Et ainsi à cause de Martin Alonso Pinçon, ils poursuivirent le voyage.
Seizième question. Il répond qu'il le sait parce qu'il l'a ouï dire à Martin Alonso Pinçon, capitaine, et que c'est par son industrie et ses conseils qu'ils poursuivirent le voyage, c'est tout ce qu'il sait de cette question.
Dix- septième question. Il répond qu'il sait que Martin Alonso dit à Christophe Colomb : « INIonsieur, mon avis est que nous nous dirigions vers le sud-ouest parce que nous trouverons une terre plus voisine. » L'amiral lui répondit: « Soit; laisons-le. » Et ainsi sur l'avis de Martin Alonso, ils prirent le quart au sudouest, et il sait que c'est par l'industrie et le conseil du dit Martin Alonso qui était un homme très entendu que fut prise celte décision au sujet de la navigation; qu'il le sait parce qu'il se trouvait présent et qu'il l'a vu.
Dix-huitième question. Il répond qu'après qu'on eut pris cette détermination et qu'on eut changé de direction, dans les trois jours suivants pendant qu'on allait vers le sud-ouest, le témoin et Martin Alonso virent passer certains oiseaux qu'on appelle geais et perroquets et Martin Alonso fit cette réflexion que nous naviguions entre des terres et que ces oiseaux ne passaient pas sans motif et au bout de trois jours nous donnâmes dans les Lucayes à l'île de Guanahany. Le jeudi 10 octobre le pilote Pedro Nino parla à l'Amiral et lui dit: « Il serait bon de ralentir la marche cette nuit parce que suivant les indications de votre livre, je me trouve à seize lieues de la terre, à vingt lieues au plus, » Cela fit grand plaisir à l'Amiral qui lui dit d'en faire part à Cristobal Garcia Xalmiento, pilote de la Pinta. Et il le dit à Cristoval Garcia et le dit Cristoval Garcia (1) dit : « Que commandez-vous? Pour moi, mon garçon, je suis d'avis de serrer nos voiles cette nuit et de ne pas avancer, parce que je me trouve dans le voisinage de la terre. » Le dit Cristobal Garcia répliqua : « Je serais d'avis au contraire de larguer nos voiles et d'aller autant que nous pourrons. » Pedro Nino lui dit: «Faites comme vous voudrez,je ne demande qu'à vous suivre; quand je vous entendrai appeler je viendrai de voire côté. » Dans la nuit de ce même jeudi il fit clair de lune et un marin qui s'appelait Juan Rodrigo Bermejo, habitant de Molinos,dans la campagne de Séville, et qui faisait partie de l'équipage du navire de Martin Alonso Pinçon, aperçut à la clarté de la lune une langue blanche de sable et levant les yeux il vit la terre. Il tira aussitôt u n coup de lombarde et s'écria : Terre ! Terre ! Ils restèrent à bord jusqu'au jour, vendredi 11 octobre. Et le dit Martin Alonso dé-
(l)Le texte des Pleitos porto ainsi. Mais la suite de la phrase prouve qu'au lieu de Cristoval Garcia, il faut lire Pero Nino.
couvrit Guanahany la première île. C'est tout ce qu'il sait, et il le sait parce qu'il l'a vu de ses propres yeux.
Lettre du D"" Jérôme Mûntzer au roi Joâo II,
Nuremberg, 14 juillet 1493.
A, — Fragment du texte latin original, trouvé dans les papiers de Hartmann Schedel par le D'' R. Staubcr (Die Schedelsche Bibliolhek... in Studien und Da.rstellungen ans dem Gehiele der Geschiclile. Appendice, n» 14, p. 251. Publié par le D' Ilermann Grauert. Vol. VI, fascicules 2 et 3- Fribourg en Brisgau.IIerdcr, 1908, in-8'.
Serenissimo invictissimoque Joanni Portugallie Algarbiorum Maurilaaieque maritime régi insularumque Madère, Fortunataruraque Catheridarum Azorum primario inventori, leronimus Monetarii medicincdoctor Germanus sese humilime recomendatum facit.
Quia hucusque a serenissimo infante Henrico avunculo tuo id preconii accepisti quod aperiendo orbe terrarum nulli labori nec expensis pepercisti, tuaque industria Ethiopicum et Genee mare populosque maritimosusqueadtropicum capricornisnis mercibus ut auro, granis paradisi,pipere, sclavis et aliis tibi Iribularios fecisti. Ouo ingenio laudem et immortalem gloriam comodumque insuper maximum tibi peperisti, nec dubium quin brevi tempère Ethiopes in humana effigie quasi bestie a divino cultu alienate tua industria hestialitatem exuantet ad calholice religionisobservantiam deveniant. Considerans bec invictissimus Romanorum Rex Maximilianus maire Portugalensis, voluit epislola mea quamvisrudi majestalem tuam invitari ad querendum (stc) orientalem Cathaii dilissimam plagam. Confilentur enim Aristoteles in fine secundi Celi, item Seneca 5*^» Naturalium, item Petrus de AUiaco sua étale doclissimus aliique quamplures clarissimi viri, confilentur, inquam. principium orientis habitabilis salis propincuum esse fini occidenlis habitabilis. Signum sont elephantes, quiinduobushiislocishabundant. Similitercaunequastormentum de latere orientis ad littora insularura Azores proicit. Sunt item infinila, ut ita loquar, et cerlissima argumenta quibus quasi démonstrative conicilur mare illud brevibus diebus posse navigari Cathaium orientalem versus. Ne turbet te Alfraganus et alii inex- "perti, qui solum unamquarlam terre dixerunt esse discoopertam mari, terramque secundum Ires partes suas immersam esse mari. Nam in rébus spectantibus ad habitacionem terre plus credendum
est experiencie et probabilibus historiis quam imaginacionibus fantasticis. Sois enim quam plures...
(RemarquedeSchedel).Incompletumest;nonlongiusrepertum.
B. ■— Texte portugais, trouvé par le D' Ilermann Grauert dans un volume incunable de la Bibliothèque de Munich, et publié par lui dans Ilisiorisches Jahrbuch des Gœrres Gesellschaft, Vol. XXIX, 1908, Fasc. 2, p. 315.
Nuremberg, 14 juillet 1493.
A cartta que enuiou Hieronimo Monetario, doulor aleraâ da çidade de Norembergaem Alemania,ao serenissimo rey dO Joham o segundo de Portugall sobre o descubrimento do maar oçeano e provença do Grande Gam de Gatay, tirada de latim em linguajem por mestre Aluaro da Torre, mestre em theologià da ordem de Sam Domingos, pregador do dicto senhor rey.
Ao serenissimo e inuictissimo Johanne, rey de Portugal e dos Algarves e da Mauritania maritima e invenlor primeiro das jlhas Fortunadas Ganarias,da Madeira e dos Açores, Hieronimo Monetario, doutor alemà, muy umildosamente se encomenda. Porque ate qui este louuor recebeste do serenissimo infante dô Anrique, teu tio, que nunca perdoaste a trabalho nem despesas para descobrir a redondeza das terras e por a tua industria fezeste tributarios ate os povos maritimos da Ethiopia e o mar de Guinée atee o tropico de capricorno com suas mercadurias, asy como euro, granos de paraiso, pimenta, escrauos e outras cousas,com ho quai ingenho ganhaste |3ara ty louuor, immortalidade e gloria e tambem muy gram proueito. E nam he duuida que em iDreue tempo os de Ethiopia, quasi bestas em semelhança humana, alienados do culto divino.dispam por tua industria sua bestialidadeevenham a guardara religiamcatholica. Gonsiderando estas cousas Maximilian, inuictissimo rey de Romanos, quis conuidar tua magestade a buscar a terra orientait de Gatay muy rica. Porque Aristoteles confessa em fîm do livro segundo de celo e mundo e tambem Seneca no quinto liuro dos naturaaes e Pedro de Aliaco, cardeall muy letrado na sua jdade^e outros muy muytos baroôes esclarescidos, confessam,diguo, ho principio do oriente abitauel seer achegado asaz ao fim do occidente auitauell. Sam sinaes os elefantes que ha muytos aqui nestes dons lugares e tambem as canas que a tormenta lança da praya do oriente asprayas das jlhas dos Açores. Sam tambem infinidos, porque asy ho diga, muy certes argumentos, polios quaes demonstratiuos se proua aquelle maar em poucos dias nauegarse contra Gatay orientall. E nom te trouue Âlfragano e outros sem esperiençia, os quaes diserom soomente huma quarta parte da terra estardescuberta ao
maar e ha terra segùndo as très suas partes estar alargada sob ho maar, porque nas cousas que pertencem a habitaçam da terra mais se ha de créer a esperiença e as prouaues estorias que as ymaginacioones fantasticas. Porque certo sabes que muitos autorizados astronoraos negarom ser alguma habitaçam debaixo dostropicos e equinocios.As quaes cousas tu achaste serem vàas e falsas por tua esperiencia, Nam seia duuida que a terra nam esta alargada sob ho maar, mais pello contrairo o maar estaa immerso.Et ainda a redondeza orbicular délia. Abondam tambem a ty as abastançase riquezas e sama ty marinheiros muysabios, os quaes asy mesmo deseiam ganhar immortalidade e gloria. 0 quanta gloria alcançarâs, se fezeres o oriente habitavell seer conhesçido ao teu ocçidente,e tambem quanto proveito os commercioste danim, que mais faras lasjlhas do oriente tributariase muytas vezes os reys marauilhados se sogigaram muy leuemente ao teu senhorio. Jate louuam por grande principe os Alemâos, e Jtalicos,eos Rutanos,Apolonios, Scithos e os que moram debaixo da seca estrella do polo artico, com ho grande duque de Moscavia, que, nam ha muytos annos, que debaixo da sequidade da dicta estrella foy nouamente sabida a grande ilha de Grulanda, que corre por costa CGC leguoas,na quai ha grandissiraa habitaçam de gente do dicto senhorio do dicto senhor duque. Mais se esta espediçamacabares.alevantar te am emlouvores comodeusouotro Hercules e teras tambem, se te apraz, para este caminho por companheiro deputado do nosso rey Maximiliano ho senhor Martinho Boemio singularmente para este acabar, e outros muy muytos marinheiros sabedores que navegarara ha largura do maar tomando caminho dasjlhas dos Açores por sua industria, por quadrante, chilindro e astrolabio e outros jngenhos, onde nem frio nem calma os anojarâ e mais navegardm a praya oriental! sob huma temperança muy temperada do aar e do maar, muytos infindos argumentos sam,pellos quaes tua magestade pode seer estimada. Mais que aproveita esporear a quem corre? Et tu mesmo es tall que todas las cousas com tua jnduslria ate a vnlia examinas, e portanto escrever muytas cousas desta cousa he jmpedir à quem corre, que nam achegue ao cabo. Ho todo poderoso conserve a ty em teu proposito e, acabado o caminho do maar de teus cavalleiros, sejas celebrado com jmmortalidade, Valc ; de Nuremberga vila da alta Alemanha à M de julho, salutis de mill e quatroçemtos e nouventa e très annos.
C, — Traduction faite sur les textes latin et portugais.
Lettre qu'envoya Hieronimo Montaro, docteur allemand de la ville de Nuremberg, en Allemagne, au sérénissime roi Dom Joào second de Portugal, sur la découverte de la mer Océane et de
la province du Grand Khan de Calhay, traduite du latin en langage [portugais], par maître Alvaro de la Terre, maître en théologie,de l'ordre de Saint-Dominique, prédicateur du dit seigneur roi (1).
Au sérénissime et invincible Jean, roi de Portugal, des Algarves et de la Mauritanie maritime, et premier découvreur des îles de Madère, Fortunées, Catherides (2) et des Açores, Hieronymus Monctarius, docteur en médecine, Allemand (3), se recommande humblement.
Puisque jusqu'ici tu as hérité de ton oncle le sérénissime infant Dom Henrique la gloire de n'avoir épargné aucune peine ni dépense pour faire connaître le globe terrestre (1) et que, par ton industrie, tu as rendu tributaires la mer d'Ethiopie et celle de Guinée avec leurs peuples maritimes jusqu'aux tropiques du Capricorne, pour leurs marchandises, telles que l'or, les grains de Paradis, les esclaves, le poivre et autres choses, et que par ce moyen tu as acquis une louange et une gloire immortelles, et de plus\m très grand avantage pour toi, il n'est pas douteux que bientôt les Ethiopiens, qui sous l'effigie humaine sont comme des bêtes, n'ayant aucune connaissance du culte divin, dépouilleront, grâce à toi, leur bestialité et embrasseront la foi catholique.
Considérant ces choses, l'invincible Maximilien, roi des Romains, dont la mère est portugaise (3), a voulu par ma lettre, quoique imparfaite, inviter ta majesté à chercher le très riche pays oriental de Gathay. Car Aristote,àla fin du second livre du Ciel, Sénèque-, livre V des Queslions naturelles, de même que Pierre d'Ailly, le plus savant de son époque, et un grand nombre d'autres hommes illustres, ont déclaré que le commencement de l'Orient habitable est assez rapproché de la fin de l'Occident habitable. La preuve en est dans les éléphants, qui abondent dans ces deux endroits et semblablement dans les roseaux que la tempête venant de l'Orient jette sur le littoral des îles Açores. De même, il y a de nombreuses, et si je puis m'exprimer ainsi, de très certaines preuves par lesquelles on peut conjecturer, d'une
(1) Titre donné par le premier éditeur portugais. La suite est la traduction de la partie du texte latin original trouvé par Stauber dans les papiers de Schedel.
(2) Pour Gassitérides.Dans le texte portugais cette expression est remplacée par celle des Canaries, Behaim croyait que les îles Cassitérides des Anciens étaient les Açores.
(3) Docteur allemand, dans la version portugaise.
(4) Pour découvrir la sphéricité de la terre, dans la version portugaise.
(5) Ce membre de phrase manque dans le portugais.
manière presque certaine, que cette mer peut être naviguée en peu de jours jusque vers le Cathay Oriental.
Et ne te laisse pas troubler par Alfragan et d'autres auteurs sans expérience, qui disent qu'un quart seulement de la terre est au-dessus du niveau de la mer, et que la terre, pour ses trois autres quarts, est noyée sous la mer, parce que, dans les choses qui concernent l'haÏDitation de la terre, on doit croire plutôt Texpérience et les récits probables, que les imaginations fantastiques.
Tu sais certainement que beaucoup (6) d'astronomes autorisés ont nié qu'il y ait quelque terre habitable sous les tropiques et dans les régions équinoxiales. Cependant tu as prouvé par expérience que ces choses étaient vaines et fausses. 11 n'y a aucun doute que la terre ne s'étend pas au-dessous de l'eau, au contraire c'est l'eau qui est plus basse (7). A cela vient s'ajouter la forme orbiculaire de la terre.
Tu as aussi en abondance les ressources et les richesses et tu as des marins très savants qui désirent aussi gagner immortalité et gloire. 0 quelle gloire tu obtiendras si tu fais que l'Orient habitable soit connu à ton Occident! Et aussi quel profit le commerce te donnera, car tu rendras les îles de l'Orient tributaires, et bien des fois leurs rois émerveillés se soumettront très facilement à ton autorité.
Déjà te louent comme grand prince. Allemands, Italiens, Ruthènes, Polonais, et les Scythes, qui demeurent sous l'étoile aride du pôle arctique, ainsi que le grand-duc de Moscovie, et il n'y a pas bien des années que, sous la sécheresse de la dite étoile, fut nouvellement découverte la grande île de Grulanda, qui a 300 lieues de côtes, dans laquelle il y a une grande colonie sous la seigneurie du dit grand-duc.
Mais, si tu achèves cette expédition, on l'exaltera par les louanges comme un Dieu ou comme un autre Hercule. Et pour ce
(G) Le fragmsat latin s'arrête là. Schedcl a écrit au bas : Incomplet, il n'a rien été trouvé de plus.
(7) Ce passage est assez obscur ; mais Harrisse s'est certainement mépris sur le sens de la phrase, quand il a rendu mats pello conlrairo o maar estaa immerso par : on Ihe contrary it is the sea lohich is smaller than the earlh. {Discovery of North America,p. 394.) Il n'est pas du tout question ici du peu d'étendue des eaux par rapport à celle de la terre. Le D' Grauert dit avec raison, croyons-nous, qu'il s'agit de l'opinion soutenue au moyen âge que la mer était à un niveau plus élevé que la terre. (Die Entdeckung... op. cit., p.318,n ) Ravenstein a traduit :It cannot be doubted that the earth (land) is not spread out below the water (sea), but, that, on the contrary the sea is immerged. {Martin Behaim, p. 113, col. I.)
voyage tu auras aussi, si cela te plaît, un compagnon, le seigneur Martin Behaim, envoyé par notre Roi Maximilien spécialement pour exécuter cela (8), ainsi que beaucoup d'autres marins expérimentés qui, des Açores, navigueront par leur industrie la largeur de la mer au moyen du quadrant, du cylindre, de l'astrolabe et autres instruments. Ils ne craindront ni le froid ni les calmes, car ils navigueront vers la plage orientale par une température très modérée de l'air et de la mer. Il y a de nombreuses et infinies raisons qui peuvent acquérir de la gloire à ta majesté. Mais à quoi bon éperonner celui qui court ? Et toi-même tu es tel qu'avec ton savoir tu examines toutes les choses à fond. Et par conséquent écrire beaucoup sur cette chose, c'est empêcher celui qui court d'arriver au but. Que le Tout Puissant te conserve en ton intention, et que le voyage de mer terminé, toi et tes chevaliers soient célébrés immorlellement.
Salut. De Nuremberg, ville de la Haute-Allemagne, le 14 juillet de l'année du salut 1493.
^ De Globe sperico terre.
Noie manuscrite de Hartmann Schedel sur le Globe de Behaim trouvée par le Di" Richard Slauber et publiée par le D' Hermann Grauert dans le mémoire de Stauber : Die Schedelsche Bibliothek, appendice n* 18, p. 257, in Studien und Darstellungen aus dem Gehiele der Geschichle, Vol. VI, fascicules 2 et 3. Fribourg, Herder, 1908.
Mundi formam omnes fere consenciunt rotundam esse, idemque de terra senciunt, que in medio rerum constituta gravia queque ad se trahit, aquis maiori ex parte submersa.
Sunt qui arbitrantur quatuor ejus plagas apparere, quas magnus insecat occeanus, duobus amplissimis fluminibus eas ambiens, quorum alterum zodiaco subiciatur, alterum ab aurora dextra levaque per polos defluens extra columnas Herculeas conju[n]gatur,atque in hune modum tocius terre quatuor porciones velut ingénies insulas emergere. Que celo subjecte bénigne mortalium habitaciones admittant.
Hune orbis situm impeditum opus in hoc sperico globo ornatissimo facundie minime capax verum aspici cognoscique dignis-
(8)Dansla traduction de Harrisse ainsi que dans celle de Ravenstein {op. ci7.), Timportant membre de phrase singularmente pera eslo acabar, spécialement pour exécuter cela y est supprimé.
ViGNAUD. Nouvelles Études. II 40
simum M[artinus]B[ohemus]eques auratusanno Christi 1492 absolviL pro gloria inclite urbis nurembergensis.Etcum nec divinis openbus maledica lingua pareil, quecunque enim morlales agunt sive privatim sive publiée ealumnie subiaeent, haud diffidimus, quin nostrura laborem malignus inlerpres non fugiet, neque maledicis oceursuri clausurique ora eontendimus. Frustra nitimur et in dextro et sinistro latrant itinere canes.
Nullius enim vita sine reprehensione cucurrerit. Communem igitur sortem equo animo terre decet, presertini [au-dessus est écrit ; precipue] cum opus ex iilustribus cosmographis ac geographis tum antiquis ul Strabone, Pomponio Mella, Diodoro Siculo, Herodoto, Plinio secundo Novocomensi, Dionysio, etc., tum raodernis ut Paulo Veneto, Petro de Eliaco et peritissimis viris régis Portagalie profecimus.
De situ locorum, que videbantur necessaria, inseruimus et quantum terrarum orbis incolitur cum interjectis et circumfusis aquis.
At quodcumque de nobis judicium fuerit non inviti subibimus, quando in hoc opère neque optimorum speramus laudem neque pessimorum timemus vituperium, neque qui nobis detraxerit id glorie assequetur, ut omnes ei consenciant^et fortasse futura etas id approbabit quod nostra rejecerit.
Hic globus labore et opéra M. B. absolutus est, in quo orbis situs strictim continetur, quo pacto se habeat forma tocms orbis, maximeque ejus partes, Europa scilicet, Asia et Africa, quomodoque singule ejus partes se habeant.
Similiter ore et ïittora, qualiter se intra et extra ostendant, qualiterque pelagus ea subeat et circundet.
Absolute eliam sunt latitudines et longitudines paralellorum ex veleribus cosmographis ut Ptolemeo, Strabone, Diodoro Siculo, Plinio ; similiter ex reciencioribus ut Petro de Eliaco, Marco Polo Veneto, aliisque cosmographie martiribus, eaque omnia doctis dumtaxat, in quibus, si erraverit, correccioni se submittit, sciens, nihil esse cui non possit additamentum ad operis consumacionem fieri, etc.
Traduction. — Les parties soulignées sont de Schedel même, les autres ont été tirées par lui de YHisloria Berum de Pie II. Voir ci-dessus, Sources, n" 11, p. 412 et note 47, p, 445.
Du glohe sphérique de la terre.
Tous à peu près reconnaissent que la figure du monde est ronde, et l'on pense la même chose de la terre, qui, placée au milieu des choses, attire à elle tout ce qui est pesant, et est submergée par les eaux pour la plus grande partie.
Il y en a qui pensent qu'elle présente quatre parties, délimi-
tées par le Grand Océan, qui les entoure par deux très larges fleuves, dont l'un est situé sous le zodiaque, et l'autre partant de l'aurore et coulant à droite et à gauche en passant par les pôles, se réunit au delà des colonnes d'Hercule, et de celle manière les quatre parties de la terre émergent comme de grandes îles ; lesquelles, situées sous un ciel clément, sont habitables par les hommes.
Celle représenlalion de la terre dans ce magnifique globe sphérique, ouvrage difficile, incapable de parler mais 1res digne d'êtrç vu el connu, a élé exécutée par M[artin] B[ehaim], chevalier, Van du Christ Î492, pour la gloire de Villuslre ville de Nuremberg. Et comme les langues médisantes n'épargnent pas même les œuvres divines, et que tout ce que les mortels font soit en particulier, soit publiquement, est exposé à la calomnie, nous ne nous dissimulons pas que notre travail n'échappera pas à la malignité des interprètes, et nous n'avons pas l'intention d'aller au-devant des médisants et de leur fermer la bouche. Car nous nous efforcerions vainement et les chiens aboient à droite el à gauche du chemin.
En effet, il n'y a personne dont la vie ne s'écoule sans critique. C'est pourquoi il convient de supporter avec sérénité le sort commun surtout lorsque nous avons composé notre œuvre d'après d'illustres cosmographes et géographes tant anciens, comme Strabon, Pomponius Mêla, Diodore de Sicile, Hérodote, Pline le second de Côme, Denys el autres, que modernes, tels que Polo le Vénitien, Pierre d'Ailly et les gens très expérimentés du roi de Portugal.
Pour la situation des lieux, nous avons inséré ce qui nous a par\i nécessaire, ainsi que l'étendue de la terre habitable, avec les eaux qui la divisent et qui l'entourent.
Et, quel que soit le jugement que l'on formera de nous, nous nous y soumettrons de bon gré, vu que, dans le présent ouvrage, nous n'espérons pas l'éloge des Idous, et nous ne craignons pas le blâme des méchants, et que celui qui nous dénigrera, n'obtiendra pas cette gloire de voir tout le monde partager son avis, et que peut-être la postérité approuvera ce que notre âge aura rejeté.
C'est par Vœuvre et le travail de M[artin] B[ehaim'\ qu'a été terminé ce globe, qui contient la description sommaire de la terre et indique la forme de tout Vunivers el ses grandes divisions, savoir VEurope, l'Asie et V Afrique, et la disposition de chacune de ces parties.
Semblablement, il indique les côtes et les rivages, de quelle manière ils rentrent et ressortent, et comment la mer les pénètre et les entoure. Les latitudes et les longitudes des parallèles ont aussi été tracées d'après les anciens cosmographes, tels que Ptolémée, Strabon, Diodore de Sicile, Pline, comme aussi d'après les plus récents, tels que Pierre d'Ailly, Marco Polo le Vénitien et d'au-
ires cosmoffraphes, bien entendu tous savants. S'il a erré dans ces choses, il se soumet à la correction, sachant quil n'y a rien à quoi Une puisse être fait quelques additions pour le perfectionnement de l'œuvre.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES Comprenant la liste des ouvrages et des documents cités
Les indications de pages sans mention de tomaison, se rapportent au premier volume. Abréviations : Et. pour Étude S. pour Sources. N. pour Né. M. pour Mort.
Açores (Les). — Étaient connues bien avant Colomb, 54. — Seraient les îles que désigne la lettre à Martins comme point de départ pour aller aux Indes. — 289, 290.
Acosta (le P. Joseph). — Jésuite et historien espagnol, 1539-1600. — Historia natural y moral de las Indias, en que se tratan las cosas notables del cielo, y elementos, metales, plantas, y animales délias :
y los rites y ceremonias, leyes,., compuesta por el Padre — . Séville, Juan de Léon, 1590, petit in-4'', pp. 537-18. — Vol. II, 213.
Adams (Charles Kendall). — Écrivain américain, mort en 1902. — Christopher Columbus, New- York, Dodd, Mead, 1892, in-12, pp. 261. —388.
Petit volume de la collection des Makers of America, Bien fait et intéressant. L'auteur suit la tradition colombienne et commet bien des erreur-s de détails; mais .juge les actes de Colomb avec beaucoup d'iadépendancc.
Affonso V, dit l'Africain, roi de Portugal, 1438-1481. — Privilège qu'il donne à Fernao Telles, 73. — Aurait cherché la route des Indes par l'Ouest dans l'année 1474, 108.
— Aucun document portugais ne témoigne du fait, 137. — Erreur de ceux qui croient que Colomb s'adressa d'abord à lui, 363-366.
Agron (Juan), de Moguer. — Son témoignage en 1532 sur le but de rexpcdition de Colomb. — II, 291,
Ailly (Pierre d"). — Cardinal français. Savant cosmographe, 1350- 1420. — Colomb doit à son Imago Mundi presque toutes ses connaissances cosmographiques, ainsi que sa thèse sur la proximité de l'Inde, I, Sources, 97. — L'exemplaire de la Colombine de cet ouvrage, qui appartenait à Barthélémy, est couvert de notes des deux frères, 96.
— Adopte l'opinion de quelques anciens sur la grande extension du monde connu, 247, 248. — Ses emprunts à Roger Bacon sur ce point, 248. — Croit au peu d'étendue de l'espace maritime resté inexploré, 315, 316. — Se prononce contre la mesure de Ptolémée, 317, 319. — Ne change pas d'avis après avoir résumé Ptolémée dans son Compendiiim, 316, 334. — Ne tient pas compte de la rectification de Pto-
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
lémée à Marin de Tyr et maintient que la longueur du monde connu est plus grande que la moitié de la terre, 334, 335.
— Tractatus de Imagine Mundi, sans lieu ni date, vers 14S0-1487, 1 vol.
in-fol. — I, Sources, 96-99.
— L'Epilogus Mappe Mundi, un des traités de l'Imago Mundi, souvent annoté par Colomb.
— Gompendium cosmografie. Résumé de la géographie de Ptoléméc écrit par d'Ailly après les autres traités, mais où il maintient son opinion sur la grande étendue du monde habitable. — 334.
— Ses deux cartes du Monde. — I, Sources, 99-101.
Albaigne (André d'). — Gosmographe Lucquois, habitant la France au xv° siècle, frère de Francisque.
— Remontrance au roi et à Messieurs de son conseil privé. Sans date (1571-1582 ?). — I, Sources,
— Propose au roi Gharles IX de faire la découverte proposée antérieurement par son frère, 473, 474.
Albaigne (Francisque d'). — Cosmographe Lucquois du milieu du XVI* siècle. — Écrit de Lisbonne au l'oi de France, en 1566, pour lui proposer une importante découverte. — 362, 473.
Albe (Duchesse de Berwicket d). — De la famille de Colomb par les Golon-Porlugal. Décédée en 1904.
— Autografos de Cristobal Colon y papeles de America. Los publica la Duquesa de Berwick y de Alba, condesa de Siruela. Madrid, 1892, in-fol, pp. V-203.
— Documentos escogidos del archive de la casa de Alba. Madrid, 1891, in-4'>, pp. xxiii-610.— II, 125.
— iNuevos autografos de Cristobal Colon y relaciones de ultramar. Los
publica la Duquesa de — . Madrid, 1902, in-fol. pp. 294. — 487, 503.
Albert-le-Grand — Dominicain allemand, 1193-1280. — Son traité De Natura locorum où il professe la sphéricité de la Terre, 248. — Ses doctrines étaient enseignées à Salamanque, 307.
Albertis (Enrico Alberto d'). — Le costruzioni navali e Tarte délia navigazione al tempo di Cristoforo Colombo. - Rome, 1893, 1vol. infol. — II, 159.
Forme le vol. I de la partie IV de la Raccolia Colombiana.
Alcaçovas. — Traité conclu en cette ville en 1479-1480 entre l'Espagne et le Portugal. — Texte de la clause relative aux Canaries, 209, 371.
Aldrete (Bernardo). — Varias antigïiedadesde Espana, Africa y otras provincias. Anvers, J. Hasrey, 1614, in-4°, pp. 640-36. — II, 214.
Alexandre VI (Pape), 1431-1503. — Voyez Bulles.
Alfragan. — Astronome arabe du ix" siècle. — Son vrai nom, 64. — Colomb trouve dans d'Ailly sa mesure des degrés et la lui emprunte, 312-314. — II, 342.
Alguns Documentos do Archivo nacional da Torre do Tombo acerca das navegaçôes e conquistas portuguezas, publicado por ordem do Governo de sua Majestad Fidelissima ao celebrar-se a commemoraçSo quadricentenaria do descobrimento da America. Lisboa.
Imprensa nacional, 1892, in-fol.
Pp. XXII, 554. — 208, 405.
AUegretti (Allegretto). —II, 291.
Allid (Alonso Vêlez). — Alcade mayor de Palos, né vers 1465. — Sa déposition sur le séjour de Colon à la Rabida, I, Sources, 486. — Distingue Ferez de Marchena, 502,
504. — Ce qu'il dit de ce dernier, U, 18, 19. — Son témoignage sur Vasquez de la Frontera, 22, 23.
Alonso (Garcia). — Compagnon de Colomb. Sa déposition sur le premier voyage de 1492. In Ferré, El descubrimienlo, p. 165. — II, 185.
Altamira y Crevea (Rafaël).— Historiade Es pana y de la civilizaciôn Espanola, por — . Barcelona, 1900- 1906, vol. I à III, 8°.— I, 489.
Excellent ouvrage, écrit d'après les sources mêmes et dans un esprit très ouvert.
Altolaguirre y Duval (Angel de).
— Cristobal Colon y Pablo del Pozzo Toscanelli. Estudio critico del proyecto, formulado por Toscanelli y seguido por Colon para arribar al extremo Oriente de Asia navegando la via del Oeste, por — , commissario de guerra de primera clase, licenciado en derecho civil y canonico, correspondiente de la Real Academia de la Historia. Madrid, imprenta de administraciôn militar, 1903, 8»-jésus, pp. x-430. —13, 111, 120, 196,360, 364, 368, 375, 389. — II, 101, 107, 344, 392, 423.
Ouvrage qui a obtenu en 1904 le prix Loubat à Madrid. L'auteur a eu principalement pour objet de combattre la tlièse soutenue par nous que la Lettre attribuée à Toscanelli sur le passage aux Indes par l'Ouest est apocryplio.
M. Altolaguirre croit à l'authenticité de la lettre, mais ne croit pas que Toscanelli l'ait communiquée à Colomb, qui l'aurait dérobée.
Alvarez (Pedro Francisco). — Religieux et voyageur portugais de la première partie du xvi" siècle.
— Verdadeira informaçâo das terras do Preste Joao das Indias. Nova edicao conforme a la de 1540, illus-
trada de diverses facsimilcs... Lisbonne, 1884, in-fol. — 333.
Il y a plusieurs traductions de cet important ouvrage, dont une en français faite sur une version italienne, imprimée à Anvers en 1558. Une traduction anglaise par Lord Stanley a été publiée en 1881 par la SDciété Hakluyt, c'est la seule complète et exacte .
Alvaro de Portugal. — II, 79, 80.
Ambrosio (Pedro Alonso). — Sa déposition, l*" nov. 1533 (Colomb à la Rabida), in Duro. Colon y Pin" zon, pp. 231 et 234. — II, 21,27,30.
American historical Review. 11,393.
Annaes da Ilha do Porto Sancto.
Antilia (l'Ile). — La même que celle des Sept-Gités pour les Portugais 71, 72, 74, 75. — Témoignage de Ruy de Pina que les Rois de Castille avaient envoyé Colomb à la découverte de cette île et de celle de Cypangu, 329, 369, 370. — Sa situation sur les cartes du moyenâge, II, 177. — Sur le Globe de Behaim, 178. — 272, 419, 421, 468.
Antonio (Nicolao). — Bibliographe espagnol, 1617-1684. — Bibliotheca hispana nova. Madrid, 1783, 2 vol.
in-fol, — Bibliotheca hispana vêtus. Madrid, 1788, 2 vol. in-fol. — Son témoignage sur la bâtardise de F. Colomb, 623. — II, 89.
Aragao (Teixeira de), 1853-1892. — Brève noticia sobre o descobriraento da America, in Centenario, etc. Lisbonne, 1892, in-fol. — Mentionne l'opinion que Colomb s'était compromis avec le parti de Bragance en Portugal. — 401.
— Vasco da Gama, Lisbonne, 1898, 8'^
Aragon (1'). — Sa participation à la découverte de l'Amérique. — II, 131, 132, 134.
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
Arana de Cordoue (Les).— Famille de condition moyenne, 612.
Arana (Diego de). — Neveu de Beatriz Enriquez. — Membre de la prcm'ère expédition de Colomb ; commandant du fort de la Navidad où il fut massacré, 614.
Arana (Pedro de). — Frère do Beatriz Enriquez, 611. — Capitaine de l'un des navires de la troisième expédition de Colomb, 611, — Serviteur (criado) de Fernand Colomb,
Arco (Domingo de). — Madéréen qui obtint du roi Joâo un privilège pour aller à la découverte de l'Ouest, 71, 403.
Arellano (D. Rafaël Ramirez de). — Datos nuevos referentes a Beatriz Enriquez de Arana y los Aranas de Gordoba encontrados por — .In Bolelinde la Real Academia de la Historia, vol. XXXVII, déc. 1900.
— Un Document© nuevo de Beatriz Enriquez de Arana. Ibid.,\o\. XL?
janv. 1902, — 612.
Ces deux articles contiennent le texte d'une douzaine de documents authentiques relatifs à Beatriz Enriquez et à sa famille, qui font connaître pour la première fois sa véritable situation. MMarcel a rendu compte de ces deux mémoires dans la Géographie, 15 mai 1902.
Argensola (Bartholomeo-Leonardo de). — Primera parle de los anales de Aragon, que prossigue los del secretario Geromino Çurita desde el afio MDXVI, por — . Çaragoça, Juan de Lanajon, 1630, in-fol. —
Cette première partie delà suite donnée par Argensola aux Annales de Çurita, comprend les années 1516 à 1520. Pour la seconde partie, voir Zapater.
Arias (Pedro). — Marin de Palos,
N. vers 1460. — Sa déposition sur Colomb à la Rabida, II, 21. — Sur Pinzon, 146.
Aristote. — Son opinion sur le peu d'étendue de l'Océan, 223. — Cité plusieurs fois par Colomb qui ne le connut que par D'Ailly et Pie II.
Art de vérifier les dates. — Paris, 1783-1787, 3 vol. in-fol, — 449.
Asensio (D. José Maria). — Cristobal Colon, su vida, sus viajes, sus descubrimientos, por — , director de la Real Academia Sevillana de buenas lefras, etc. Esplendida ediciôn, ilustradacon magnificas oleografîas, copia de famosos cuadros de artistas espanoles, etc. Barcelona, Espasa, S. D. (1832), 2 vol. in-fol.
Aspa (Antonio de). — Religieux hiéronimiste qui vivait à la fin du XV' siècle et au commencement du xvi". — Relacion de los dos primeros viages de Christobal Colon. — II, S. 6, 7. - 126, 215, 308, 309.
Manuscrit qui date de 1518 au plus tard, contenant quelques renseignements sur Colombqu'on ne trouve pas ailleurs,
Assereto (Ugo). — La data délia nascita di Colombo accertata da un documente nuevo, dans le Giornale slorlco e leiterario délia Liguria.
— La Spezia, janv.-fév. 1904. — 32, 429.
Ce document est une déposition de Colomb qui confirme la thèse que Colomb naquit en 1451,
Averroes. — Cité par Colomb, d'après dAilly, 314.
Avery (Elroy M'Kendree). —A History of the United States and its peoplefrom the earliest records to
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
the présent timc. Cleveland, The Burrows Brothers Company, vol. I, 1904, 8° Jésus, XXX-405. — 367, 389, 397, 499. II, 113. — Opinion qu'il prête à l'auteur, 368.
Aveyro (Affonso d'j. — Explorateur portugais, avec lequel Behaim voyagea probablement. — II, 434.
Avezac (Armand-Pascal d"), 1800- 1875. — Membre de l'Institut, l'un des fondateurs de la critique colombienne et l'inventeur de la légende de « Toscanelii initiateur de la découverte de l'Amérique ». —
— Sur un globe terrestre trouvé à Laon, antérieur à la découverte de l'Amérique, note lue à la Société de Géographie; séance du 21 décembre 1860, par M.d' — .Paris, imprimerie Martinet, 1861, in-8°, pp. 29, carte.
D'Avezac estime que ce globe représente les découvertes des Portugais connues du public de 1486 à 1487. Il ne conteste pas sa date.
— Relation des Mongols ou Tartares par le frère Jean du Plan de Carpin... Première édition complète, par — , Paris, Arthus Bertrand, 1838, in-4", pp. 393. Tirage à part du vol. IV du Recueil de voyages et de mémoires de la Société de Géographie de Paris. — 196.
Travail de premier ordre dans lequel l'introduction sur les anciens voyages de Tartarie occupe 206 pages. Le texte latin de Carpin est accompagné de nombreuses notes. Pas de traduction.
— Iles d'Afrique. Univers pittoresque. Paris, 1818, in-8°, pi. — II, p. 418, 441.
— Canevas chronologique de la vie de Colomb. Année véritable de la naissance de Christophe Colomb et
revue chronologique des principales époques de sa vie. Paris, 1873, 8°. — 364, 368.
Un des premiers ouvrages véritablement critiques sur Colomb.
— Le livre de Fernand Colomb, revue critique des allégations proposées contre son authenticité, lue en communication à l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres dans ses séances des 8, 15 et 22 août 1875 par M. d' —, membre de l'Institut, etc. Paris, imp. Martinet, 1873, 8°, pp. 52. — 25.
Extrait du Bulletin de la Société de Géographie de Paris, octobre 1873. C'est une critique du livre de Harrisse sur Fernand Colomb.
— Lettre à Uzielli, 16 mars 1874.
Dans le Toscanelii, n-- 1, pp. 7 et 8.
Avicenne. — Médecin arabe du X' siècle. — Colomb le cite d'après d'Ailly et Pie II. — 60, 307.
Avila (Gil Gonçalez de). — Historia de las antiguedades de la ciudad de Salamanca. Salamanca, 1606, 4° Sources, I, 552. — Ne mentionne pas les fameuses conférences, 585,
Azambuja (Diego d'). — Construit le fort Saint-Georges de la Mine, 56.
Azevedo (Alvaro Rodrigucz de). — Ses notes à son édition de Fructuoso. Funchal, 1873 — 39.
Azurara(Gomes Eannes de).— Chroniqueur portugais, mort en 1474. — Chronica do descobrimento e conquista de Guiné escrita par mandate de el rei D. Affonso V sob a direçao scientifica e segundo as instrucçoes do illustre infante D. Hcnrique pelochronista — ,precedidade uma introducçâo, e illustrada com algumasnotas,peloviscondedeSan-
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
tarera... Paris, Aillaud, MDGCGXLI, in-4° et in-8°, pp. XX V-475. — 192, 193, 194, 198.
Bacon (Fr). — The Historié of the raigne of king Henry the seventh written by the Right honourable Lord Verulam. Viscount St-Alban.
London, VV. Stansby, 1622, petit infol. pp. 11-248, portrait. — 462.
Bacon (Roger». -- Franciscain anglais, 1214-1294. — Le cardinal d'Ailly le copie sans le citer, 93. — Etait favorable à l'idée du peu d'étendue de l'espace maritime s'étendant à l'Ouest, 248. — Nombreuses citations d'auteurs anciens que d'Ailly lui emprunte, 248.
— The Opus Majus of — eJited with introduction and analytical table by John Henry Bridges. Oxford, Williams and Norgate, 1900. 3 vol.
8», I, pp. GLXXXVll-404; II, XV- 568; III, 189. — 93.
Excellente édition de l'œuvre intégrale de Bacon, précédée d'une longue introduction comprenant: i» la vie du savant franciscain avec une appréciation de ses idées et 2° une analyse exacte, chapitre par chapitre, des diiTérentes parties de l'Opus Majus,
Ballaguer CVictor). — Gastilla y Aragon en el descubrimiento de America. Madrid, 1892. Gr. in-8''.
Baragania (La). — Espèce de concubinage légal dans lequel on suppose que Golomb vécut avec Beatriz Enriquez. — 629, 630.
Barrantes Maldonado (Pedro). — lUustracioncs de la casa de Niebla.
Manuscrit appartenant à la Société d'Histoire de Madrid. — Sources, \.
Barreda (Onofre de la). — Gompendio delà vida de los senores Reyes Gatôlicos de Espana D. Fernando V
y dona Isabel, por —.Manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris.
Barros (Joâo de). — Historien portugais, 1496-1590. — Son récit des rapports de Golomb avec Joào II, 572-576. — Son explication de l'objet de Golomb, 373-375. — Son portrait du Découvreur, 382. — Date qu'il assigne au retour de Barthélémy Diaz, 446.
— Da Asia de — ede Diogo de Couto, nova ediçâo...Lisboa, 1778-1788, 24 vol.in-12.— Sources, 1,358, — II, 432.
Baza. — Siège de cette ville par les Rois Gatholiques, de mai au 22 décembre 1489. — 6S1.
Béatification de Colomb. — Gampagne faite à ce sujet. — 617.
Beatriz Enriquez de Arana. — Mère du second (ils de Golomb. — Était Arana par sa mère, Torquemada par son père, 611. — N'était ni noble, ni riche, 611,612. — N'était pas Doua, 612.— Devait avoir 18 à 20 ans quand Golomb la connut, 613.
— Origines romanesques attribuées à ses relations avec le Découvreur, 613, 614. — Do nos jours on s'est demandé s'il l'avait épousée, 616.
— Les contemporains ne l'ont pas cru, 617. — Témoignages divers qui montrent qu'il ne l'a pas fait, 618-624. — Elle ne se regardait pas comme ayant été sa femme, 622. — Raisons qui montreraient qu'elle l'était, 624-628. — Pension que lui faisait Golomb, 618-620. — Il s'occupa toujours d'elle, 635. — Hypothèses sur les motifs qui l'empêchèrent de l'épouser, 636, 637. — Résumé, 643. 644. — Acte de vente daté du 9 janvier 1516 faite par elle et où elle décline ses noms : Sources, I, 606.
Beaumont (Fr. Pablo). — Cronica de Mechoacan,
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
Manuscrit en 5 volumes de la Bibliothèque de l'Académie d'histoire de Madrid, (Bibliografia colombina, p. 333, n° 297). — II, 107 .
Beazley (G. Raymond). — Toscanelli and Colombus. The Guardian, Londres, 19 nov. 1902. — 134, 200.
— The First Irue maps, Nature, 15 décembre 1904, Londres, 251,
— The Dawn of modem Geography, vol, III. A History of exploration and geographical science from thc middle of the thirteenth to thc early years of the fîfteenth century,1260- 1420, by —, with reproduction of the principal maps of the time.
Oxford. Clarendon Press, 1906, pp. XVI-638. — 231, 237.
C'est le tome III et dernier d'un ouvrage considérable sur la géographie du moyen âge qui laisse loin derrière tous ceux publiés jusqu'ici.
— Prince Henry thc navigator, the Hero of Portugal and of modem discovery, 1394-1460, Wilh an account of geographical progress throughout the middle âges as thc préparation of his work, by — .
New-York and London, Putnam's sons, 1895, 8°, p, XX VI 1-336 pi. cartes, — II, 458.
Beccaria(Battista). — Cosmographe génois de la première partie du xv« siècle. — Ses cartes nautiques de 1426 à 1435, où figure Antilia,— II, 177.
Behaim (Martin). — Gosmographe allemand, domicilié en Portugal. Né en 1484, mort le 6 juillet 1506 à Lisbonne. — Son Globe (1492) est le premier document authentique traduisant les idées de Marin de Tyr et de Ptolémée sur la grande extension du mondevers l'Est, 245.
II, 283.— Sonprojetde découverte et celui de Miintzer, 403 et sq, — Sources d'information, 408. — Son
Globe, 409, 410. — Les légendes de son Globe, 410, 411. — Sa participation à l'entreprise de Dulmo, 424-426. — Importance de ce fait, 427-430. — Sa jeunesse, 431. —En Portugal, 432, — Son voyage en Afrique, 434. — A Nuremberg, 435,
— Sa mort, 435. — Rapports possibles avec Colomb, 436. — Ses idées sur la possibilité de passer en Asie par l'Ouest, 437-439. — Hypothèses qu'il les devait à Toscanelli, 441. — Preuves que tel n'est pas le cas, 443. — Sa visite à Nuremberg, 447. — Se lie avec Schedel et Mïmtzer, 447. — Identité de son plan et de celui de Miintzer, 450.
— Ce plan n'a pas été emprunté à Toscanelli, 451. — C'est de l'/ma^ro Mundi que ses idées lui viennent, 452, 459, 460, 461. — Le premier, après les anciens, il soutient que le passage aux Indespar l'Ouest est possible, 461-467.— Repart pour le Portugal, 463. — Avortement de son projet, 464. — Son peu de valeur, 465. — Sa renommée posthume, 467, — N'a copié ni Toscanelli, ni Colomb, 471. — Sa thèse est antérieure à celle de Colomb, 475-480-484.
Belloy (Le marquis de), — Christophe Colomb et la découverte du Nouveau Monde, par —, composition et gravures par Léopold Flameng, Paris, Ducrocq, sans date (1864). Gr. in-S°, pp. 294. — 396,
Remarquable par ses belles illustrations.
Bennicasa (Gratioso). — Cosmographe Anconitain du xV siècle. — Ses cartes de 1463 et de 1470 où ligure Antilia. — II, 31, 177.
Bennicasa (Andréa). — Fils du précédent, carte de 1476 où l'on voit Antilia. — II, 177,
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
Benzoni (Girolamo), — Voyageur italien du xvi* siècle. — La historia del MondoNuovodiM. — milanese.
Laquai traita dcU'isole e mare nuovamente ritrovati e délie nuove città da lui proprio vedute per acqua e per terra in quatordeci anni, Venise, Rampazetto, 1565,175 feuillets. — I, Sources, 360, 415, 461. — II, 216,
— Histoire nouvelle du Nouveau Monde, extraite de l'italien de M — , milanais, qui a voyagé quatorze ans en ces pays-là, et enrichie de plusieursdiscours et choses dignes de mémoire par M. Urbain Ghauveton, ensemble une petite histoire d'un massacre commis par les Espagnols sur quelques Français de la Floride. Genève, Vignon, 1579. —
Berardi (Juanoto). ~- Banquier Florentin, établi à Séville, lié avec Colomb, à qui il rendit des services d'argent, 531. — Mort en 1495. — II, 125.
— Gredito de Janoto Berardi contra Cristoval Colon. Fe de escrivano como Jannoto Berardi, mercader florentin, pertenesce de havercierta contia de mrs, del Senor Almirante.
Document appartenent aux Archives de la maison d'Albe, publié dans les Dociimenlos Escogidos, pp. 201-203 et dans les Autograf'os de Cristohal Colon, pp. 7-9, de la duchesse d'Albe.
Berchet (Guglielmo). — Cristoforo Colombo e VeneziaRicercaslorica.
Délia Nuova Antologia, vol. XXV, série III, fascicolo del fmarzoïsgo.
Roma, Tipografia délia Caméra dei deputati, S . pp. 15- — 418, 421, 423, 424. — II, 247, 248, 249, 270,
Bergamo (Giacomo-Filippo Foresti
da). — Religieux italien, 1434-1520.
— Sa chronique. — II, 299.
Bergenroth (G.-A.). — Galendar of
letlers, despatches, and state papers relating to the negotiations bctween England and Spain preserved in the archives at Simancas and else-\vhere. Vol. I, Henry VII, 1483-1.509. Edited by — . London, Longman, Green, etc., 1862, 4'. — II, 99, 100, 239.
Bermejo (Rodriguez). — Matelot de la Pinta; aurait vu le premier une lumière à Espanola. — II, 169.
Bernaldez (Andres). — Chapelain de l'archevêque de Séville, mort vers 1513.— Historia de los Reyes Catôlicos. Séville 1870, 2 vol. 8», Sources, I, 549. — 125. 391, 566. ce qu'il dit des conférences de Santa-Fé. II, 57. — De l'objet de l'entreprise de 1492, 310, 311.
Bethencourt (Catien de). — Histoire de la première descouverte et conqueste des Canaries faite en 1402 par Messire Jean de Bethencourt, chambellan du roy Charles VI, escrite du temps mesme par F. Bontier, religieux de St-François, et Jean le Verrier, prestre, domestiques dudit sieur de Bethencourt,et mise en lumière par M. Galion de Bethencourt. Paris, Soly, MDCXXX, petit 8°, p. 18-208-14.
— Le Traité de Navigation de Bergeron, imprimé à la suite de cet ouvrage, a une pagination séparée.
Bianco (Andréa). — Son planisphère de 1436. Nombreuses reproductions, entre autres Nordenskiold, Periplus, p. 19. — Y fait figurer Antilia, H, 177.
— Sa carte de Londres, 1443. Reproduction fac-similé par Ongania. — On y voit Antilia, II, 177.
Bibliografia Colombiana. — Enu-
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
mcraciôn de libros y documentos conccrnientes â Gristobal Colon y sus \iajes, obra que publicala Real Academia de la Ilistoria par encargo de la junta directiva del • cuarto centenario del descubrimiento de America. Madrid, Fortanel, 1892, 1 vol 4°, pp. X-685 à 2 colonnes. — 331, II, 166, 259.
Ouvrage fait avec peu de soin et rempli d'erreurs. Notre exemplaire porte celle note de M.Harrisse : c Le livre de ce genre le plus mal fait qui existe et qu'on ait jamais vu!» C'est, néanmoins, .
un ouvrage de la plus grande utilité, surtout pour l'indication des documents officiels, manuscrits ou imprimés, appartenant aux dépôts publics en Espagne.
La partie relative aux ouvrages imprimés est la plus défectueuse; ony trouve deschosesbien singulières. M.Harrisse a publié dans le Centralblatt de ianvier-février 1894, une critique sanglante de cette compilation.
Biggar (H.-F.), — La lettre et la carte de Toscanelli. {Revne hispanique, Paris, 1903, pp. 376-386.) — 121, 199.
Bisticci (Vespasianode). — Libraire de Florence, ami et biographe de Toscanelli. — Son silence sur les idées que l'on prête à cet astronome, 144.
— Vite di uomini illustri del secolo XV, scrilte da — . Rivedute sui manoscritti da Ludovioo Frati. Bologna. Romagnoli-dall'Aqua, 1892- 1893,3 vol. in-8''. — Sources, I, 92.
Il y a plusieurs éditions de cet ouvrage, celle-ci est la meilleure.
Bolctin de la Real Academia de la Historia, vol. XIX. — 506.
Bonnefoux (Baron de). — Vie de Christophe Colomb par le capitaine de vaisseau — . Paris, A. Bertrand, 1853, 8°. — 386.
Bossi (Luigi). — Vita di Cristoforo Colombo scritta e corrcdata di nuove osservazioni,dinote storicocritichee di un'appendice di documenti rari ed inediti. Milan, 1818, in-S". ~ 643.
Bourbon (M»" de). — Anne de Beaujeu, aile de Louis XI. Régente de France. — 472.
Bourne (Edward Gaylord). — Professeur d'histoire à« Yale Collège».
1860-1908, - Seneca and the Discovery of America, dans ses Essays on hislorical criticism. New- York, 1901, p. 219-221.
Ces ingénieuses remarques sur un passage bien connu de Senèque ont paru d'abord dans r.4cademy de Londres du 11 fév.1893; il y en a un tirage à part.
— La lettre et la carte de Toscanelli (American Hislorical Review. January, 1903 ) — 144, 203, 205, 206.
— Spain in America, 1450-15S0. New- York, Harper and Brothers, 1904, 8 pp. xx-350. Forme le vol. III de The American Nation, publié par les mêmes éditeurs.— 309, 310,328.
Braamcamp Freire (A.). — Érudit portugais. — Note pour l'auteur, Lisbonne, 10 août 1908. — L'attitude du roi Joâo dans l'affaire de la conspiration de Bragance et la fuite de Colomb, 403. — L'authenticité de la lettre du roi Joâo. — ^
Breusing (A.). — Directeur d'un collège naval, mort en 1892, — Columbus als Nautiker und als Seemann, in Zeitschrift dcr Gesellschaftfi'irErdkunde zu Berlin, 1885, n° 18. — 697.
Estime que Colomb ne pouvait faire une carte marine.
Budinger (Max). — Acten zu Columbus, Geschichle von 1473 bis 1492.
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
Eine kritische Studie. Vienne, 18S6, 8% pp. 53. — 401, 405.
Buldu (Le P.). — Sa lettre au sujet de Beatriz Enriquez. — II, 171.
BuUarium deMainard, Rome, 1738- 1745, 28 vol. ia-fol. — 201.
Bulle de Nicolas V, de 1454, concédant l'Afrique aux Portugais.
Dans tous les recueils de Bulles, notamment dans Dumont, vol. III, part. I", p. 200, dans le Codex de Leibnitz, vol. I, n» 165, etc. — 200, 202.— Observation de Bournc,203, du général de Brito Rebello, 205.
BuUe de Calixte III de 1456. Dans tous les Bulliiria, 205.
BuUes d'Alexandre VI de mai 1493. Eximie, 3 mai ; Inter cetera, 3 mai; Inter cetera, 4 mai.II.iSources, 247. — Leur langage sur les îles découvertes par Colomb, 276-
Bunbury (E.-H.), — A History of ancient Geography among the Greeks and Romans, from the carliest âges till the fall of the Roman Empire, by — . Second édition in tew volumes. Londres, Murray, 18S3, deux forts vol. in-8°, cartes.
Burke (Ulrich-Ralph). — A History of Spain from the carliest time to the death of Ferdinand the Catholic by — . Second édition. Edited, -svith additional notes and an introduction, by Martin A. S. Hume.
Londres, Longmans, Greenandco., 1900, 2 vol. 8», vol. I, pp.xxxi-416.
vol. II, 383, cartes. — 386. Il,
Cabezudo (Juan-Rodrigues) de Moguer. Né vers 1465. — Sa déposition sur le séjour de Colomb à la Rabida en 1491, 486, 499, 525. — II, 19, 50, 53, 147, 272. — Texte et traduction de sa déposition, 603.
Cabrero (Juan). — Chambellan et
confident du roi Ferdinand. — Ami de Colomb, II, 82, 83, 84,
Cadoret (l'abbé Eugène). — La vie de Christophe Colomb. Paris, Lacroix, 1869, in-12. — 515.
Calçadilha. — Voyez Orliz de Vi- Ihegas.
Cam ou Câo (Diego). — Navigateur portugais avec lequel Behaim aurait voyagé. — II, 434.
Camacho (Fernan ou Hernan Perez), de Iluelva. Né en 1450. — Ferré, p. 142, 143. DuRO, 252. — Sa déposition, en 1535, sur Pinzon et sur le complot pour revenir en arrière.
II, 26, 184. — Texte et traduction,
Canaries (Les). — 208, 209, 288,290.
Canerio (Nicolo de), — Cartographe génois de la lin du xv* siècle.
— Sa carte de 1502? — II, 319.
Canna (Jean). — Professeur à l'Université de Pavie. Né en 1832. Son opinion sur le sens de la phrase qiiam facitis per Guineum, 182.
Cano (Tom). — Arte para fabricar, fortifîcar y aparejar naos de guerra y marchante... por — , Capitan ordinario por el Rcy. Sevilla Estrepinan, 1611, in-4'\ — II, 214.
Cantino '(Alberto). — Envoyé du duc de Ferrare à Lisbonne à la fin du XV» siècle. — La carte qu'il fit faire pour le duc, 1502. — II, 318.
Canto (Ernesto do). — Centenario da dcscoberta da America por Christovam Colombo. Ponta Delgada, St-Miguel des Açores, 1892, in-fol., 10 pp.
Cette précieuse plaquette contient le ch. XXII, liv. I de la partie inédite du livre de Fructuoso as Sandades da Terra et une reproduction de la lettre de MonetariusouMunzmeistera JoaoII, tirée d'une édition portugaise de la sphère de Sacrobosco, dont on ne connaît qu'un exemplaire.
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
Cantu (César). Né en 1807. — Déclare apocryphe une lettre de Colomb à la Seigneurie de Venise. — i23.
Çapatal. — Génois de Xérès, qui aurait contribué financièrement à l'entreprise de Colomb. — II, 126.
Capitulation de Santa-Fé, du 17 avril 1492. Sources, II, 5. — Rédigées par le P. Ferez, 96. — Il y en a deux textes, 99, 100, 101.- — Texte et traduction, 573.
— Gonfirmacion de las mercedes y privilegios concedidos al almirante D. Gristobal Colon. Navarrete, vol. II, n» CIX, p. 191. — C'est la confirmation des capitulations du 17 avril 1492. — II, 99, 103.
Capitulation de Grenade, du 30 avril 1492. Sources, II, 5. — Confirment et étendent les privilèges accordés à Colomb, 103-107. — Il n'y est question que d'îles et de terres à découvrir, 109. — Texte et traduction, 577.
— Confirmaciûn del titulo dado à D.
Gristobal Colon. Barcelone, 28 mai 1493, Navarrete, vol II, n» XLI, p. 57. N° III des Cartulaires de Colomb. C'est la confirmation des Lettres patentes du 30 avril 1492.
Il, 106.
Cappa (Le P. Ricardo, de la compania de Jcsûs). — Estudios criticos acerca de la Dominacion Espanola en America. Parte primera. Colon y los Espanoles. Tercera ediciôn.
Madrid, Gregorio del Amo, 1889, in-12'', pp. 440.
— Ses objections à la déposition de Garcia Fernandez, 497, 630. — II,
Caravelles de Colomb (les). — Ce qu'il faut entendre par là. II, 153.
— N'étaient pas petites, 154. Voir Santa-Maria, Pinta et Nina.
Caro (Rodrigo). — Antiguëdades y
principado de la illustrisima ciudad de Se villa. Sevilla, Andres Grandes, 1634, in-fol. — II, 215.
Carte du Musée Borgia-"Velletri, 1413-1452? Plusieurs reproductions.
La plus récente dans Hamy : Le Livre de la description des pays de Gilles le Bouvier. Paris, Leroux, 1908. — 196.
Carte Catalane de l'année 1375.Mappemonde manuscrite de la Bibliothèque nationale de Paris. Facsimilé : Buchon,1836 ; Delisle: Choix de monuments, 1883; Saint-Martin, atlas (réduit); Marcel, Atlas Schrader (réduit). — 240.
Une des plus importantes du temps ; — réduit la mesure du monde connu de Marin de Tyr et de Ptolémée,
Cartes attribuées à Colomb. — Appendice III, vol. II, p. 533 et sq.
Carte génoise de 1457 (?)— Une des plus importantes du temps. Réduit la mesure du monde de Marin de Tyr.- 241.
Carte attribuée à Toscanelli. Ce que Las Casas en dit, 115-117. — II, 194. Voyez Toscanelli.
Carte (cadre de). — Trouvé dans les papiers de Toscanelli. — 276, 278.
Carvajal (Bernardo). — Oratio super praestanda solenni obedientia sanctissimo D. N. Alexandro papœ VI. S. 1. n. d., petit in-4'>, 8 feuillets non chiffrés. — II, 277.
Carvajal (D' D. Lorenzo Galindez).
— Anales brèves del reinado de los Reyes Catôlicos. Sources, I, 548,
Casablanca (L'abbé).— Glorification religieuse de Christophe Colomb, par — . Paris, Poussielgue, 189?, in-12, pp. 343-627.
— La lettre et la carte de Toscanelli à Fernam Martins et à Christophe Colomb, Étude critique par M. le
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
Chanoine —, premier vicaire de Saint-Ferdinand des Ternes, etc., etc. Paris, déc. 1902, p. 20. — 142.
Casoni iFilippo). — Annali délia Repablica di Genova, descritti da — . Genova, 1708, in-fol. Sources, I, 361. — 388, 416 (extraits, 428.
Castanheda (Fernao Lopez de). — Historien portugais. M. 1559. — Historia do descobrimento e conquista da India pelos Portugueses por — . Nova ediçâo. Lisboa, Rollandia, 1887, 8 vol. in-4°. — 446.
Castelar (Emilio). — Historia del descubrimiento de America, por — .
Madrid, Sucesores deRivadeneyra, 1892,1 vol. gr. in-8'', pp. 594.-633.
Castellani (Francesco di Matteo). — Contemporain de Toscanelli,alaissé un Giornale cité par Uzielli. Sources, I, 92 — . La carte qu'il prêta à Toscanelli, 136.
Castro (Adolfo de). — La Salida defmitiva de Colon desde la peninsula parael primer descubrimiento del Nuevo Mundo no fué de Palos sino de Cadiz? Brèves investigaciones por — . Cadiz. Benitez Estudillo, 1890, in-18, ^9 pages. — II,
Asensio, l'historien espagnol de Colomb, s'étant exprimé contrairement à Cl tte manière de voir, M. de Castro lui répondit dans une autre brochure où il reprend et affirme sa thèse :
Cadiz y la primera expedicion de Colon. Cadix, 1891, in-18.
Catano (Francisco). — Génois habitant l'Espagne, qui aurait aidé Colomb financièrement. — II, 126.
CatalogO de la Real Armeria de Madrid. Madrid, 1864. — Description de l'armure de Colomb, 682.
Cathay, ancien nom de la Chine, 184.
— L'usage de cette expression dans la lettre attribuée à Toscanelli est un anachronisme, 184, 185.— Preuve
du fait, 185, 186. — Erreur persistante sur la situation de cette région, 246.
Cattigara, II, 386.
Gazai (Le P. Manoel Ayres de). — Corografia Brazilica do reino do Brazil, composta e dedicada a S. M. Fidelissima por hum presbitero secular do gram priorado do Crato.
Rio-de-Janeiro. Na impressâo régla, 1817, 2 vol. in-S". — La dédicace est signée par l'auteur. — II,
Celora (G.). — Discours sur la comète venant des papiers de Toscanelli, publié par—,dans la Vita e i tempi di Toscanelli d'Uzielli, pp. 318-385. — 166.
Centenario do descobrimento da America. Memorias da Commissao portugueza. Lisboa, Typ. da Acad.
das sciencias, 1892, in-fol.
Ce recueil, publié par le Gouvernement portugais à l'occasion du quatrième centenaire de la découverte de l'Amérique, contient 9 mémoires différents dont quelques-uns de grande valeur.
Champollion-Figeac. — Résumé complet de chronologie générale et spéciale. Paris, Bachelier, 1830, in- 18, p. xii-324. — 449,
Chanca (Alvarez). — Médecin de Séville. — Sa relation du second voj-age de Colomb, dont il faisait partie. — II, 6.
Channing (Edward). — Historien américain. X. 1856. — A History of the United States, vol. I, The Planting of the nation. New-York, Macmillan., 1905, in-S», pp. 550. — 121, 338. — II, 113, 351, 384.
Charles 'VIII. — Apprend à Barthélémy Colomb la découverte de son frère, 471 .
Charles-Quint. — Real Provision seiîalando escudo de armas à los
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIERES
dcscendientcs de los Pinzones y otros que fueron à descubrir con D. Grislobal Colon. Barcelone, 23 sept. 1519. — II, 152.
Navarrete, vol. III, pp. 145,146, D'après une expédition authentique faite par le greffier du tribunal militaire de Carthagène.
en 1797.
Charlevoix (Le P. Xavier). — Jésuite missionnaire, 1682-1761. — Histoire de l'Ile Espagnole ou de St-Domingue, écrite particulièrement sur les mémoires manuscrits du P. Jean-Baptiste, le père Jésuite missionnaire à St-Domingue, et sur les pièces originales qui se conservent au dépôt de la Marine.
Paris, Pralard, 1731, 2 vol. in-40.
Carte par d'Anville,avec les armes de Colomb. — 642.
Chronique de Nuremberg (La). — Nom sous lequel est connu l'ouvrage célèbre dont voici le titre exact : Registrum || huius ope (| ris libri cro || nicarum || cum figuris et ymagi || bus ab initio mundi.
Ant. Koberger, Nuremberg, 1493, gr. in-fol. — II, Sources, 412-414.
Cirot (Georges).— Etudes sur l'Historiographie espagnole. Les histoires générales d'Espagne entre Alphonse X et Philippe II, 1284- 1556, par — . Bordeaux, Feret et fils; Paris, Fontemoing, 1905,1vol.
in-8°, pp. 172. — 589.
Cladera (Cristobal). — Investigaciones histôricas sobre los principales descubrimientos de los Espanolesenel marOceano en el sigloxv y principios dcl xvi, por — . Madrid, 1794, in-4°, pp. 12-xxxiv-218. — II. 217.
Clemencin (D. Diego). — Elogio de la reina Dona Isabel, al que siguen varias ilustraciones sobre su
ViG^iAua. \ouvelle.i Études. II
reinado, por — . Publicalo la Academia de la Historia. Madrid, Sancha, 1821, in-4% pp. vin 619. Beau portrait d'Isabelle, 504, 603. — II,
Livre très savant témoignantde recherches considérables. L éloge de la reine ne tient que 57 pages.
Le reste de l'ouvrage est rempli par 21 dissertations inédites, sur différents points et par 17 documents relatifs au même sujet.
Codera (Pero Benitez), de Moguer.
N. 1465. — Sa déposilion sur le concours des Pinzon.Séville, 22 déc.
1535. Duro, Informe, p. 255. — II,
Codine (J.), 1817-1894. — Découverte de la Côte d'Afrique depuis le cap Sainte-Catherine jusqu à la rivière Great Fish (Rio Infante) et padrons plantés sur cette côt; par les Portugais, pendant les années 14841488, 8°. (Extrait du Bulletin de la Société de Géographie de Paris, janvier, février et mars 1876. — 443.
Colecciôn de documentes inéditos para la Historia de Espana. Madrid, 1842-1895, 112 vol. in-8». — 610-611.
Collection précieuse commencée par Navarrete et continuée par d'autres On trouvera une table des 59 premiers volumes dans le « Catalogue oftheSpanish Library and of the Porluguese books », de Geo.Ticknor. Boston, 1879, gr. in-8<',pp.87-90.M. Winship a donné une liste alphabétique de tous les documents relatifs à l'Amérique, contenus dans les 108 premiers volumes. Bulletin of the Public Library of the city of Boston, pour octobre 1894.
Colecciôn de Documentes inédilos relatives al descubrimiento, conquista y organizacii'in de las antiguas posesiones espanolasde ultramar, 1" série. Madrid, 1864-1884, 42 vol.,in-8o. — 506.
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
Colin (Bai'tolome). — Sa déposition sur Ja croyance qu'il n'existait pas de terres à l'Ouest quand Colomb était à la Rabida, 15 fév. 1515. Pleitos, vol. H, p. 51. — II, 147.
Coll (P. Fr. José). — Colon y La Rabida, por el — . Segunda ediciôn, augmentada y corregida, con las licencias necessarias. Madrid, imprenta de los Huerfanos, 1892,in-8°, p. 489, — Interprétation erronée d'un passage de Xavarrete, 490,491.
— Ses études sur la topographie de la Rabida, 512. — La route de Palos à Huelva, 522. — Séjour de Diego à la Rabida, 525.
Colmenar (Juan- Alvarez de). — Annales d'Espagne et de Portugal, par — . Enrichi de cartes géographiques et de très belles figures en taille douce. Amsterdam, François l'Honoré, 1741, 4 vol, in-4°. — 537.
Colmenero (Anton-Fcrnandez), de Iluelva. — Sa déposition du 15 septembre 1515, sur le document que Pinzon avait rapporté de Rome.
Pleilos, n, p. 16. — II, 30; sur les engagements de Colomb avec Pinzon, 35. — Texte et traduction de sa déposition, 606.
Colmenero (Diego llernandez ou Fernandez), de Palos. N. 1470, — Pleilos, II. 209. — Sa déposition sur l'attitude de Pinzon pendant la mutinerie de l'équipage de Colomb.
Colmenero (Diego Rodriguez), de Palos. N, 1470. — > Sa déposition sur la mort de Pinzon, — II, 201.
Coloma (Juan) — Secrétaire d'Etal pour l'Aragon. Approuve pour les souverains les capitulations du 17 avril 1492. — II, 91, 96. 99.
Colomb (Barthélémy). — Frère de Christophe, né vers 1461, mort à Haïti en nov. ou déc. 1514. — Aurait précédé son frère en Portugal,
427, 428. — N'a dû y arriver qu'en 1479, 429. — Son rôle dans les conceptions de son frère, 430. — Habile cartographe, 430. — Avait des idées à lui, 431. — Les fait partager à son frère, 431, 432. — L'idée de l'existence de terres transatlantiques vient probablement de lui, 435. — Opinion de Harrisse à cet égard, 433. — Son frère, en partant pour l'Espagne, le charge d'aller faire des ouvertures en Angleterre, 435. — Incertitude sur la date de son départ, 437. — Était encore à Lisbonne en 1483 et peut-être bien plus tard, 438. 443. — Aurait pris part à la découverte du Gap de Bonne-Espérance, 442, 450. — Assista, en tous cas, au retour de Diaz, en décembre 1487-1488, 430, 451.— Controverse sur la date de cet événement, 445, 451. — Dut partir pourl'Angleterreen décembre 1487,
455. — Aurait été pris par des pirates, 454.— En février 148:J, il fait des ouvertures au roi Henry VII,
456. — Il lui présente une mappemonde traduisant ses idées et celles de son frère, 437, 458. — Assertion que ses propositions auraient été acceptées, 460. — Démonstration qu'elles ont été déclinées, 461, 463.
— Il part pour la France, 463, 471.
— Paraît avoir été au service de M"" de Bourbon (Anne de Beaujeu) et du roi Charles VIII, 471. — Apprend par ce monarque la découverte de son frère, 47 1. — Lui fait des ouvertures, qui sont repoussées, 472. — Témoignage d'André d'Albaigne sur ce point, 474, — Autres témoignages, 476. — Part pour l'Espagne et arrive à Séville après le départ de son frère pour son second voyage, 471. — Son portrait par Las Casas, 431, 436, 437.
— Pourrait être l'auteur des pièces
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
attribuées à Toscanelli. — II, 383.
— Sa déposition de 1512. {Pleilos de Colon, vol I, p. 182).
— Sa mappemonde de 1 i88 n'existe plus, I, 351, 55. — Texte et traduction de sa légende, 457 . — Ce qu'elle représentait, 458, 459,
— Carte de la zone équatoriale du Globe. — I, 103, 326. — II, 284, 385, 387.
— Sa note à l'Imago Mundi sur les opinions des anciens et sur le retour de Diaz,(n'> 23 de la Raccolta,).
— I, 353. — Texte et traduction, 440. — Ce qu'en dit Las Casas, 441.
— Sa note à VHistoria, rerum sur le voyage de Diaz,(n° 6 de la Raccolta).
— I, 354, texte et traduction, 441.
— Sa note 860 à VHistoria Rerum.
(L'astronome Joseph.) Scritti, vol.
II, p. 369. —Sources, I, 354, texte, p. 438. — Serait de Colomb selon Lollis, 438, 439.
— Sa note à l'Imago Mundi, sur réquinoxe de 1491, (n" 321delaiîaccolta). — II, 339.
— Extracto de un expediente formado a peticiùn de D — de résultas de su prision por el comendador Bobadilla. — Sources. I, 355 et 463.
— Informatione di Bartolomco Colombodella navigatione di Ponente et Garbin di Beragua nel Mondo Novo. — I, 104.
Manuscrit de Barthélémy Colomb appartenant à la Bibliothèque de Florence qui date do l'année 1506, époque à laquelle Barthélémy était à Rome. C'est une description de la région de Veragua. Publiée pour la première fois par M. Harrisse, Bibliotheca americana, p. 471-474, et par Wieser dans sa plaquette:
Die Karte des Bartolomeo Colombo, 1S93.
Colomb (Christophe). — Né à Gênes entre le 26 août et le 31 oct. 1451, mort à Valladolid le 21 mai 1506,
— Son grand dessein. Ce qu'on appelle ainsi c'est le projet de passer aux Indes en prenant par l'Ouest, 1-3. — 11 affirme que c'était le sien, 4-5. — Son fils et Las Casas le disent aussi, 6. — Caractère scientifique de ce projet selon les modernes, 10-13. — Nécessité d'un examen critique de ces propositions, 13.
— Sa naissance en 1451, démontrée par nous en 1903, prouvée par un document découvert en 1904, 31, II, 501. — Nouvelles assertions à cet égard, ibid. — Résumé de sa vie jusqu'en 1479, I, 32,34; II, 502,
— Son mariage en 1479 ou 14S0,I,.35.
— 11, 407. — Tradition à ce sujet, 1, 40.— Séjour possible à Madère, 40.
— Date et origine de son dessein. — Ce sont les papiers de son beaupère Perestrello qui lui suggèrent son projet, 41, 45. — C'est donc en Portugal et après son mariage que ce projet prit naissance, 48. — Témoignages explicites de son fils et de Las Casas à cet égard, 49.
— Ses voyages aux Côtes d'Afrique, 51, 65. — Aurait visité le fort de la Mine, 53. — Le place sous la ligne, 61, 62. — Aurait découvert que la zone torride n'était pas inhabitable, 58, 60. — Aurait pris la mesure du degré, 63, 64. — Impossibilité du fait, 65, — Indications qu'il recueille sur l'existence de terres à l'Ouest, 69, 80.
— Son but. — Déclaration de son fils qu'il voulait aussi découvrir des terres nouvelles, 82, 83. — Protestation d'Harrisse contre cet aveu, 83, 84, — Assertion de Colomb qu'il n'avait qu'un but : l'Inde, 83.84.
— Ses rapports supposés avec Toscanelli. — Lui aurait écrit et aurait reçu en réponse une copie d'une
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
lettre et d'une carte qu'il avait envoyée en 1474 au chanoine portugais Martins, 107, 108. — Difficulté d'assigner une date possible à cette correspondance, 109, 111. — Témoignage de F. Colomb à cet égard, 112. — Témoignage de Las Casas, 115. — Témoignage contraire de Colomb lui-même, 122. — N'a jamais nommé ni fait aucune allusion à Toscanelli, 124, 127. — Assertion qu'il a néanmoins copié sa lettre principale, 127. — Aucune preuve que cette copie est de sa main, 127, 128. — Autre assertion qu'il lui a échappé des réminiscences de Toscanelli, 299. — Ce sont des réminiscences de Marco Polo qu'il a lu et annoté, 300. — Opinion de Ruge et autres que Colomb a dissimulé ses obligations envers Toscanelli, 127, 298.
— Son plan pour chercher le Levant par le Ponant. — Le revendique comme lui appartenant, 284, 285.
— Assertion qu'il aurait modifié celui exposé dans les pièces attribuées à Toscanelli, 286, 287. — Les deux plans sont absolument identiques, 287, 288. — Même route à prendre, 288, 289. — Même valeur donnée aux degrés, 292. — Même étendue donnée à l'espace maritime à traverser, 296. — Thèse qu'il doit tout à Toscanelli, 299. — Ou Colomb nous en impose, ou son fils et Las Casas ont été induits en erreur dans ce qu'ils disent de Toscanelli, 130, 131, 283, 285.
— Sources véritables de ce plan. — Les auteurs qu'il aurait lus, 303,308.
— Ne les connaît que de seconde main, 309. — A connu la sphéricité du Globe par des auteurs cités par d'Ailly, .ilO, 311. — La mesure du degré qui fait le Globe plus petit qu'il n'est, lui vient d'Alfragan,
cité aussi par d'Ailly, 312, 315. — C'est par ce que disent Aristole, Senèque et Pline, cités également par d'Ailly, qu'il croit que l'espace maritime resté inconnu n'est pas considérable, 315, 316. — C'est particulièrement à Esdras, toujours cité par d'Ailly, qu'il emprunte l'idée de la prépondérance des terres sur les eaux, 317. 319. — C'est par Marco Polo et par Pie II qu'il a annotés qu'il apprend tout ce qu'il dit de Cathay, du Grand Khan et de l'Inde, 320, 321. — Enfin, c'est Marin de Tyr, dont d'Ailly accepte la mesure de monde connu, qui lui fournit la partie fondamentale de son système : les données numériques, 322, 327. — Toscanelli est complètement étranger à tout cela, 335-338.
— Ses négocialions avec le roi de Portugal. — Ses ouvertures au roi,