I. Lâchât, X, 526. — 2. X
d'apparence à placer dans le Carême ou dans le temps pascal, le commentaire de l'évangile du VlII^dimanche après la Pentecôte, l'orateur dit lui-même dans sa dernière phrase : « Je suis bien aise, mes filles, de ne m'en aller pas sans vous dire adieu ; mais c'est un court adieu, puisque je ne m'éloigne que pour peu de temps ; et j'espère même que je serai ici le dernier jour de ce mois. » Une lettre écrite, le 2 août, à M™«= de Béringhen,abbesse de Faremoutiers, disait de même : «Je ne puis quitter le diocèse pour peu de temps que ce soit, sans vous dire adieu, ma chère fille. J'espère être ici sur la fin du mois... » La même lettre donne la raison, bien connue d'ailleurs, de cette absence : « Je m'en vais pour l'Oraison funèbre de M'"^ la Princesse Palatine, où Faremoutiers aura beaucoup de part. » On sait que l'Oraison , funèbre d'Anne de Gonzague se fit le 9 août 1685.
III y a plus. Avant de revenir de Paris, Bossuet écrit, le 20 août, deux lettres à la Supérieure et aux Religieuses de Sainte-Ursule, à Meaux, pour exprimer sa satisfaction de ce ■ qu'on a tenu compte de ses recommandations, qui sont préci-
I sèment celles qui se lisent dans notre conférence. La date que nous lui donnons est donc confirmée de tout point.
— p aoîH j68j. Oraison funèbre de la princesse Palatine, aux Grandes Carmélites de Paris.
(Plus de manuscrit. Éditée par l'auteur.)
La Bruyère écrit, le 18, à Condé, que cette Oraison funèbre, ou, comme on disait alors, cette action de M. de Meaux « a passé ici (à Versailles) et à Paris pour l'une des plus belles qu'il ait faites, et même que l'on puisse faire. Il y eut de très j beaux traits, fort hardis, et le sublime y régna en bien des j endroits ; elle fut prononcée en maître et avec beaucoup de dignité... (') »
I. Voy. la lettre entière, édit. Servois (Grandi écj-ivai?isj, II, 489. La Bruyère rapporte ici les impressions qu'il a recueillies. Pour lui, il avait été absent pour rendre les derniers devoirs à sa mère. Son élève, le duc de Bourbon, était le petit-fils de la Palatine.
Ledieu, qui avait entendu le discours, dit de son côté : « On y sent encore sur le papier un caractère de piété et d'onction qui attendrit le lecteur. Mais, dans l'action même, il (Bossuet) fut touchant jusqu'aux larmes; les princes et princesses en pleurèrent, comme je fis aussi et tant d'autres ('). »
Il n'oublie pas non plus de mentionner le « grand applaudissement » dont fut suivie dans le public cette oraison funèbre.
— 16 décembre i68j. Troisième dimanche de V Avcnt. Homélie esquissée. (Mss., 12.821, f. 217.)
L'analyse d'un auditeur, le médecin Rochard, qui nous fournira souvent d'utiles renseignements sur la prédication de Meaux, nous permet ici de dater avec toute la précision désirable une homélie dont le canevas est conservé parmi les manuscrits de la Bibliothèque nationale. Il est vrai qu'il faut d'abord le dégager d'une autre pièce, composée vingt ans plus tôt, dans laquelle les éditeurs l'ont interpolé (^). II contient des indications précises et assez détaillées pour le premier point. L'orateur y énumère six caractères d'Junnilité en la personne de saint Jean-Baptiste,
Le second point n'est indiqué au manuscrit que par ces mots: « Je viens ensuite à l'explication du culte de la messe: les préparations du sacrifice : Parafe viain Domini. » — On n'écoute jamais plus volontiers que lorsqu'on croit que son voisin est seul en cause : cette partie, parce qu'elle visait les dissidents,avait surtout frappé Rochard. « Puis après, dit-il, il fit en son exhortation une très belle homélie pour les convertir, et dit qu'il expliquerait ce que c'était du sacrifice de la messe et des cérémonies. » Après avoir répondu à une objection, que nous le verrons combattre encore le 6 janvier suivant, sur la langue inconnue dont se sert l'Église, « il leur expliqua la manière de se confesser, par le Confiteor(\\\\ se dit