I. Inédite
1. Il faut compléter la rédaction sommaire du 2^ point par un emprunt de quatre pages au sermon de Pâques, i66i. conformément à une indication du manuscrit.
2. Les éditeurs sont moins circonspects. L'édition de Bar-le-Duc (1870) nous donne toute une série de sermons assignés à cette station imaginaire, aux dépens d'autres époques. Celle de 1877 (l'abbé Guillaume) réduit ces erreurs à une seule : elle place ici le Neino te condemnavit, de 1663, sur la Femme adiilthr.
3. Bossuet ne fut sacré qu'un an après sa nomination. Ce fut le 21 sept. 1670. Il s'était démis du décanat de Metz dès le 10 octobre 1669. (Floquet, Études, III, 336.)
de Pâques ('), l'avis de chercher l'avant-propos dans un ancien sermon pour cette fête, des paroles comme celles-ci : « Allez dans les hôpitaux durant ces saints jours pour y contempler le spectacle de l'infirmité humaine:» tout cela j avertissait de chercher la place de ce discours dans la der- î nière semaine du Carême. La disposition et la beauté du \ manuscrit montrent qu'il n'est pas antérieur à 1669. .'
On ne s'étonnera pas trop du sujet traité à pareil jour • dans l'église de l'Oratoire, si l'on fait attention à la grande j place que tient encore aujourd'hui la pensée des morts dans la solennité des Rameaux. D'ailleurs la préoccupation de la communion pascale est visible dans ce discours, surtout au second point.
Ce sermon du jour des Rameaux, mentionné dans la Gazette^ grâce à cette circonstance que Henriette d'Angleterre (Madame) y vint assister, l'est également dans les Annales de l' Oratoire. lA. Floquet en a inféré, non sans réserves toutefois (-), que Bossuet aurait prêché le Carême entier en cette église. Si le fait était exact, ces mêmes Annales n'auraient pas manqué, je crois, de l'enregistrer.
— 1669. AVENT DE SaINT-GeRMAIN-EN-LAYE, QUA- TRIÈME STATION A LA COUR.
— Toussaint : « Ut sit Deus omnia in omnibus. »
(Mss., 12.821, f. 36.)
C'est la dernière station que Bossuet, nommé le 8 septembre précédent à l'évêché de Condom, eut encore à fournir avant son sacre {f). Cet Avent était annoncé pour la chapelle du Louvre. La cour s'étant encore une fois transpor-
tée à Saint-Germain, ce fut là que, le 1^^ novembre, s'ouvrit la station, qui au Louvre n'aurait commencé qu'au premier dimanche. Ce déplacement de la cour nous valut donc un \ chef-d'œuvre. On n'a jamais hésité sur la date, pour cette | raison que ce sermon est le seul que notre orateur ait prêché j
devant le roi à pareil jour. j
— lôâç, 16 novembre. Oraison funèbre de la Reine d'Angle- >,
terre, à la Visitation de Chaillot.
(Plus de ms. Éditée par l'auteur.)
Tout le monde sait la date de cet incomparable chef- !
d'œuvre : elle était inscrite sur l'édition originale. Ce fut | alors, pour la première fois, que Bossuet se décida à publier
un de ses discours. Il y fut contraint par l'admiration recon- |
naissante de Madame. Sans cette heureuse violence faite à sa j
modestie, son oraison funèbre de Henriette de France aurait I
eu peut-être le sort de celle d'Anne d'Autriche, et Voltaire |
aurait pu se donner une fois de plus la satisfaction d'affirmer [
contre toute vraisemblance que « ce discours n'était pas ; encore digne de lui, » et d'alléguer comme preuve qu' « il ne fut pas imprimé, non plus que ses sermons ('). »
Notre orateur, après ce précédent, ne pourra refuser l'im- I
pression des cinq discours funèbres suivants. Mais, à part le •;
sermon sur X Unité de V Eglise., qui sera un acte autant et plus \
qu'un discours, il ne songera jamais à publier une seule de \
ses autres oeuvres oratoires, tant sa gloire le préoccupait peu, '.
tant le caractère était chez lui à la hauteur du génie ! i
— f décembre i66ç: <LHora est jain nos de somno snrgere; » j (1"' dimanche de VAvent.) (Mss., 12.821, f. 96.)
Ce beau discours, contre l'endurcissement dans le péché, appartient, nous l'avons dit, à notre station. C'est ce qui résulte
I. C'est ce qu'il dit de l'oraison funèbre d'Anne d'Autriche. {Siècle de Louis XIV. \
XXXII.) La belle péroraison, ajoutée au sermon d'ouverture de la station de 1666 \
( P urification ) , montrait ce que Bossuet saurait faire dans le discours du bout de l'an, •
en 1667. ;
de la nécessité d'assigner le Tiinc videbunt (') à l'Avent de 1665. Le Hora est le suppose manifestement, loin de l'avoir devancé. Si le texte est pris cette fois dans l'épître du jour, c'est que l'orateur avait déjà prêché à cette cour l'évangile du Jugement dernier. Aussi dit-il, dans l'avant-propos de son nouveau sermon : « C'est l'intention de l'Église de les tirer (les pécheurs) de ce pernicieux assoupissement. C'est pourquoi elle nous lit dans les saints mystères de ce jour l'histoire du Jugement dernier, lorsque la nature étonnée de la majesté de JésUS-Christ rompra tout le concert de ses mouvements, et qu'on entendra un bruit tel qu'on peut se l'imaginer parmi de si effroyables ruines et dans un renversement si affreux. Quiconque ne s'éveille pas à ce bruit terrible est trop profondément assoupi, et il dort d'un sommeil de mort. Toutefois, si nous y sommes sourds, l'Église, pour nous exciter davantage, fait encore retentir à nos oreilles la parole de l'Apôtre. Le grand Paul mêle sa voix au bruit confus de l'univers et nous dit d'un ton éclatant : O fidèles, l'heure est venue de vous éveiller : Hora est jain nos de somno surgere. Ainsi je ne crois pas quitter l'Évangile, » etc. (-).
Sans insister davantage à établir une date désormais acquise à la critique, je signalerai dans le discours une allusion à la mort de cette reine, dont l'orateur venait de faire l'oraison funèbre. C'était, dit-on, une pilule d'opium qui avait hâté sa fin. Henriette était « si bien préparée, que la mort n'a pu la surprendre, encore qu'elle soit venue sous l'apparence du sommeil : » voilà ce que dit l'oraison funèbre. De son côté notre discours (3) : « La mort ne viendra pas de loin avec grand bruit pour nous assaillir. Elle s'insinue avec la nourriture que nous prenons, avec l'air que nous respirons, avec les remèdes même par lesquels nous tâchons de nous en défendre. »