Mss., 12.823, f
5. Sur la Haine de la vérité (2'^ serm.). — Voy. l'édition Gandar, p. 346.
passages entiers de celui-ci. Ainsi en est-il de la fin du second point. Ce passage n'avait donc point été prononcé ; et il n'y a que trop à craindre qu'il n'en ait été de même de tout le discours. Cet emprunt n'est pas le seul en effet : voici encore de belles paroles qui sont passées dans le sermon du dimanche de la Passion, après être restées en détresse dans celui de /a Cliaritc fraternelle: « Les flatteurs du dehors, âmes vénales et prostituées, savent bien connaître la force de cette flatterie intérieure. C'est pourquoi ils s'accordent avec elle ; ils agissent de concert et d'intelligence ; ils s'insinuent si adroitement dans ce commerce de nos passions, dans cette secrète intrigue de notre cœur, dans cette complaisance de notre amour-propre, qu'ils nous font demeurer d'accord de tout ce qu'ils disent. Ils rassurent dans ses propres vices notre conscience tremblante , et <L mettent, dit saint Paulin, le « comble à nos péchés, par le poids d'une louange injuste et « artificieuse,» Que si nous voulons les déconcerter et rompre cette intelligence, voici l'unique remède : un amour généreux de la vérité, un désir de nous connaître nous-mêmes (')••• »
— Vendredi 2 avril: sur le cidte dû à Dieu.
(Mss., 12.822, f. 265.)
Bossuet a écrit pour le vendredi de la 3* semaine, le sermon sur le Culte du à Dieu. Avant de le rédiger, et peut-être tandis que la cour s'étourdissait, et se consolait assez allègrement du deuil qu'on était venu faire à Saint-Germain, il avait tracé, sur une feuille (2),devenue ensuite l'enveloppe de son discours, cet extrait d'Isaïe, avec quelques réflexions ébauchées :
« Clama, ne cesses,... et annuntia domui Jacob [non aux Gentils ; mais son alliance]. Quel sujet de ce cri ? Me eteniin
1. Charité fraiernelle, 2'^ p. — (Lâchât, IX, 248. — • Cf. Haine de la vérité : <i Non poiest niuudii-f..., » p. 344 de l'édition Gandar. — Voy. aussi ce qui précède ce passage. )
2. Ce fragment est inédit. Mss., 12.822, f. 267. — En titre : Samarit[aine] jiÉ?/«. ? serm. — puis cette phrase, qui semble avoir été alors ime devise pour Bossuet : « Celui qui se glorifie dans ses bonnes œuvres, ravage sa propre moisson. » .A. la fin,
envoiau Pastoral de saint Grégoire le Grand, IV partie, ch X, XI.
de die in diem quœrunt et scire vias meas volunt. Quasi gens guœjust?tia7Jifecerit,etc.{ls. LVlIl). — Un homme vous a outragé, vous dissimulez ses outrages. Mais quand, en vous outrageant, il traite encore avec vous avec la même familiarité que s'il était fidèle : Clama, ne cesses. — Un roi à qui on a manqué de fidélité ; on vient, comme si de rien n'était, à sa cour. . . A plus forte raison de Dieu. »
S'animait-il lui-même par ces fortes paroles à remplir son ministère avec une fermeté tout apostolique? Elles n'ont qu'un rapport assez éloigné avec le sujet traité dans le sermon composé à cette date sur ce même évangile de la Samaritaine, mentionné en tête de ce fragment. Il a pour texte ces mots qui en indiquent nettement le sujet : Veri adoratores adorabunt Pairein in spiritu et veritate (Joan., iv). Ce discours sur l'adoration en esprit et en vérité, a dû être prononcé, bien que la Gazette n'en dise rien. On peut le conclure d'une péroraison « contre la Paresse, » ajoutée au dernier moment, et d'une indication y^o\xxXAve,o\x l'avant-propos, que l'auteur se proposait de reprendre dans un sermon aujourd'hui perdu, sur l'évangile de la Chananéenne (').
Qnatribne semaine. Ambition.
(Mss., 12.822, f. 334-339. Nouveau second point.)
Nous n'avons pour cette semaine qu'un fragment. C'est le nouveau second point zwx V Ambition, intitulé: « ^ dim. Puissance. Ut facerent eum regem (2). » S'il fut prêché, ce fut à Versailles, non à Saint-Germain : car la veille, 3 avril. Leurs Majestés avaient quitté Saint-Germain pour Versailles, « oîi elles prennent, dit la Gazette (3), les divertissements que leur offre un si beau lieu : » ce qui donne à penser sur la destinée du sermon. De plus l'idée fondamentale que contient cette nouvelle rédaction, à savoir la nécessité de faire servir la