V. TUNC VIDEl'.UNT
C'est à quoi aboutit cette gloire ('), là se termine l'histoire du grand Alexandre. L'histoire de JésUS-Christ ne commence pas, à la vérité, si pompeusement, mais elle ne finit pas aussi par cette nécessaire décadence. Il est vrai qu'il y a des chutes: il est comme tombé du sein de son Père dans celui d'une femme mortelle, ensuite dans une étable, et de là, par divers degrés de bassesse, jusqu'à l'infamie de la croix, jusqu'à l'obscurité du tombeau. Mais c'est là qu'il commence à se relever : il ressuscite, il monte aux cieux, il y entre en possession de sa gloire, et afin que cette gloire, qu'il y possède se déclare à tout l'univers, il en descendra un jour en grande pompe et majesté pour juger les vivants et les morts.
« C'est ce mystère (^), messieurs, que l'Eglise a dessein de nous faire aujourd'hui remarquer, lorsque dans ce temps consacré à la première venue de Notre- Seigneur dans la faiblesse de notre chair, elle nous fait lire d'abord l'évangile de sa gloire et de son avènement magnifique, afin que nous contemplions d'une même vue ces états dissemblables dans lesquels il lui a plu de paraître Q) au monde, premièrement le jouet, et ensuite (■*) la terreur de ses ennemis ; là jugé comme un criminel, et ici juge souverain de ses juges mêmes. Suivons, messieurs, ses intentions ; avant que de contempler combien JésUS-Christ est venu faible, considérons aujourd'hui combien il apparaîtra redoutable ; et prions la divine Vierge, dans laquelle il s'est revêtu de nos bassesses, de vouloir nous obtenir la connaissance du mystère de sa gloire, en lui disant avec l'Ange: \^Ave, gratia p/ejia.'] »
Cette pièce intéressante soulève deux questions : est-elle de Bossuet ? à quelle époque remonte-t-elle?
1. Ms. ceste gloire ; de même plus haut : ceste différence ; et plus loin : ceste nécessaire décadence ; ceste gloire qu'il y possède.
2. Passage illisible dans le fac-siniile ; mais nous avons distingué nettement sur l'original: C'est ce misière, messieurs...
3. M<v parestre. — Mais plus loin : apparoislra, connoissince. — De même :foible, faiblesse.