‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 111 sur 243 · Lâchât, XL · texte numérisé non relu

Lâchât, XL

aussi sont les raisons qui m'y déterminent. Je les tire de l'étude directe de l'autographe, qu'aucun des éditeurs mo-

} dernes n'a connu.

Ce prétendu discours de 1669 garde encore quelques traces d'une orthographe archaïque. On y trouve six fois Jinreiix, bienJmreiise, etc. L'adverbe donc est écrit dans une même

, page des quatre manières suivantes : donques, doncqties^ do7icg7ie, donc: on citerait difficilement dans toute la série des manuscrits un autre exemple d'une telle incertitude sur

; la façon d'écrire ce même mot.

Nous avons rapporté ailleurs deux passages du 3*^ point, que l'on avait singulièrement rajeunis dans les imprimés. On lit dans l'original: <Lla navire,'^ forme rare chez Bossuet, mais dont nous trouvons un exemple en cette même année 1656, dans le premier sermon sur la Providence ('). On y lit aussi : L'espérance qui est l'ancre de notre âme et j que nous avons envoyée en ciel... » — « Je vous exhorte, ma \ très chère sœur, que vous méprisiez (^) généreusement...» i Enfin le texte inscrit en tête du discours est uniquement en grec, sans traduction latine, ni française (^). >

Disons à la décharge de M. Floquet, et de tous ceux qui se sont trompés de treize ans sur la date de cette œuvre, qu'on y rencontre de très grandes beautés, bien capables de faire illusion sur l'époque où elle a été composée.

— 8 décembre 16^6. — Second sermon ponr la fête de la Conception. (Mss., 12.825, f- M-)

M. Gandar croyait le premier sermon pour cette fête prêché en 1656, à Paris. Nous avons vu qu'il ne put être pos- \ térieur à 1652. C'est le second, oîi nous avons signalé de si [

1. Édition Gandar, p. 131. — Le passage contient du reste la môme idée que celui-ci.

2. Ecrit : méprisies (par exception) ; — de même ensuite : <c que vous choisissies.»

3. D'après l'ensemble de ces caractères, il est tout à fait impossible de decendre au-dessous de 1656 ; on serait plutôt tenté de remonter jusqu'à l'année précédente.

■ curieuses interpolations, qui se placera légitimement à cette ; date ('). Une allusion au Jubilé de cette année (^) se glisse

d'ailleurs dans une des dernières phrases.

l — Oraison funèbre cV Yolande de Monterby^ décembre 16^6. I {Plus de manuscrit.) \

' M. Floquet a constaté que l'abbesse nonagénaire du Petit

Clairvaux mourut le 14 décembre 1656. Bossuet prononça à :

ses funérailles la « courte exhortation » qui nous est par- \ venue.

, Pourquoi M. Lâchât, qui a tant de fois puisé tacitement ;

j dans les renseignements si abondants que lui fournissaient ■ ' les Etudes de M. Floquet, s'est-il imaginé de nous proposer

ici la date de 1661 .? Serait-ce que les détails très précis don- i

\ nés par le docte historien de Bossuet ne s'étant pas rencon- '

} très cette fois à leur place chronologique, mais ayant été ^

• anticipés d'environ cent pages (3), ils auraient ainsi échappé !

aux investigations de cet éditeur ?

— Noël, 16^6, à Mets (i^'' sermon des éditions : « Natiis - \ est vobis, » etc.). (Mss., 12.821, f. 237.)

Voici un sermon qu'on a jugé digne d'avoir été prêché ] à la Cour ; on a supposé qu'il avait fait la clôture de 1 l'Avent du Louvre, en 1665. Mais la beauté de l'œuvre ne 1 / doit pas faire oublier la laideur du manuscrit : l'écriture ; ' de 1665 au contraire est remarquablement belle. D'ailleurs " '[ les notions les plus élémentaires sur les orthographes suc- , cessives de Bossuet auraient pu empêcher de confondre des 1 autographes aussi disparates que le sermon de N'oël et celui

de la Divinité de la Religion, par exemple, que l'on sait . I appartenir à l'Avent du Louvre. \

■ Il y a un sommaire autographe de ce sermon, nouvelle

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