‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 161 sur 325 · Bibliothèque nationale, L. K. (Réserve · texte numérisé non relu

Bibliothèque nationale, L. K. (Réserve

des Prédicateurs: « Aux Carmélites delà rue du Boidoi, Mgr Vévêque d'Amiens (c'était François Faure) (0, et monsieur Vabbc Bossuet. »

Le monastère de la rue du Bouloi n'avait été d'abord qu'une maison de repos et une sorte d'infirmerie pour les sœurs malades du grand couvent du faubourg Saint- Jacques (2). II devint bientôt le séjour d'un assez grand nombre de religieuses, parmi lesquelles plusieurs Espagnoles avec qui les deux reines aimaient à s'entretenir. L'importance de cette maison croissant de jour en jour, Louis XIV approuva, en décembre 1663, qu'elle fût désormais indépendante de la grande communauté, et révoqua les lettres patentes d'avril 1656, qui l'avaient fondée pour n'être qu'une simple succursale.On comprend qu'en de telles conjonctures la station d'Avent ait été confiée à deux prédicateurs chers entre tous à la Reine Mère.

Si l'évêque d'Amiens et l'abbé Bossuet ont alterné dans la chaire durant cet Avent, il faut regretter la perte d'au moins deux sermons. Bossuet, à supposer qu'il ait eu pour partage le second et le quatrième dimanche, avait, il est vrai, entre les mains des compositions antérieures, sur Cœci vident, et sur Jam securis ad radiceui arborum etc.; mais il est probable qu'il aura plutôt tracé, le cas échéant, de nouvelles esquisses des discours qu'il se proposait de prêcher. C'est ainsi qu'il procédait volontiers à cette époque, et ce dont nous allons voir deux exemples, qui sont certainement destinés à cette chapelle de la rue du Bouloi.

— Sermon pour le dimanche dans V octave de Noël(jo décembre i66j). (Mss., 12.821, f. 268.)

Nous lisons dans la Gazette du 5 janvier, 1664: « Le 30 décembre, la Reine Mère alla avec la Reine au couvent des

1. Sur François Faure, cordelier, qui devint le confesseur d'Anne d'Autriche, puis son prédicateur attitré, voy. Hurel : Les orateurs sacrés à la cour de Louis XIV (I, 16). Il fut successivement évêque de Glandèves, de Montpellier et d'Amiens (1654).

Page 1