Bossuet orateur
l'a justement remarqué, « un point de repère dans la chronologie des sermons. Il a suffi à M. Floquet, dit-il, de peser rigoureusement, selon sa coutume, chacune des paroles de l'orateur pour en signaler plusieurs qui n'ont pu être adressées au prince de Condé... Toutes ces expressions, au contraire, étaient de la dernière exactitude, très bien placées d'ailleurs dans la bouche de Bossuet, lorsqu'il les adressait au duc Bernard d'Epernon ('). »
Ce sermon ouvrait à Dijon les exercices d'un jubilé, dont le suivant fit la clôture.
— Sermon sur la Pénitence pour le temps du Jubilé : « Qjii enim mortui sumus peccato..., » 6 Juin 16^6.
(Mss., 12.822, f. 3-13.)
On a imaginé de placer ce sermon entre la Quinquagésime et le i^r dimanche de Carême, sous prétexte que, ne se rapportant précisément à aucune partie de l'année liturgique, « il convient mieux au temps du Carême qu'à tout autre. » Nous allons voir que cette hypothèse ne s'accorde ni avec l'histoire, ni même avec certains passages du discours.
Ce fut seulement le 15 mars 1656, au milieu du Carême, que Louis XIV manda aux Grands- Vicaires de Paris de faire ordonner des prières pour la paix « en faisant publier le Jubilé octroyé (l'année précédente) par le Pape (Alexandre VII), à l'occasion de son exaltation (^). » Nous venons de noter que le Jubilé s'ouvrit à Dijon, au commencement de mai.
Notre sermon ne fut prêché qu'après que ce Jubilé eut été non seulement annoncé, mais célébré, et couronné par la réception des sacrements. C'est ce qu'indique le choix même du texte: Qui enim mortui sumus peccato, quomodo adhucvivemus in illo? « Nous qui sommes morts au péché, comment pourrons-nous désormais y vivre.?» (Rom., iv, 2); c'est aussi ce qu'énonce en toutes lettres ce passage du second exorde :