hfiides ..., I, p
d'autres compositions. Déjà une précoce expérience apparaît : «il a remarqué, dit-il, les divers sentiments des auditeurs, quand on vient à discourir de cette matière, » c'est-àdire de notre régénération par les Sacrements. «... Pour nous, diront-ils, nous avons peine à goûter toute cette mystagogie . . . ('^) ».
L'orthographe, comme on le verra au tableau, n'est pas moins archaïque que le style. Elle ne conviendrait déjà plus à l'année suivante (2).
§ 2. — Époque de Metz, l'^'' partie. 1652-1656.
— 21 juillet 16^2, à Metz : serinon pour le IX*^ dimancJie après la Pentecôte, sur la Bonté et la rigueur de Dieu envers les pécheiirs. (Mss., 12.824, f, 231.)
Le sermon précédent était l'adieu de Bossuet à Navarre ; voici (3) son présent d'arrivée à la cathédrale dont il était chanoine, et pour l'amour de laquelle il venait de refuser la Grande-Maîtrise de Navarre, malgré les instances de Nicolas Cornet qui voulait démissionner en sa faveur ('+).
Le texte que fournissait l'évangile du jour ne pouvait manquer de parler au cœur du jeune disciple de saint Vincent de Paul : Ut autem appropinquavit,videns civitatein,Jïevit super illani... (Luc, xix). La pitié du Sauveur pour Jérusalem coupable, la prophétie des châtiments que devait attirer sur elle le déicide, quelle inspiration pour son zèle, et quelle leçon à adresser à cette ville de Metz, qui a sous les yeux des preuves manifestes de l'accomplissement de cette prophétie :
1. Lâchât, X, 95 (2e exorde). — Mss., 12.824, f. 7. — Ibid. : « Peu s'en faut qu'ils ne dient... »
2. La date de 1655, proposée par M. Lâchât, et acceptée par AL Gandar, est donc de toute impossibihté.
3. L'orthographe complètement phonétique, la suppression constante du/ dans la conjugaison interrogative, ne permettent même pas de réserver cette œuvre pour l'année suivante, à laquelle M. Gandar l'assignait.
4. Floquet, Études, I, 198. — Ledieu, Mémoires, 45. — Bossuet encore présent à Paris le i^r juin, se trouvait à Toul le 17; (là résidait son père, le Parlement de Metz étant exilé en cette ville); et à Metz, le 26 juin. (Floquet, Études..., I, 196, 197.)
« Nous serions bien insensés, s'écriera-t-il vers la fin de son discours, d'oublier la tempête qui a submergé les Juifs, puisque nous voyons à nos yeux des restes de leur naufrage, que Dieu a jetés pour ainsi dire à nos portes {^). »
— <^ septembre 16^2.: Nativité de la sainte Vierge, IIP sermon des éditions, prêché à Metz, devant Schonberg et Marie de Hautefort. (Manuscrit de M. le chanoine Denis, à Meaux.)
C'est la date proposée par M. Floquet f^). M. Lâchât a eu grand tort de ne pas l'adopter, car elle est absolument certaine. L'étude paléographique du manuscrit, dont je dois communication à l'inépuisable bienveillance du savant chanoine Denis, de Meaux, l'a pleinement confirmée.
On peut d'ailleurs trouver, dans le style et le ton de l'œuvre, des indices, moins précis à la vérité, mais concordant parfaitement à produire la même impression. Tout est archaïque dans cette œuvre, que Bossuet, pris de court, et invité, à ce qu'il semble, au dernier moment, a rédigée à la hâte, en se reportant pour les principaux développements à une œuvre antérieure, au sermon du Rosaire (165 1), sur la dévotion à la sainte Vierge. On sera plus frappé encore du caractère primitif de cette éloquence et de ce style, analogue à celui de l'écriture et de l'orthographe, quand on lira le texte authentique : Deforis avait retranché un long préambule, et il avait cru devoir rajeunir, comme dans le panégyrique de saint Gorgon, un grand nombre d'expressions. Au lieu de : « Si est-ce néanmoins i^) qn'W n'en sera pas ainsi, moyennant l'assistance divine, » il a mis : <i Et toutefois il n'en sera pas ainsi...» «lia été .y£?^//f' d'opprobres » a été remplacé
1. On sait que Metz était à cette époque le refuge de près d'une centaine de familles juives, tolérées dans un quartier spécial, à de certaines conditions, la plupart assez rigoureuses. M. Floquet {Éludes, I, p. 273) mentionne 96 familles en 1657.