Gazette de 1666, p
puissance à soutenir la justice et à soulager la misère.est passée dans le sermon des Ra menu r, prononcé quinze jours plus tard.
— Cinquième semaine. Dimanclie de la Passion : Strr la Haine de la vérité. (Brouillé dans les éditions antérieures à celle de Gandar.) (Mss,, 12.823, f. 35-41, 24-3f.)
Quoi qu'il en soit, Bossuet préparait pour le dimanche suivant une plainte éloquente, qu'il fit entendre non en son nom, mais au nom de la vérité : « Les hommes, pj^esquè tonjonrs injustes, le sont en ceci pyi)icipalement, que la vérité leur est odieuse. » Tel est le commencement du premier exorde ; et voici le début du second : « Tons ceux qui font mal, dit le Fils de Dieu, haïssent la lumière et craignent de s 01 approcher, à cause qu'elle découvre leurs mauvaises œuvres. S'ils haïssent la lumière, ils haïssent par conséquent la vérité, qui est la lumière de Dieu, et la seule qui puisse éclairer les yeux de l'esprit. »
Et il entreprend de montrer que « nous devons apprendre à aimer la vérité partout où elle est : en Dieu, en nous-mêmes, dans le prochain ; afin qu'en Dieu elle nous règle, en nousmêmes elle nous excite et nous éclaire, dans le prochain elle nous reprenne et nous redresse ('). »
Ce jour, 1 1 avril, la cour était encore à Versailles. J'ignore si notre discours y fut prononcé, ou s'il fut remis à un autre jour. Toujours est-il qu'on ne trouve trace d'aucun autre sermon pour cette semaine.
6' Semaine. — Sur la Justice. — Sur la Passion de Notre- Seigneur Jésus- Chris t.
— DimancJie dés Rameaux: sur la Justice. (}\'-,%., 12,823, f. 236.)
La Gazette retrouve la parole pour mentionner « l'excellente prédication » du 18 avril, dimanche des Rameaux. C'est le sermon si connu sur la Justice. Le grand orateur mît à
1. II revient au plan de 1661, mais en intervertissant l'ordre des deux premières parties. (Gandar, Choix de sennon.'s 323, 325, 326. ) — Dans l'exécution du plan, il se rencontre de grandes différences, qui sont un beau sujet d'étude comparée.
profit les loisirs qu'on lui avait faits pour reprendre en sousœuvre sa composition, qui, à part la fin du premier point, était à peu près achevée. Il n'avait pas uniquement en vue dans ce remaniement le perfectionnement de la forme. Si l'on compare la dernière rédaction du 3^ point avec la première, qui était complète, on se convaincra que les éléments nouveaux, qu'il y a introduits à la place de ceux qu'il a éliminés, sont destinés à ramener des enseignements capitaux, qu'il n'avait pu faire entendre jusque-là, à cause des irrégularités de la station. Qu'on lise ce qui est dit ici de la seconde obligation delà Justice, celle d'épargner la misère, on reconnaîtra une des idées essentielles du sermon projeté pour le quatrième dimanche, sur VAuibition ('), ou comme disait Bossuet, sur la Puissance.
Il est glorieux au grand orateur d'avoir tenu à faire entendre à tout prix à Louis XIV des paroles comme celle-ci : « Il y a des temps malheureux où c'est une cruauté et une espèce de vexation que d'exiger une dette ; et la Justice veut qu'on ait égard non seulement à l'obligation, mais encore à l'état de celui qui doit (2). »
Donnant ensuite adroitement les conseils les plus hardis sous une forme historique et biblique, il propose l'exemple du « sage Néhémias, » qui, voyant « ce peuple qui n'en pouvait plus,... se crut obligé en conscience de chercher tous les moyens de le soulager ; et bien loin d'imposer de nouvelles charges, comme avaient fait ses prédécesseurs..., crut devoir remettre, comme porte le texte sacré, beaucoup des droits qui lui étaient dus légitimement (3). »
1. On trouve même ici de quoi compléter l'idée restée inachevée d.ins la première œuvre, du moins dans l'état actuel du manuscrit. (Voy. Gandar, Choix... p. 442, dernière phrase ; — et Gazier, Choix... p. 420.)
2. Edition Gazier, p. 419. — Cf. sur \ Ambition édit. Gandar, 441.
3. Ibid. — On peut aussi rapprocher l'esquisse sur \ Ambition de ce qui est dit dans le i*"' point du sermon sur la Justice de l'obligation de soutenir le bon droit, toujours faible en face des passions et de l'intérêt. — Cf. eliain, 2e point sur la Justice, et 2^ point du sermon non prononcé, sur la Charité fraternelle, à propos du devoir qui incoml)e aux princes de s'instruire de la vérité.
— Vendredi-Saint. <i Justiis périt ... » (Mss., 12.823, f. 349.)
Le sermon pour le Vendredi-Saint, Jjistus périt (4° des éditions), serait peut-être regardé comme la plus belle des quatre Passions, toutes admirables, si les éditeurs avaient pris la peine de le compléter d'après les indications du manuscrit. La Gazette daigne nous apprendre que Bossuet le prêcha « avec grande satisfaction de son auditoire. » La Bruyère dirait : « Les points de religion les plus essentiels, comme les plus pressants motifs de conversion y ont été traités ; quel grand effet n'a-t-il pas dû faire sur l'esprit et dans l'âme de tous les auditeurs ! Les voilà rendus : ils en sont émus et touchés au point de résoudre dans leur cœur, sur ce sermon de Théodore, qu'il est encore plus beau que le dernier qu'il a prêché ('). »
— Pâques. « Solvite temphnn hoc, » etc.
(Mss., 12.824, f- 63. Un avant-propos seulement.)
Il y eut sermon à la chapelle royale de Saint-Germain le jour de Pâques. Bossuet paraît ne s'y être pas attendu à l'avance. Il n'eut loisir que d'écrire un premier exorde sur ce texte : « Solvite tcviphan hoc, et in tribus diebus excitabo illud. Paroles du Fils de Dieu, en saint Jean, ch. 11, par lesquelles le Sauveur prédit sa glorieuse résurrection : illc auteni dicebat de teiuplo corporis sui. »
Pour le reste, il se borna à méditer la composition de 1661, qu'il désigne ailleurs (^'), dans ses renvois, par ces mots : « Pâques, Temple. » Il écrivit un petit nombre de corrections à cette occasion. Parmi les quelques notes jetées, à la hâte, sur son ancien manuscrit (3), la dernière est particulièrement significative : « Je désire principalement -votre entière conversion à celui qui vous fait régner. Car encore que tant