‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 242 sur 325 · Cf. Y&wghre, Bourdaloue, sa vie et son temps, p · texte numérisé non relu

Cf. Y&wghre, Bourdaloue, sa vie et son temps, p

2. Le P. Lauras (Bourdaloue, sa vie et ses œuvres, \, 202) ne veut à aucun prix qu'il s'agisse de Bourdaloue dans le II' Dialogue sur F éloquence. A son avis Fénelon parle d'un prédicateur imaginaire, il fait une charge de prédicateur. Nous ne comprenons pas qu'on puisse hésiter cependant, quand on entend l'évêque de Cambrai dire du prédicateur qu'il critique : « Il faut reconnaître que la chaire lui a de grandes obligations ; ill'a tirée de la servitude desdéclamateurs, » etc. Il s'agit bien, on le voit, d'un personnage vivant ; et je ne doute pas que ce ne soit Bourdaloue.

tes communes qu'elles sont, et ce sont celles dont elle ne peut atteindre les bornes, parce qu'elles touchent à l'infini : le temps, par exemple, et les révolutions qu'il amène, la rapidité de la vie et la succession des âges. Un philosophe aura bientôt dit que tout est passager et périssable ici-bas ; mais un orateur chrétien, qui a pour but de frapper fortement ses auditeurs de cette pensée, peut s'arrêter longtemps sur cet objet (1)... »

Cherchons quelque part dans Bossuet cette même pensée qu'un philosophe aura bientôt exprimée, mais sur laquelle, nous dit-on, il convient à l'orateur de s'arrêter longtemps. En voici un exemple, qui est au plus tard de 1656.

« Que recherchons-nous, s'écrie-t-il, parmi tant d'emplois ? Pourquoi gouvernons-nous notre vie par des considérations étrangères ? — Je veux la passer dans les grandes charges. — Mais que nous sert de faire une vie publique, puisqu'enfin nous ferons tous une mort privée? — Mais si je me retire que dira le monde ? — Et pourquoi voulons-nous vivre pour les autres, puisque chacun doit enfin mourir pour soi-même ? O folie ! ô illusion ! ô troubles et empressements inutiles des enfants du siècle ! Chère sœur, rompez ces liens : démêlez votre cœur de la multitude, et que vos forces se réunissent pour la seule occupation nécessaire : Porro îimini est necessarhim. C'est ma seconde partie (2), » etc.

Y a-t-il donc ici peu de souffle oratoire, parce qu'il y a beaucoup de concision.'' Un orateur selon le cœur de La Harpe manquerait-il à gémir et à soupirer sur cette folie, cette illusion' des «enfants du siècle? » Ainsi il parlerait sans doute au cœur qui « n'aime pas tant la concision que l'esprit. » Bossuet n'en a pas jugé ainsi (3) : s'est-il trompé? Disons

Page 1