Études..., I, 502, note
l6o DEUXIÈME PARTIE.
grand et fructueux effort de zèle, dont l'humilité de Bossuet reporta tout l'honneur aux ouvriers évangéliques envoyés par saint Vincent de Paul, mais oii ces saints ecclésiastiques, de leur côté, proclamèrent bien haut qu'il avait eu la plus grande part.
Pendant que le directeur de cette mission, l'abbé de Chandenier, écrit à M. Vincent ('), pour le prier d'adresser une lettre « de congratulation à M. Bossuet, » à cause du secours qu'il leur a prêté « par les prédications et instructions qu'il fait, auxquelles Dieu donne... beaucoup de bénédictions;» Bossuet mande au saint ces renseignements consolants : « Ils ont enlevé ici tous les cœurs, et voilà qu'ils s'en retournent à vous, fatigués et épuisés selon le corps, mais riches selon l'esprit des dépouilles qu'ils ont ravies à l'enfer, et des fruits de pénitence que Dieu a produits par leur ministère. » Et il ajoutait ces paroles touchantes : « Recevez-les donc, monsieur, avec bénédiction et action de grâces, et ayez, s'il vous plaît, la bonté de les remercier avec moi de l'honneur qu'ils m'ont voulu faire de m'associer à leur compagnie et à une partie de leur travail (-). »
Cette « partie du travail » dut être considérable, bien qu'elle nous ait laissé peu de monuments. Réservant aux missionnaires les principales églises de Metz, Bossuet s'était confiné à Saint-Jean de la Citadelle, « qui est hors de la ville, » dit une relation citée par les anciens éditeurs (3) : là il évangélisait les soldats et les ouvriers, et il « fit triompher la grâce » dans tous les cœurs, au témoignage de la même relation. Outre les prédications, il s'était chargé de faire deux grands catéchismes par semaine ('').
On conçoit qu'au milieu de ces occupations multiples, il ait eu alors peu de loisir pour écrire ses sermons. Voici toutefois trois opuscules qui sont manifestement de cette