Cf. Gandar, Bossuet orateur, p
3. Ms. de la collection Floquet, pour les premières lignes. — Pour la traduction, voy. le i^f point du sermon (Lâchât, VIII, 519). — Dans le texte suivi par Bossuet, quelques mots, comme celui-ci (etsi). diffèrent des leçons aujourd'hui reçues.
l8 PREMIÈRE PARTIE.
c'est la seule chose de laquelle, encore que nous la rendions, nous ne laissons pas d'être redevables;] redditur enim cum impenditur, debetur autem etiamsi reddita fuerit, quia niillum est tempus quando impendenda jam non sit : [Car on la rend, lorsqu'on aime son prochain ; et en la rendant on la doit toujours, parce qu'on ne doit jamais cesser de l'aimer.] Inimicis cauta impenditur, amicis secura rependitur. Agit tamen quantum potest ut ab his ctiam quibus malis bona retribuit, id recipiat quod impendit... quia non eum diligimus nisi velimus bonum. Quod utique non erit, nisi amiserit inimicitiarum malum : [... C'est faire du bien à nos frères que d'exiger d'eux cette dette dont le paiement les sanctifie. Si vous les aimez, faites qu'ils vous aiment : vous ne pouvez pas les aimer que vous ne désiriez qu'ils soient bons ; et ils ne le seront pas, s'ils n'arrachent de leur cœur le mal de l'inimitié (').] — Non ergo sic impenditur caritas ut pecunia : excepto enim quod impendendo illa minuitur (2), hîec augetur, etiam illo inter se difîferunt, quod pecuniam cui dederimus, tune benevolentiores erimus si recipere non quaeramus ; non autem potest esse verus caritatis impensor, nisi fuerit benignus exactor : quia pecunia cum recipitur, accedit cui datur, recedit a quo datur. Caritas vero non solum in eo crescit qui exigit, sed etiam a quo recipit : tune incipit habere cum reddit. [Il y a (3) cette différence entre les dettes ordinaires et celle de la charité fraternelle que, lorsqu'on vous doit de l'argent, c'est faire grâce de le quitter, c'est témoigner de l'affection ; au contraire pour la charité : jamais vous ne la donnez sincèrement, si vous n'êtes aussi soigneux de l'exiger que vous avez été fidèle à la rendre. — C'est que l'argent que vous donnez profite à celui qui le reçoit et périt pour celui qui le donne ; au lieu que la charité enrichit celui qui la rend plutôt que celui qui la reçoit.]