Lâchât, IX
eu. II. LA COMPOSITION. 97
à celle que donnaient tous ses prédécesseurs « diriger /es vues des affaires, » ce qui ne présentait aucun sens.
En cent endroits le même critique,ou son disciple M.Gazier, ont dégagé parmi les variantes brouillées comme à plaisir par les éditeurs, particulièrement par M. Lâchât, le texte véritable, la rédaction définitive ; et ils nous ont montré une phrase toujours plus belle quand elle nous apparaît dans sa sincérité.
Tout n'est-il pas dit enfin sur ce point ? Non, certes ; et on le verra par quelques exemples que je signalerai, parmi beaucoup d'autres, en finissant ce chapitre.
XIII. Dans le premier sermon sur V Honneur, "^xtc^vé devant Condé, en 1660, on lit dans toutes les éditions, même dans celles de M. Gandar et de M. Gazier ; « Il tient bonne table à ses mines ...» Faut-il entendre avec M. Gandar que la libéralité de l'avare dont on parle n'est qu'une apparence, que ce sont des mines ? ou supposer en désespoir de cause une distraction de l'auteur qui aura écrit autre chose (') que sa pensée ? Ni l'un ni l'autre. Il faut lire en ponctuant ainsi : « Cet homme s'est enrichi par des concussions épouvantables, et il vit dans une avarice sordide :tout le monde le méprise. Mais il tient (c'est-à-dire, s' il tient) bonne table, à ses ruines (2), à la ville et à la campagne : cela paraît libéralité, c'est un fort honnête homme : il fait belle dépense du bien d'autrui. » On voit que M. Gandar faisait un vrai contresens, non sur le mot seulement, mais sur tout le mouvement de la phrase : ce n'est pas l'avare qui tient bonne table, c'est un autre concussionnaire, qui se fera estimer par cette libéralité peu méritoire, tandis que le premier excite le mépris, n'ayant pas ce