I. Ibid., 149. — Cf. Choix de sennons
3. Secrétairerie d'Etat, Registre E, 3.350, p. 47. —(Note inédite de M. Floquet.)
« Je veux croire qu'il n'y a personne en cette assemblée que la grâce du Jubilé, que l'exemple de la dévotion publique, et la sainteté de ces derniers jours n'ait invité à la pénitence (i). » Ces mots ne sauraient désigner le Carême, ni même le temps de Pâques, eu égard à la date de la promulgation. On est naturellement porté à songer à la Pentecôte ; et tout lecteur habitué à la précision significative des moindres détails dans Bossuet, verra la confirmation de cette conjecture dans les paroles qu'il ajoute: « Et je vous considère aujourd'hui comme des hommes renouvelés /rt';' /? Samt-Esprit. »
Ce discours a été prononcé le 6 juin, mardi de la Pentecôte (1656), ou un des jours suivants.
— Vcture d'une Postulante Bernardine, en t6j6.( Fragments.)
(Manuscrit à Meaux.)
Il nous reste le premier exorde et la fin du troisième point d'un sermon de Vêture, prêché à cette époque. On a annexé ces débris au i^"" sermon des éditions sur le même sujet. L'avant-propos a été repris en 1659 dans le sermon que nous possédons complet. Il était écrit comme tant d'autres à la suite de la péroraison, qui nous a été ainsi conservée, avec quelques lignes du 3*" point. Cette péroraison contient une allocution très intéressante, dont personne jusqu'ici n'a encore hasardé le commentaire :
« Votre éducation et votre naissance, dit l'orateur à la novice, vous offraient de grands avantages ; mais la mort vous
les aurait enfin enlevés Que vous sert devoir votre race
ornée par la noblesse des croix de Malte, et par la majesté des sceaux de France qui ont été avec tant d'éclat dans votre maison ? Que vous sert d'être née d'un père qui a remplisi glorieusement la première place dans l'un de nos plus augustes sénats, plus encore par l'autorité de sa vertu que par celle de
I. Cf. dans le i'^'' point : « Je m'adresse maintenant à vous, chrétiens réconciliés par la pénitence, pour vous dire que Dieu vous demande une fidélité plus exacte et une affection plus sincère. »
sa dîgnité ? Que vous sert tant de pourpre qui brille de toutes parts dans votre famille? En ce dernier jugement de Dieu où nos consciences seront découvertes, vous ne serez pas estimée par ces ornements étrangers, mais par ceux que vous aurez acquis par vos bonnes œuvres ; tellement que vous ne devez retenir de ce que vous avez vu dans votre maison que les exemples de probité que l'on y admire et dans lesquels vous avez été si bien élevée. »
L'étude du manuscrit (') nous montre dans ce fragment, antérieur au sermon auquel il est annexé, tous les caractères de 1656, c'est-à-dire de l'époque de transition oij l'écriture, l'orthographe, et l'éloquence même se modifient profondément. Où chercherons-nous une famille à laquelle puissent convenir les allusions si précises et si exceptionnelles que nous venons de citer ? La ressemblance de l'autographe avec ceux des sermons pour le Jubilé que nous avons mentionnés, nous invitait à diriger notre attention du côté de Dijon. Là nous trouvons rassemblés dans une maison tous les traits que nous rencontrerions difficilement dans toute autre, celle des Brulart de Silleri et Brulart de la Borde. Il y a grande apparence que notre postulante était une des sept filles, sur quatorze enfants, de Denys Brulart, marquis de la Borde, qui fut premier président au Parlement de Bourgogne, en 1627, à la suite de son père et de son grand-père (-).
« Les croix de Malte » ornaient la noblesse de cette famille : il suffit de nommer le commandeur de Silleri, le charitable ami de saint Vincent de Paul ; d'ailleurs à toutes les générations un des cadets était chevalier de Malte.
« La majesté des sceaux de France,» qui avait été «avec tant d'éclat dans cette famille,» nous rappelle NicolasBrulart, marquis de Silleri, président au parlement de Paris et chancelier de France, mort en 1624.
On le voit, la pourpre « brille de toutes parts » dans cette
1. Au Grand Séminaire de Meaux. — Joint au sermon du 28 août 1659.
2. Denys Brulart, de 1570 à 1610 : Nicolas Brulart, de 1610 à 1627.
maison ; et l'orateur peut exhorter la noble jeune fille qui foule aux pieds toutes ces grandeurs, à retenir seulement « les exemples de probité qu'on y admire, et dans lesquels elle a été si bien élevée ('). »
— Sermo7i (2' des éditions) pour la Vêture d'une Postulante Beiiiardine, vers 16^6. (Ms. de M. Bérard des Glajeux.)
C'est vers la même époque qu'il convient, ce semble, de placer le second sermon (second des éditions) pour la Vêture d'une Postulante Bernardine. L'examen du manuscrit, tardivement retrouvé, a confirmé pleinement la date que nous avions d'abord proposée par conjecture. Mais il faut renoncer à l'idée de l'identifier avec le fragment dont nous venons de parler. C'est ce qu'on avait essayé dans l'édition de 1870 (chez Guérîn, à Bar-le-Duc). On remarque bien dans l'exorde que la Postulante avait, pour ainsi dire, « pris naissance » dans la pourpre. Mais plusieurs phrases de la dernière partie feraient manifestement double emploi avec le fragment,qui contenait lui-même un assez notable débris (pour user d'un singulier cher à Bossuet,) d'un autre troisième point. Ce sermon peut avoir été prêché la même année, mais un autre jour, probablement le 20 août, fête de saint Bernard, comme on peut le supposer d'après un passage de la seconde partie (-).
— Sermon p02ir la fête de la Visitation, 2 juillet 16^6, à Saint-Lazare. (Manuscrit non retrouvé.)
Dans cQ\.\.e Méditation, «nous trouverons, dit l'orateur, des instructions salutaires pour comprendre la dignité et les
1. Il reste pourtant une difficulté. D'après Moréri, trois de ces sept filles du marquis de la Borde auraient été Visitandines ; et c'est d'une Bernardine qu'il s'agit ici : « Apprenez de saint Bernard, votre père, etc.» — Mais combien ne se rencontre-t-il pas d'omissions et d'erreurs dans ces immenses dictionnaires biographiques? On sait d'ailleurs que les Bernardines, d'abord éiablies à Tart, à quatre lieues de Dijon, furent transférées à Dijon même, en 1624. (Voy. Courtépée, Les deux Boun^ogna, II, 130.