Lâchât, XI
aussi sont les raisons qui m'y déterminent. Je les tire de l'étude directe de l'autographe, qu'aucun des éditeurs modernes n'a connu.
Ce prétendu discours de 1669 garde encore quelques traces d'une orthographe archaïque. On y trouve six fois hureux, bienJinrcuse, etc. L'adverbe donc est écrit dans une même page des quatre manières suivantes : donques, doncqiies^ doiicqne^ donc: on citerait difficilement dans toute la série des manuscrits un autre exemple d'une telle incertitude sur la façon d'écrire ce même mot.
Nous avons rapporté ailleurs deux passages du 3^ point, que l'on avait singulièrement rajeunis dans les imprimés. On lit dans l'original: «/^ navire, "h ïovvae rare chez Bossuet, mais dont nous trouvons un exemple en cette même année 1656, dans le premier sermon sur la Providence Q). On y lit aussi : L'espérance qui est l'ancre de notre âme et que nous avons envoyée en ciel... » — « Je vous exhorte, ma très chère sœur, que vous méprisiez (^) généreusement...» Enfin le texte inscrit en tête du discours est uniquement en grec, sans traduction latine, ni française (3).
Disons à la décharge de M. Floquet, et de tous ceux qui se sont trompés de treize ans sur la date de cette œuvre, qu'on y rencontre de très grandes beautés, bien capables de faire illusion sur l'époque où elle a été composée.
— 8 décembre 16^6. — Second sermon pour la fête de la Conception. (Mss., 12.825, f- i4-)
M. Gandar croyait le premier sermon pour cette fête prêché en 1656, à Paris. Nous avons vu qu'il ne put être postérieur à 1652. C'est le second, oîi nous avons signalé de si
1. Édition Gandar, p. 131. — Le passage contient du reste la même idée que celui-ci.
2. Ecrit : méprisies (par exception) ; — de même ensuite : « que vous choisissies.)>
3. D'après l'ensemble de ces caractères, il est tout à fait impossible de decendre au-dessous de 1656 ; on serait plutôt tenté de remonter jusqu'à l'année précédente.
curieuses interpolations, qui se placera légitimement à cette date ('). Une allusion au Jubilé de cette année (^) se glisse d'ailleurs dans une des dernières phrases.
— Oraison funèbre cV Yolande de Monterby, dceenibre i6j6.
(Plus de manuscrit.)
M. Floquet a constaté que l'abbesse nonagénaire du Petit Clairvaux mourut le 14 décembre 1656. Bossuet prononça à ses funérailles la « courte exhortation » qui nous est parvenue.
Pourquoi M. Lâchât, qui a tant de fois puisé tacitement dans les renseignements si abondants que lui fournissaient les Etudes de M. Floquet, s'est-il imaginé de nous proposer ici la date de 1661 } Serait-ce que les détails très précis donnés par le docte historien de Bossuet ne s'étant pas rencontrés cette fois à leur place chronologique, mais ayant été anticipés d'environ cent pages (3), ils auraient ainsi échappé aux investigations de cet éditeur ?
— Noël, 16^6, à Metz (i'^'' sermon des éditions : « Natus est vobis, ^ etc.). (Mss., 12.821, f. 237.)
Voici un sermon qu'on a jugé digne d'avoir été prêché à la Cour ; on a supposé qu'il avait fait la clôture de l'Avent du Louvre, en 1665. Mais la beauté de l'œuvre ne doit pas faire oublier la laideur du manuscrit : l'écriture de 1665 au contraire est remarquablement belle. D'ailleurs les notions les plus élémentaires sur les orthographes successives de Bossuet auraient pu empêcher de confondre des autographes aussi disparates que le sermon de Noël et celui de la Divinité de la Religion, par exemple, que l'on sait appartenir à l'Avent du Louvre.
Il y a un sommaire autographe de ce sermon, nouvelle