‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 279 sur 325 · Var. à en obtenir le pardon par les bonnes œuvres · texte numérisé non relu

Var. à en obtenir le pardon par les bonnes œuvres

2. Première rédaction effacée (c'est ici que reprend actuellement le manuscrit : ) « Je passe plus outre maintenant et je dis avec l'admirable Docteur de la grâce qu'il détruit entièrement le péché, parce qu'encore qu'il fasse quelques péchés (var. qu'il

La Prédication de Bossuet. 28

méritera, dit le même Père, — que nos nouveaux réformateurs entendent ce mot (c'est dans cette belle Épître à Hilaire, où ce grand personnage combat l'orgueilleuse hérésie de Pelage, ennemi de la grâce de JéSUS-Christ) : cet humble défenseur de la grâce chrétienne se sert en ce lieu du mot de mérite : était-ce pour enfler le libre arbitre ? n'était-ce pas plutôt pour relever la dignité de la grâce et des saints mouvements que Dieu fait en nous? Quelle est donc votre vanité et votre injustice, ô très charitables réformateurs, de prêcher que nous ruinons la grâce de Dieu, parce que nous nous servons du mot de mérite^ si ce n'est peut-être que vous vouliez dire que saint Augustin a détruit la grâce, et que Calvin seul l'a bien établie ? — Pardonnez-moi cette digression : je reviens à mon passage de saint Augustin : Un homme passant sa vie dans l'esprit de mortification et de pénitence, « encore qu'il ne vive pas sans péché, il méritera, dit saint Augustin, de sortir de ce monde sans aucun péché : » Merebitiir hinc exire sine peccato, gjiamvis cum Jùcviveret habuertt nonmiUa peccata. (Ad Hilar., tibi supra?) Et ainsi le péché est détruit en nous à cause du mérite de la vraie foi qui opère par la charité.

en fasse quelques-uns), les remèdes de les purger ne lui manquent [pas] : Et sicut ista non defiierunf, ita etiam remédia qtiibus pui-garentur affueru^U. Et enfin, évitant les péchés mortels, et faisant pénitence des véniels en la manière que je viens de dire avec l'incomparable Augustin, il méritera, dit le même Père, — que nos nouveaux réformateurs écoutent ce mot : l'humble Augustin se sert du mot de mérite, écrivant contre les Pélagiens, qui étaient, comme chacun sait, les ennemis de la grâce ; par conséquent il l'a employé non point pour enfler le libre arbitre, mais pour relever la dignité de la grâce. Je dis ceci seulement en passant afin que vous voyiez {var. afin de leur faire considérer) quelle est leur vanité et leur injustice, lorsqu'ils disent que le mot de mérite ruine la grâce, puisque le grand Docteur de la grâce ne craint point de s'en servir en un lieu où il ne traite que de la nécessité de la grâce. — Mais je re\iens à mon propos, et je dis qu'un homme vivant ainsi dans la pénitence, encore qu'il ne vive pas exempt de péché, il méritera de sortir du monde sans aucun péché : Merebitur hinc exire sine peccato, qua^tivis cum hic viveret habiierit nonmilla peccata. — Il est donc vrai, fidèles, que Dieu ruine le péché par la grâce, même dans ce pèlerinage mortel ; il est vrai que, pour surmonter le péché, il surmonte la convoitise. O fidèles, espérons bien du rétablissement de notre nature ; vous voyez comme le .Saint- Esprit la répare et la conduit doucement par divers progrès à la nouveauté de vie qui lui est promise. Voilà déjà nos deux plus grands ennemis, le péché et la convoitise, P'.iissamment attaqués par la grâce ; il faut voir maintenant la mort combattue par l'assurance de l'immortalité glorieuse dans la dernière résurrection ; c'est par où je m'en vais finir avec l'assistance de notre Sauveur. J> f Troisième point. J

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