Edit. Gazier
— i66ç, IP dimanche de l'Avent, 8 décembre.
— Lundi, ç^fcte de la Conception de la sainte Vierge.
(Mss., 12.825, f. 28.)
La Gazette, qui mentionne six sermons de cette station, et l'oraison funèbre du 16 novembre, est muette sur le second dimanche. Nous avons vu que son silence ne tire pas toujours à conséquence.
On a pensé cependant (') que le 1 1^ dimanche, tombant cette année le 8 décembre, le sermon avait eu pour sujet la Dévotion à la sainte Vierge. C'était oublier les règles liturgiques (^), que de supposer que cette tête avait été célébrée en ce jour. Les dimanches du Carême et de l'Avent étant privilégiés, cette solennité, qui n'était pas encore élevée au rite de première classe, était remise de plein droit au jour suivant. La Gazette elle-même l'atteste en cette circonstance : « Le ç, fête de la Conception, dit-elle, Leurs Majestés entendirent la prédication de l'abbé Bossuet dans la chapelle du château. »
L'orateur s'exprime ainsi dans la division de son sermon : « Sans vous ennuyer par un long exorde, je partageai mon discours en deux parties. La première établira les solides et inébranlables fondements de cette dévotion; la seconde vous fera voir les règles invariables qui doivent en diriger l'exercice. »
Cette crainte un peu insolite d' « ennuyer par un long exorde, » ne viendrait-elle pas précisément de ce qu'il y avait eu déjà prédication la veille? S'il en était ainsi, il faudrait supposer une nouvelle reprise du Cœci vident, de 1665, et le silence de la Gazette prouverait simplement que cette fois encore le roi s'abstint d'assister au plus important sermon
1. Floquet, Études..., III, 373. — Lâchât, VIII, 177. — Édition Guéiin et Guillaume, etc.
2. On l'a fait souvent. Les changements de liturgie, qui furent à la mode à la fin du xviie siècle et au commencement du xviiie, avaient fait perdre de vue les anciennes rubriques ; de là plus d'une erreur dans la classification des sermons. — Le bréviaire parisien ne fut édité qu'en 1680, sous Fr. de Harlay ; celui de Meaux, sous de Bissy, le successeur de Bossuet, etc.
qu'il pût entendre. La date du sermon pour la fête de la Conception (3^ des éditions) n'est contestée par personne.
— Troisième et quatrième dimanches. Sermons à retrouver.
Quels furent les sermons des troisième et quatrième dimanches ? Le 15 {\\\^ dimanche), il est vrai, le roi part pour Versailles; mais la reine ne va le rejoindre qu'après avoir entendu le sermon ('). Il en est de même de Monsieur, Madame, qu'on voit suivre très assidûment la station, ce qui ne saurait étonner, si près de la mort de leur mère, et de l'oraison funèbre. Ils sont au pied de la chaire le quatrième dimanche : « Le 22, dit la Gazette, Leurs Majestés, avec lesquelles étaient Monsieur et Madame, entendirent la prédication de l'abbé Bossuet en la chapelle du château (^). »
Nous avons montré précédemment que les sermons proposés pour ces dates dans les éditions, appartenaient l'un à 1665, l'autre à 1668. Est-il possible de savoir ce que Bossuet prêcha en 1669? Voici ce qui résulte de nos recherches sur ce point :
III^ Dimanche. Snr V Honneur., « Miserunt Jtidœi... » (Mss.,i2.82i,f, 213-216, reprises de 1665; et 12.822,2^6! 3^points, repris et annotés, f, 167 et seq.)
On se souvient que dans l'Avent de 1665, Bossuet avait écrit un sermon sur \ Honneur (Miserunt J7idœi...), que la mort de Gaston de Foix l'empêcha de prononcer. Les six pages qui nous en restent portent trace de remaniements de date postérieure, qui nous reportent au second Avent royal. Ils ne peuvent, en effet, être imputés au Carême de 1666 : l'une de ces additions désigne manifestement l'évangile du III^ dimanche de l'Avent. C'est une note marginale inédite : « Saint Jean. Tout le monde est préoccupé en safaveur,il ne lui coûtera qu'un aveu pour être honoré comme le Messie ; mais