I. Mss., 12.825, f
il l'empêche, et il le prévient : C'est ma troisième partie, à laquelle je passerai, chrétiens, après vous avoir fait remarquer qu'encore que nous ne soyons pas séparés aussi excellemment que la sainte Vierge, nous ne laissons pas que de l'être...»
On voit qu'ainsi l'ordre était parfait, comme il le sera dans la nouvelle rédaction lorsqu'on aura supprimé les raccords maladroits, avec les interpolations elles-mêmes. La réflexion finale est du reste à maintenir : elle est dictée par cette préoccupation pratique dont nous avons parlé, et dont nous retrouvons la trace dans les œuvres les plus dogmatiques. A la fin de ce point, on exhorte les fidèles non à s'excommunier de la société de leurs semblables, mais à se séparer de cœur de l'amour du monde, ennemi de la grâce du christianisme : entreprise difficile, « d'être toujours au milieu du monde et de tenir son cœur séparé des plaisirs qui nous environnent, » mais entreprise nécessaire. De même, à la fin de la première partie, « en considérant les bienfaits dont le Fils de Dieu honore sa Mère, » l'orateur avait rappelé aux fidèles ceux qu'eux-mêmes avaient « reçus de la grâce. » Précisément à cet endroit, Deforis avait réussi, avec un peu plus de bonheur que par la suite, à intercaler les vingt-cinq lignes qui auraient dû faire le premier exorde, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut.
II. Le premier sermon pour la Pentecôte est d'une longueur démesurée qui a frappé les éditeurs eux-mêmes ('). Ils y voient une raison de l'attribuer à l'époque de Metz. Il remonte en effet à la jeunesse de l'auteur, et même plus haut que 1657, date à laquelle on le place arbitrairement. Mais quant aux longueurs, il faut s'entendre. Ici encore, Bossuet n'est point responsable des proportions ni des redondances du discours imprimé. Il avait jugé nécessaire de resserrer une composition dont le premier jet lui semblait trop abondant: ses éditeurs, pour entrer dans ses intentions, ont imaginé de coudre cette fois encore la seconde rédaction à la première.