VoMX l' Annonciation
3. Sermon sur le Mauvais riche ; sur les Devoirs des rois ; sur la Passion (1662) ; sur la Justice (1666).
tion aux dernières années d'une reine trop longtemps offensée, il enseignait à ce roi à descendre quelquefois du trône : « descendre pour s'humilier, descendre pour se soumettre, descendre pour compatir, pour écouter de plus près la voix de la misère qui perce le cœur, et lui apporter un soulagement digne d'une si grande puissance (^) ? »
L'unité d'inspiration, voilà donc ce qu'on retrouve à toutes les époques dans la prédication de Bossuet ; on y trouve aussi l'unité de pensée. La constance absolue dans les mêmes principes est la caractéristique de la vie de Bossuet. « Je l'ai vu, rapporte l'abbé Ledieu, employer dans sa Politique, sur les rois et la royauté, des matériaux tirés de ses sermons prêches à la cour, tant il en estimait les principes sûrs et bien établis; et sans y trouver rien à changer en un âge si avancé et avec tant de lumières if). » M. Gandar signale dans un des sermons de la première jeunesse de Bossuet (3) des idées qui ont été reprises dans le Discours sur lliistoire universelle. Combien de pensées des sermons sont revenues sous la plume de l'auteur des Méditations sur V Évangile et des Ele'vations sur les mystères ! M. Jacquinet indique, de son côté, dans les Oraisons funèbres de nombreux points de contact avec les sermons, qui prêtent à des comparaisons très instructives.
Cette unité venait chez Bossuet de la plénitude de la science, de la largeur et de la netteté des vues. Les orateurs qui pensent au jour le jour sont exposés à tomber en des contradictions fâcheuses. On en a relevé quelques traces jusque chez le grave Bourdaloue (4); et elles abondent dans les discours de Massillon (5). Pour qu'il en ait été autrement de
1. IV^ sermon pour le jour de Pâques. (Péror. ) Voy. ibid., une nouvelle expression des maximes que nous avons déjà rencontrées : « Qui peut tout ne peut pas assez ; qui peut tout, ordinairement tourne sa puissance contre lui-même, » etc.