Ibid., fin du i^f point, p
2. Cette lettre de saint Augustin, la 62=, dans l'édition suivie par Bossuet, est aujourd'hui la 192*^, d'après les Bénédictins.
grand homme qu'il est. Bossuet, d'ailleurs, s'y laissera de moins en moins entraîner à l'avenir.
Quoi qu'il en soit, en transcrivant les textes latins que nous avons rapportés, il n'avait pas attendu les occasions futures de les mettre à profit, et il avait immédiatement écrit à la suite ces réflexions en français. Elles sont en grande partie inédites.
« Trois (0 sortes de personnes sout reprises par cette doctrine: — Ceux qui ne veulent pas aimer leurs ennemis: la charité est une dette à tous ; et encore qu'un homme renonce (^) à l'amour que vous lui devez, vous n'êtes pas quitte, parce que vous lui devez comme membre, et il ne peut renoncer à ce qui lui est dû comme membre, parce que l'injure retourne sur tout le corps ; c'est donc au chef à nous en exempter, et il ne nous en exempte qu'en les retranchant du corps et en les envoyant aux ténèbres extérieures.
« — Ceux qui se contentent de leur avoir donné une fois ou deux quelque marque d'affection, et croient s'être acquittés de la dette (3) : ils ne considèrent pas quelle est la nature de la charité toujours féconde. C'est une source vive qui ne s'épuise pas, mais qui s'étend par son cours ; qui ne se perd pas, mais qui se multiplie par son action, parce qu'elle vient de Dieu au dedans de nous : Deus caritas est{^). — - Ceux qui se contentant d'aimer leurs ennemis ne se veulent pas mettre en peine de gagner leur amitié. La nature de cette dette est telle, qu'il y a obligation à la demander, et qu'on perd la charité si on ne l'exige. Trésor divin de la communication des fidèles, société fraternelle qu'il faut exiger : combien il est beau et utile de recevoir la charité de ses frères. C'est JésUS-Christ qui aime et