‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 52 sur 325 · Édition Gazier, p. 97, note i · texte numérisé non relu

Édition Gazier, p. 97, note i

2. Gandar, Bossuet orateur, 249 et seq. — Le savant critique montre combien ce bel éloge est mérité. Déjà M. Hoquet [Études, I, 504 ; II, 162), avait vengé Bossuet des attaques injustes de Sismondi et du comte de Maistre. Il le vengeait aussi à l'avance des accusations aussi violentes que mal fondées de M. Paul Albert [La Prose, 378).

3. Excepté dans l'édition Cattier (de Tours), par des prêtres de l' Immaculée-Conception de Saint- Dizier, 1862 (II, 40).

4. Par M. Choussy, dans M Etude ']om\.e sm fac-similé du sermon sur le fugement dernier. (Palmé, 1884.)

successives. Les corrections, qui se lisent sur cet exorde, sont identiques à l'écriture du sermon.

Sans poser encore la délicate question de savoir si la première rédaction est de la main de Bossuet, il nous suffit de constater ici que tout le monde reconnaît cette main dans les surcharges. Que faut-il davantage, pour lui attribuer l'œuvre sous sa forme définitive?

D'ailleurs on y retrouve non seulement son style, mais encore, et même en des phrases qui n'ont pas reçu de corrections, des pensées qui lui sont familières. Le passage : « Il est vrai qu'il y a des chutes (')... » se lit avec des variantes, — Bossuet modifie presque toujours ce qu'il reprend, — dans le sermon du Rosaire (2), (1657) :« Tous les mystères du Sauveur JÉSUS sont comme une chute continuelle...;» dans une première rédaction du célèbre panégyrique de saint Paul (2^ point) (3) ; nous le retrouverons dans le panégyrique de saint Thomas de Cantorbcry, dont il formera le début : « Les mystères de JésUS-Christ sont une chute continuelle ; et tant qu'il a vu devant soi quelque nouvelle bassesse, il n'a jamais cessé de descendre. Il se compare luimême dans son Evangile à un grain de froment qui tombe ; et en effet il est allé toujours tombant, premièrement du ciel en la terre, de son trône dans une crèche ; de là par plusieurs degrés il est tombé jusqu'à l'ignominie du supplice, jusqu'à l'obscurité du tombeau, jusqu'à la profondeur de l'enfer. Mais comme il ne pouvait tomber plus bas, c'était là aussi le terme fatal de ses chutes mystérieuses ; et ce cours d'abaissements étant rempli, c'est de là qu'il a commencé de se relever, couronné d'honneur et de gloire... »

Ce n'est pas la seule fois d'ailleurs que Bossuet est revenu par nécessité ou par choix, à quelque partie de ses précédentes compositions. Le premier sermon pour la Vêture d'une

1. Voy. Lâchât, VIII, 131, la seconde rédaction (1665). Cet éditeur, ordinairement si prolixe, n'a pas même une conjecture sur la destination de cette pièce.

Page 1