octobre
3. C'était l'avis du lieutenant-général de Ménars ; du médecin Rochard, etc.
En 1693, la prédication que nous mentionnons pour la fête de tous les Saints n'est point relatée dans nos comptesrendus : nouvelle preuve qu'ils sont incomplets. C'est Bossuet lui-même qui annonce dans une lettre à Mme d'Albert, qu'il prêchera le i^"" novembre (') sur cette Béatitude : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice^ etc.: Qu'est-ce que celte faim et cette soif? qu'est-ce que ce rassasiement ? »
Ledieu nous donne l'analyse du sermon de 1701 : Non omnis qui dicit inihi : Domine, Domine, intrabit, etc. {Matth., Vît, 21.) Les trois points de ce sermon sur la Toussaint furent : « la nécessité des bonnes œuvres pour le salut ; quelles elles doivent être ; et combien invariables (^). » Cette dernière partie, à ce qu'il paraît, avait été particulièrement touchante. Bossuet y commentait, comme il savait le faire, deux passages de l'Apocalypse (ch. II et lli) sur la réprobation dont est menacé le relâchement et la tiédeur. Le texte sacré « parle d'un homme qui avait de bonnes œuvres : Laborem,patientiam, etc. (il, 2) ; il lui manquait d'y persévérer et de les rendre invariables. En voici le moyen : c'est de reprendre sa première charité qu'il a laissée ralentir (il, 4) : Caritatem primam religuisti (il, 5)... Prima opéra fac... A quoi il joignit (ajoute Ledieu) VAurum ignitum, probatum, du ch. III, (v. 18), qui est la charité même. Et de là il finit par une vive exhortation pleine de tendresse sur la charité, qui est la vie du chrétien, qui rend ses œuvres invariables, et sans laquelle il n'y a vie ni vertu chrétienne, comme dit saint Paul (/ Cor., XIII, i, 2,) ; appuyant sur œs sonans, et sur cymbaliim tinniens, et sur nihil sum, quoique avec les dons merveilleux des langues, des prophéties, des mystères ; — qu'il fallait, donc s'affermir dans l'amour de Dieu pour être véritablement chrétien, et établir en soi le règne de la charité, pour pouvoir mériter le royaume éternel, etc. »
I . Il parle à la vérité dans cette lettre des occupations qui le retiendront à Damniartin jusqu'à la Toussaint. Mais c'est sans préjudice du retour pour la fête. Nous le voyons en effet à Meaux le 31 octobre et les jours suivants, — (Voy. aussi lettre du 8 nov. 1689, à sœur Cornuau : mention d'un sermon inconnu.)
Ce sermon avait presque inspiré de l'enthousiasme à Ledieu: « Voilà donc, s'écrie-t-il, le caractère de ce discours si digne de M. de Meaux... Toute sa vie, M. de Mcaux a prêche l'amour de Dieu; il l'a inculqué dans son Catéchisme ; il en a soutenu la nécessité contre Jurieu dans ses Avertissevients; et enfin à l'âge de soixante-quinze ans, la voix (') très affaiblie, il recueille les restes de ses forces pour exciter les cœurs à l'amour de Dieu, dans un sermon de la béatitude éternelle. »
Plusieurs panégyriques de saints furent prononcés dans la dernière époque. Tous sont perdus, sauf celui de saint Paul que nous avons mentionné ci-dessus ("): Gzr/'/rtJ" 67/r/^/z îirget nos. Ainsi il faut regretter les panégyriques de saint Jacques le Mineur (i^^ mai 1684), de saint Etienne, patron de l'église cathédrale (3 août 1684) (3), de saint Cyr et sainte Julitte (15 juin 1688), de saint Benoît, à Jouarre (11 juillet 1693), de saint Matthieu, à la clôture de l'assemblée de 1700 ('^), de sainte Libiaire (1701). Ajoutons à ces panégyriques prononcés dans les Visites pastorales, celui de saint Bernard, chez les Bernardines de Pont-aux-Damcs, en 1689, et la même année, celui de saint Augustin, dans l'église des chanoinesses de Notre-Dame, à Meaux. Ledieu rapporte {^) que l'orateur, ayant entrepris de montrer en deux points «ce que la grâce a fait pour saint Augustin, et ce que saint Augustin a fait pour la grâce, » se laissa si bien entraîner par un sujet qui lui était si cher, « qu'en une heure et demie il ne put expliquer que la première proposition. » Son texte avait été: Gratia Dei suni id qiiod snni, et gratia ejiis in me vaciia non fuit. (I Cor., XV, 10.)