I. SATNT GORGON, I
rance de nos moissons, a mis la stérilité dans la terre. Car il ne faut point douter que tous ces maux ne soient arrivés par son ordre. Il punit par la guerre celle que nous lui faisons tous les jours. La terre, par son commandement, nous refuse (') le fruit de nos travaux, parce que nos âmes ne lui en rapportent point, bien qu'il les ait si soigneusement cultivées. Ah ! messieurs, humilions-nous sous la puissante main de Dieu : de peur qu'après avoir tout perdu, nous ne perdions encore le fruit de l'affliction que nos maux nous apportent, au lieu de la faire profiter à notre salut.
Il ne faut point flatter. Nous voyons assez de personnes qui plaignent les malheurs du temps ; le ciel ne nous a fait encore que les premières menaces ;et déjà le pauvre tâche d'amasser de quoi vivre par des tromperies, se défiant de la Providence, pendant que le riche prépare ses greniers pour engloutir la nourriture du pauvre, qu'il lui fera acheter bien cher en (2)son extrême indigence. Les plus sages pensent à pourvoir à la nécessité du pays ; leur zèle est louable, mais nous n'avançons rien par ces soins. S'il est vrai queDieu soit irrité contre nous,comme il nous le fait paraître par les fléaux qu'il nous envoie, pensons-nous pouvoir arrêter le torrent de sa colère? «Si tu montes jusqu'au ciel, dit le Seigneurje t'en arracherai, et ma colère t'ira trouver jusqu'au plus profond des abîmes. » (Abd. 4.) Il faut aller à la source du mal, puisqu'aussi bien nos prévoyances toujours incertaines ne peuvent rien contre ses ordres inévitables.
Que si, reconnaissant nos péchés, nous confessons qu'ils ont justement attiré son indignation sur nos têtes, qu'attendons-nous à faire pénitence ? Que ne prévenons-nous sa fureur par un sacrifice de larmes .' Que ne mettons-nous fin au long désordre de notre vie ? Que ne rachetons-nous « nos iniquités par aumônes (3), » ouvrant nos cœurs sur la misère