Voy. l'édition Gandar, p. ii8 et
4. Voy. ci-dessus, ch. 11, le concussionnaire qui fait belle dépense du bien d' autrui : rédactions de i66o et de 1666 (p. 97).
Dans tous les discours de cette époque on peut trouver encore à redire à la longueur des exordes, surtout des seconds exordes ou exordes proprement dits. Ils n'ont plus toutefois les proportions démesurées des sermons antérieurs, de ceux-là mêmes qu'on plaçait à tort à cette date. La Vcture : Martha, Martha, etc., a même ceci de remarquable que son exorde n'est, pour la plus grande partie, qu'une réduction de celui du sermon sur la Loi de Dieu.
Mais un caractère général, qui aurait dû s'imposer à l'attention, par cela même qu'il s'étend à tout l'ensemble du discours, c'est une certaine redondance oratoire qui déborde partout en 1656. A l'audition, c'est chose assez agréable ; et des œuvres comme le Depositum custodi, ou le sermon de Noël, font encore très bon effet dans une lecture à haute voix. Parcourues silencieusement, elles charment moins que les sermons composés dix ans plus tard.
L'éloquence de Bossuet à cette époque s'éloigne moins, tout en s'en éloignant déjà beaucoup, du genre cicéronien où s'exerceront Bourdaloue et Massillon, surtout le dernier. Moins patient à raisonner imperturbablement que le célèbre jésuite, Bossuet est bien moins préoccupé d'embellissements que l'évêque de Clermont. Le Turbaris erga pliirima de la Vêture Martha... Q) est un exemple assez rare chez lui des refrains dont on verra Massillon user et abuser (2). Ces répétitions de textes commentés à plusieurs reprises successives, sortes de variations sur un thème proposé, n'ont nullement le même caractère dans les deux orateurs. Dans Bossuet, ce n'est autre chose qu'un développement de la pensée essentielle : tout y tend moins à orner le discours qu'à le fortifier. Massillon n'aurait garde de s'arrêter en si beau chemin : il ne se contente pas d'enrichir sa démonstration par des énuméra-