Lycée, Ile partie, liv. II, ch. i«r, sect
2. VètMTQ-.Mdriha, Martha, sollicita es..., 8 sept. 1656 (peut-être même de 1655).
3. Je ferai remarquer qu'il n'a pas tourné court par stérilité de pensées : son manuscrit (à Limoges) nous le montre ajoutant d'abord cette phrase avant l'exclamation : ô folie, etc. : « Heureux [hureiix, orthographe qui va être bientôt abandonnée) ceux qui, dégagés des erreurs du siècle, commencent déjà leur mort dans leur vie !... » C'était le germe d'un développement, peut-être d'un de ces contrastes entre la mort du juste et la mort du pécheur dans lesquels Massillon excelle, et que Bossuet
plutôt que l'instinct du génie et une expérience précoce l'avertissaient déjà que qui vient de dire une vérité dans toute sa force ne doit pas la reprendre, s'il n'a l'intention de l'affaiblir. Qu'un écrivain de talent, qui trouve des raisonnennents plausibles, mais rien de souverain, rien de décisif en soi, recoure par compensation aux procédés recommandés, rien de mieux ; mais qu'on n'y oblige pas ceux qui savent trancher dans le vif, et qui, à l'heure voulue, vont droit à la difficulté, la résolvant comme Alexandre dénouait le nœud gordien.
Quand Bossuet n'aura pas eu ce pressentiment, comme ici, du premier coup (i), il l'aura plus tard lorsqu'une nouvelle occasion ramènera sous sa plume des pensées qui étaient entrées déjà dans ses discours antérieurs. M. Gandar en signale un bel exemple dans le sermon du Louvre sur la Prédication évangéliqiie^ comparé à celui de l'année précédente sur la Parole de Dieu (2). Après avoir tantôt accueilli, tantôt rebuté des emprunts à sa première rédaction, l'orateur montre la revanche que prendra la vérité sur ceux qui l'auront méprisée : « Ah ! te trouverons-nous partout, ô vérité persécutante.? Oui, jusqu'au fond de l'abîme ils la trouveront, spectacle horrible à leurs yeux, poids insupportable sur leurs consciences,flammestoujoursdévorantesdansleurs entrailles.» « Il serait trop facile à Bossuet, remarque le docte critique, de développer cette peinture : il n'aurait garde d'en affaiblir l'effet en lui donnant l'étendue démesurée d'une digression ou les couleurs banales du lieu commun. » Il s'empresse en effet de conclure : « Qui nous donnera, chrétiens, que nous soyons touchés de la vérité, de peur d'en être touchés de cette manière furieuse et désespérée? » Tel Démosthène,
d'ailleurs a plusieurs fois esquissés lui-même. Ici il eftace impitoyablement. Sa concision, si elle est une faute, est donc un péché de malice, tout ce qu'il y a de plus inexcusable.
1. M. Gandar a justement remarqué que les sermons du Carême des Minimes, (1660) sont facilement reconnaissablesà leur longueur {Bossuet orateur, -ç. 305), que la fécondité va jusqu'à l'exubérance (p. 312). Jusque-là le jugement est incontestable, Bossuet lui-même ayant noté en plusieurs endroits : Abrégez. Mais l'ensemble de cette belle station me semble traité bien rigoureusement par le critique.