La suite, collection Floqiiet
2. Saint Augustin, Lettre i8e (olim 63). — Bossuet continuait ses extraits : Quomodo abusus plebis corrigeiidi, Lettre 64e (ordre ancien), etc.
3. Sur le style pour former un orateur; publié par M. Floquet, en 1855
(autogr. de sa collection). (Études sur la vie deBossuet, II, 513)
petite étendue, ont trouvé place dans son discours : Omnis anima indocta airiosa est : <i Ils séduisent les simples, parce que, dit saint Augustin (i), toute âme ignorante est curieuse. » — Christiano paucis ad scientiam veritatis opus est ; nam et certa semper in paucis : « Tertullien a dit sagement que le chrétien ne veut savoir que fort peu de choses, parce que, poursuit ce grand \\orc\xnt, les choses certaines sont en petit nombre. »
Qu'on nous permette, après cette revue que nous venons de faire d'une partie des Remarques morales, une conjecture qui nous frappe par sa vraisemblance. Ne serait-ce pas l'existence de ces cahiers de notes et extraits, la plupart d'une trentaine de pages, quelquefois moins, quelquefois plus, c'està-dire ordinairement de même dimension qu'un sermon, qui nous pourrait fournir l'explication de l'étonnante erreur du secrétaire de Bossuet, tant de fois reproduite par les historiens et les critiques? D'après les Mémoires de Ledieu, Bossuet n'aurait presque jamais écrit ses sermons : « Il jetait sur le papier, nous dit-il, son dessein, son texte, ses preuves, ^«/r^«çais ou en latin itidifféremment, sans s'astreindre ni au tour de l'expression, ni aux figures (2)... » Et un peu plus loin : « Hors les grands panégyriques et peu d'actions d'éclat, aiicun de ses sermons n'a la forme d'un discours achevé; et plusieurs sont en latin (3).»
Il y a ici, ce me semble, autre chose qu'une confusion entre la méthode de Meaux et celle de Paris ou de Metz. Ledieu aura, je crois, pris pour des sermons nos recueils de notes, qu'il avait entrevus, lorsque leur auteur les relisait, pour y retrouver aisément et sûrement d'utiles indications.
Parmi cette abondance de matériaux oratoires, il en est une certaine quantité que Bossuet n'a jamais mise en oeuvre, du
1. Ad Valent. — Cf. de Agone Christi, n. 4. — Cf. 2e p. du sermon (Lâchât, VIII, 539)-