I. Premier sermon pour le I^f dimanche de Carême
Mais sa méditation est trop sérieuse pour conserver ces brillants : il efface donc la comparaison, avec la métaphore qui s'y rapporte. — Il ajoutait : « mais les hommes ne s'en soucient pas, et dans cet accroissement infini que notre vanité s'imagine, //i- ne s'avisent jamais de se mesurer à leur cercueil, qui seul néanmoins les mesure au juste. » Qui ne serait ici pleinement satisfait de la pensée et de l'expression ? Bossuet ne peut s'en contenter ; il éliminera toutes ces formes plurielles pour prendre ces grands un à un, et ramener chacun d'eux à sa juste mesure. Voici sa rédaction définitive :
« Toutefois,qu'il se multiplie tant qu'il lui plaira, il ne faudra toujours pour l'abattre qu'une seule mort. Mais, mes frères, il n'y pense pas ; et dans cet accroissement infini que notre vanité s'imagine, il ne s'avise jamais de se mesurer à son cercueil, qui seul néanmoins le mesure au juste ('). »
IV. Là on apprenait avec Bossuet à retrancher; ici on apprendra ce qu'il convient d'ajouter. Il terminait ainsi un alinéa du sermon delà 7'6'?/'j-j-^/«/( 1669): «Il faut donc nécessairement sortir du monde. » C'était assez maigre, et peu expressif; une seconde rédaction va permettre à l'esprit de se reposer sur une belle image : « Il faut donc chercher le moyen de sortir de toute l'enceinte du monde (2). »
V. Quoi de plus heureux que la modification qui se voit à la fin du premier point du beau sermon sur la Pentecôte (1672) } Tout ce que je souligne est ajouté à la première rédaction :
« Ne dites plus désormais : Le monde le veut ainsi. La foi ne reconnaît point de pareilles nécessités. Y allât -il de la for tîine, y allât-il de la vie, y allât-il de l'honneur, que vous vous vantez faussement peut-être de préférer à la vie r dût le ciel se mêler avec la terre, et toute la nature se confondre : il ne peut jamais y avoir aucune nécessité de pécher, puisqu'il n'y a
1. Sur l'Honneur ; placé dans les éditions au mardi de la II« semaine de Carême ; manque dans l'édition de 1870. (Chez Guérin ; — d'abord chez Martin Beaupré.)