‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 64 sur 325 · I. Lâchât, IX · texte numérisé non relu

I. Lâchât, IX

sentence dernière pour nous condamner. » — L'enchaînement est tel, on le voit, qu'il est à peine possible de résumer les raisonnements de l'auteur, il faut les reproduire.

Parce que le lien est naturel, il s'étend, dans Bossuet, bien au delà de deux phrases voisines. Prenons ce sermon de la Toussaint {i66g), que Sainte-Beuve nous recommandait. Nous lisons au 3*= point cette belle phrase : « Périssent toutes les pensées que nous avons données aux choses mortelles ; mais que ce qui était né capable de Dieu soit immortel comme lui (') ! » Cette idée se rapporte-t-elle uniquement aux mots qui précèdent : « Que les éléments nous redemandent tout ce qu'ils nous prêtent, pourvu que Dieu puisse aussi nous redemander cette âme qu'il a faite à sa ressemblance?» Mais tout ce qui les précède eux-mêmes, en justifiant notre ressemblance avec Celui qui nous a faits à son image, établissait cette raison supérieure de notre immortalité. Ainsi l'on ne trouvera pas une seule solution de continuité depuis le point de départ de la démonstration : « Dites-moi, subtil philosophe, qui vous riez si finement de l'homme qui s'imagine être quelque chose, compterez-vous encore pour rien de connaître Dieu ?» — Dans cette filiation directe des idées, la première peut reconnaître, pour ainsi dire, sa race dans la conclusion : « Que ce qui était né capable de Dieu soit immortel comme lui ! »

De cet enchaînement parfait résulte la cohésion du discours. Mais peut-être que les mouvements impétueux, les apostrophes, les exclamations rompront ce fil du discours si bien suivi dans les raisonnements .'* Nullement ; et il n'est pas nécessaire d'aller chercher d'autres exemples que celui que nous avions tout à l'heure sous les yeux.

C'était une objection d'abord exposée dans toute sa force, puis réfutée : « Mais pour espérer il faut croire. Et c'est ce qu'on nous dit tous les jours : Donnez-moi la foi, et je quitte tout ; persuadez-moi de la vie future, et j'abandonne tout ce que j'aime pour une si belle espérance. » — La réponse était

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