Floquet, Études..., III
I en. IL PARIS ET MEAUX. 235
j de sa voix puissante. C'est ce qu'il était urgent de faire à
Metz, où la pénurie était extrême. Je pense donc que ce fut j dès le commencement de mai (le 3, fête de l'Invention de la sainte Croix), plutôt qu'au mois de septembre, qu'il prononça une seconde fois le beau discours qui porte ce double texte : Exaltàri oportet Filinm Jioiiiinis, — CJiristo confixus sjini Criici. Ces derniers mots sont de 1667. Le premier texte ne convenait qu'à \ Exaltation.
Les maisons de Nouveaux Convertis étaient dédiées à la Croix, comme nous lisons dans notre sermon même. Chacune des deux fêtes était une excellente date pour tenir une assemblée de charité en leur faveur.
Il y a, dans la péroraison, un ton d'autorité personnelle, qui indique bien la situation de Bossuet par rapport à cette œuvre, à Metz comme à Paris :
« Ouvrez donc vos cœurs, je vous en conjure par la Croix que vous adorez; ouvrez vos cœurs et ouvrez vos mains sur les nécessités de cette maison et sur la pauvreté extrême de ceux qui l'habitent... et que f apprenne, en sortant d'ici, que les paroles qne je vous adresse, ou plutôt que toute l'Eglise et Jésus-Christ même vous adressent en leur faveur par mon ministère, n'auront pas été un son inutile.
« O joie, ô triomphe de mon cœur! Si vous me donnez cette joie et cette sensible consolation,]^, prierai ce divin Sauveur, qui souffre avec eux et qui souffre en eux, qu'il répande sur vous les siennes, qu'il vous aide à porter vos croix comme vous aurez prêté vos mains charitables pour aider ces nouveaux enfants de l'Église à porter la leur plus facilement ; et enfin que pour les aumônes que vous aurez semées en ce monde, il vous rende en la vie future la moisson abondante qu'il nous a promise. Amen. »
— lôôj, Tj août: Assomption de la sainte Vierge. Sermon esquissé. (Manuscrit communiqué par M. l'abbé Blampignon.)
On retrouve la préoccupation du voisinage du protestantisme dans les fragments d'un sermon pour le jour de l'As-
somption, qui est de cette année ('). Ce n'est pas sans émotion qu'examinant, il y a quelques années, chez le savant éditeur de Massillon {-), six pages, beau fragment de Bossuet, je reconnus les débris d'une œuvre qui rappelle un des souvenirs les plus douloureux de sa vie.
« On l'avait, nous dit Ledieu, engagé à prêcher dans la cathédrale le jour de l'Assomption, 1667. Prêt à monter en chaire il fut obligé de laisser le sermon pour rendre les derniers devoirs à son père et lui fermer les yeux (^). »
Peut-être y a-t-il une inexactitude de détail dans ce récit. « Le registre secret du Parlement de Metz, dit M. Floquet {^), atteste que cette cour, le 15 août 1667, assista à la procession du vœu de Louis XIII, et au sermon dans la cathédrale. »
Quoi qu'il en soit, deux choses sont certaines : 1° le père de Bossuet mourut en ce jour, comme l'attestent les registres de la paroisse Saint-Gorgon ; 2° Bossuet avait écrit l'esquisse d'un discours dont on n'a retrouvé que des fragments. Ils ont été imprimés (5) à la suite des sermons pour la fête de l'Assomption.
— lôôy : 22 novejnbre, Vétnre (et non profession) de M'^i^^ de Beauvais. A Chaillot, en présence de la Reine d'A ngleterre. (Plus de manuscrit, mais une copie ancienne à Nancy.)
' C'est M. Floquet qui nous a révélé le nom de cette « demoiselle que la reine-mère avait tendrement aimée, » désignée ainsi vaguement dans les anciennes éditions. Le sermon de Bossuet : « Elegi abjectus esse in doino Dei viei (6), » fut prêché à la Vêture, et non, comme il le dit, à la Profession