Lâchât, VIII
cil. II. PARIS ET MEAUX, 22 1
de la Cour auquel il était primitivement destiné. Il ne conserva de sa première rédaction que ce qui ne faisait pas double emploi avec la seconde, c'est-à-dire le premier et le second exorde. On trouve ce débris, comme disait notre auteur, au III'-' dimanche de l'Avent, sur ce texte: Miserunt Judœi ab Jerosolyuiis sacerdotes,Q\.c. — Le manuscrit ne permet aucun doute sur la date que nous lui assignons.
— IV" Dimanche: ijam eniiii seciiris adradicem arbornm..:^ Sermon mis par erreur dans les éditions au III" Dimanche, et en i66ç. (Mss., 12.821, f. 188.)
De ce fait qu'il n'y avait pas eu de prédication au Louvre, le 1 11*= dimanche de l'Avent, en 1665, on a encore conclu que le sermon sur la Nécessité de la Pénitence : Jam enim sccuris, appartenait au IIP dimanche de 1669 ('). C'est encore une double erreur. Une simple méprise de Deforis a fixé ce discours au IIL dimanche: l'évangile selon saint Luc (ch. m), d'où en est pris le texte et le sujet, est celui du IV dimanche; et réciproquement on a attribué à ce dernier dimanche un sermon composé sur l'évangile du troisième (saint Jean, ch. i.)
Si l'on remarque d'autre part combien le manuscrit du Jam enim sccuris ressemble parfaitement à ceux des trois dimanches précédents : Tune videbunt ; — Cœci vident ; — Miserunt Judcei ; — et combien il diffère de ceux de 1669, qui ont tous moitié de marge (pour ne citer que ce trait caractéristique), on n'hésitera pas un instant à le dater de
Cette conclusion paraîtra encore plus évidente si l'on remarque cette courte péroraison, esquissée au dernier moment:
^ Attention aux choses dites -.point tant songer au prédicateur. Les choses que nous disons sont-elles si *peu solides qu'elles ne méritent de réflexion que par la manière de les dire? Tant d'heures de grand loisir : pourquoi sont-elles toutes
I. Floquet, éiudes...,lll,s73- — Lâchât, VIII, 196, — et semblablement les éditions plus récentes de chez Guérin, de chc^ Garnier, et de l'abbé Guillaume.
La Prédication de Lîossuet. i^"'
des heures perdues ? Pourquoi JéSUS-Christ n'en aura-t-il pas quelqu'une,plutôt qu'un amusement inutile? Ainsi puisse Jésus-Christ naissant votis combler de grâces ! puissiez- vous recevoir en lui un Sauveur et non un juge ! puissiez-vous apprendre à sa crèche à mépriser les biens périssables, et acquérir les inestimables richesses que sa glorieuse pauvreté nous a méritées ! »
Comment ne pas reconnaître dans ces paroles, avec un humble effort pour se défendre contre l'admiration qui s'attachait autant à la conduite de l'orateur qu'à son éloquence, l'adieu par lequel il prend congé de son auditoire ? Nous avons déjà fait observer qu'il ne devait pas y avoir de sermon à Noël, dans la chapelle du Louvre, de même qu'à la Toussaint, ni à Pâques : c'est pour ce motif, que Bossuet appelle à l'avance sur ses auditeurs les bénédictions de « JÉSUS- Christ naissant. »
§3. — Époque de Paris, 3" partie. Du Carême de Saint-Germain au Sacie de Bossuet (1666-1670).
— i666. Carême DE Saint-Germain-en-Laye.
CE second Carême royal était annoncé pour le Louvre ; mais la mort d'Anne d'Autriche, survenue au commencement de cette année, fit abandonner au roi Paris pour Saint- Germain. M. Gandar, tout en arrêtant ses savantes études au Carême de 1662, a été amené, par la nécessité même du triage des œuvres, à dresser la liste des sermons prêches quatre ans plus tard à la cour. Il énumère dix sermons existants (ï); le 2*" des sermons ponr la Purification; les sermons sur r Aumône, sur V Honneur, sur V Enfant prodigJie (ou sur r Amour des plaisirs), sur la CJiarité fraternelle, sur le Culte dû à Dieu, sur V Ambition (3" rédaction), sur la Haine de la vérité {2" rédaction), sur la Justice, et le 4^^ sermon sur la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Huit de ces sermons sont des œuvres complètes, ou peu s'en faut. Sur l'Au-
I, Bossiief orateur, p. 398, note.
mône, il n'y a qu'un exorde et un premier point ; sur l'Ambition, il n'y a que le second.
J'ajouterai à cette liste un exorde pour la fête â^VAimofidation, et un autre pour le jour de Pâqnes, dont M. Gandar n'a point parlé. Il a cru reconnaître (') une reprise du sermon sur la Parole de Dieu (celui de 1661), à certaines corrections, et à la présence d'un nouvel avant-propos ; mais ces annotations et cet Ave ont été écrits plus tard (1670), pour une circonstance que j'indiquerai en son lieu.
— Purification : « Postquam impleti sunt, » (2" sermon).
(Mss,, 12.825, f. II7-)
La date de ce chef-d'œuvre est connue.
Sur les onze autres prédications préparées par l'auteur, six seulement ont été mentionnées par la Gazette. Est-ce à dire que le reste n'aura pas été prononcé ? Rien n'autorise une hypothèse aussi absolue. Il y a très certainement dans la Gazette de 1666, comme dans celle de 1662, des lacunes (=) et des omissions. Toutefois il y a lieu de tenir compte, plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici, des déplacements de la cour, signalés par l'organe officiel : plusieurs ont dû forcément faire obstacle à la prédication.
Première semaine. — Ainsi nous voyons « le roi et toute la cour » partir de Saint-Germain (3), le samedi 13 mars, veille du i'^'" dimanche : il y a dès lors fort à craindre pour le sermon du lendemain. Nous trouvons, en effet, ce jour, 14, toute la cour à Mouchy ; elle assiste à des revues ("^) entre Mouchy et Compiègne.
— Sermon sur T Aumône, retardé, ou non prêché.
(Mss., 12.832, f. 100.)
Le sermon incomplet sur V Aumône était, ce semble, des-